Il lie CCI cm
stantin de soutenir 1 autonle impériale dans des peicur. temps si critiques: ce prince orgueilleux , violent, impie, choquant les mœurs d'un siècle religieux , méprisait tous les cultes, se moquait des saints, défendait d'honorer leurs reliques, outrageait la Vierge , et la comparait indécemment à une bourse qli^ôn méprise quand l'or qu'elle contenait en est sdflî. Au scandale de ses discours il joignait celui des plus sales débauches; bizarre et bas dans ses gdùtâ, il se frottait de fiente et d'urine de cheval , et contraignait ses courtisans à l'imiter. Ce fut cet éti^nge caprice qui lui fît donner le surnom de Cbpronyme. D'autres prétendent qiie lé patriarche l'avait ainsi appelé , parce qu'étant enfant et présenté à l'église , il avait sali par des excrémens les fonts baptismaux. L'histoire , pour être vraie, si* voit forcée de descendre dans ces honteux détails y lorsqu'^elle doit peindre les trônes et les peuples dégradés et avilis par la servitude.
Les excès de Constantin , sa haine contre Dieu , RcVoitc
, . . , , «l'Artibase
sa passion pour la magie , ses violences contre les son bf auprêtres lui attiraient une foule d'ennemis. Artabase le curopalàte, qui avait épousé sa sœur Anne, crut pouvoir détrôner facilement un si méprisable monarque.
L'empereur , soupçonnant ses desseins , lui de-
manda ses en fans pour otages. Artabase alors, ne ménageant plus rien , souleva l'armée qu'il com- Fuiic «le niandait , et marcha contre son beau-frère. ConrnPhrjl'i". slantin, épouvanté, prit la fuite, et se sauva en Phrygie ; mais , malheureusement pour l'empire , deux braves guerriers , Longin et Sisinius , entreprirent de lui conserver un sceptre qu'il abandonnait et qu'il était indigne de porter. |;^ ^ Artaba e Cependant le patriarche , convoquant le peuiMé''emoe- P^^ ^^ Constautinoplc, déclare publiquement qij'jil '""''' a entendu Constantin renier Jésus-Christ. La mul- . titude, indignée, prononce son arrêt, et proclame empereur Artabase , qui s'empare du palais y\^\. rétablit dans la \âlle le culte des images.
Longin et Sisinius , ayant rassemblé de nom-,
brenses troupes , rendent à Constantin l'espérawce
et le courage,; il reparaît à la tête d'une armées 5
les deux rivaux, également indignes de l'empire, .
implorent bassement l'appui de l'étranger et les
secours du kalife Oualid , fils d'Hescham. Le fier
Arabe, qui les méprisait, rejette leur prière , pro-
^ fite de leur division et ravage l'Asie.
Bataille ^^^ ^^ temps après, Constantin rencontra, près
sunL^^rde Sardes, Artabase, et lui livra bataille; l'habileté
Artabase., ^^ Sisiuius décida la victoire c Artabase fut défait.
Défaite et
t^bwe*^ "^'" et son fils Nicétas éprouva un revers semblable en Bithynie *. On vit alors se renouveler toutes les horreurs des anciennes guerres civiles; la discorde
' An 743-
vu R.VS-KAlPIRi:. 4oi.
véi>iiait dans loutc'S les faiiiillcs, l'obscuriié même lie donnait pas le repos. L'empire , déchiré par ses dissensions et pillé par les Arabes, nageait dans le sang : les deux partis semblaient mépriser également l'hum.inité , la justice, la religion, et des deux côlés on combattait avec fureur pour deux princes qui déshonoraient le trône , l'un par ses vices et l'autre par son incapacité.
Enfin, après plusieurs suc-cès balancés, Constantin assiégea Conslanlinople , défit la flotte de son rival , se rendit maître de la personne de Nicétas, le fît décapiter sous les murs de la capitale, et entra d'assaut dans la ville.
Artabase s'était sauvé dans un fort ; obligé d'y capituler , il se rendit , et on lui creva les yeux. L'empereur ne fît aucune grâce aux partisans de son ennemi ; î;s uns furent mes, les autres juutilés. Sisinius avait obtenu que l'on conserverait au patriarche sa vie et sa dignité; au mépris de cette promesse, il fut promené sur un âne, et livré aux insultes des soldats, qui le privèrent de la vue.
