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2 26 SECOXDE GUERRE
thènes fui respectée. Pour étendre sa dominalion il profita habilement des discordes des pa\ s voisins. Sauios etMilet étaient eu guerre : Péridès prit le parti des Milésiens, entra deux fois dans Samos , et y établit deux fois le gouvernement démocratique. Une Hotte phénicienne, qui voulait s'opposer à celle entreprise, fut battue et presque détruite. G„rrrc Une querelle plus di0icile à terminer, et dont cy'1-%1 Colles suites furent plus longues et plus funestes, eut
rinflie. ,
lieu entre Corcyre et Corinthe , son ancienne métropole. Les Athéniens se déclarèrent pour Corcyre et livrèrent aux Corinthiens plusieurs combats , dont le succès fut indécis.
La ville de Polidée était alors une colonie corinthienne. Athènes voulut qu'elle démolit ses murs, et chassât ses magistrats nommés par Corinnéfaite<ieSthe. Une bataille eut lieu près des murs de Poti-
Corinthiens -, , 1 *-i • i * n • t
dee : les Corinthiens lurent vaincus. Le sage Socrale, qui s'était couvert de gloire dans ce combat , fit adjuger le prix de la valeur au jeune Alcibiade , dont il présageait les hautes destinées.
Sparte, jalouse de celte victoire, embrassa la défense de Potidée, et engagea Perdiccas, roi de Macédoine , dans son parti.
Les deux armées se rencontrèrent , et 1 infanterie macédonienne fut mise en déroute par 1#6 Athéniens qui assiégèrent ensuite Polidée.
Ot événement porta au plus haut point la haine delà plus grande partie des Grées contre Athènes: ils l'accusaient de s'attribuer tout l'honneur de leurs triomphes communs, et lui reprochaient surtout d'attenter à l'indépendance des antres peuples.
Corinthe , qui avait déjà déclaré Falliance rom- Ambassade
7 *■ ' de Corinthe
pue , envoya des ambassadeurs à Lacédénione pour invoquer la vengeance publique contre les Athéniens. On délibéra dans le sénat de Sparte, et en- ti<màbPnrsuite en présence du peuple , sur cette grande affaire , dont la décision était si importante , d'une part pour le repos , et de l'autre pour la liberté de la Grèce.
Les Corinthiens et leurs alliés exposaient leurs griefs et demandaient la guerre. Les députés d'Athènes rappelaient les services rendus à la cause commune , et citaient avec orgueil leur dévouement , leur ville abandonnée , leurs mûrs cîé— truits , et les victoires de Marathon et cfe Salamine.
Le roi de Sparte , Archklarnus , conseillait la paix , et faisait prévoir tous le* malheurs d'une longue guerre qui déchirerait ta Grèce, é*t laisserait respirer l'ennemi commun.
Les émissaires du roi de Perse soufflaient le feu «^«"i™ delà discorde : l'orgueil bîessé parlait pour eux; la guerre fut résolue. Cependant avant de corn-
Ambassade battre on envoya à Athènes des ambassadeurs
à Athènes. J
qui exigèrent que cette république remît en pleine liberté toutes les villes grecques qui étaient sou» sa domination ou sous son influence ; on demanda particulièrement la révocation d'un décret qui interdisait à la ville de Mégare tout commerce avec Athènes.
Les plus riches et les plus sages des Athéniens voulaient que la république consentît à des sacrifices ; ils craignaient la ruine de leurs propriétés en Attique , et voyaient avec effroi tous les maux que cette guerre intestine devait attirer sur la Grèce. Mais , malgré les efforts de Thucydide et de son parti , le système dominateur de Périclès prévalut. Il flatta la vanité du peuple en lui rappelant ses trophées , en lui présentant un tableau séduisant des forces militaires et de l'état des fîannce.
