TOME 8. l
Sa mendie il 6 et sa cécité sont uno
Grand dans l'adversité comme dans les triomphes, incapable également de révolte cl de faiblesse, il resta plusieurs mois prisonnier, sans murmurer contre l'ingratitude, sans fléchij' le genou devant la puissance : enfin l'empereur, éclairé sur la perfidie de ses ennemis , lui rendit ses charges et sa bienveillance.
La tradition qui représente Bélisaire errant , mendiant et aveugle, est une fahle inventée quellabie. ques siècles après, et reçue avidement par le vulgaire , car il cherche moins le vrai que l'extraordinaire : tout ce qui est dramatique le charme; il se plaîl au récit des grandes chutes, des grands malheurs , et les supplices mêmes sont pour lui des spectacles.
Bélisaire , quelque temps après , termina ses jours; sa mort précéda de peu celle de Juslinien. La postérité ne lui reproche que sa faiblesse pour une épouse indigne de lui. Sa gloire fut grande et sans tache ; les peuples le regardaient comme leur appui, les soldats comme leur père ; les barbares qu'il avait vaincus voulurent plusieurs fois lui donner des couronnes qu'il méritait et qu'il dédaigna.
11 fut actif comme César, prudent comme Fabius, chaste comme Scipion , soumis aux lois comme Epaminondas; ses exploits, ses richesses, sa garde nombreuse , le dévouement de 1 armée , l'amour du peuple , lui permettaient de prétendre à tout : sa vertu seule mit des bornes à sa fortune.
Mort
de Btlisaii'c
DU DAS-EMPIRE. ig5
Les derniers jours de Jusiinlen s'écoulèrent M"'» . sans glou'e. Lgare par 1 heresie d Euticlics qui soutenait que le corps de Jésus-Christ était impassible, il persécuta les catholiques, et fut condamné par l^Eglise. Il mourut le 1 4 novembre 565, âgé de 83 ans; il en avait régné 38. Son règne, ses lois, ses conquêtes font époque dans l'histoire.
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