Il ne manqiKiit au féroce Constantin , pour être le plus vil des monstres, que de se montrer ingiat. Deux mois après que Sisînius l'eut replacé sur le tronc, il lui arracha lés yeux. Cette guerre cruelle fit périr la fleur des armées romaines , et le triomphe de rem[>ereur fut, sous tous les rapports, un fong deuil pour l'empire.
Le destin, qui n'avait pas encore marqué TOMF. 8. 26
cil'ollMa"* l'iïtiure do lii cliute du irônc d'Orient, le sauva au moment où rien ne paraissait devoir le garantir d'une prompte ruine.
La discorde divisa de nouveau les Arabes j les descendans d' Abbas , oncle du prophète Mahomet, s'étaient révoltés depuis quelques années contre les Ommiades. Après de longs et de sanglans combats , Aboul- Abbas , ayant vaincu et tué Mérouan , fils d'Oualide , monta sur le trône ; sa dynastie , celle des Abbassides , régna cinq cent vingt-trois ans. Aboul-Abbas, quitta Damas et s'établit en Chaldée. Almanzor , son frère , qui lui succéda , bâtit sur le Tigre la fameuse ville de Bagdad , qui devint la résidence des kalifes abbassides.
Comme la longue guerre qui détruisit la race des Ommiades avait affaibli les Sarrasins, Constantin , profitant de ces circonstances , battit les Arabes et reprit sur eux une partie de la Comagène'; il les chassa aussi de Chypre. Mais l'Asie semblait alors condamnée à ne jouir d'aucun repos , le fléau de la peste se joignit à l'avarice et aux concussions des magistrats de l'empereur , pour la désoler et la dépeupler.
TaMeau de Jamais , daus les annales du monde , on ne vit d'époque plus désastreuse pour les nations et plus orageuse pour les têtes couronnées ,* le cimeterre mahoniétan ravageait les villes , dévastait les c.liamps , moissonnait les sceptres , forçait les
«cite épt».
«jiie désas Ireuse.
nu BAS-F.MPIRE. 4O0
consciences , et répandait partout la terreur et la scrvitiulc.
Les guerriers du Nord détruisaient les derniers débris de l'empire romain, réduisaient les anciens maîtres du monde en esclavage , renversaient leurs monuniens, chassaient de l'Europe les arts et les sciences , et la plongeaient dans une obscurité profonde; on n'y voyait briller que les torches de l'ignorant fanatisme , et les glaives d'une foule de princes et de seigneurs, toujours divisés entre eux, mais toujours armés contre les trônes et contre les peuples.
Dans ce siècle de barbarie , l'ambition aurait du être plus effrayée que tentée du pouvoir suprême ; il y avait peu de distance entre le palais et la prison, entre le trône et l'échafaud.
Presque tous les monarques mouraient de mort violente ; les kalifes périssaient sous le cimeterre ou sous le poignard ; à Constaniinople , on assassinait les monarques , on crevait les yeux des empereurs détrônés.
Dans l'Occident , les princes qui survivaient à leur chute étaient rasés , confinés dans des monastères, et souvent privés de la vue. Le monde était bouleversé par de continuelles révolutions , et ce fut sous le règne de Consianlin et de son fds qu'on vit s''accomplir celle que les fautes de Léon avait préparée en Italie.
Le pape Zacharie conserva adroitement son au-
4(yk HISTOIRE
Hai.iK 16 torilé , en montrant une feinte soumisîsion à Con-
et puissance
du pape Za- s^aj^Qyj ct en menaçant des vcnijeances du ciel
chane. ■' ^ ■ o
Hilprand , roi des Lombards , faible successeur de Luitprand : Ratcbis, qui le remplaça, se montra d'abord plus formidable ; il menaça Rome et assiégea Pérouse; mais Zacbarie vint le trouver, et lui parla avec tant de force et d'onctiôri, que le roi lombard , passant subitement de la fureur au repentir , de l'orgueil à l'immilité , déposa sa couronne aux pieds du pontife , t-eçut de lui l'Iiabit de moine , et se retira dans le monastère du Moiit- Cassin.
