TOME
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tête des peuples de la Grèce pour marcher en Asie , il devait faire le même sacrifice que le ciel avait exigé du malheureux roi d'Argos.
Sonsacri- Agésilas, plus sensible qu'A gamemnon , et
fice troublé . • • 1 • */!
paries Béo- moins superstitieux, ne crut pas devoir sacrifier sa fille pour obéir a un songe ; il se contenta d immoler à Diane une biche , comme la victime qui devait être la plus agréable à cette déesse. Le sacrifice venait de s'achever, lorsque les Béotiens, irrités de voir le roi de Sparte faire un acte de souveraineté dans leur pays en y ordonnant un sacrifice, accoururent en tumulte, chassèrent les pontifes , et dispersèrent les membres de la victime immolée.
Cette insulte resla gravée dans l'âme d'Agésilas ; et le ressentiment qu'il en conserva contribua peut-être beaucoup aux malheurs dont Thèbes et Sparte furent tour à tour la proie.
Le satrape Tissapherne , cherchant à écarter
entre Tissa- l'orage qui allait fondre sur lui , trompa Agésilas
gésiias. par une femte soumisson : il négocia secrètement
avec lui pour suspendre sa marche , et se donna
par ce moyen le temps de lever des troupes , et
de faire venir les secours qu'il attendait de Suse.
Agésilas crut pouvoir le gagner, et avancer ainsi sa conquête sans combattre. Après lui avoir accordé un délai, il parcourut les villes d'Asie
DANS LA GRÈCE. 53g
pour relever le courage des alliés, et pour détacher d'autres villes du parti d'Artaxerce. La simplicité de ses vêtemens , sa petite taille le firent d'abord regarder avec mépris, tandis que la hauteur de Lysandre, le souvenir de ses exploits et sa brillante renommée lui attiraient tous les hommages.
Le roi voulut en vain l'engager par ses conseils à montrer plus de modestie ; Lysandre, accoutumé à commander partout, redoubla d'insolence. Agésilas alors, usant de son autorité pour le remettre à sa place, le traita avec fierté, et, afin de l'humilier davantage, le chargea des emplois qu'on ne donnait qu'aux subalternes ; il le nomma commissaire des vivres.
Le superbe Lysandre , indigné de ce mépris, Con. retourna à Sparte, et porta son ressentiment au Mj^con'
• j • treAgésilas
point de tramer une conjuration pour renverser le gouvernement : comme il descendait d'Hercule, il espérait qu'une révolution lui ouvrirait le chemin du trône , et il s'assura du secours de la prêtresse de Delphes pour y parvenir.
Un jeune homme d'une rare beauté, nommé Silène , devait paraître dans le temple comme fils d Apollon, et annoncer aux Grecs les ordres de ce dieu pour couronner Lysandre ,* mais , au moment marqué pour exécuter ce dessein , Silène
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disparut : la conspiration échoua. Toute cette in- . trigue ne fut découverte qu'après la mort de Lysandre.
dcUi7uève Cependant Tissapherne, qui avait profité delà trêve pour rassembler toutes ses forces, leva le masque, et ordonna aux Grecs de sortir d'Asie. Agésilas réunit ses troupes, et feignit de vouloir entrer en Carie. Tissapherne y marcha promptemeut pour le prévenir : mais le roi de Sparte , changeant tout à coup de direction, s'empara de la Phrygie qui était presque sans défense , et y fit un grand butin.
Après avoir exercé quelque temps ses troupes à Ephèse pour y rétablir l'ordre et la discipline, il répandit le bruit d'un projet d'invasion en Lydie. Tissapherne, croyant que c'était encore une ruse , marcha de nouveau vers la Carie : mais Agésilas entra promptementen Lydie, et s'approcha de Sardes, où se trouvaient tous les trésors du satrape.
