‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 8 sur 47 · il · texte numérisé non relu

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et ceux qui voulurent rcpnmer ces abus les trouvèrent trop enracinés par l'usage pour pouvoir les détruire.

Après la translation du siège de l'empire à Byzance, cette folie étrange et funeste sembla s accroître avec la corruption des mœurs. Les Grecs, asservis par des tyrans, gouvernés par des eunuques , opprimés par les barbares , ne semblaient retrouver leur ancien courage , leur ancienne audace , que pour défendre des prêtres orlbodoxes, des moines hérétiques , pour soutenir, au péril de leur vie, ou des formules inintelligibles, ou l'insolence de quelques misérables conducteurs de chars; et, au moment où, dans les camps, dans les palais, dans le sénat, on ne voyait que tyrannie et servitude, par un contraste bizarre, on retrouvait dans le cirque la démocratie avec toute sa licence et toutes ses fureurs.

Dësorcires Justinicu appuya de son autorité les partisans îioiibieiie. de la faction bleue; fière de cette protection, elle se livra aux plus grands excès contre ceux qui soutenaient la faction verte. Toutes, les. villesder vinrent le théâtre de combats sanglaiis, et de ^Us les crimes qui accompagnent les guerres civiles.

Les bleus prirent le costmiie des Huns , et se montrèrent , comme eux , avides et cruels ; ils pillaient les maisons de leurs ennemis , massacraient les passans, vendaient leurs bras à ceux qui voulaient payer des assassins, enlevaient les

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esclaves à leurs maîtres , les filles à leurs pères , outrageaient sur le cadavre do leurs époux les lenimes les plus distinguées : aucun magistrat n'osait punir ces brigands , dans la crainte de déplaire à Juslinien, et la terreur était portée à tel; point que l'empereur ignora pendant trois ans leurs excès.

Lorsqu'il en fut instruit, il, nomma, pour préfet de la, ville , Théodote, homme ferme , juste , et autrefois comte d'Orient. Ce magistrat , bravant le; courroux du prince , opposa aux factieux une inflexible sévérité , dissipa leurs atlroupemens , jeta en prison les plus mutins, et en fit décapiter plusieurs.

Au nombre de ceux qu'il envoya au supplice se trouvait un patricien nommé aussi Théodote. Les nobles, qui trop souvent veulent se mettre au-dessus des lois, se liguèrent; contre le préfet :, Justin , cédant à leurs clameurs , renvoya TUéodote en Orient ,* mais cependant il obligea son successeur de suivre les mêiues principes, et de déployer contre les factions la même fermeté *.

La part que Jus tinien avait prise à ces désordres, ne lui enleva point la bienveillance de l'empereur; nommé consul, ce prince dépensa des sommes prodigieuses pour se rendre populaire par des fêtes magnifiques; il fit combattre sur l'arène vingt lions contre trente léopards. Le vulgaire, fermant

* An 521,

les yeux sur la décadence de rcmpirc , prènail alors l'éclat pour la puissance, et la magnificence pour la grandeur.

Tandis qu'on ràmusâit par la pOrape de ces jfeux , on laissait Théodoric gouverner en maîircî FltalLo , et nommer un consul sans daigner de- ' \ iiAuiider le consentement de l'empereur.

Guerre A celle époquc le roi de Perse , qui se prélen-

avrc le roi , i i r-< 1 i • l > l

de Perse, dait sOuvcrain de la Colchide , nommée alors Laziqué, lui donna un roi appelé Damnazès; il mourut : Zalliciis , son successeur, ajrant embrassé le christianism(3 , voulut tenir sa courotme de rempercùr d'Orient. Cavade, irrité, résolut dès '^ lors de déclarer de nouveau la guerre à l'empire ; ' il acheta , dans ce dessein , l'alliance d'un roi des Huns qui résidait près de Dérbent ; mais , ayant découvert que ce prince recevait atisâi des subsides'dé Justin , illmvita à une conférence, et se vengea de sa duplicité en l'assassinant.

' Peu de' ty'raîns surpassèrent Cayad'e éri fourberies et' en cruauté. La conformité, qui existai^ entre les principes de Zoroaslre et de Manès , avait ' déterminé un grand nombre des principaux satrapes et des officiers de l'araiée à embrasser le manichéisme ; le fils du roi les favorisait, et on les accusait de conspirer pour porter ce jeune prince au trône. Càvade, dissimulant son courroux , rassemble les états du royaume , et s'adressant aux Manichéens : u Mon fils, leur dit- il, a

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» embrassé vos dogmes , je le sais el je l'approuve ; )) je respecte vos j)ruicipes ; je veux que l'héritier » du trône soit entouré par vous et ne suive que )) vos maximes. Séparez-vous des profanes , et )) approchez- vous de lui. » Les manichéens, surpris , obéissent avec joie ; dès qu'ils sont réunis , la garde les entoure et les égorge.

