TOME
le défait, le lue, rentre dans Caïroan et marclte T.n.r guc Cartilage. Mais, au moment où il croyait terminer sa conquête par la prise de cette capitale , une armée nombreuse, envoyée par Justinien, débarque, livre bataille aux Arabes, et, après de longs efforts, remporte la victoire. Zobéir ne survécut pas à sa défaite : il périt sur le cbamp de bataille.
Les Romains , qui avaient payé leur iriompbe ' par beaucoup de sang, moins fiers de leurs succès qu'effrayés du courage de leurs ennemis, n'osent profiter de leur victoire; ils s'embarquent et se retirent bonteusement comme s'ils avaient été vaincus.
Règne L'Arabie vit cesser alors la longue guerre cii.cen^A^a-vile qui la décbirait; Abdalla et Moctar périrent en se combattant : Abdolmélic resta seul maître de l'empire de Mabomet.
L'empereur lui abandonna l'île de Chypre. Ce fmanc fut SOUS Ic règuc dc cc kalifc que l'on frappa la première monnaie musulmane '^ ; elle eut pour inscription : Dieu est le Seigneur. Jusque là les Mabométans ne s'étaient servis que de la monnaie romaine, et cette coutume flattait l'orgueil des empereurs , qui croyaient y voir un signe de dépendance et un reste de sujétion.
Guerre Dès quc Justinicn sut que le kalife allait prendre *Dten ei j^unc autrc monnaie que la sienne, sa vanité blessée
J^alifu. ^
* An 691.
ble
Première
monrjaic niu8u
nu r.As-r.Mi'iui:. o5j
rompit l;i i»i»l\ ; il vivait ci':dc Chypre sans résislancc, et, pour une cause l'rivolc, il déclara la guerre.
A la têle de son armée, il marche en Cilicie , rencontre les Sarrasins el leur livre bataille; ils commençaient à plier; Mahomet, leur général, fait parvenir un carquois rempli d'or à Nébule , qui commandait vingt mille Esclavons auxiliaires de l'armée impériale: Nébule, séduit, passe dans Débite les rangs des Arabes ; cette défection jette 1 epou- JustinUu. vante parmi les Romains, ils se débandent : l'empereur leur donne l'exemple dç la fuite , et arrive , furieux , à Nicomédie.
Les princes faibles sont aussi ardens pour la Son vengeance que froids dans le combat; Justinien vcnàlâoce rassemble les vieillards 3 les femmes, les enfans des Esclavons, et les fait jeter dans la mer.
La victoire de Mahomet affrancliit le kalife du Etablissetribut qu'il payait à l'empire. Abdolmélic fît, peu rabiV,''d'un de temps après , le dénombrement de ses sujets , 'caragè. et établit un impôt dont la plus grande partie pesait principalement sur les chrétiens : on appela cet impôt carage. Aujourd'hui, dans l'Orient, les chrétiens en portent encore l'humiliant fardeau *.
L'empereur, renonçant à rassembler une armée , convoqua un concile à Constantinople ; on y décida que les prêtres mariés garderaient leurs femmes. Le pape Sergius refusa de souscrire à
* An Gi)2.
35CJ iiistoiul:
cette décision; l'empereur, irrite, donna ordre à son écuyer, Zacbarie, d'arrêter le pape. L'armée de Ravenne prit la défense du pontife; Zacharie , poursuivi par elle et par le peuple , ne trouva d'asile que sous le lit du pontife , qui , se montrant digne vicaire de Jésus-Christ, lui sauva la vie '*". Les Sarrasins , ne rencontrant plus d'obstacles à leurs conquêtes, s'emparèrent de l'Arménie, iiaîne pu- L'cmpcrcur élevait des palais , et se consolait , en
bliqUL- pour 1 1 • 1 15 • • J ' 1 •
Justinien. les vojant , de la ruine de 1 empire ; rien n e^vilait l'insolence et la cruauté de ses ministres. Etienne , chef de ses eunuques, menaça du fouet l'impératrice mère, Anastasie; chaque jour voyait couler le sang des hommes les plus vertueux condamnés au supplice; partout on laissait éclater la haine et le mépris que Justinien inspirait.
Sou af- Ce prince, aussi cniel et non moins insensé que
fieuxprojet /> » • i l
JNeron , tonna le projet de massacrer tout le peuple de Constantinople ; il chargea Rusclus , qui commandait sa garde , d'exécuter cet ordre atroce ; mais le patrice Léonce, qui devait partir pour likvoUe prendre le commandement de la Grèce, averti
(le Léoiicc.
que le poignard d'un assassin l'y attendait , prend la résolution de mettre fin à la tyrannie.
Deux moines astrologues l'encouragent dans ce dessein, et lui promettent le sceptre; il arme ses domestiques, marche au milieu de la nuit au prétoire, fait croire qu'il y précède l'empereur,
* An 693.
nu BAS-EMPUlE. 357
ijrréle le préfet , ouvre les cacliols , délivre les captifs, appelle le peuple aux armes , et force le patriarche de parler en sa faveur à la multitude : bientôt toute la ville ne retentit que de ce seul cri : (c La mort à Justinien! » Tout fuit le tyran: Dcchéanco
;' ft mi.llla-
son palais se chance en désert; sa trarde 1 aban- iiondeJus-
*■ o . tinlcn.
donne , il est saisi , enchaîné , conduit dans l'hyppodrome. Le peuple demandait sa mort, mais Léonce , qui devait sa fortune au père de ce monstre , lui sauva la vie. On lui coupa le nez , il fut relégué à Clierson '*' j il était âgé de vingt-cinq ans , et en avait régné neuf.
Léonce fut proclamé empereur ; maliijré ses ef- téonce est
••• ■'• ^ empereur.
forts pour réprimer les fureurs de la multitude, elle jeta dans les flammes tous les ministres de Justinien. Celte révolution n'excita aucun trouble dans l'empire ; le gouvernement n'était plus la chose publique ; devenant la propriété d'un maître et de quelques courtisans, il intéressait peu les citoyens qui, toujours dans les mêmes chaînes, voyaient avec indifférence un changement de maître.
* An 695.
m/\jvw%nfuw\nn/w4
VV\\XVV\\VVVIVVVVVVVVVVVVVV\\^VVVVV\A^/VVVVV\\V\\'V\A(VVVVVVVV\lV\^iVVVV\\\A\VA%VV»VVtVV»