O HlSTOillE
{jiiie mourir «le faljii ; lo geôlier ;, plus humain, le nourrit. Le patriarche Paul , quoique ennemi du pape , obtint qu'on épargnerait ses jours : il fut exilé à Cherson, et mourut en 655 sur cette côte Sterne.
Le clergé lui donna pour successeur d'abord Eugène, et ensuite saint Maxime, qui méritèrent aussi la persécution en combattant l'hérésie. Rien ne semblait pouvoir suspendre la chute totale d'un empire attaqué par de si redoutables ennemis, et gouverné par un prince extravagant, qui laissait les kalifes s'avancer sans obstacles , et ne combatlait que les papes.
Invasion L'amiéc dos Sarrasins traverse la Syrie et s'apli".'"'* proche de Consiantinople. L'empereur est entin forcé de défendre sa couronne, sa croyance et sa y\ssociai;oii liberté : il s'embartrue sur sa flotte, et laisse dans lin .\ l'em- la Capitale son fils Constantin , associé à 1 empire :
pile. '■ '■
les deux armées navales se rencontrent sur les côtes de Lycie et se livrent bataille ; au premier choc , la victoire se déclare pour les mahométans ; leurs bâtimens entourent le vaisseau impérial et Dèvnue- 1g prennent à l'abordage. Un soldat napolitain , ^watuapo". dont le dévoûment héroïque aurait du immortaliser le nom, se couvre des habits et des orne- Finte mens impériaux ; il est pris et massacré par les Arabes , tandis que l'empereur , sous un déguisement obscur , se jette à la nage et se sauve sur unechalonpe.
DU BAS-EMPIUE. 321
L empire des niiisuliiians scn)l)lalt devoir s'élever sans rivaux sur les ruines de la Grèce, de Rome et de la Perse. Jusque là l'union des Sarrasins , sous un seul chef", sous une seule loi, avait fait leur force ; leur discorde sauva le monde.
Olhman justifia , par son éf,'dïsme, les prédic- yQ^^'^^ lions de Mahomet, et préféra sa famille à l'Etat. Les principaux émirs qui se trouvaient à Médinc, indignés de voir Abdalla, frère du kalife, accumulant des trésors, des honneurs , des commandémens», jouir seul du fruit de leurs exploits, se révoltent; ils demandent sa destitution, et veulent qu'on donne le commandement des armées au brave Mahomet, fils d'Abubecker.
Pour les apaiser , le kalife promet de condescendre à leurs vœux ; mais une de ses lettres, interceptée, apprend aux émirs qu'il avait chargé un émissaire de tuer Mahomet. Leur fureur alors ne connaît plus de bornes ; ils rassemblent leurs partisans et courent aux armes : bientôt ils reviennent assiéger la ville ; les partisans du kalife la défendent un mois avec courage ; enfin les rebelles escaladent les remparts ; Mahomet , à leur tête, entre dans le palais d'Othman, et lui plonge son cimeterre dans le sein.
Dans ce moment le kalife, âgé de quatre-vingtdeux ans , lisait avec dévotion l'Alcoran. Le tumulte de l'assaut , le bruit des armes , l'approche
du fer , ne purent détourner ses regards fixés sur le livre sacré : la mort seule fit cesser sa prière. Guerre Lcs meurtricrs élevèrent au kalifal Ali , gendre et Moavia du propliète ; mais la célèbre Aïscha , veuve de
pour le ka- . .
Jifat. Mahomet , toujours ambitieuse et toujours puis-
sante , se déclara pour Moavia , qu'elle soutint à la tête d'un parti nombreux.
Les deux factions se livrèrent un combat sanglant : Aïscha , montée sur un chameau , parut au premier rang de ses guerriers. Dix-sept raille Arabes périrent dans cette mêlée : Ali demeura vainqueur. Aïscha fut prise ; mais le respect des musulmans environna dans les fers la femme chérie du prophète : elle fmlt ses jours à Médine , tellement vénérée , que , captive , elle semblait encore commander.
Moavia , résolu de soutenir ses droits et de venger la mort d'Othman , vint avec quinze mille guerriers combattre Ali^ qui en rassemblait vingtcinq mille sous ses drapeaux.
