CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME
Association de ConStarrtin à l'empire. — • Gongpiration contre Léon IV. — Sa clémence pour les conjurés. — Victoire sur le» Sarrasins. — Mort d'Othmaii , fils du kalife. — Moi^ de, L>!'0D»
LÉON IV. (An 775.)
On remarque avec surprise que les Romains , ayant renonce depuis tant de siècles à la liberté , n'aient jamais conçu la pensée de s'assurer le seul et faible dédommagement que pouvait leur offrir le pouvoir absolu, c'est-à-dire le repos.
Les orages avaient passé de la tribune et du Forum dans le palais, ibéatre sanglant de conjurations , d'assassinats et de révolutions ; il en résultait une variation perpétuelle dans les places ,. dans les rangs , dans les fortunes et même dans les lois. Le favori d'iui jour était le lendemain captif, banni ou mutilé. On ne voyait rien de stable que la servitude et le malheur.
Le seul remède à de si grands maux eût été d'établir des institutions pour limiter l'autorité, avec un ordre régulier, héréditaire et invariable de succession au trône : ce trône alors , en comprimant les ambitions privées , serait devenu un appui , au lieu d'être un écueil.
Mais les idées les plus simples sont celles qui
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viennent lo plus lard. Long-lcjnpsl'unlvers, courbé sons le (lespoilsme, préféra la tyrannie élective à la monarchie héréditaire et libre ; en vain les empereurs s'efforçaient de conserver le sceptre dans leurs familles, les grands s'y opposaient, et les peuples, sacrifiant sans peine tous leurs autres droits , ne se montraient jaloux que de celui d'élire leurs maîtres.
Des que Léon fut couronné, craignant l'ambi- Assoc;,ui,.n tion de ses frères, il chercha les moyens d'assurer ti» =' ic.nle sort de son fils Constantin, âgé alors de cinq ans. Ce faible prince n'osait se servir de son autorité pour associer cet enfant au trône. Il voulut y paraître forcé : quelques sénateurs, qui lui étaient dévoués , le supplièrent publiquement d'accorder le titre d'Auguste à Constantin. 11 refusa d'abord d'y consentir, mais, comme ceux-ci s'écrièrent qu'ils ne reconnaîtraient d'autre empereur que son fils , feignant de se laisser vaincre par leurs instances , auxquelles les princes joignaient hypocritement' les leurs : « Mes frères, dit-il, vous voyez que je » cède au vœu public et à vos désirs : n'ou- » blicz jamais que c'est Dieu, que c'est Jésus- » Christ lui-même qui dépose mon fils entre vos » mains. »
Ses craintes ne tardèrent pas à se vénficr : Ni- conspim-
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cephore, son frère, conspira contre Im; le com- r^éou. plot étant découvert, les courtisans conjuraient l'empereur d'envoyer son frère au supplice; ils
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sacu- demandaient même la iiiort; d^un aulrc de ses
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les conjurés irercs , nomme Lihnstophe, comme lie miimement au coupable Nicéphore. a Je pense différemment, )) répondit avec générosité Léon , et je pardonne )) au contraire au criminel Nicéphore , eu faveur » de Christophe qui est innocent. »
Léon était juste et clément ; le roi des Bulgares , Téléric , avait long-temps fait la guerre à l'em- • pire , ses peuples le chassèrent ; il vint chercher un asile à Constantinople ; l'empereur , oubliant ses offenses, ne vit que son malheur, l'accueillit honorablement, et le nomma patrice.
„. . L'armée de l'empereur, sous les ordres de La-
Victoire •• '
*"'.'"^'^'' chanodi^acon, remporta, en 780, une grande victoire sur l'armée sarrasine, commandée par
Mort .rot- Olhman , fils du kalife : le général romain,
kaiifê. * " meilleur guerrier que ministre , tua de sa main Othman.
jj^^^ Léon ne jouit pas de ce triomphe; il mourut
de Léon. *g^ ^jg trente ans, après un règne de cinq. On ne sait s'il aurait justifié les espérances que sa jeunesse avait données ; son caractère était faible et mobile ; en commençant à régner, il avait paru tolérer le culte des images; dans ses derniers jours^, il se déclara iconoclaste, et se brouilla même avec l'impératrice, parce qu'elle conservait chez elle quelques-uns de ces signes proscrits.
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