Ces guerriers , à la fois farouches et superstitieux , montraient aux papes tantôt l'apre fierté d'un despote et d'un conquérant , tantôt l'humble soumission d'un catéchumène.
Bésistance Astolplic , parvcuu au trône des Lombards ,
d'AsIoIphe, • i r t ^ ' • •>'
roi des Loin- parut moius dévot, et plus ammlieux; comme il
bards , à l'ê- ^
frard du voulait ranger Rome sous sa domination, il décida
pape. "
le saint Siège à s'assurer contre lui de la protection de la France *.
Règne Dans ce même temps les Français, qui toujours voulurent la liberté ou la gloire, étaient fatigués de se voir gouverner arbitrairement par des officiers du palais , qui régnaient sous le nom de leurs princes fainéans ; ils détrônèrent cette race abâtardie : Pépin, maire du palais, héritant du respect que les exploits de Chartes Martel avaient inspiré
* An 75i.
nu BAS-EMPini;. 4o5
à lu nation, cnfernia son souverain clans un couvent Cl s'empara du trône.
Pans le dessein de rendre son nouveau pouvoir plus saeré, en joi^aiant à l'autoiilé du consenleinent national celle de la religion , il votdut se faii e reconnaître et couronner par le pape.
Zacliarie avait aussi l^esoin de son secours pour assurer son indépendance ; ce pontife ambiiieux,, détournant ses yeux du ciel et les fixant sur la terre ,. déckra qu'il était juste que Pépin portât le titre de roi, puisqu'il en exerçait l'autorité, et décida ainsi que le i^ouvernenient de fait devait remporter sur le gouvernement de droit.
Par un échange politique de complaisance , le descendant de Clovis, Chikléric îli, reçut la tonsure. Pépin la couromie , Zacliarie et l'Eglise, une souveraineté temporelle.
Cependant Aslolplie, qui voyait que les efforts Abouiion de cette alliance nouvelle étaient dindes contre chat par aslui , rompit la paix , déclara son dessein de conquérir et de ravager Rome; il s'empara d'abord de liavenne , et abolit l'exarchat qui existait depuis cent quatre-vingt-cinq ans ; ainsi disparut cette dernière et faible image de l'empire romain.
Suit ces entrefaites Zacharie mourut ; Etienne H, Mort lui succéda : 1 adresse et la feuite soumission de iciiii.i,icé
par
ce nouveau pape obtinrent une paix que l'on con- i^'itimo n. chit pour quarante ans, mais (jui fui rompue quatre mois après.
4tob HISTOIRE
Marche Le roi lombard demanda sans détour que Rome cnhe Je reconnut pour souverain. Le pape lenla de
Rome. . * ^ , * *
vains efforts pour le fléchir. L'empereur , fier do quelques succès remportés sur les Sarrasins , crut que , sans soldats , son nom suffirait pour arrêter le roi de Lombardie ; il était trop faible pour porter ses armes en Italie ? il y envoya le silenciairc de son palais , Jean , qui somma le roi lombard de lui restituer Ravcnne ; Astolphe continua sa marche, l'ambassadeur n'obtint que des réponses vagues.
La terreur régnait dans Rome : autrefois tout le peuple eût pris les armes , alors le clergé fit des processions , les citoyens les suivirent pieds nus , suspendant à la croix le traité de paix violé par Astolphe.
Etienne j qui cherchaitd'auires secours que ceux du ciel, écrivit à Pépin et aux grands de la France pour implorer leur appui. Pépin ne lui ofïi it qu'un asile ; le pape se rendit à Pavie , trouva le roi de Lombardie inflexible , et en obtint seulement la permission de se rendre en France.
Le fils du roi des Français, Charles, si fameux depuis sous le nom de Charlemagne, vint au-devant de lui; ce fut alors que Pépin, usurpant les droits de l'empereur, promit de donner aux successeurs de saint Pierre l'exarchat et la Pentapole. Pour prix de ce don , Etienne le releva de ses sermens : il fut absous et sacré; ainsi que la reine et ses deux
DU UAS-EWIMRE. 4o7
(Usj le pape cxcoiTimiinia d'avance tous les seif^neurs cpii oseraient détrôner la dynastie régnanlc, et il revêtit Pépin, ainsi que ses enfans, du titre de patrice de Rome ; par ce premier concordat , le pontife et le roi légitimaient réciproquement leur usur[)ation, et se donnaient mutuellement ce qui ne leur appartenait pas.
