oG HISTOIRE
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u.rrc Les princes ollomans , délivrés de la présence
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e Bajnzet. ç,^ (\^^ joug dcs Tartarcs , se disputèrent les armes à la main * la succession de Bajazel leur père. Ces dissensions entre Josué , Soliman , Musa et Mahomet , offrirent à Fempereur Manuel une occasion favorable pour recouvrer son indépendance , pour relever son trône, et, comme il était habile elcou- 'i'ageux il en profita.
Josué, l'aîné des fils de Bajazet , s'empara de quelques provinces; Soliman, son frère, aussi efï'ravé que jaloux de ses progrès , vint implorer l'assistance des Grecs et Tacheta par la cession , ou plutôt par la restitution à l'empire de la Thrace, de la Thessalie et duPéloponése. Etrange vicissitude des choses humaines ! Naguerre Manuel , vassal , tributaire, otage, s'était vu traîné en captif à la suite des fiers musulmans , et alors un sultan se jette humblement à ses pieds pour solliciter son alliance.
Soliman , avec le secours des Grecs , marche contre Josué , le combat , le défait et le tue ; mais il ne jouit pas long-temps en paix de ce cruel triomphe; Musa, son frère , appuyé par les Bulgares et les Serviens , lui déclara la guerre ainsi qu'aux Grecs , reprit sur eux la Thrace et s'empara d'AndrinopIe.
* Ali 1 |oS.
UL BAS-EWFIIlli. 207
Ce daiîi^er commun resserra les liens de l'empereur et du sultan : Soliman épousa une nièce de Manuel ; tous deux réunis vainquirent Musa : pour prix de ce triomphe , les Grecs rentrèrent en possession de rionie ,* on leur rendit aussi plusieurs villes en Asie.
Le bonheur de Manuel lui alors troublé par la mort de Théodore son frère , clier à Lacédémone par son courage et par ses vertus , l'empereur prononça son oraison funèbre. Manuel se montra toujours Grec par son esprit , et Romain par son courage.
La fortune rendait à l'enqùre plusieurs provinces , niais pauvres et dépeuplées. Pour remplir le trésor on vendit Patras aux Vénitiens.
Manuel, dans sa prospérité, n'oubliait pointl accueil et les secours que son infortune avait trouvés en France. Ne pouvant prouver aux Français sa reconnaissance par de riches présens , il en offrit de curieux , et envoya aux bénédictins de Saint- Denis les œuvres de Denis F Aréopagiste .
lia tranquillité dont jouissait l'empire ne fut pas de longue durée : Soliman s'endormit dans le sein de la victoire ; tandis qu'oubliant son camp il se livrait aux débauches dans son harem , Musa , secouru par les Vainques , l'attaqua de nouveau et battit ses troupes dispersées : dans ce péril Soliman , ne fondant son esjxiir que sur les cou-
seils et l'activité de Maniiel , partit dans l'intention de chercher encore près de lui un appui ou un refuge ; mais dans sa route il fut assassiné par des traîtres qui portèient sa tête à son frère.
Musa , par ce meurtre , se vit sans obstacle empereur des Ottomans : ennemi des Grecs, il reprit Thessalonique , Andrinople , et vint assiéger Constantinople avec toutes ses forces réunies : Manuel lui opposa une vive résistance ; la flotte grecque , . commandée par Jean Paléologue , battit celle des Ottomans. Un autre événement éloigna de la capitale le péril qui la menaçait : le dernier des fils de Bajazet , Mahomet, arbora dans Amasie l'étendard delà révolte; l'actif Manuel , saisissant cette circonstance pour affaibhr encore ses ennemis en les divisant , promit son appui au prince rebelle , alla au-devant de lui jusqu'à Scutari , et le fit entrer dans la capitale ; tous deux cependant , . trahis par la fortune , furent vaincus dans une bataille qu'ils livrèrent à Musa ; mais , ayant reçu des renforts , ils portèrent leurs armes sur les côtes du Pont-Euxin. Musa courait à leur rencontre , le poignard d'un assassin termina son règne et sa vie. Mévaiion -, Mahomet , n'ayant plus de rivaux , monta sur
au li6nc île ' J i
Mahomet . jg trôuc , ct réuuit sous son autorité paisible toutes
ilnnier hls ^ r
d. iîajazet. jgg provinccs et toutes les forces de l'empire ottoman : le sultan , sincère dans sa reconnaissance , envoya des ambassadeurs à Manuel pour l'assurer
que, lui devant la couronne, il n'oublierait jamais ses bienfaits, et que, tant qu'il conserverait la vie, il regarderait connue un devoir de lui montrer l'obéissance d'un fils pour son père.
Cette heureuse révolution avait chan£;é la for- H<^"r<='"^
c change-
tune (le l'empire; Manuel, prompt à en profiter, "J^^^J^!"'
rétablit l'ordre dans les pro\inces , réunit les débris épars de sa puissance , et obtint de son allié <le nouvelles restitutions ; partout la justice reprit son cours , l'agriculture son activité , le commerce sa liberté ; mais cet éclat n'était qu'éphémère. Un homme de génie pouvait bien alors , à la faveur de quelques caprices du sort , étendre et relever l'empire , mais non lui rendre sa vigueur. Les mœurs étaient détruites, les courages amollis , et la vertu publique , seul esprit de vie des Etats , n'existait plus.