Celui-ci , craignant de perdre ses richesses et la capitale de son gouvernement, accourut si précipilamment [pour les défendre qu'il laissa derrière lui la moitié de son armée. Agésilas , profitant de cette faute , tomba brusquement sur ses troupes , en fit un grand carnage , pilla son camp , le força lui-même de se renfermer dans Sardes, et leva des contributions dans toute la province.
DANS LA GRÈCE. 34l
Tissapherne fut accusé de trahison à la cour de Mort
de Ti*Hr
Perse ; son malheur y parut un crime. Artaxerce ph«ne. lui dépêcha un officier , nommé Trithaùst, qui le surprit dans le bain , le poignarda , et envoya sa tète à Suse.
Trithaùst demanda ensuite la paix à Agésilas : ce prince n'accorda qu une trêve , voulant attendre les ordres de Sparte ; il consentit seulement à s'éloigner de Sardes, et à recevoir trente talens pour son armée qui s'établit en Phrvgie.
Les Lacédémoniens refusèrent la paix aux Perses , et ajoutèrent au commandement confié au roi de Sparte celui de l'armée navale : jamais avant lui personne n'avait commandé à la fois sur terre et sur mer les forces de la république.
Agésilas aurait dû laisser, sous ses ordres, l'armée navale au général qui l'avait dirigée jusque là avec succès : mais les plus grands hommes ont leurs faiblesses ; le roi de Sparte , entraîné par des affections de famille , qui devraient toujours céder à l'intérêt public , mit à la tête de la flotte Pisandre, son beau-père, homme vain comme tous ceux à qui la faveur tient lieu de mérite et de talent.
Le satrape Pharnabaze, voyant la Phrygie ruinée conférence
, , . , ... eulre Phai-
par 1 armée grecque, vint trouver Agésilas, etnabazeetA-
. . . gésila«.
obtint de lui, en offrant de fortes contributions, qu'il sortirait de cette province.
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On remarqua dans leur conférence le contrasta du luxe asiatique et de la simplicité Spartiate. Pliarnabaze s'y montra à la tète d'un superbe cortège : il était couvert d'étoffes somptueuses , éclatantes de pierreries ; on étendait sous lui des tapis magnifiques. 11 trouva le roi de Sparte, vêtu comme un simple citoyen, armé comme un soldat, et couclié sur l'herbe au pied d'un arbre. Du temps de Plutarque on voyait encore la lance de ce roi : elle n'avait rien qui la distinguât des lances communes, et ne brillait que par l'éclat de la gloire du héros qui l'avait portée.
L'esprit, le courage et la modestie d'Agésilas excitaient l'admiration générale. Les alliés s'attachaient à lui avec enthousiasme ; et dans tous les lieux où il passait, on se disposait à embrasser son parti. Son armée grossissait chaque jour, et il se préparait à marcher au centre de l'Asie pour faire trembler le roi de Perse dans son palais de Suse , et pour l'empêcher de jamais troubler le repos de la Grèce. Mais Artaxerce, qui connaissait la valeur des Grecs , et comptait peu sur le fer et sur la force pour les arrêter , employa l'adresse et 1 or à les désunir : il n'ignorait pas à quel point l'orgueil de Sparte irritait les différentes villes de la Grèce, et il profila des divisions de ce pays pour sauver le sien.
Timocrate , chargé de l'exécution de ses ordres et de la distribution d'une somme d'argent considérable , parcourut toute la Grèce , s'efforçant de gagner les magistrats des principales villes , et de les soulever contre Lacédémone.
Les Thébains secouèrent les premiers son joug; les Athéniens firent alliance avec eux, et leur promirent des secours.
Conon vint alors à la cour de Perse pour l'engager à joindre ses armes à celles de la ligue thébaine.
Le succès de la négociation ne pouvait être douteux , puisque celte guerre était l'ouvrage de la politique d'Artaxerce.
Le prétexte des premières hostilités fut une querelle entre les Phocéens et les Locriens , qui se P,aexte
j. • i • , , jj • T O • des premiè-
disputaient la propriété d un terrain. Les Spartiates res hostm-
tés.
chargèrent 1 un de leurs rois , Pausanias , de rejoindre Lysandre qui était avec des troupes en Béotie , et d'appuver les prétentions des Phocéens.