Ces deux armées semblaient animées de la double fureur de l'ambition et du fanatisme ; des hommes si intrépides auraient conquis l'Europe : heureusement ils se déchirèrent entre eux.
On assure qu'ils se livrèrent , dans l'espace de trois mois, quatre-vingt-dix batailles. Un dernier combat , le plus affreux de tous , et qui ent lieu dans les ténèbres de la nuii, termina celte querelle : des deux côtés l'acliarnement était au
hV BAS-EMPIKE. S'iS
ooinble ; on combattait corps à corps ; tm profond silence rendait le carnage plus honùble ; chacun <lonnait ou recevait la mort sans proférer un cri , sans pousser un gémissement. Enfin , lorsque les premiers rayons du soleil éclairent ce champ de meurtres, où l'on cherchait plus là s'exterminer ^'à se vaincre , Moavia fait élever l'Alcoran sur quatre piques , et s'écrie d'une voix forte : a Que » ce livre saint juge entre nous! »
A ces mots , la fureur s'éteint , la piété se rallume, les cimeterres s'arrêtent, le combat cesse. Les deux partis nomment des arbitres , et cherchent dans l'Alcoran le jugement de Dieu.
L'influence d'Amrou décide l'interprétation ; les arbitres prononcent en faveur de Moavia ; le fier Ali rejette leur arrêt, en appelle à son glaive, et défie Moavia en combat singulier.
(( Le bras d'Ali, répondit celui-ci, est plus )) fort que le mien, il a toujours tué l'ennemi qui » l'a combattu ; mais c'est la tête la plus forte » 'qui doit régner , et je règne en Vertu d'un ju- )) cernent irrévocable. »
La guerre recommença : Moavia s'empara de Conspinla Mecque et de Médine ; cette guerre civile lais- musulmans^; sait respirer les ennemis de 1 islamisme , et moissonnait les plus braves guerriers. Trois mu$td*matis, indignés de ces troubles qui ruihaient l'Etat, espèrent les terminer en tranchant les jours des trois chefs dont l'opiniâtreté prolongeait les
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malheurs publics : la nicpriso d'un ineuilrier sauva de leur fureur rinlrépide Anirou; Moavia ne reçut qu'une blessure qui le rendit eunuque ; Mort d' AH. Ali seul touiba sous les coups des conjurés; il fut assassiné dans la mosquée de Kuffa.
Perfidie L'Arabic reconnut pour kalife son fils Hasan ;
lie Moaviu . -, . .
.i l'égard mais celui-ci , moins ambitieux ci ue son père , céda
«l'Hasan fils ■*• *•
«l'Ali. le trône à Moavia , qui lui promit de grands honneurs, des terres considérables et une forte somme d'argent. Lorsque tout fut signé, Moavia, suivant la morale des tyrans , dit : a A présent que je » suis revêtu du pouvoir absolu , je révoque les » conditions du traité : on abat l'échafaud quand
M.,rt ^^ l'édifice est bâti. » Hasan mourut empoisonné. Moavia , paisible possesseur du sceptre et do l'en-
Règnc censoir, établit le siège de Fempire à Damas, et oavij. ^g^'jjj jg chef de la dynastie des Ommiades, qui dura près d'un siècle ; celle des Abbassides lui succéda.
Sectes Mahomet s'était vanté de réunir tous les esprits Moavia. SOUS la foi d'uu dogmc simple, et d'éviter les disputes puériles qui divisaient alors les hommes , et produisaient partout tant de discordes, de schismes et d'hérésies. Le législateur arabe se trompa, et, à la mort d'Othman, les différentes versions et interprétations de l'Alcoran étaient si nombreuses , qu'elles pouvaient, dit-on, faire la charge de deux cents chameaux.
Un synode, nommé par Moavia .> les réduisit à
six livi'Cii, ei jola le reste dans la rivière ; ces six livres donnèrcnl lontefois lieu aux disputes opiniâtres de soixante-douze sectes, dont deux existent et se coinbatiorit encore de rtos jours : l'une, celle d'Ojiiar, domine chez les Turcs; l'autre, celle d'Ali, a pour partisans les Persans, les ïartares et les Indiens.