Athènes avait alors trois cents galères, trente mille hommes de troupes , et neuf mille six cents talens , ou vingt-huit millions , dans le trésor. Les contributions des alliés se montaient à quinze cent mille francs par an. Il rassura les citoyens sur les ravages que l'Attique pouvait avoir à redouter, a Ce serait, disait-il, un mal passager. Abandon- » nez la campagne à l'ennemi , ne défendez que » la ville ; vos flottes et vos troupes iront porter
» la terreur dans les foyers de vos ennemis qui » seront obligés de rappeler leurs armées pour se » défendre contre des attaques multipliées que la » rapidité de nos voiles dirigera de tous côtés. » L orgueil de Sparte vaincu ne pourra vous ré- » sister , et il cessera de vous disputer l'empire » qui vous est dû , et que vous avez si glorieuse" )> ment mérité. »
Sûr des dispositions de ses concitoyens, et chargé de répondre pour eux , il rétorqua tous les argumens des ambassadeurs de Lacédémone , en leur reprochant d'avoir fait peser sur la Grèce un joug bien plus dur et beaucoup moins populaire que celui d'Athènes. Enfin il déclara qu'Athènes ne Déclaration
• > l'*l • r -de gaerre
consentirait a se départir de son autorité sur lesparPériciès villes qui reconnaissaient sa domination, que si Sparte en donnait l'exemple en rendant la liberté aux Ilotes, aux Messéniens et à toutes les villes qui gémissaient sous sa puissance.
Aucun des deux partis ne voulait sincèrement la liberté ; Sparte et Athènes prétendaient réellement à la domination : aussi les discours n'étaient que de vaines formes , et le glaive seul pouvait décider cette question. La guerre fut donc définitivement déclarée.
Elle était née essaire au repos de Périclès , comme vengeant
, . . . • .' • des ennemis
a son ambition ; car ses ennemis s agitaient sans de Périclès.
cesse pour détruire son autorité. N'osant l'accuser
directement, ils attaquèrent les objets qui lui
jument étaient les plus chers : Us mirent en jugement le
et mon de . , ' n
riii .Las™ célèbre Phidias, son ami : on lui reprochait d'avoir
de Pendes. r
dérobé une partie de l'or destiné à la statue de Minerve , et d'avoir commis une impiété en plaçant le portrait de Périelès sur le bouclier de Pallas. Phidias se disculpa du vol; mais, convaincu de l'autre délit, il fut jeté en prison et y mourut.
Frit* Anaxagore, accusé également d'impiété, savait il' Anaxagore. qUe Ja raison ne peut résister au fanatisme ; il se
déroba par la fuite aux passions du peuple.
Aspnswdc- Aspasie était également célèbre par sa beauté ,
fendue par . . .
rendes, par sa science, par son espnt et par sa galanterie. Le sage Socrate disait qu'il avait appris d'elle la rhétorique. Les plus illustres philosophes, les plus respectables magistrats écoutaient ses leçons et suivaient ses conseils. Périelès prétendait lui devoir son éloquence. 11 l'avait épousée ; il plaida sa cause , et quelques auteurs disent qu'il entraîna moins les juges par la force de son discours que par la puissance des charmes d'Aspasie, quil fit paraître sans voile à leurs yeux.
Tableau Athènes alors offrait le plus singulier et le plus
et de ses brillant mélange de sagesse et de folio, d'enthou-
gran-lshom- § • i i 1 • < 1
&»• siasnve et d ingratitude , de lumières et de supersli-
CONTRE LES PEBSES. 12 S 1
lions , de cruauté et d'urbanité , de vertus publiques et de licence privée : on y voyait à la fois de sages politiques, des orateurs turbulens , des guerriers vaiilans et généreux, une populace insolente et timide, des épouses pudiques et laborieuses, des courtisanes spirituelles et corruptrices, des artistes et des poètes célèbres déchirés par une foule de sophistes et de satiriques obscurs et envieux ; enfin, des philosophes éloquens et sévères , entourés d'une jeunesse ardente et légère , qui n'écoutait leurs leçons que pour orner son esprit sans les graver dans son cœur, constamment livré à l'ambition et aux Voluptés. Ainsi à cette époque mémorable se trouvaient réunis tous les élémens de gloire et de corruption qui annoncent à un peuple qu il est au laite de sa grandeur, et qu'il touche au premier degré de sa décadence.
Parmi les principaux personnages qui illustraient ArSLXagc alors Athènes , était Anaxagore , l'instituteur , l'ami, le conseiller de Périclès. Il avait renoncé à la fortune pour s'adonner à la philosophie. Ferme dans le dogme de l'immortalité de l'âme, et croyant tout soumis aux lois d'une intelligence suprême , il regardait le ciel comme sa vraie pat ne , et s'occupait si peu de la terre, qu'il lmit,àLampsaque, ses jours dans la misère. Les habitans de cette ville le ptiani de leur feire connaître ce qu'il désirait deux
après sa mort, il demanda un jour de congé pour les jeunes gens.