Tous ces meurtres répandaient une terreur générale : le roi d'ibérie , ne pouvant plus supporter le joug de ce monarque sanguinaire , implora la protection de Justin ; dès que Cavade en fut informé, il fit entrer son armée en Ibérie, et cette invasion devint le signal de la guerre entre les Grecs et les Perses.

Ce fut alors que le grand Bélisaire commença Premières

. , , . . . ' armes deBé-

le cours de sa vie héroïque ; il conduisit les lé- Usaire.

gions de Justin dans la Perse-Arménie , la dévasta;

mais ensuite, mal secondé par des troupes qu'il

n'avait pas encore eu le temps de former, il se vit

forcé à la retraite ; et ce premier échec , en lui

prouvant la nécessité de joindre la prudence à

l'audace , ne fut peut-être pas une des moindres

causes de sa gloire. La fortune égare les plus

grands hommes, et, pour les génies ardens, un

léger revers est quelquefois plus utile qu'un grand

succès.

Une autre armée de Justin fat complètement

battue près de Nisibe , par la lâcheté de Licelaire ;

qui la commandait. Bélisaire le remplaça, el, ro:ME 8. 5 '

iiaalf^ré le découragement répandu par celle défaite , il arrêta les progrès des Perses , et défendit contre eux Dara , avec autant d'habileté que de courage.

Les Arabes , détrompés des erreurs de l'idolâtrie 5 commençaient dès lors à sentir le besoin d'un nouveau culte. Ils voulurent d'abord rétablir celui de Moïse. Le roi d'Abyssinie, Elisban , zélé sectateur de la foi chrétienne , parti d'Axum , traversa le g olfe- Arabique , défit les Arabes, tua leur prince Birnion , et plaça sur son trône un roi chrétien.

Abriiraiion Après son départ, les Arabes se révoltèrent de

cUnortd'i;- • ij A 1 • • 1 • •

lihiiii, roi nouveau j Je roi a Abvssuue les vamquit encore

d'Abyssinie "" '' ^

et conclut une alliance avec Justin qui lui envoya pour auxiliaires , non des troupes , mais des prêtres ; à son retour dans ses Etats , plus jaloux des biens du ciel que de ceux de la terre , il descendit du trône , envoya comme offrande sa couronne à Jérusalem , et , après avoir régné en conquérant , mourut en saint dans un monastère.

Ambissa.]* Théodoric , que son zèle pour l'arianisme n'avait pipe Jean, poiut cmpêché de prot<iger en Italie les catholiques , soufïVait avec impatience les persécutions que les ariens éprouvaient dans l'Orient ; il envoya quatre sénateui's romains à Conslantinople , chargés de reprocher cette injustice à l'empereur , et il contraignit le pape Jean à présider l'ambassade, en lui ordonnant d'employer tous ses soins

DU liAS-EMPllU:. 67

pour l'airo renoncer Juslin à ce syslèiiio de rii,Mieur.

IjC sénat, le clergé , le })cuple, remjKTCLu- laimême vinrent au-d<ivant du pape, à la porte de i;i ville , et se prosternèrent à ses pieds ; il ne voulut entrer dans l'église métropolitaine que sous la condition qu'il officierait en lalin , et serait assis au-dessus du patriarche.

Le roi des Gotlis aurait dû prévoir qu'un pape ne pourrait pas plaider de bonne foi la cause des hérétiques ; le pontife romain parla de manière à ne rien obtenir. Il revint à Rome, satisfait des refus de Justin , et comblé d'éloges par les catholiques ; mais Théodoric , mécontent de sa conduite et sans respect pour sa dignité, le fit enfermer dans une prison , où il mourut.

La vieillesse avait rendu le caractère du conquérant de l'Italie plus faible et plus irascible j le héros disparaissait, le barbare se montrait : jeune, il avait honoré le courage et la vertu; vieux, il les craignit et les envoya au supplice.

Les deux pins illustres personnages de Rome , i>isgi.ire

' ' o /lie IJoéco f

Boèce otSymmaquc, comblés jusque là de sa fa- '^° ^^ veur, excitèrent sa jalousie, et, dès qu'ils lui parurent redoutables, ils furent sacrifiés.

Le sénateur Boèce , né dans la famille des ,ic o'o'cce! Aniciens , croyait descendre de celle du fameux Maulius, qui avait chassé les Gaulois du Capitole ; le désir de soutenir ce nom glorieux Téloi-

occo tt mmaque

68^ HisToiiii;

gna des dissipations auxquelles s'abandonnaienl

exclusivement les Romains dégénérés.