Mahomet , loin d'imiter ses belliqueux et cruels prédécesseurs , montra aux Ottomans le phénomène rare d'un sultan pacifique et tolérant. Ses envoyés annoncèrent aux chevaliers de Pdiodcs qu'il se déclarait le protecteur des chrétiens. Les Vénitiens seuls éprouvèrent sa haine : autrefois " outragé par eux , il leur fit une guern; implacable.
La douceur de son gouvernement ne le mit point totalement à l'abri des troubles; un imposteur, qui se disait fils de Bajazol, sr révolta, trouva TOME 10. |4
des partisans, rassembla des troupes, fut battu, et courut chercber un asile à Thessalonique. Manuel refusa de le livrer au vainqueur; ce refus n'altéra point l'amitié que lui avait jurée le sultan, et même , quelque temps après , Mahomet vint à Constantinople visiter son allié. Les courtisans grecs , qui depuis long-temps ne distinguaient plus la perfidie de la politique , conseillaient à l'empereur de le retenir prisonnier, dans l'espoir de pouvoir lui arracher l'abandon de la Svrie ; Manuel repoussa leurs conseils avec mépris, et reçut Mahomet comme un frère.
Mort<ie La mort seule devait rompre l'union de ces
Mancmct, A
"^ar^son^Cs ^^^^ priuccs : le sort ne tarda pas à détruire la Amurat. p^^^ passagèrc dont l'amitié du sultan et de l'empereur laissait jouir l'Orient ; une attaque d'apoplexie trancha subitement les jours de Mahornet*; ses visirs cachèrent soigneusement sa mort jusqu'au moment où Amurat, son fils aîné, arriva dans la ville de Pruse et se fit proclamer sultan.
Manuel prétendit que , suivant les intentions de son ami Mahomet , on devait liii confier la tutelle des jeunes frères d'Amiirat. Le refus du sultan était facile à prévoir : Manuel reçut unie réporisc insultante; il s'y attendait , elle lui servit de prétexte pour jeter un nouveau ferment de discordes parmi les Turcs.
* An i4'-i .
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Les jeunes princes ottomans se trouvaient alors à Constaniinople ; l'empereur proclama Mustapha , l'un d'eux , sultan , et lui donna des troupes. Une partie de l'armée ottomane se déclara pour lui. Mustapha , secondé par les Grecs, s'empara de plusieurs provinces et se rendit maître de Gallipoli. Mais ce jeune sultan, égaré par l'orgueil d'un premier triomphe , regarda l'appui de Manuel comme un joug ; devenant ingrat dès qu'il se crut fort , il se brouilla avec l'empereur et renvoya les Grecs. Le châtiment de son imprudence fut prompt , ses propres officiers le livrèrent aux mains d'Amurat-
Le sultan , débarrassé de cette eruerre intestine , siége de
*=" ' Constar.ti-
tourna toutes ses forces contre Manuel : Constan- "«p'" p"
Amoral.
tinople se vit de nouveau investie et assiégée '*'. Amurat en promit le pillage à ses troupes, et la possession au premier guerrier qui forcerait ses murailles.
Depuis quelque temps on avait fait en Europe invention une grande et fatale découverte qui changea bientôt Fart de la guerre, le sort des rois et celui des peuples : un moine, en mêlant le soufre et le sal«petre , avait créé ces foudres terrestres , plus redoutables et plus meurtrières que celles du ciel. Ce fut à l'époque du siège de Constaniinople par
* An l 'fJt'S.
Amurat qu'on entendit dans l'Oient l'éclat terrible du premier canon.
Un Génois , nommé Adorno , fit employer par
les Ottomans cette nouvelle arme contre les murs
de Constantin; elle étonna les Grecs, mais n'abattit
Défense point la fermeté de Manuel. Son activité, son
(les Grecs, excmplc réveillèrent l'anticpie courage : hommes ,
vieillards, enfans, femmes mêmes , tout s'arma.
Levée Les Grccs, par des sorties fréquentes, lassèrent la
*"^ constance des assaillans : Amurat leva le siège.
L'adresse de l'empereur ne contribua pas moins à ce succès que ses armes; il avait envoyé en Asie le jeune frère de Mustapha, qu'on appelait Mustaphopulle ; ce prince , excité par lui , rassembla de nombreux partisans et souleva quelques provinces. Pruse et Nicée se déclarèrent même pour lui. Amurat , rappelé par cette diversion , courut à sa rencontre, lui livra bataille, le vainquit et le fit étrangler.
Paix catre Tant dc gucrrcs et tant de révoltes avaient fa-
Manuel et.,> -f . 1**1 *1
Amurat. tiguc Amurat. Impatient de jomr du repos , il conclut la paix avec Manuel. L'empereur, qui seul avait sauvé l'empire, en connaissait toute la faiblesse. Persuadé que le secours des princes latins pourrait seul le préserver d'une destruction prochaine , il envoya des ambassadeurs à Rome pour Mort travailler à la réunion des églises. Mais une apo-
d» Manuel. , • 1 i •
plexie foudroyante termina le cours de sa vie
DU BAi^LMPIKE. 21 .>
i^lorieuse ; il était âgé de soixanie-dix-scpt ans, et en avait régné cinquante-deux *. Courageux , habile, éloquent, fécond en ressources, modéré dans la fortune , ferme dans les revers , Manuel prouva qu'un homme seul , doué d'un grand caractère , peut encore soutenir un empire qui s'écroule.
* An 1425.
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