Pér.clè^ 1 avait laissé sans secours : l'ambition fait oublier i'aniitié. Apprenant qu'il touchait à sa fin , il lui lit des offres tardives : le philosophe répondit : (( 11 n'est plus temps ; vous deviez savoir » que , lorsqu'on aime sa lampe , on y verse de » l'huile. »
pinaare. Pindare , né à Thèbes , brillait alors : on le regarde comme le premier des poètes lvriques. Horace avertit les poètes qu'on ne peut , sans folie , prétendre l'égaler.
Eschyle. ' Le poète Eschyle , fondateur du théâtre d'Athène: , domia aux acteurs la robe , le brodequin , le cothurne , les masques. Il posa les règles antiques de la tragédie. 11 plaça les chœurs entre les actes. On admirait la gravité de son slvle. Il savait exciter la terreur, émouvoir la pitié. Avant de chanter les héros, il les avait imités , et s'était distingué par sa valeur à Marathon et à Salamine.
Sophocle. Sophocle, né à Colone, fut le rival d'Eschvle : plus éloquent, plus doux, plus harmonieux, on lui donna le surnom à' Abeille. Couronné vingt fois, et presque centenaire, il mourut de joie d'un dernier succès.
Enrypide. Eurvpide de Salamine , moins hardi , moins élevé que les deux premiers, avait un style encore
plus parfait et plus généralement admiré. On comparait sa poésie à la marche noble et douce d'un fleuve, et celle de Sophocle à la course d'un torrent. Eurypide, philosophe dans ses écrits, parlait à la raison comme à l'âme. Pendant la guerre de Sicile , quelques Athéniens captifs obtinrent leur liberté en récitant ses vers.
Aristophane fut le plus célèbre des poètes co- fo™!° miques. Son style était élégant , ses plaisanteries mordantes , ses bouffonneries grossières. Il frondait sans crainte le gouvernement , et ridiculisait sans pudeur sur la scène les plus graves personnages.
Hérodote d'Halicarnasse est regardé comme le Hérodote, père de l'histoire. Son dialecte était l'ionique. 11 composa l'histoire des Grecs, des Perses et des Egyptiens. Trop admirateur des poètes , il mêla trop de fables à la vérité. Son ouvrage, lu aux jeux olympiques, excita un enthousiasme général. Thucydide avoue qu'il en pleura d'admiration. Chacun de ses livres reçut le nom d'une muse. Un long es il à Samos mûrit son talent : les disgrâces de la fortune sont souvent aussi utiles à l'esprit qu'au caractère.
Thucydide, guerrier vaillant, orateur estimé , Thu<\y<ii<ie. rival de Périclès, fut banni vingt ans. Nous devons a cet exil l'histoire de la guerre du Péloponèse ,
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écrite dans le dialecte atiique. Cet ouvrage , trèsestimé pour son exactitude , et très-détaillé , fait mieux connaître qu'aucun autre les mœurs , les lois et la politique du temps. Il est peut-être trop rempli de harangues; mais plusieurs sont des modèles de logique et d'éloquence. Le style en est véhément, mâle et sévère. L'histoire de Thucydide , selon l'opinion commune , fut achevée par Théopompe et Xénophon.
enopiion. Xénophon , Athénien , aussi célèbre comme historien que comme général, dirigea la fameuse retraite de dix mille Grecs qui avaient voulu placer le jeune Cyrus sur le trône. Son estime , trop hautement avouée pour les lois et pour les mœurs de Sparte, lui attira la haine des Athéniens : il fut banni , et composa dans son exil la Cyropédie ainsi que l'histoire de la guerre du Péloponèse, depuis le retour d'Alcibiade jusqu'à la bataille de Mantinée. Cicéron dit qu'en lisant ses écrits on croit entendre les muses.
iso. rate. Isocrate se faisait admirer , comme orateur , par une éloquence douce , agréable, brillante, et par une morale pure. Il introduisit le premier la cadence et l'harmonie dans la prose : on le trouvait plus propre à flatter l'oreille qu à convaincre les esprits. Plutarque lui reprochait d'arranger mieux les phrases que les ailaires. jNieoclèk, roi
CO.MT.f. i.rs M KSI 5. a55
de Chypre, le comble de prescris. Il se lia imprudemment avee Philippe , roi de Macédoine, ne pénétra pas son ambition qui devait asservir la Grèce, et mourut de chagrin après la bataille de Chéronée.