Dans sa jeunesse, il se livra à l'étude avec ardeur ; sa vive curiosité le conduisit dans les écoles d'Athènes , et il y resta plusieurs années. Sa raison forte le garantit de la passion puérile des Grecs pour la magie et pour la mysticité ; il profita des leçons de Proclus , célèbre alors.

Son esprit, éclairé par la morale du christianisme , se fortifia par la logique d'Arisiote , et s'enrichit de l'imagination vive de Platon ; lorsqu'il vint à Rome , le patricien Symmaque le prit pour gendre. Boèce défendit la foi catholique contre les hérésies d'Arius et d'Eutychès : studieux, actif, infatigable, il composa plusieurs traités sur la musique ancienne, sur la mécanique d'Archimède, sur l'astronomie de Plolomée, sur la philosophie de Platon.

Sa fortune secourait les indigens, son courage protégeait l'innocence ; et, si la flatterie seule put comparer son éloquence à celle de Démosthènes et de Gicéron , l'opinion publique l'éleva justement au-dessus de tous les écrivains de son siècle.

Théodoric , comme tous les grands hommes , cherchait le mérite , honorait la vertu , récompensait le talent. Boèce obtint le consulat et la charge de maître des offices. 11 vit même ses deux fils, jeunes encore, nommés ensemble consuls, paraître

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au Foruiu au bruil des applaudisseinens du sénat et des acclamations du peuple.

La faveur ne corrompit point son noble caractère. Citoyen dans une ville asservie , philosoplie au milieu de la cour d'un conquérant, son courage résista à la tyrannie orgueilleuse des officiers barbares , qui, malgré les intentions du roi, pillaient les campagnes, opprimaient les paysans, ruinaient les provinces et traitaient les Romains en esclaves.

Son éloquence hardie éclaira le monarque trompé , et sauva Paulianus qu'un ordre inhumain allait livrer aux bêtes féroces.

Lorsqu'il fallait combattre la délation , défendre la vertu , il ne connaissait ni crainte ni prudence.

Cette fierté romaine accrut sa renommée et fit tomber son crédit : la vérité est imporlmie dans le palais des meilleurs rois ; elle arrache l'estime , mais blesse la vanité.

Théodoric commençait à craindre l'ombre de liberté qu'il avait rendue au sénat. On accusa le sénateur Albinus d'avoir formé une conspiration pour faire recouvrer à Rome son indépendance ; Boèce défendit son ami : « Prince, s'écria-t-il , » les sentimens de riiomme vertueux qu'on accuse » sont ceux du sénat et les miens. Neus devons » partager sa peine , s'il est coupable ; et , si nous » sommes innocens , les lois doivent protéger Albi- » nus comme nous. »

Les délateurs , résolus de le perdre , contrefirent

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saron- sa signalure et celle d'Albinus, ils rapposèreiit

et aa mort 3^ Jj^g (J'yjj f^,^.^,[^ adrcssc à l'empereur (l'Orient

pour implorer son secours contre l'oppression des

Gotlis; ïliéodoric irrité, sans vouloir écouter

Boèce , le fît conduire en prison.

Le sénat, tremblant, traita sa fierté de rébellion, sa science de magie , et se déshonora en ordonnant sa mort et la coniiscaiion de ses biens.

, Boèçe , sans se j)laindre , montra son mépris

pour ce vil sénat dont il avait voulu défendre la liberté , et ne s'en vengea que par ce peu de mots : (( Personne après moi , dit-il , ne sera plus )) coupable dans liome du crime que vous me )) reprochez. «

Loin de s'efFrayer des approches de la mort , il composa dans sa prison un traité sur les consolations qu'on doit à la philosophie. Les ministres ]iarljares de la vengeance du roi des Golhs serrèrent sa tète avec une forte corde jusqufau moment où ses yeux sortirent de leurs orbites : îijirès avoir joui pendant quelque temps de ses douleurs qui ne pouvaient vaincre son courage, ils le tuèrent à coups de massue , et éteignirent ainsi la dernière lumière de l'Occident.

Mort àe Son beau-j)ère , le patrice Symmaque , laissa éclater indiscrètement sa trop juste tlouieur. On crut qu'il voulait venger celui qu'il osait pleurer; il fut chargé de fers , traîné à Ravcnnc , et sacrifie au.x soupçons du roi.

