‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 25 sur 47 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Régence de rinipcraliicc Martine, icjctéc par le peuple. — Constantin III est empereur. — Son aveugle conûarice dans Philagre, — Mission de Valcntin , ccuycr de Philagrc. — Mort de Constantin après trois mois de règne. — Usurpation d'Hcracléonas, (ils de Martine. — Exil de Philagre. — Révolte des armées en faveur des fds de Constaniin. — Constant II est couronné. — Valentin est nommé César. — Mort de Martine et d'riéracléonas. — Mort de Valentin.

CONSTANTIN 111, HERACLEONAS.

CONSTANT IL (An 64i.)

IjES limites de l'empire se rétrécissaient tous les jours, et plus il s'était abaissé, plus les empereurs avaient élevé leur pouvoir. On ne consultait plus , pour donner le sceptre , ni le sénat , ni l'armée ; on se contentait seulement , pour la fonne , de rassembler la multitude , de lui faire quelques promesses, de lui lire les dernières volontés du prince qui venait de mourir, et de lui montrer son nouveau maître.

Mais le despotisme affaiblit sa base en s'élevant; bientôt il n'a plus pour appui que la roue mobile de la fortune ; et, dès qu'elle cliancelle , il tombe sans secours , parce qu'il existait sans soutien.

DU BAS-r.MPIHt;. On()

A j>rôs la mort d'ÏIcraclius, rirnpciairlcc Marl'me R.:.çorcc convoque le peuple, lait hre en sa présence le lesta- ratriccMar-

liiic , reju-

inent de son époux, et déclare qu en vertu de cet '«■= p" «e acte les deux princes vont rci^ner sous sa [)rolection. Elle s'attendaitàdesacclamalions,elle n'en tend quedesnmrmures : partout on s'écrie qu'on ne peut opposer aux terribles Arabes une impératrice et nn enfant , qu'il faut éviter les malheurs de la Perse qu'une faible reine a laissé envahir par les nmsnlmans, el que les Romains, accoutumés à saluer du nom d'empereur un général victorieux , s'aviliraient en se laissant gouverner par une icmme . Tel est le peuple : servile dans les temps de prospérité, et séditieux dans les jours de revers.

Martine, dont le dessein était d'abord, dit-on, consiandc régner seule , se voit forcée d'a[)j)eler les empereur. princes; elle désirait au moins qu'on clioisît pour empereur son fils Héraclconas , qu'elle était certaine de gouverner. Mais le peuple préféra et proclama le fils d'Eudoxie, Constantin ,quc déjà l'on avait vu plusieurs fois signalant son courage à la télé des armées.

Les fatigues de la guerre avaient affaibli Lisante; Son .ivci.-!.-

1 » 1 ••II r> con(lani:e

et le caractère de ce prmce; il donna sa confiance -lan* ?'"au trésorier de 1 empire, Philagre, liomnic cupide f|ui 1 égara par de funestes conseils. 11 fit déterrer son père Héraclias, afin de prendre dans son tombeau une comonne d'or qu'on y avait déposée; il Ibrea le palriarclie Pyrrlms à rendre imc lorlc

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somme d'argent remise entre ses mains pour 1 entretien de l'impératrice ; ces premiers actes de son règne inspirèrent au peuple autant de crainte que de mépris.

Il avait deux fils, Constant et Théodose. Pliila-

gre lui conseilla de les recommander à la bienveil-

Mîssîon lance des armées. Valentin, écuyer dePhilagre, fut

deValciitin, i ; i • • t\ J ' 1

écuyer de chargc de cette mission. Dans toutes ces démarches

on voyait avec peine une faiblesse, prélude ordinaire

de la tyrannie, et présage presque certain pour les

Mort de peuples des plus grands malheurs. Mais Constan-

Constantin • j ■. i • • n ' J

après trois liu n cut pas Ic tcmps de justifier ces cramtes ou de

mois de , a \ ' • i •< •^

règne. réparer ces erreurs. Apres trois mois de règne il

mourut. On crut généralement que Martine et

Pyrrhus l'avaient empoisonné.

Usurpation Héracléouas, dirigé par sa mère, s'empare du

na8!;fiîs''dê trône, gagne la garde par des largesses, et renvoie

dans Alexandrie le patriarche Cyrus qu'Héraclius

avait déposé pour le punir de sa lâche conduite

Kxii ^V6c les Arabes. Philagre fut exilé à Ceuta en

dePhilagre a r '

Afrique.

Révolte Cependant Valentin rappelait aux armées les

en favTur droits dcs fils dc Constantin ,* elles se révoltèrent

Constantin, cu leur favcur : et le peuple de cette province ,

informé de leur rébellion, se souleva, exigeant à

grands cris que l'on cédât le sceptre à Constant :

la garde veut en vain résister. I^a multitude

armée se répand dans les rues, parcourt en

fureur la ville , menace le palais et livre la

DU ftAS-Eî\IPltlK. 5lJ

call)("(lral(' au nillacrc. I/iiupératilcc, lrcinl)lanle , ^"""'«"l '^

' " ' est couron-

conseiil à couronner Constant, cl le paliiaiche "*• Pyrrlnis fuit en Afrique.

Valcniin arrive à la léle des troupes, lève le ^^j'*^^" masque et découvre ses ambitieux projets ; il avait ^''^''* paru d'abord ne s'armer que ])Our remellre Constant sur le trône; mais il exige alors qu'on le nonuïic lui-même César , et qu'on lui donne le commandement de la garde : Martine et son fds eurent la faiblesse d'y consentir.

Cette lâcheté ne fit que rendre leur perte plus de Martin.

1 t~ 1 • /~< ^'^ d'Héra-

certaine et plus prompte. V aleniin , car Constant, déonas. âgé de onze ans, n'avait que le titre d'empereur, Valentin fit arrêter Martine et Héracléonas ; il les accusa d'empoisonnement, le sénat les jugea et les condamna. La mère et le fils furent cruellement mutilés ; ils terminèrent leurs jours dans l'exil et dans l'obscurité.

La régence de Valentin fut pour l'empire mie Mort .le

O ^ . ^ Valentin,

époque de honte et de revers. Il ne jouit pas longtemps du titre de César. Aspirant à celui d'empereur, il excita, trois ans après, une émeute populaire, et y périt égorgé par la garde de son pupille.

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