Phidias s'immortalisa par ses ouvrages. La statue de Minerve fît sa gloire et ses malheurs. Son Jupiter Olympien, haut de soixante pieds, fut mis au nombre des sept merveilles du monde. Il excellait aussi dans la peinture. Myron acquit également comme sculpteur beaucoup de gloire : sa vache en cuivre fut son chef-d'œuvre.
Zeuxis , peintre fameux , se distinguait par la vivacité de son coloris. On dit que les oiseaux venaient becqueter les raisins de ses tableaux.
Parrhasius, peintre d'Ephèse, fit illusion à Zeuxis lui-même par un rideau si bien peint que celui-ci lui dit de le tirer pour découvrir le tableau.
Timante de Sicyone était célèbre par l'esprit de ses compositions. Dans le tableau qui représentait le sacrifice d'Iphigénie, sentant que le génie même ne pouvait exprimer la douleur d'un père qui voit immoler sa fille, il peignit Agamemnon se couvrant la tête de yj» manteau.
Dans le même temps Empédocle d'Agrigente jouit par ses talens d'mie grande autorité dans sa
Phidias.
patrie, et d'une juste estime clans la Grèce. On chantait aux jeux olympiques ses vers sur les devoirs de la vie civile. On raconte que , voulant passer pour un Dieu , il disparut aux yeux de ses concitoyens, et se précipita dans les gouffres de
I Etna ; Aristote le nie , et le fait mourir tranquillement dans le Péloponèse. Il était de la secte de Pythagore , qui avait illustré l'Italie six cents ans avant Jésus-Christ.
PyOagate Pythagore , né à Samos, était le fils d'un sculpteur. Sa force physique égala sa force morale ; car il fit d'abord le métier d'athlète. Les leçons de Phérécide sur l'immortalité de l'âme le portèrent à la philosophie. Il quitta ses biens et sa famille pour se livrer à l'étude des sciences et des hommes.
II parcourut l'Egvpte et l'Asie. La tyrannie de Polvcrate lui fit abandonner Samos. Il se fixa enfin dans la Grande Grèce , à Tarente , et surtout à Crolone. Sa secte fut appelée Yltalique. Il eut quatre ou cinq cents disciples qui subissaient un noviciat de deux jusqu'à cinq ans , pendant lequel on les obligeait à observer un silence absolu. Son éloquence était entraînante et ses mœurs fort sévères. Il pacifia les peuples d'Italie , et reformates mœurs daus plusieurs villes. Les magistrats écoutaient et suivaient ses conseils avec vénération .
On prétend qu'il s'enferma long-temps dans
une caverne, et qu'il fit croire au peuple qu'il avait été dans les enfers. Il interdisait à sa secte la nourriture des fèves ; on ignore le motif de cette singularité.
Zéleucus et Carondas , qui devinrent par la suite des législateurs fameux , furent ses principaux zéiencns
o ' A et Cai'onda*
disciples. Savant , pour son temps , dans les mathématiques, il trouva les démonstrations du carré de l'hvpothénuse ; et , dans la joie de cette découverte , il offrit une hécatombe aux dieux.
On lui attribue le système de la métempsycose, c'est-à-dire de la transmigration des âmes. Il prétendit avoir vécu dans le temps du siège de Troie , sous le nom et les traits de cet Euphorbe qui fut blessé par Ménélas. M. l'abbé Barthélemi croit que Pythagore n'admettait ce dogme que comme une image symbolique des reproductions et des métamorphoses des trois règnes de la nature. Dans son système , l'âme de l'homme était une intelligence émanée de l'intelligence suprême, à laquelle elle se réunissait quand elle était dégagée du corps. L'harmonie du monde lui paraissant un résultat des proportions qui existaient entre ses parties , il attachait une grande importance à la connaissance des nombres. Cette science lui semblait celle de Dieu même , et le plus puissant de ses moyens pour créer et conserver ses œuvres.