TOME
La bataille envoya quelques troupes aux Lacédémoniens ; et
sanslarmes .... ., . , .,
Archidamas, fils d Agesilas, remporta une victoire complète sur les Arcadiens et les Argiens, réunis. Comme aucun Spartiate n'y périt, on appela cette bataille la bataille sans larmes.
Éducation Ce fut alors que la Macédoine commença à fixer
«le Philippe
* Athènes, l'attention de la Grèce. Perdiccas et Ptoloniée, fils d'Arnyntas, s'y disputaient la couronne. Pélopidas, choisi par eux pour médiateur, termina leur différend , et emmena en otage à Thèbes un troisième fils d'Arnyntas, appelé Philippe , qui devint dans la suite doublement célèbre par ses talens et par le génie de son fils Alexandre.
Ce prince , élevé à Thèbes, y apprit l'art de la guerre et du gouvernement. Thèbes nourrit ainsi dans son sein celui qu'elle instruisait à devenir le dominateur de la Grèce.
Vers l'an 3634 la Thessalie fut le théâtre d'une évolution qui lui coûta beaucoup de larmes et de Gouverne- sang. Un homme audacieux et cruel, Alexandre lexandre de de Phères , après avoir assassiné Polyphron qui
Phères. ... . .
commandait vingt mille Thessaliens aguerris, s attira par sa bravoure l'affection des soldats, et se fit le tyran de son pays.
Sa tyrannie. Il abusa de son pouvoir et commit beaucoup d injustices et de violences : sa barbarie était si excessive qu'il couvrait ses prisonniers de peaux de
Révolution enThcssalie
l>ète et les faisait chasser et dévorer parles chiens. Les Thessaliens, opprimés, implorèrent la protection de Thèbes. Pélopidas, envoyé pour les secourir, s'empara de Larisse , força Alexandre à signer la paix, et employa tous ses efforts à lui persuader de consolider sa puissance, en lui donnant pour base la justice.
11 n'en obtint que de vaines promesses; Alexandre s'abandonna plus que jamais à son penchant pour la débauche et à l'emportement de son caractère.
Perdiccas, roi de Macédoine , périt dans ce temps. Pélopidas voulait empêcher Ptolomée de lui succéder ; mais celui-ci gagna les Thébains par sa soumission et par ses présens.
Les nouveaux malheurs de la Thessalie y rap- E pelèrent encore Pélopidas. Une révolte dans son paop'w"" armée arrêta ses progrès : il voulut punir les rebelles ; la fuite les déroba à sa sévérité. Cette désertion l'affaiblit. Suivi d'un seul homme , il s'avança pour conférer avec Alexandre; mais ce prince perfide , le voyant sans gardes et sans défiance, le fit prisonnier et le conduisit à Phères. Il fut jeté dans un cachot : là couvert de haillons , privé de vivres , couché presque nu sur la paille , et chargé de chaînes , il bravait dans les fers l'orgueil du tyran , le menaçait d'une prochaine
îsonnement de
vengeance , parlait au crime le langage de la vertu, et semblait délier avec mépris le poignard suspendu sur sa tète.
Thébé , femme d'Alexandre , avait en horreur ses débauches et ses cruautés : honteuse de la misère d'un héros qu'opprimait son indigne époux , elle visita secrètement Pélopidas dans son cachot, et répandit de généreuses larmes sur ses malheurs. Nouveau Cependant l'armée thébaine ne faisait aucun
commande- ( . f fm
ment d'Épa- progrès; les soldats, fatigues de 1 ignorance de
minondas. l °
leurs chefs qui les conduisaient sans art , et les compromettaient sans nécessité , les déposèrent et donnèrent le commandement à Epaminondas qui ne servait alors que comme simple volontaire. Tout changea dès qu'il reparut : la victoire reconnut sa voix ; mais il n'osait compléter ses succès et précipiter sa marche , parce qu'il craignait Liberté de d'exposer la vie de son ami. Cet intérêt, si puissant
Pélopidas.
sur son cœur, le décida à négocier ; et, profitant de la frayeur d'Alexandre, il lui acorda une trêve de trente jours , à condition qu'il rendrait la liberté à Pélopidas.
Le tyran , toujours incorrigible , redoubla de violences et de cruautés. Les villes de Thessalic , indignées, demandaient toutes qu'on les délivrât de ce joug odieux. Pélopidas , à peine revenu dans ses foyers , reçut l'ordre de marcher contre
DANS LA GRÈCE. 3y3
Alexandre. Sa femme, éplorée,le conjuraitd'écouter la prudence et de se conserver : a Voilà , ré- » pondit le héros, ce qu'il faut recommander aux » jeunes gens ; mais on ne doit demande au » général que de conserver les autres. »
Lorsque son armée fut en marche une éclipse de soleil effraya et arrêta les Thébains. Pélopidas, n'ayant pu les rassurer, leur reprocha cette lâcheté, et continua témérairement sa route avec trois cents cavaliers : peu de temps après cinq mille Thébains , honteux d'abandonner leur chef, le rejoignirent à Cynocéphale où il campait.