Le roi rassembla un parlement à Querci-snr-Oise, cwry,-. et maigre 1 opposition de plusieurs seigneurs, il ctAbt<.iiiii.j. fit décider la guerre contre Aslolpbe, dans le cas où ce prince s'opposerait à l'exécution du traité conclu avec Rome. Pépin somma le roi de Lom- uéfaite.
... . fuileelcapi-
bardie de restituer les terres quil avait conquises : tuiat.on
* ^l ' d'AstolpIic.
sur son refus '*', il francbit les Alpes, bat complètement l'armée des Lombards, poursuit Astolpbe, l'assiège dans Pavie, le réduit à capituler; enfin il le force à remettre entre les mains du pape Pexarcbat ainsi que la Pentapole , à lui payer un tribut annuel , et à lui livrer quarante otages.
Tandis que l'Italie écbappait ainsi à Constantin, ce lâcbe empereur s'occupait tranquillement à nommer un patriarche et à convoquer un concile , ou trois cents évéques proscrivirent le culte des images.
Dès que le roi de France fut revenu dans ses sago <ie
, Ail • • 1 Rome p.ir
états, Astolphe, qm respectait peu les sermens Aaoïii.e. arrachés parla violence, reprit les armes, et revint assiéger Rome.
* An 754.
' 4o8 HlSTOlKli
Depuis que l'Eglise avait oublié celle maxime de l'Evangile , Mon royaume n'est pas de ce monde , l'ambiilon permettait et dictait à sa politique des fraudes pieuses. Etienne supposa une lettre, écrite par saint Pierre au roi de France , et envoya à Pépin , pour écbaufîer son zèle, cette épître prétendue du prince des apôtres.
Le roi la crut vraie, ou feignit de le croire : il
Levée '-'
■lu siège, passa de nouveau les Alpes : Asiolpbe effrayé
Sinjmission , '
u Astoiphc, n'osa combattre, leva le siège, s enferma dans Pavie , et demanda la paix. L'abbé Fulrade, com-
Picmière , • . '. '
d-naiioiià ixiissaire français, accompagné des commissaires lombards, en présence d'Astolpbe et du pape, prit solennellement possession del'exarcbat. Après celte cérémonie il se rendit à Bome , et il déposa Facte de donation, ainsi que les clefs des villes, sur le tombeau de saint Çierre.
Ce fat ainsi que le saint Siège acquit la possession de trois provinces et de vingt-deux villes. Cet exemple eut des imitateurs ; d'autres églises se firent donner des principautés; quelques monastères, des seigneuries; les papes joignirent la puissance temporelle à l'autorité spirituelle : ce mélange du sacré et du profane rendit lEglise plus forte et moins sainte; les intérêts humains l!em~ portèrent souvent sur ceux du ciel, e^ cest dans cette grande révolution que l'on doit chercher la première cause des querelles continues et des longs malheurs qui casanglantèioni l Europe. Ils durent
DU BAb-EIVlPItlE. 4o9
leur n.iissmco à lu conliision de dtiux pouvoirs, cnlro I(îS(jucls il xxa [)as cto possible tlepuis de tracer des llinile§ certaines.
Plusieurs auteurs pré tendent que , par cette première donation à l'Eglise , Pépin n'ayai^ concédé (jue les terres çt s'était réservé la souveraineté : tl'autres disent que cette souyeraineté illusoire fu^ qiielcpie lenips conservée aux empereurs d'Orient. Ce qui donne du poids à cette dernière opinion , c'est que jusqu'à l'époque du coiu'onnenient de Cbarleinagne les papes datèrent l,ei^rs lettrçs du règne dos cnq)ereurs de Consiaiilinople, Pt quQ le sénat et le peuple romain, en écrivais i^ à Pépin, nommaient le papç leur past^eur ^t npi^ leuij 5ei-r gneur.
