‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 20 sur 47 · UISTOIKt · texte numérisé non relu

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l'A sic-Mineure , jDar un. édit insensé, il ordonmr de placer sur la liste des martyrs tous ceux qui périraient dans les combats ; le patriarche s'opposa à cette extravagance.

Les Perses , poussant leurs succès , mirent en fuite Domentiol , et s'avancèrent jusqu'à Chalcédoine. Le peuple de Constantinople , las de ramper sous un joug si méprisable , insulta Phocas dans le cirque j une foule de victimes égorgées , dont les têtes enfermées dans des sacs furent jetées à la mer , signalèrent la fureur du tyran el augmentèrent celle de la multitude.

Le sénat, porté à l'apparence du courage par le désespoir , écrivit secrètement à Héraclius et à Grégoire pour implorer leur secours.

Leurs préparatifs étaient achevés; mais, trop vieux poui' combattre eux-mêmes , ils chargèrent leurs fiJs de la vengeance publique.

Départ du Le jeune Héraclius s'embarqua dans le port de Carthage avec plusieurs légions, et fit voile pour la Grèce. Nicétas , fils de Grégoire , destiné à remplacer Héraclius s'il échouait , prit , avec un corps nombreux de cavalerie , la route d Alexandrie.

L'impatience de Crispe l'exposa aux plus grands périls ; il avait formé avec Elpidius , maître de l'arsenal , et Anastase , ministre des finances , le dessein de poignarder Phocas et de nommer Théodose empereur. Anastase trahit ses complices^

jeune Hé rnclius.

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sa lâcheté no le sauva pas : sa tête tomba, avec celles (les conjurés , aux pieds du tyran. Crispe seul trouva le moyen de se justifier. Bientôt les Son arivec

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vents favorables amenèrent Heraciius a la vue de tinoiik. Constantinople.

Cet illustre conjuré avait tout l'empire pour complice ; mais l'empereur lui opposait des otages sacrés , il tenait dans ses fers Epiphanie , sa mère , et la jeune Fabia, qu'il devait épouser. L'amour de la patrie l'emporta sur la nature et sur l'amour.

Héraclius continue audacieusement sa marche ; une foule de sénateurs vient le joindre dans Abyde ; l'évêque de Cyzique lui apporte une couronne d'or; il traverse la Propontide, aborde à Héraclée en Thrace ; sa flotte mouille enfin à la pointe de Constantinople , aux pieds du château qu'on nommait déjà les Sept-Tours.

Domentiol, qui commandait les vaisseaux de Défaite Phocas , s'approche pour le combattre , et la mer Domentioi. agitée devient le théâtre sanglant sur lequel la fortune va décider du sort de la terre.

Des deux côtés on se battit avec acharnement ; Domentiol , pour échapper à la haine publique ; Héraclius , pour délivrer sa mère , sa femme et l'empire.

La victoire de l'armée africaine fut complète; Domentiol périt. Crispe , préfet de la ville , leva l'étendard de la révolte , et , à la tète d'une foule

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de citoyens , vint se ranger sous les drapeaux du vainqueur.

Au même moment un sénateur , nommé Pholius, dont le tyran avait outragé la femme , se met à la tête de la faction verte avec le palrice Probus ; ils marchent contre la garde impériale, elle prend la fuite. Pliocas , resté seul au pied de son trône sanglant, éprouve à son tour la terreur qu'il avait * tant de fois inspirée.

i)f créance, Son palais , si long-temps fermé à la pitié, est .1 mort de enfin ouvert à la vcnireance : Pholius arrête le

PLocas. "

monstre ; il arrache la pourpre qu'il souillait , le revêt d'une casaque noire , et le conduit sur le rivage , à la vue de la flotte , aux pieds d'Héraclius, qui lui dit : « Misérable, est-ce donc ainsi » que tu devais gouverner l'empire ? — Gouverne- )) le mieux, répondit Phocas. »

A ces mots , Héraclius oublie sa gloire, cède à sa fureur, renverse le tyran, le foule aux pieds, lui fait couper les mains, les pieds, le mutile honteusement, et le fait enfin décapiter sur le tillac d'un vaisseau. Son cadavre , coupé par morceaux > fut exposé sur des piques , et livré aux outrages du peuple, avec une atrocité que tous les crimes, dont s'était souillé le monstre ne peuvent justifier** L'empire avait été huit ans sa proie.

Héraclius entre dans Constantinople ; les plus vives et les plus sincères acclamations célébraient

' An 610.

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son triomphe : il offre le sceptre à Crispe , qui le refuse, tt J'ai combattu, dit-il, mon beau - père , » non pour régner, mais pour venger Maurice et sa » famille. » Héraciii.s

Le lendemain Hëraclius , cédant aux vœux du «ui. peuple et du sénat, fut couronné par le patriarche Sergius. Rien ne manquait à son bonheur; les objets qui lui étaient les plus chers avaient échappé aux fureurs du tyran ; Héraclius embrassa sa mère; et, en montant sur le trône, il y plaça Fabia, qui prit le nom d'Eudoxie.

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