La raison et l'aulorité peuvent mettre fin aux disputes des hommes sur les objets matériels et sur des intérêts terrestres ; mais leurs querelles sur les intérêts célestes, et sur les questions métaphysiques qu'ils ne peuvent conq)rendre, lurent, sont et seront partout aussi opiniâtres , aussi interminables qu'inutiles *.
L'empereur Constant profita du repos que lui Coaquêia laissait la discorde de ses ennemis ; ses revers 1°"'" i""'
' Connant.
passés firent entrer dans son esprit une lueur de raison; il se raccommoda avec le pape Vitalien, se mit à la tête d'une armée, fit la conquête du })ays se» fi($
„, j Héroclius»»
des Lsclavons , nomma (.icsars deux de ses iils, Tibère sont
TT ' T nn'l \ r ' 11/1 ni>miui''«Cc-
Heraclius et Tibère , équipa une nouvelle flotte sars. pour combattre les Sarrasins, et rassembla assez de troupes dans l'Orient pour inspirer quelques paixertro craintes à Moavia. Ce kalife , dont la guerre civile c.'.nsTa«t. avait épuisé les forces, conclut la paix avec l'empereur.
Les historiens grecs prétendent même qu'il se soumit à lui donner chaque jour un esclave , un * Ans G5S et Gôg
cheval et mille pièces d'or. Les auteurs arabes traitent de fable ce récit, dicté par la vanité grecque, de ^rhéo- Constant , toujours attaché à son hérésie , fit c'ons?aïtf " assassiner son frère Théodore , qui était prêtre et Remords KG partageait pas son opinion : le remords suivit
4e Constant I • • -, i i • i i'
pour ce le crune , et empoisonna le reste de la vie de 1 em-
crime. ^
pereur ^.
Usurpation Cc fut daus cc tcmps que Grimoald , duc de en Lombar- Béuévcnt , usurpa la couronne de Lombardie ; elle
die.
était partagée entre Pertbarit et Gondebert, fils du roi Aripert : Fun résidait à Milan , l'autre à Pavie. Gondebert voulait régner seul , l'ambition lui fît commettre une de ces fautes qui perdent les Etats; i féjar'a "fle il s'appuja d'un secours étranger, il invoqua l'apet°dl Ver- pui <le Grimoald. Celui-ci , laissant son fils Romuald à Bénévent, s'avança vers Milan sous le prétexte de secourir son allié , mais dans l'intention de détrôner les deux frères. Un traître, apostc par lui, inspire des soupçons à Gondebert, et lui conseille, pour sa sûreté , en allant au-devant de Grimoald , de porter une cuirasse et un poignard sous sa robe.
MoH de Le perfide duc l'embrasse , et lorsqu'en le pressant il sent qu'il est armé , il feint de croire qu'on lui tend un piège , lire son épée , et l'enfonce dans la gorge du prince.
Le meurtrier hérite de sa victime; l'épouvante
* An66i.
DU BA 6- KM PI ni:. 5^27
«aisil tous les eî>prils j PerUiaril , coiislerné, fuit Fuite .le
... . Pcrtharil.
ue Milan ; il y laiiise sa reuirne Rodelinde i'X son fils Cuniberl , qui furenl enfermés à Bénéveni.
L'usurpateur épousa la sœur des deux frères qu'il venait de dépouiller. Parvenu au trône par un crime, il surprit tous ses sujets en les gouvernant avec luie telle douceur qu'il se concilia leur affection. Pertharil lui-même , qui s'était réfugié chez le kan des Abares , trompé par les promesses de Grimoald , quitte son asile , rentre en Lombardie , vient à Lodi , y est reçu honorablement , et arrive enfin dans Pavie.
A sa vue , l'amour des habitans éclate et se manifeste par des transports de joie. L'artificieux Grimoald l'embrasse , le traite comme un frère , jure sa perte, et se décide à le faire arrêter la nuit, dans l'ivresse d'un festin.
Pertharit , sans défiance , avait invité tous ses amis à souper dans son palais ; un domestique fidèle l'avertit du complot tramé contre lui : le prince feint d'être accablé par le vin et par le sommeil , il laisse ses convives à table , et se livre à la foi d un de ses anciens courtisans , nommé Hunulphe.