Les Thébains se décidèrent alors à commencer la guerre, et à attaquer Lysandre pour empêcher Movtde sa jonction avec Pausanias : ils remportèrent une Lysan re' victoire complète ; Lysandre périt dans le combat.
Ce guerrier, justement célèbre, avait renversé Athènes et élevé Lacédémone sur toute la Grèce ; ses nombreux succès prouvent son habileté : mais , s'il porta au comble la gloire de sa patrie ,
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il prépara son abaissement en la rendant insatiable de richesses et de pouvoir. Comme il avait dépouillé beaucoup de villes de leurs trésors , on le crut long - temps avare. 11 mourut pauvre ; et après sa mort on reconnut que l'ambition avait été sa seule passion : elle développa sans doute ses grands lalens ; mais , comme elle était immodérée, elle lui fit commettre beaucoup de violences et de perfidies.
Je crois qu'on a eu tort de le compter au nombre des grands hommes : on n'est digne de ce titre qu'en unissant la justice à la gloire ; et peuton l'accorder à celui qui , abusant de sa victoire pour déiruire la liberté, soumit Athènes à l'odieux pouvoir de trente iyr,.ns ?
L'histoire, plus juste, devrait réserver pour la vertu le litre de grand , et ne donner que celui de célèbre à ceux dont la renommée est souillée par des injustices et tachée par des vices. tiolï ctnîiîë Sparte , apprenant les défaites de Lysandre , en nias. Ua" accusa la lenteur de Pausanias : ce roi fut condamné à mort , et se déroba au supplice par la faite.
Les éphores écrivirent à Agésilas de revenir en Laconie avec son armée : cet ordre lui arriva au moment où il se croyait certain de conquérir la Perse ; il obéit modestement , prouvant par là
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qu'àLacédémone les lois commandaient aux hommes, et non les hommes a n\ lois. Mais comme il attribuait la guerre civile qui le rappelait à l'or répandu dans la Grèce par Artaxerce, dont une monnaie portait le tilre et l'efligie d'un arch?r , il dit en raillant : a Toutes les forces des Perses ne » m'auraient pas fait quitter l'Asie ; mais trente » mille archers m'en ont chassé. »
Avant son retour les Athéniens , les Thébains et les Corinthiens , réunis au nombre de vingtqualre mille hommes, marchèrent contre les Spartiates. Les armées se rencontrèrent près de Sicyone. Le combat fut long : les Lacédémoniens remportèrent l'avantage. Les Athéniens se retirèrent en bon ordre ; mais les alliés prirent la fuite.
Dans le même temps Conon , à la tète de cent victoire vaisseaux de Perse et d Athènes , fît voile vers la Chersonèse , et rencontra vis-à-vis de Cnide , ville de Carie , la flotte lacédémonienne , forte de cent vingt vaisseaux. Pisandre eut d'abord l'avantage ; m ûs il périt dans le combat. La flotte de Sparte prit la fuite , et Conon , victorieux , s'empara de cinquante galères.
Agésilas , débarqué en Grèce , était près d ar- Bauiiu river en Laconie. Les ephores lui firent uire de se rendre en Béotie pour y prendre le commandement de l'armée campée dans la plaine de Coronée.
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Les Orchoméniens s'étaient joints à elle ; d'un autre côté les Thébains, unis aux Argiens, arrivèrent aussi à Coronée. Agésilas leur livra bataille: Xénopbon , qui était présent , en parle comme de la plus furieuse et de la plus disputée qu'il eût vue.