Peu dp tejups après ces événemcns '*!, Astplphe ^^^^ fut tué parmi sanglier; l'ancien roi Batcliis, en- '^'•^""''f''"'nuyé du cloître, voulait remowler. sujl-. le trône; Didier, duc d'îs^ricî, appuyé par: les t^pupeset fayo- roilsLomrisé par le pape, obtint le sceptre. d^iS J^oipjbards,
Dans le njieme temps, I^tienne mourut,; Çaul
„^„ i* ' 1 • '1 M • 1 Mort
son Irere lui succéda : il ne restait alors au^ eip-du pape é-
■f !• T\T 1 i~^ -1 -r-» .1, tienne, rem-
peieurs , en Italie , que iNaples, Gaëte , la Pouille placé par
I ^-1 , , son fiérc
et la i.ialabre. Paui.
La puissance dp IJépin ir^sp^rait alors tarit d'effroi, qu'au lieu d'oser le combattre, l'empereur, le [)ape et, le roi des Lombards , s'eflbrçaient à l'envi d'obtenir son amitié.
* An 76(i.
4lO HISTOIRL
Cruautés Je Constanliiî , abandonnant tout espoir de re'parer ses pertes en Italie , réunit toutes ses forces contre les Sarrasins ; il remporta sur eux quelques avantages ; il défit aussi les Esclavons , fut ensuite battu par les Bulgares. Quelques années après *, il prit sa revanche , leur livra une grande bataille qui dura toute une journée , et les défît complètement ; mais il déshonora sa victoire en faisant couper la tête aux prisonniers dans le
cirque.
Ce tyran méfiant et cruel fit arrêter, sur un
simple soupçon , dix-neuf officiers de son palais ; on les conduisit enchaînés dans l'Hyppodrome , et avant de les faire décapiter, Constantin excitait lui-même le peuple à les insulter. On voyait au nombre de ces victimes deux patrices et un commandant de la garde.
rson L'empereur, dans l'espoir de semer la division
anil>assade i ti • l T 1 1 ■^■*-
i pépiD. entre les r rancais et les Lombards '^^j envoya six patrices en ambassade à Pépin. Il lui demandait la main de sa fille Gizelle pour son fils Léon , associé à l'empire , et prétendait qu'on lui donnât pour sa dot V exarchat.
Plusieurs prêtres iconoclastes faisaient partie de cette ambassade : négocialeui-s maladroits, théologiens opiniâtres, loin de concilier les esprits, ils les aigrirent , élevèrent inq)rudemment une diffi-
* An 763.
** An 767.
DU DAS-EMl'lKK. 4l 1
culte nouvelle, et par là donnèrent naissance au schisme qui divise encore les deux églises.
Ils accusèrent les Latins d'hérésie , parce que ceux-ci faisaient procéder le Saint-Esprit du fils comme du père. Les légats du pape soutinrent avec chaleur, contre eux, leur opinion en présence de Pépin ; la dispute porta également sur les intérêts terrestres et sur les intérêts religieux. On croit même que ce fut alors que les légats, dans le dessein d'appuyer les prétentions du pape sur l'exarchat, et de leur donner une apparence d'anciens droits, fabriquèrent le faux acte de donation attribué au grand Constantin.
L'ambassade impériale échoua complètement; le clergé français condamna l'hérésie du clergé grec, et le roi rejeta les demandes de l'empereur.
Cependant la nouvelle grandeur de Rome était Rcroinencore douteuse et chancelante: Paul mourut; «*-"si''i"':à
llomc.
Toton , duc de Toscane , entra en armes dans la ville , et força le peuple à élire pour pape son frère Constantin, qui était laïque. L'usurpateur du saint Siège écrivit à Pépin , qui ne voulut point le reconnaître. De son côté Didier envoya un corps de troupes à Rome , dans le dessein d'y faire proclamer pape un prêtre nommé Philippe, qui lui était dévoué ; cette ville infortunée devint un champ de bataille entre les Lombards et les Toscans; mais ceux-ci, après s'être affaiblis et presque détruits mutuellement, cédèrent aux me-
4 12 msTaîp^
*'""""' "^r^iU'PStît 4 Vindiiîuallpn duelfircré, dç la noblesse et du peuple, qui , las, dq leur viojeiice , ^e rassemblèrent et chireiU pour pape ^LLienne III. L'autre pape fut, enlernxé, et les Roinaiçis, imiiaot aloiii la barbarie des Ojien tauii; j, lui crevèrent les yeux, ainsi Q[u,'au tribun Qij^cilis. x ^PH protecteur ^,
ftien;;)^ ^^ eriyoya v^ anij3assade en France, Pépin était mort; Charles et Carloman, ses fils , tous deux patriçes de. l^Qpie , a/jcueillirent favora-t blenient \es^ ambassadieurs, ei chargèrent douze évêques de -se lei^dre dans la capitale du monde chrétien pour y ralabfo li'oEdiie et le calme.
ori-inc.iu Un concile, convoqué par eux , confirma ki dé-
lollege des . . . i ^ • 1 ?
