‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 11 sur 63 · DU B\S-E]V1P1KE · texte numérisé non relu

DU B\S-E]V1P1KE

Un Grec de Candie, nommé Michel Plaméri- Dévoue- Imire , dii'ne d un meiileur sort, osa tenter seul mort dePiaun généreux effort pour faire recouvrer aux Cretois leur indépendance , il les souleva contre les Vénitiens. Mais , après un combat sanglant , se voyant vaincu et abandonné , il dit à l'un de ses serviteurs : a Coupe ma tête , porte-la au général » ennemi ; tu m'épargneras la honte de me voir » captif de nos tyrans , et tu jouiras avec eux du )) fruit de ma mort. » Son vœu fut rempli.

Ainsi disparaissaient alors le peu d'hommes ditrnes d'avoir une patrie et de la défendre. Le jeune , "l'S"'^^

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Andronic, quoique couronné , restait toujours en Andromc butte à la haine des ministres de son aïeul ; ils enviaient sa gloire et craignaient sa vertu. Rien n'est plus odieux aux grands qu'un prince qui peut régner par lui-même et qui ne veut pas être gouverné par eux.

Le grand logothète et le protovestiaire résolurent de briser cette barrière qui s'opposait à leuiambition; maîtres de l'esprit du vieil Andronic , ils le déterminèrent à exiler son petit-fils ; on renouvela contre lui d'absurdes accusations , et comme il voulut se justifier , il reçut l'ordre de ne point s'approcher de la capitale.

Le grand domeslisque Cantacuzène écrivit inutilement à remper«.'ur « que si on voulait l'écou- » ter , il détruirait cette trame calomnieuse aussi

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)) facilement quoa lait tomber l'ouvrage de ce » vil insecte qui tend ses toiles dans l'obscu- » rite. » Les passions sont sourdes à la raison ; on nomma une commission pour juger le jeune empereur.

Il fut accusé d avoir forcé par des menaces le trésorier de la couronne à lui donner quatre raille pièces d'or. Andronic répondit qu'on lui en devait trois cent cinquante mUle , et le prouva ; le patriarche défendit l'accusé ; son innocence était évidente, et la commission, manquant de prétextes pour le condamner, se \it forcée de l'absoudre.

Quand la haine est impuissante , elle se change en fureur ; les ministres fomentaient de jour en jour le courrou dex l'empereur ; en vain le jeune prince cherchait à Je fléchir ; on le priva de la couromie et de ses biens - Sa Réduit à défendre ses droits , sa liberté , sa vie,

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d? guerre A il rasscmbla des troupes et déclara la guerre :

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1 hessalomque tut sa première conquête ; la, li reçut une blessure , et en guérit , dit-on , miraculeusement , en allant visiter le tombeau de Démétrius , car les peuples croient toujours que les objets de leur affection sont protégés par le ciel.

11 s'empara ensuite d'Edesse ; le krale de Servie refusa de se déclarer contre lui. L'armée destinée

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:t ie comballre , et commandée par Constanlin î>a

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Azan , lui livra bataille ; le combat fut opiniâtre " ■«•«iciic

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et sanglant ; les troupes du vieil empereur se virent «ar''-''''enfin enfoncées et mises en fuite ; le jeune Andronic, digne de vaincre, pleura sa victoire. «Les )) guerres civiles, disait-il , rendent le corps d'un )) Etat semblable à celui d'un frénétique qui ronge )) ses membres avec ses propres dénis , et qui se » déchire lui-même les entrailles. ))

Cependant , comme le meilleur parti dans ces calamités est de les abréger, il profita habilement de la crainte qu'il inspirait , et s'approcha rapidement de la capitale. Une armée bulgare s'avançait contre lui ; il écrivit à son aïeul de se mettre en garde contre un perfide allié qui venait lui enlever l'empire et non le défendre ; en même temps il fil dire au roi bulgare qu'il allait le combattre , le vaincre et ravager son pays : le prince barbare , déconcerté par l'audace d'Andronic et par la promptitude de sa marche , conclut la paix et se relira.

Le jeune vainqueur paraît bientôt sous les rem- p^^.^ ,,j, j>arls de Constaniinople ; du haut des murs on lui linopie ,.a. prodigue les insultes ; un olficier nommé Caballaire lui adresse les paroles les plus outrageantes. Mé[>rlsant l'injure , arme de la faiblesse , Androiiic commande l'assaut j ses troupes escaladent et

liaiichisseni les reinparis ; toute la milice de la ville se déclare pour lui ; la capitale était prise et la cour l'i^orait.

On en porte la nouvelle à Mélochite, premier ministre ; il refuse de la croire , et son aveuglement ne cesse qu'au moment où le vainqueur entre dans le palais.

^i„^iii;,- L'empereur , qui dans sa vieillesse ne savait pCTcurde- rendre respectable ni son âge ni son malheur , se dronic. prosterne aux pieds de son petit-fils et lui demande la vie. « Respectez , lui disait-il en pleii- » rant , ces mains qui ont touché votre berceau , M cette bouche qui vous a donné le premier baiser; » épargnez le sang qui est la source du vôtre, et » n'achevez pas d'écraser un faible roseau brisé » par la tempête. Défiez-vous de la fortune, mon » exemple vous prouve son inconstance : après » une longue carrière, une même nuit m'a vu >) empereur et me voit sujet. »

.^ci> s de Le jeune Andronic , loin d'abuser de son triom-

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cl ,1e dé- pj^g rougit de l'humiliation de son aïeul, embrassa

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^'"°"' ses genoux , et défendit , sous peine de mort , à ses fougueux partisans, d'attenter aux jours du vieilla rd et de lui manquer de respect.

Le premier ministre , enhardi par sa modération, lit un long discours pour se justifier ; Andronic l'écouta sans impatience , mais avec mépris.

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Le premier acle de son pouvoir fui le rélabrisst.*mcnt du pairlarche Isaïe , qui l'avait défendu dans sa disgrâce ; le second fut un acte général d'amnistie ; aucun de ses ennemis n'éprouva sa vengeance.

Caballaire , qui venait récemment de l'insulter, s'était caché dans un souterrain. Appelé en sa présence, il tomba en convulsion , et, saisi d'effroi, se frappa la tête contre le pavé. L'empereur le fit relever et lui adressa ces paroles : a La terreur >) que vous cause l'attente du supplice me prouve » que vous vous rendez justice ;, vous connaissez )) votre offense , vous savez la peine qu'elle mé- » rite , mais je veux que la peur soit votre seul )) châtiment ; montrez-vous à l'avenir plus prudent » et plus respectueux , je vous prends sous ma )) sauvegarde. »

Le peuple , qui attendait le supplice du coupable , apprit avec étonnement sa grâce , et un cri unanime d'admiration paya au vainqueur le pilx de sa clémence.

Andronic ne jouait aucune vertu, elles vivaient toutes dans son cœur : entraîné par sa bonté , il voulait rendre la court)nne à son aïeul ; mais, vaincu par les conseils de Cantacuzène , il ne lui conserva <pie les honneurs du trône , une forte pension et un uuigmhcjue palais.

Si l'on en croit le récit de Cantacuzène , jamai-.

il ne fut permis à un Grec d'aborder le vieil empereur sans se prosterner ; un autre historien , Nicéphore , prétend que dans sa retraite il éprouva de longues et de fréquentes humiliations : l'opposition de ces deux rapports peut se concilier , car la bassesse exécute mal les ordres de la vertu , et ce fut probablement parmi ses anciens flatteurs que le vieil Andronic rencontra le plus d'ingrats.

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