Les Thébains furent enfin forcés de se retirer ; mais Agésilas faillit perdre la victoire en voulant la compléter. Par une marche rapide il avait tourné les Thébains , et leur coupait la retraite. Ceux-ci, désespérés , firent de toute leur infanterie une masse qui renversait tout obstacle , et que les Daneer Lacédémoniens ne purent jamais percer. Agésilas,
<T Agésilas.
s'y précipitant pour l'enfoncer , fut entouré et blessé de plusieurs coups de pique : cinquante jeunes Spartiates, par des prodiges de valeur, le tirèrent de ce danger. Revenu au gros de sa troupe, il ouvrit ses bataillons pour faire un passage aux braves Thébains , qu'il se contenta de harceler quelque temps dans leur retraite.
Malgré ses blessures il ne voulut rentrer dans
sa tente qu'après avoir vu relever les morts et les
Son retour avoir fait placer sur leurs boucliers. Lorsqu'il eut
a i>pailc. i 1
rempli ce devoir , il dressa un trophée dans la plaine, et revint à Sparte, où il jouit des transports qu'excitait sa victoire. Ce qu'on admira autant que son courage , ce fut cette antique simplicité lacé-
démonienne qu'il avait conservée iniacic au milieu des faveurs de la fortune et du luxe de l'Asie.
La modestie n'est pas incompatible avec la fierté : comme on donnait un jour devant lui le tilre de grand roi au roi de Perse , il répondit : « Comment ce prince serait-il plus grand que » moi s'il n'est pas plus vertueux? )) Son âme élevée aimait sans doute un peu trop la gloire qu'on achète à la guerre au péril de la vie ; il se plaisait même à la lutte et aux exercices du corps , qui préparent aux fatigues militaires en augmentant la force ; mais il se moquait des triomphes olympiques , et , pour en faire sentir la vanité , il engagea sa sœur Cynisca à envoyer son char en Elide. Elle y gagna le prix de la course. Il apprit par là aux Grecs que cette gloire ne prouvait d'autre mérite que celui de la richesse.
Ce fut peu de temps après son retour à Sparte qu'il découvrit , dans les papiers de Lysandre , le complot tramé par celui-ci pour s'emparer du trône ; il y trouva même un discours qu'il devait prononcer pour séduire le peuple, et qui avait été composé par l'orateur Cléon. Agésilas , irrité, voulait communiquer au sénat tous les détails de cette conspiration ; mais un éphore lui dit : « Au lieu » de déterrer Lysandre , je vous conseille d'en-
d'Atlnm'S par Conon.
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)) terrer ses lettres et sa harangue. » Il sentit îa
sagesse de ce conseil, et le suivit.
Après quelques jours de repos il retourna à son armée , et attaqua la ville de Corinthe par terre , tandis que Téleulius, son frère, la bloquait avec sa flotte.
Recon- Cependant Conon, victorieux, poursuivant le cours de ses triomphes , obtint de Pharnabaze cinquante talens pour rétablir les murs du Pirée. 11 parcourut d'abord avec sa flotte les côtes de la Laconie qu'il ravagea, et revint à Athènes , où il fut reçu en triomphe comme le restaurateur de sa patrie. 11 se servit de l'or de Pharnabaze pour en relever les murs : ainsi Athènes, autrefois brûlée par les Perses , fut alors rebâtie avec leur argent.
On ne peut exprimer la douleur et la rage des Spartiates lorsqu'ils apprirent la résurrection d'Athènes : on craint toujours ceux qu'on a opprimés. Lacédémone voyait dans la renaissance de cette république la perte de sa souveraineté sur la Grèce, et l'annonce d'une vengeance prochaine.
La colère est à la fois le plus aveugle, le plus violent et le plus vil des conseillers : Sparte se vengea bassement de Conon, et sacrifia les intérêts de la Grèce à ses ressentimens. Elle envoya Antalcide à Sardes pour négocier avec le satrape Théribaze aux dépens de la liberté des villes ioniennes. Conon,
DANS LA GRÈCE. 5 if)
chargé par Athènes de croiser cette funeste négociation , n'y put réussir. Les Spartiates l'accusèrent auprès d'Artaxerce d'avoir trahi les intérêts de ce prince en employant ses trésors à relever une ville ennemie ; ils lui supposèrent le projet d'enlever aux Perses l'Eolie et l'Ionie ; enfin ils vendirent à Artaxerce les villes grecques d'Asie pour acheter la j>erte d'un héros.
