‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 32 sur 47 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

le défait, le lue, rentre dans Caïroan et marclte T.n.r guc Cartilage. Mais, au moment où il croyait terminer sa conquête par la prise de cette capitale , une armée nombreuse, envoyée par Justinien, débarque, livre bataille aux Arabes, et, après de longs efforts, remporte la victoire. Zobéir ne survécut pas à sa défaite : il périt sur le cbamp de bataille.

Les Romains , qui avaient payé leur iriompbe ' par beaucoup de sang, moins fiers de leurs succès qu'effrayés du courage de leurs ennemis, n'osent profiter de leur victoire; ils s'embarquent et se retirent bonteusement comme s'ils avaient été vaincus.

Règne L'Arabie vit cesser alors la longue guerre cii.cen^A^a-vile qui la décbirait; Abdalla et Moctar périrent en se combattant : Abdolmélic resta seul maître de l'empire de Mabomet.

L'empereur lui abandonna l'île de Chypre. Ce fmanc fut SOUS Ic règuc dc cc kalifc que l'on frappa la première monnaie musulmane '^ ; elle eut pour inscription : Dieu est le Seigneur. Jusque là les Mabométans ne s'étaient servis que de la monnaie romaine, et cette coutume flattait l'orgueil des empereurs , qui croyaient y voir un signe de dépendance et un reste de sujétion.

Guerre Dès quc Justinicn sut que le kalife allait prendre *Dten ei j^unc autrc monnaie que la sienne, sa vanité blessée

J^alifu. ^

* An 691.

ble

Première

monrjaic niu8u

nu r.As-r.Mi'iui:. o5j

rompit l;i i»i»l\ ; il vivait ci':dc Chypre sans résislancc, et, pour une cause l'rivolc, il déclara la guerre.

A la têle de son armée, il marche en Cilicie , rencontre les Sarrasins el leur livre bataille; ils commençaient à plier; Mahomet, leur général, fait parvenir un carquois rempli d'or à Nébule , qui commandait vingt mille Esclavons auxiliaires de l'armée impériale: Nébule, séduit, passe dans Débite les rangs des Arabes ; cette défection jette 1 epou- JustinUu. vante parmi les Romains, ils se débandent : l'empereur leur donne l'exemple dç la fuite , et arrive , furieux , à Nicomédie.

Les princes faibles sont aussi ardens pour la Son vengeance que froids dans le combat; Justinien vcnàlâoce rassemble les vieillards 3 les femmes, les enfans des Esclavons, et les fait jeter dans la mer.

La victoire de Mahomet affrancliit le kalife du Etablissetribut qu'il payait à l'empire. Abdolmélic fît, peu rabiV,''d'un de temps après , le dénombrement de ses sujets , 'caragè. et établit un impôt dont la plus grande partie pesait principalement sur les chrétiens : on appela cet impôt carage. Aujourd'hui, dans l'Orient, les chrétiens en portent encore l'humiliant fardeau *.

L'empereur, renonçant à rassembler une armée , convoqua un concile à Constantinople ; on y décida que les prêtres mariés garderaient leurs femmes. Le pape Sergius refusa de souscrire à

* An Gi)2.

35CJ iiistoiul:

cette décision; l'empereur, irrite, donna ordre à son écuyer, Zacbarie, d'arrêter le pape. L'armée de Ravenne prit la défense du pontife; Zacharie , poursuivi par elle et par le peuple , ne trouva d'asile que sous le lit du pontife , qui , se montrant digne vicaire de Jésus-Christ, lui sauva la vie '*". Les Sarrasins , ne rencontrant plus d'obstacles à leurs conquêtes, s'emparèrent de l'Arménie, iiaîne pu- L'cmpcrcur élevait des palais , et se consolait , en

bliqUL- pour 1 1 • 1 15 • • J ' 1 •

Justinien. les vojant , de la ruine de 1 empire ; rien n e^vilait l'insolence et la cruauté de ses ministres. Etienne , chef de ses eunuques, menaça du fouet l'impératrice mère, Anastasie; chaque jour voyait couler le sang des hommes les plus vertueux condamnés au supplice; partout on laissait éclater la haine et le mépris que Justinien inspirait.

Sou af- Ce prince, aussi cniel et non moins insensé que

fieuxprojet /> » • i l

JNeron , tonna le projet de massacrer tout le peuple de Constantinople ; il chargea Rusclus , qui commandait sa garde , d'exécuter cet ordre atroce ; mais le patrice Léonce, qui devait partir pour likvoUe prendre le commandement de la Grèce, averti

(le Léoiicc.

que le poignard d'un assassin l'y attendait , prend la résolution de mettre fin à la tyrannie.

Deux moines astrologues l'encouragent dans ce dessein, et lui promettent le sceptre; il arme ses domestiques, marche au milieu de la nuit au prétoire, fait croire qu'il y précède l'empereur,

* An 693.

nu BAS-EMPUlE. 357

ijrréle le préfet , ouvre les cacliols , délivre les captifs, appelle le peuple aux armes , et force le patriarche de parler en sa faveur à la multitude : bientôt toute la ville ne retentit que de ce seul cri : (c La mort à Justinien! » Tout fuit le tyran: Dcchéanco

;' ft mi.llla-

son palais se chance en désert; sa trarde 1 aban- iiondeJus-

*■ o . tinlcn.

donne , il est saisi , enchaîné , conduit dans l'hyppodrome. Le peuple demandait sa mort, mais Léonce , qui devait sa fortune au père de ce monstre , lui sauva la vie. On lui coupa le nez , il fut relégué à Clierson '*' j il était âgé de vingt-cinq ans , et en avait régné neuf.

Léonce fut proclamé empereur ; maliijré ses ef- téonce est

••• ■'• ^ empereur.

forts pour réprimer les fureurs de la multitude, elle jeta dans les flammes tous les ministres de Justinien. Celte révolution n'excita aucun trouble dans l'empire ; le gouvernement n'était plus la chose publique ; devenant la propriété d'un maître et de quelques courtisans, il intéressait peu les citoyens qui, toujours dans les mêmes chaînes, voyaient avec indifférence un changement de maître.

* An 695.

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