DU bA9-EMPlRE. 71

Théodoric ne survécut pus lonL'-temps à ses „,,'*''''"« victimes , et , on doit le dire à sa propre j^loire , après avoir brillé j>endant trente ans sur la terre de cet éclat que dorment de grandes conquêtes , de grands uJens et de grandes vertus , il descendit dans la tombe, troublé de craintes, et act'ablé de remords. La frayeur et la honte, plus que l'âge, aflaiblissaient son esprit. Un jour , comme on servait sur sa table un énorme poisson : C( Eloignez » ce fantôme, s'écria- t-il, je vois Symmaque fu- )i rieux , son œil annonce la vengeance , il est » prêt à me dévorer. »

Après trois jours d'agonie il mourut ; ses dernières paroles exprimèrent son profond repentir de la mort de Symmaque et de Boèce.

Ainsi tomba cet homme célèbre qui, sortant des forets de la Pannonie , s'était rendu maître de Rome et de l'Occident , et avait étendu le pouvoir de ses armes depuis Syracuse jusqu'à Belgrade , et des bords du Danube aux rivages de l'Océan.

La fortune , qui lui avait si long- temps prodigué ses faveurs , lui accorda le bien le plus rare pour un roi , un ami véritable : Artémidore, Grec de naissance , se montra toujours plus attaché à l'homme qti'au prince; le roi, l'ayant perdu, lit de lui, en peu de mots, le plus noble éloge : a Ar- » témidore , dit-il , servait le mérite , consolait » le malheur et n'abusait jamais de son pouvoir. »

Amaliisonte, fille de Tliéodoric , hérita de ses

Régence Etats , de SCS talcHS et de sa renommée ; elle força

d'Amala. i t» • >

soute. par son courage et par sa vertu les Romains a chérir et les barbares à respecter le joug d'une femme ; et , pendant la longue enfance de son fils Athalaric , elle occupa glorieusement ce trône sur lequel tant d'illustres guerriers n'avaient pu se maintenir.

La mort de Théodoric * rendit à l'empereur d'Orient l'espoir de renverser la puissance des Goths en Italie ; croyant même qu'il était inutile pour faire tomber le trône d'une femme , de déployer les forces de l'Orient, il la fit attaquer en Pannonie par les Lombards , avides d'argent et de gloire ; mais ils furent repoussés par les troupes de la reine des Goths ; Justin se vit forcé Athalaric dc rccoiinaître Athalaric roi d'Italie. uue. ' Amalasonte , douée d'un esprit vif et péné-

trant , d'un caractère ferme et modéré , possédait également la langue grecque et la langue latine , parlait bien et peu , se montrait a la fois économe et libérale ; elle aimait la paix sans craindre la guerre , négociait avec sagesse , mais avec fierté ; et s'attirait l'estime générale par sa fidélité inviolable dans ses promesses.

Le premier acte de son règne fut un acte d'expiation et de justice ; elle rendit aux enfans de Boèce et de Symmaque leur héritage.

Cassiodore , dont l'envie avait été forcée de

* -An 'jiG

DU BAS-HMPJKE. j3

respecter sous trois règnes diflcrens les talcns et la vertu , fut son principal ministre.

Voulant élever son fils non en prince, mais en homme , elle l'envoya suivre ses études dans les écoles romaines.

Sa prudence détourna le danger dont la menaçait'ambition d'Amalaric, roi d'Espagne et petitfils deThéodoric ; elle évita la guerre , en cédant à ce prince les villes qu'elle possédait dans la Gaule.

Le comte Riccimer, chargé de ses ordres, parut au milieu du sénat de Rome , et lui porta le serment, qu'elle avait prêté, de conserver aux Romains, aux Dalmatiens et aux Goths tous leurs privilèges.

Tandis qu'elle employait ainsi l'adresse, le courage, la douceur pour affermir la puissance des Goths , le sort continuait à favoriser dans l'Orient l'élévation d'un prince destiné à détruire un Jour celte puissance.

Justin penchait rapidement vers son décHn. ^ .. .

••■ A Justmien

Justinien, son neveu, patrice et général, ne por-^* ujte'et lait encore que le titre de nobilissime ; impatient xi.éoj.M a d'arriver à l'empire , il s'était assuré par ses libéra- ^"s>istalités les suffrages du sénat. Les sénateurs supplièrent l'empereur de lui décerner le titre d'Auguste. L amour de l'autorité est la dernière passion des vieiUards ; l'empereur octogénaire refusa de partager un pouvoir qui allait expirer. Mais l'année Moi.» d'après, averti par la diminution de ses forces '^^•^'**''''*

des approches de la mort , il convocjna dans son palais le sénat , associa Justinien à l'empire , le nomma Augusle ainsi que sa femme Théodora, les fit couronner par le patriarche Epiphane , et mourut peu de mois après.

Il avait régné neuf ans. Vieux lorsqu'il parvmt au trône , il |X)rta sans gloire la couronne dont ses exploits l'avaient fait juger digne dans la vigueur de sa jeunesse.

nu BAS-EIVIPIKK. 7^

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