CHAPITRE VINGT-UNIÈME
Etat de l'empire à l'avcneuicnt de Constantin V. — Portrait de c«!t empereur. — . Révolte d'Artabasc son beau-frère. — Fuite de Constantin en Phrygie. — Artabase est proclamé empereur.
— Bataille entre Constantin et Artabase. — Défaite et fuite d'Artabasc. — Evénemens en Orient. — Tableau de cette époque désastreuse. — Habileté et puissance du pape Zacliarie. — Querelles d'Astolphe , roi des Lombards , et du pape. —
■ Règne de Pépin. — Abolition de l'exarchat par Astolplie. — Mort de Zacliarie, remplacé par Etienne II. — Marche d'Astolplie contre Rome. — Guerre entre Pépin et Astolphc. — Défaite, fuite et capitulation d'Astolphe. — Siège de Rome par Astoljihe.
— Levée du siège. — Soumission d'Astolphe. — Première donation à l'Eglise. — Mort d'Astolphe. — Didier est roi des Lombards. ■ — Mort du pape Etienne, remplacé par son frère Paul. —Cruautés de Constantin. — Son ambassade à Pépin. — Révolution ecclésiastique à Rome. — Etienne III est élu pape. — Origine du collège des cardinaux. — Violence de Didier à l'égard du pape.
— Mariage de Léon, fils de Constantin, avec Irène. — Querelle entre Didier et la France. - Mariage de Charlemagne et d'Hermcngarde, fdle de Didier. — Mort d'Etienne III , remplacé par Adrien. — Marche de Didier sur Rome. — Sa défaite et sa fuite. — Entrée de Charlemagne dans Rome. — Soumission de Didier. — Fin du royaume des Lombards. — Mort de Constantin.
CONSTANTIN V, dit COPRONYME.
(An 74i.)
JLe irône sur lequel monta Constantin ne brillait qne par le souvenir de son ancienne grandeur , il ^': était entouré de ruines et de débris. Les Sarrasins. '''' ^°n*'^"
' tin V.
maîtres de la Syrie, de la Perse, de la Palestine ,
Eut de 'empire à avénemoil
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de l'Egypte et de l'Afrique , après avoir conquis l'Espagne , s'étaient avancés jusqu'au centre de la France, qu'ils auraient subjuguée, si le courage héroïque de Charles Martel et la victoire éclatante qu'il remporta sur eux n'eussent opposé une digue insurmontable à ce torrent ; sans ce grand homme toute l'Europe gémirait aujourd'hui , comme l'Orient , sous le despotisme et le cimeterre musulman.
L'Italie ne tenait plus à l'empire que par quelques souvenirs et un reste de crainte. Grégoire II, tout en paraissant s'opposer à une révolution , avait accoutumé le monde à voir la tiare résister à la couronne. Grégoire III fit plus ; il offrit Rome à Charles Martel , et le refus seul de ce prince conserva aux empereurs, pour quelque temps, sur cette capitale , une apparence de souveraineté.
Léon, en brisant les images, en bravant les anciennes coutumes, et en démembrant la juridiction du saint Siège, s'était rendu odieux aux peuples d'Italie , toujours opprimés et jamais défendus par les empereurs d'Orient ; ils méprisaient ces princes comme faibles , les redoutaient comme tyrans, et les haïssaient comme hérétiques. Zacharie, successeur de Grégoire III , regardait également comme ses ennemis les Grecs et les Lombards. Pour se défendre contre eux , il s'attacha aux Français, et' prépara ainsi, de concert avec l'opinion publique , la grande révolution qui
ou BAS-EMPÏki:. 391)
fonda , peu (le temps après, le nouvel empire (i'Orcident.
Aucun prince n'était moins capable que Con- Poiirau