Celui-ci le déguise en esclave , charge son dos de matelas , lui ordonne de marcher devant lui , le gronde , le menace , le frappe , et , au moyen d'une corde , lui fait franchir les murs de la ville. Au pied des remparts, il trouve un cheval vigou-
reux^ se dérobe à son ennemi, et court en France chercher un asile pyè» de Clotaire III.
Cependant la nuit s'avance , le fesiin cesse, les convives se livrent au sommeil, le silence règne dans le palais ; les gardes de Grimoald arrivent , ils ne trouvent debout qu'un domestique qui les retarde encore , en les conjurant de ne pas troubler le sommeil de son maître : ils entrent enfin , et , furieux de voir que leur victime leur est échappée , ils voulaient inmioler ce domestique courageux ; mais Grimoald arrêta leurs coups , et récompensa même la fidélité de ce serviteur ainsi que celle d'Hunulphe , qu'il contraignit d'accepter une grande charge dans sa cour.
Quelque temps après , s'entretenant avec ce nouveau favori : ce N étes-vous pas , lui dit-il , » plus heureux près de moi que vous ne le seriez » à la suite d'un misérable fugitif? » —^ a. Prince, » répliqua Hunulphe , je vous remercie de vos » bienfaits, mais, pour y répondre avec franchise, » sachez que j'aimerais mieux partager les mal^ » heurs de Pertharit que votre fortune. » Gri^ moald , touché d'un sentiment qui le rendait jaloux du prince détrôné , renvoya à Pertharit cet ami fidèle , et lui permit d'emporter toutes ses richesses.
Victoire Ae Bicntôt uuc amiéc française entra en Italie , ïu'rTsi'raii- daus Ic dcsscln de rétalîlir Pertharit sur son trône. ^ " G rimoald , qui dut presque tous se* succès à ses
iiises, feignit d'être frappé de terreur, cl prit la fuite , en abandonnant son camp , qu'il laissa rempli de vins et de provisions. Les Français s'en emparent, se livrent à la débauche et se plongent dans l'ivresse : tout à coup Grimoald paraît, fond sur eux , et en fait un si grand carnage, qu'il n'en revint en France que quelques débris.
Pendant ce temps l'empereur Constant, bour- Projet «le
'■ *■ conquête <1'
relé par ses remords, croyait sans cesse voir l'om- cnuaut bre de son frère Théodore qui lui montrait une coupe pleine de sang , et qui lui criait : ce Perfide » frère , bois donc ce sang dont tu étais si altéré ! » Il espère que les agitations de la guerre pourront ramener la paix dans son cœur ; il veut , en s'éloignant , fuir le remords et le fantôme ; il arme ses vaisseaux, et annonce son départ en déclarant qu'il veut reconquérir l'Italie, et rétablir dans Rome le siège de l'empire. « Byzance, ajoutait-il , doit » sa naissance à Rome ; il fout respecter la mère )) plus que la fille , et lui rendre son ancienne » splendeur. »
L'idée de Constant était grande , mais pour exécuter de tels desseins il fallait un autre homme. Constantin , vainqueur et couvert de gloire , put changer le siège de l'empire; mais un empereur faible et vaincu, entreprenant une semblable révolution , ne pouvait inspirer que haine et que mépris.
Il vent s'embarquer *; le peuple de Constanti-
* An fifii.
arrivée et
33o HISTOIRE
nople se révolte , menace ses jours , el retient prisonniers ses trois fils, ainsi que sa femme. La garde sauve l'empereur des fureurs de la multitude ; il monte sur ses vaisseaux , et en partant il prodigue à sa ville natale les imprécations les plus injurieuses.
.S"" Constant passe l'hiver à Athènes, et débarque
l" it^^'o" en Italie dans les premiers jours du printemps de l'amiée 665. Depuis long-temps on n'avait point vu dans cette contrée d'empereur romain à la tête de ses armées ; son arrivée y répand d'abord la terreur; il prend d'assaut Lucérie, et vient camper à la vue de Bénévent.
Romuald y commandait ; ce prince avertit son père Grimoald du péril qui le menace, et, en attendant les secours qu'il demande, il se défend avec tant de courage et fait de si heureuses sorties, que Constant se voit forcé de lever le siège.