çaidiiiaiix. position du pape L.onstantin, etclecida quonne
pourrait plu^ être pape sans avoir été prêtre ou
diçiçr4i<xf,^^4ip0h ç'es}r-àr.dij:e ail^ché à une église.
Telle fuïi Torigine de. ce collège fameux de car<li-
iiauX:, qui depuis porta la pourpre et prélendit
renouveler l'éclat du sénat romain.
Le même cojicile analhématisa celui de Con-
stanlinopie, qui. avait; proscrit le culte dés images.
vîoimcc Didier, éludant ses promesses, refusait toupie Wi.iier à . . . r.. ,
Vcgarti du jours de restituer complètement au saint î>iege son patrimoine ; sous un prétexte de dévotion il s'approche, de Rome : ce dangereux pèlerin, avec une armée pour escorte , cache ses projets hostiles sous un, voile de respect et d'amitié ; par ses arli-
* An 7oS,
UilUl,
avec irt
In: lV\S-1EiVÏPiRK. 4iS
fîccs , il oni;;ii;t; \o pape à vchi'r aàils son câiïjp. Ijc premier jiciur le pontife est i-eçu coriimé un pcre> le second il est traité comme un sujfet : Didier lui parle aVec hauteur , le fait arrêter, ëgbt'gë ses prînci[)aux officiers > et le forcie à écHrë ati roi d<.* France des lettres où la crainte avait dicté à la faiblesse des éloges mensongers.
Au Heu de saisir celte occasion pour fet^ouvrer sa gloire et sa puissance, en sauvant Rome et en délivrant le pape, l'empereur, enfermé dans sou palais , ne s'occupait que de la querelle des iconoclastes. Il aurait dû chercher pour son fils Léon ivinrin-»- ^e une femme qui lui donnât quelque allié puissant ; consit mais , en le mariant , il consulta plus ses caprices que la politique, et lui fit épouser une fille athénienne nommée trènc, qui devint célèbre par son habileté, par sa dissimulation, par éon génie et pàf ses crimes.
Dîdie^ ,' Icfîri dérîffiîtef-, demanda en nilariage Q"c-iei Gizelle y SoÊur de Ghàrlertiagù'e. Le pape , cjui re- et dotitdit ce rapprochcïiieni y écrivit arf< i^di de France une leitre violente d^to'S ïaqttelle Fespl^it de haiirie éteignait celui de la charité : il y représentait leS Lombards comme un peuple abominable, tnii répandait en Europe la lèpre et ia corru]f)iion : les finir, disait-il f au sang de la noble nation des Français ,■ ce serait mêler la Iwmière aux ténèbres.
Berthe, veuve de Pépin, prenait le parti des
eniro ! )iilicr lu ri.iiice
i\c Chai
<l'II<riiien ■ de, fille
4l4 HISTOIRE
Lombards; cependant leur roi n'obiinl pas Gizelle; mais sa fille Desiderata, que d'autres nomage ment Hermengarde , épousa Charlemagne ; cette f princesse , qui devait être un lien d'amitié, devint dTi)!dier/ ïa cause d'une haine éternelle. Charles la répudia au bout d'un an ; les Français désapprouvèrent ce divorce et s'opposèrent quelque temps au second mariage du roi avec Hildegarde, Carloman mourut; Charles, son frère, s'étant emparé de ses états , Didier , furieux de l'affront que sa fille avait reçu , offrit un asile à la veuve, aux enfans do Carloman, se déclara leur défenseur, et commença cette lutte qui devait bientôt décider du sort de l'Occident.