Théribaze ne conclut pas encore la paix ; mais il Amsta-
m tion et <iis-
envoya des secours en argent aux Lacedemomens, ration ,ie et, après avoir fait arrêter Conon , il fît transporter cet homme célèbre à Suse. On croit qu'il y fut décapité; l'histoire n'en donne aucune certitude : ce qu'on sait c'est qu'il disparut , et ne laissa derrière lui que la trace brillante de ses exploits et de ses vertus.
La chaîne dont Sparte avait lié la Grèce était rompue ; la discorde se montra partout pour alimenter le feu de la guerre : Corinthe se trouvait divisée par des factions ; les Spartiates en profitèrent pour y pénétrer. On y commit d'affreux massacres ; mais les Argiens et les Béotiens battirent les troupes lacédémoniennes , et les forcèrent à la retraite.
La république de Rhodes qui avait long-temps vécu sous la protection d'Athènes, était alors agitée par les querelles sanglantes de la démocratie et de
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l'oligarchie. Sparle , pour soutenir les oligarques , envoya Téleutius à Rhodes avec vingt-sept vaisseaux : il y débarqua , et renversa la démocratie qui triomphait dans cette île.
Mort .le Les Athéniens, voulant la relever, chargèrent Thrasybule d'y marcher; mais, comme il était en roule, quelques paysans, maltraités par ses soldats, l'assassinèrent : ainsi l'indiscipline athénienne fit périr le libérateur d'Athènes.
Exploits Cette ville vovait tomber ses héros. Cependant
«1 Iphicrate. •> >■
un jeune guerrier , Iphicrate , donnait l'espoir à vingt ans de les voir revivre en lui : chargé , malgré son âge , du commandement d'un corps d'armée, il battit à Léché les troupes qu'Agésilas . y avait placées , et força les Spartiates à laisser en paix les Thébains. Pour prix de ce succès Athènes lui donna le commandement général, jusque là confié àThrasvbule. Son habileté justifia ce choix; il défendit avec succès toutes les villes de la côte de l'Hellespont , et défit dans une embuscade le Spartiate Anaxibias. Mais , tandis qu'il remportait ces avantages , un corps de troupes d'Egine et de Lacédémone ravageait l'Attique. Chabrias marcha contre elles, et les repoussa. Son absence avait dégarni Athènes ; Téleutius en profita , entra de nuit dans le Pirée, prit, détruisit plusieurs vaisseaux, et jeta l'alarme dans la ville.
Enfin , l'an du monde 6617 , Athènes et Sparte, Trailé lasses de se déchirer mutuellement , firent la paix rAat*kM" et la conclurent aussi avec la Perse. Ce traité , que Plutarque appelle avec raison la ruine et le déshonneur de la Grèce , prit le nom du Spartiate Antalcide qui l'avait négocié et signé.
Par celte paix les villes d'Asie rentrèrent sous la domination des Perses , ainsi que l'île de Chypre. Les Athéniens ne conservèrent de souveraineté que sur Lemnos et Scyros : la domination de Lacédémone se réduisit à la Laconie et à la Messénie. Le reste de la Grèce recouvra son indépendance , et fut délivré du joug de Sparte , d'Athènes , de Corinthe et de Thèbes.
Ce fut ainsi que les rois de Perse , tant de fois vaincus par l'union des Grecs, devinrent victorieux par leurs discordes. Soixante ans auparavant le fameux Cimon avait dicté la loi au roi Artaxerce Longuemain , et la Grèce la reçut d' Artaxerce Mnémon par le traité d'Antalcide.
La honte de cette paix fut généralement attribuée à Sparte qui l'avait provoquée; et cette humiliation excita contre elle une haine qui ne tarda pas à éclater.
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