‹ Histoire universelleChapitre 75 sur 332 · LIVRE PREMIER, CHAP. XIV · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAP. XIV

tiene4, fils et successeur. Les accords et discords différents de lui et de la vefve menèrent toutes les frontières de la chrestienté à telle division2 que ce George, tantost bandé pour les Turcs, tanstost leur faisant la guerre (comme il parut quand il desfit Pierre, prince de Moldavie, et vaivode de Valachie), chassa la vefve de son royaume par un accord qu'il lui fit faire avec Ferdinand, lequel, ayant trompé la vefve et ne pouvant supporter les ruses et avancements du faux vieillard, le fit tuer par Gastalde et ses gens3, piller ses thrésors, qui estoient grands, retenir quelques agens du Turc ausquels Gastalde fit donner la question pour justifier par leur rapport la mort de George ; ce qui advint au contraire, car il parut plus innocent qu'on ne pensoit. Gela servit à altérer ceux de la Dace et de Hongrie contre Ferdinand, et avancer les affaires de Soliman, lequel, ayant gagné une journée près de Lippe 4, où moururent cinq mille chrestiens, despes-

1. Etienne Bathory de Somlyo fut nommé prince par les Etats transylvaniens, après la mort de Zapolya (Hammer, t. II, p. 195).

2. Martinuzzi, en effet, moine orgueilleux, dit de Hammer, trahit plusieurs fois sa patrie et ses divers maîtres. Il livra la Hongrie à Soliman, fut infidèle au sultan dans l'intérêt de Ferdinand, et conduisit, au profit de ces deux souverains, la reine Isabelle à sa perte (Hammer, t. II, p. 73 et 76).

3. Le 18 décembre 1551, au matin, le secrétaire de Castaldo, Antonio Ferrario d'Alexandrie, entra dans le cabinet du cardinal, pour lui demander une signature. Tandis que celui-ci se baissait pour la lui donner, le secrétaire lui porta deux coups de poignard à la poitrine et au cou. Pallavicini lui fendit la tête d'un coup d'épée. Mercada apporta à Vienne l'oreille velue du cardinal comme preuve de l'exécution (Hammer, t. II, p. 76).

4. Lippa, sur la Maros, fut assiégée au mois de septembre 1547.

cha Mahomet, le fit joindre au moldalve, qui avoit eu du pis contre Castalde, attaquer Temesvat1 gardée par Losance. Le bâcha, après avoir donné un grand assaut de quatre heures et autres attaques fort furieuses, eut la ville par composition bien faicte, bien signée. Mais la garnison, passant entre les rangs des Turcs, fut toute mise en pièce, se couvrant Mahomet d'une autre perfidie de Castalde envers Soliman, son précurseur. De cest effroi, Aldane, capitaine espagnol, qui, contre le conseil des habitans, avoit miné les forteresses de Lippe pour les faire sauter en la quitant, voyant une grosse poussière que quelque bestail avoit eslevé, se figure la venue de Mahomet, qui n'y pensoit aucunement, mit le feu en ses mines et s'enfuit avec ses Espagnols, desquels une grande partie fut assommée par ceux du pais en vengeance de leur lascheté.

Ce bonheur continua aux Turcs au chasteau de Rigale, assiégé par Pelvoisin2, italien. Achamet, bâcha de Bude, alla au secours, et, après avoir attiré les chrestiens à l'escarmouche, les enfonce jusques en leur camp. Pelvoisin, essayant la retraicte, fut pris. Ce victorieux, joinct avec Mahomet, lui fit reprendre ses conquestes, assiéger et prendre Zalnode 3 avec peu

Jean Pethsee défendait la place qui fut prise et saccagée (Hammer, t. II, p. 74) .

1. Temeswar, sur les rives de la Ternes, fut défendu victorieusement par Etienne Loscenczy (Haramer, t. II, p. 74).

2. Pelvoisin, Pallavicini. Il commandait les Italiens à la reprise de Lippa, le 4 novembre 1547.

3. Szolnok, place forte, au confluent de la Zagyva et de la Theiss, prise en 1552.

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