MortdE- Le pape Etienne III terminait alors sa carrière
liciino ni, *■ ^
' urAdden orageuse ; son successeur Adrien , marchant sur les traces de ceux qui l'avaient précédé , secoua totalement le joug des empereurs d'Orient. Résolu de se servir du génie de Charlemagne pour dé- • truire les Lombards et pour affermir l'autorité du saint Siège, il rejeta hautement l'alliance que lui offrait Didier ; ce prince s'empare du duché de Ferrare, bloque Ravenne , exige que le pape vienne à Pavie , et veut le forcer à couronner les fils de Carloman comme rois d'Austrasie.
Adrien refuse de sortir de Rome '*' , Didier y
* An 773.
nu BVS-EMIMKI:. 4l5
inardic avec son armée: le pape a'ntcii souverain , „'^.''""''"' "^•'
^ t l r> ' Didier sui
et lui oppose des troupes levées dans la Toscane , ^''""'" dans la Canipanie et dans la Pentapole.
Charlemairne , hésitant à franchir les Alpes , ^^ 'i''i'>''<"
O ' * ' cl sa Ilille.
comme autrefois César ù passer le Rubicon , tentait la voie des néi^^ociations, et offrait à Didier de fortes sommes d'argent, pour qu'il laissât le pape libre et qu'il lui rendît ses biens. Le roi des Lombards, frappé de cet aveuglement qui précède la chiue des princes, refusa d'écouter ses propositions. Charles alors, rapide et terrible comme la foudre, descend du mont Cenis, met en déroute Adalgise, fils du roi lombard , défait Didier, le poursuit , le chasse de Turin, l'enferme et l'assiège dans Pavie.
Spolelte et Ancône se donnent au pape; toute p^trée l'Italie tremble devant le glaive de Charles ; il pa- nîagne dUs raît sous les murs de Rome * ; le samedi saint , il y entre en triomphe , se prosterne aux pieds des autels , confirme la donation de Pépin , et en fait un nouvel acte signé par tous les évêques et par tous les nobles. Il y ajouta, dit-on, les territoires de Spolette , de Bénévent , et une partie de ceux de Toscane et de Campanie.
Ce nouveau Brennus, au lieu de ravager Rome , sonmission venait la délivrer. De retour devant Pavie , il força
* An 77-1.
4i(j iiistoiriE
Didier de se rendre à discrétion , et l'amena tin Fin .iii France avec sa femme et sa fille; ce fut ainsi que
rovaiimedcs
Lonibauis. périt le royaume des Loriibards qui avait diu'é deux siècles.
Tandis que ce nouveau météore brillait dons rOccidenl, l'Asie était à la fois dévastée par les Satrdsins et opprimée par l'empereur, tin vil courtisan, Laclianodracoh , digne ministre de Coiistaniin Copronyme, accablait les peuples d'impôts, vendait les monastères, forçait les moines à se marier, et envoyait au supplice les prêtres orthodoxes.
Le fils de Didier , qui s'était sauvé de Vérone , vint cliercher un refuge à Constantinople, oii il reçut le litre de patrice et prit le nom de Théodore. L'empereur, après avoir combattu les Sarrasins' sans succès, marcha contre les Bulgares à la tête de quatre- vingt mille hommes , traversa tout leur pays sans le conquérir, et revint dans la capitale plus chargé de butin que de gloire. iMori .le L'année suivante * , au moment où il se dispo-
Consljiitin. . , . ,, . , » J. .
sait a partir pour une nouvelle expédition, une fièvre ardente et pesiilenlielïe termina son règne honteux ; il était dans sa cinquante- sixième année , et avait souillé le trône trente-quatre ans.
Les iconoclastes honorèrent sa mémoire , les
nu BAS-F.MPIRE. 4l7
CiOiolîqucs l'accablènuit d'oui rages, ot préten- <llreiit qu'en expirant , dccliiré de remords , il croyait déjà sentir les flammes éternelles. Sans écouter ces panégyriques et les satires dictées par l'esprit départi, l'histoire, d'accord avec la justice et la vérité , placera Constantin Copronyme au nombre des Caligula , des Néron , et des autres monstres dont les vices ont déshonoré le sceptre. Il n'avait eu qu'un fils d'Irène; sa seconde Icmnie Eudoxie lui en laissa cinq