L'empereur marche sur Naples; un corps de son armée est battu par le comte de Capoue. Une ' autre division romaine, fortede vingtraille hommes et commandée par Snburrus, général romain, reçut l'ordre de contenir Romuald; mais le prince lombard lui livra bataille, et le défit complètement. Depuis cet échec Constant perdit tout espoir de vaincre les Lombards. 11 entra dans Rome , et , ne pouvant y paraître en triomphe , il y affecta une pieuse humilité.
Cependant, comme la conquête de l'Italie était
résidence à
DU BAS-EMPHU.. 33 1
devenue impossible, après avoir satisfait sa vanité par de frivoles cérémonies dans l'ancienne capi- '^y-'f"»'-. laie du monde, il s'empara de l'ar^^ent de toutes les églises , s'eml>arqua à Regglo, chargé des fruits de ce honteux pillage, passa en Sicile, et tixa sa résidence, à Syracuse.
Il ne pouvait plus revoir aucune de ses deux capitales, étant méprisé dans l'une et détesté dans l'autre. Ainsi cette entreprise mal conçue , dont le but avait été de relever l'empire , accéléra sa décadence.
Sa faiblesse affermit la puissance des Lombards. Romuald s'empara de Tarente , de Brindes , et conquit la Calabre; il ne resta dans le midi aux empereurs que Gaète, Naples, et quelques villes de la côte. Pendant la courte durée de cette guerre , le duc de Frioul s'était révolté ; Grimoald le combattit , le contraignit à se soumettre, embrassa le catholicisme, et s'allia avec une horde de Bulgares, dont les incursions s'étendirent jusqu'aux portes de Constantinople.
La gloire et la fortune du roi des Lombards déterminèrent Childéric II, roi de France, à conclure un traité avec lui. Peitharit consterné craignait de se voir livré à son ennemi; il songeait déjà à se réfugier en Anglelerre, lorsqu'il apprit la mort de Grimoald. Cet heureux usurpateur laissa la Lorabardle à Garibald son fils légitime, et Bénévent à Romuald son fils naturel.
cxacti msct »a mort.
Gepeiidanl Constant, qui ne sut jamais $e servir de son sceptre et de son épée que pour augmenter le mallieur de ses peuples et la gloire de ses ennemis, livrait la Sicile au pillage, et faisait gémir l'Afrique sous le poids de ses exactions.
Carthage, qu'il menaçait de sa présence, redoutait plus son approche que celle des Sarrasins. Havage, gouverneur de la province, se révolta avec une partie des troupes , et se rangea du côté des musulmans.
Moavia, général arabe et parent du kalife, profila d'une circonstance si favorable , entra en Afrique, et défit trente mille hommes que Constant avait envoyés contre lui.
Mais l'armée sarrasine était trop peu nombreuse; elle ne poussa pas plus loin , cette année , le cours de ses conquêtes.
Les querelles ecclésiastiques, les discordes civiles continuaient à déchirer l'empire, attaqué partant d'ennemis extérieurs; le péril commun ne pouvait ramener l'union sous un prince incapable de gouverner et de combattre. Sapor , ofticier persan , excita un soulèvement en Arménie. Le jeune César Constantin chargea le patrice Nicéphore de marcher contre lui, et d'attaquer Andrinople qui se déclarait en sa faveur : mais une chute de cheval termina la révolte et la vie du Persan.
DU BAS-EMl'lKE. 333
L*cnipcrcur Constant vivait depuis six ans à Syracuse en tyran, déshonorant le trône et ruinant l'Etat. La haine qu'il inspirait était devenue universelle *. Enfin un jour, au moment où il était dans le bain , un officier , qui se trouvait seul avec lui , saisit un vase d'airain , lui fendit la tête, et prit la fuite : quelques instans après , ses serviteurs entrèrent et le trouvèrent noyé dans l'eau et dans son sang. Ainsi périt ce tyran ; son ombre alla rejoindre celle des Agathocles et des Denys , dont il avait reproduit les vices et non les talens. Ce règne désastreux dura vingt-sept ans : Constant mourut dans sa trente-huitième année.
* An 668.
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