Ce lieu était environné de collines ; Alexandre, sa victoire
sur Alexan-
à la tête de vingt mille hommes , s'en empara et dreattaqua les Thébains. Leur cavalerie eut d'abord l'avantage; mais l'infanterie, effrayée, recula. Pélopidas, à force d'exhortations et de reproches, la ramena au combat, et parvint à mettre l'ennemi en fuite : mais , irrité par les affronts qu'il avait reçus, le désir de se venger l'emporta sur sa prudence; comme il poursuivait impétueusement Alexandre Samort, dans le dessein de le tuer, il devança tous les siens ; il fut entouré par des cavaliers ennemis , renversé et percé de coups.
Les Thébains, furieux, taillèrent en pièces les troupes d'Alexandre. L'armée ressemblait à une
3y4 NOUVEAUX TROUBLES
Affliction fa niille en deuil : les soldats, accablés de douleurs
des The- 7
Uperu'de coupèrent leurs cheveux, et la crinière de leurs
leur gène- . , , . . ,
rai. coursiers. Les généraux ne purent obtenir d eux
qu'après de longs efforts de prendre quelque nourriture ; l'armée entière voulait mourir.
On porta le corps de ce grand homme à Thèbes. Sa marche fat un triomphe funèbre : dans toutes les villes qui se trouvaient sur son passage de nobles trophées rappelaient ses victoires , et les gémissemens de tous les citoyens rendaient hommage à ses vertus; chacun pleurait en lui le libérateur d'une patrie qu'il avait tirée de la servitude pour l'élever au-dessus de toute la Grèce. Mon d' a- Alexandre, vaincu, se vit obligé de restituer toutes ses conquêtes , et de payer un tribut a 1 hebes. Peu d'années après ce tyran, qui devenait de jour en jour plus odieux au peuple , fut massacré par les ordres de sa femme Thébé.
La Grèce jouit alors d'un calme passager , que troubla en 364i une nouvelle querelle entre les Arcadiens et les Mantinéens. Epaminondas, qui occupait alors la place de Béotarque , accusa les Arcadiens de favoriser Sparte, et d'agir sous son influence. Il voulut se rendre l'arbitre de ce différend. Athènes , Lacédémone et plusieurs autres peuples se liguèrent contre les Thébains , et leurs troupes réunies s'approchèrent de Mantinée.
Epaminondas , les trompant par une marche rapide, marcha droit à Sparte pour la surpendre. Quelques-uns de ses soldats pénétrèrent même la nuit au milieu de la place publique.
Un intrépide Spartiate, Isadas, s'éveille au bruit T.ait.ie
courage <Iu
des armes , sort nu de sa maison, l'épée à la main , sol,,at lsaimmole les premiers guerriers qu'il rencontre , appelle à grands cris ses concitoyens, les anime et chasse l'ennemi hors des murs.
Le sénat lui décerna une couronne, digne prix de sa vaillance, et le condamna à l'amende pour avoir enfreint les lois en combattant sans son bouclier.
Cependant Agésilas , instruit de la marche de victoire
, . , d'Agésilas.
1 ennemi , accourut avec ses troupes , et arriva a temps pour sauver sa patrie : il fit malgré sa vieillesse des prodiges de valeur. Archidamas, son fds , digne d'un tel père, à la tête des plus braves Spartiates, traversa l'Eurotas, et mit en pleine déroute les alliés de Thèbes, qui se croyaient déjà vainqueurs.
Epaminondas , par cette défection , obligé de se retirer, dirigea sa marche sur Mantinée , que les Athéniens couvraient avec six mille hommes.
Les Lacédémoniens et leurs alliés les rejoigni- Bataille de rent , et portèrent leurs forces à vingt-deux mille hommes. Epaminondas , ayant réuni les siennes ,
leur opposait trente-deux mille guerriers. On se livra bataille, et la plaine de Mantinée fut le théâtre où le sort des armes décida celte grande querelle , dont le dénouement devait fixer le sort de Sparte et de Thèbes.
L'armée alliée s'étendait dans la plaine au pied du mont Parchémus; les Thébains se déployaient sur le penchant de la montagne. Au moment où on s'attendait à combattre , Epaminondas, changeant tout à coup son ordre de bataille , remonta sur les hauteurs, s'y arrêta, et fit mettre bas les armes à son infanterie.
Les ennemis , croyant d'après ce mouvement, qu'il voulait éviter la bataille et camper dans cette position difficile à attaquer, quittèrent leurs rangs. Epaminondas alors, profitant de ce désordre, fit reprendre les armes, et descendit brusquement dans la plaine.
Les alliés , quoique surpris , se formèrent promptemenl en phalanges, et placèrent à leurs deux ailes les cavaleries de Sparte et d'Athènes.
Epaminondas avait mis l'élite de ses troupes à l'aile qu'il dirigeait : il attaqua obliquement les Lacédémoniens, et sa colonne , qui se renouvelait sans cesse, enfonça leur aile droite. Le centre fut plus difficile à renverser; on s'y battait corps à corps avec acharnement , et la fortune paraissait
DANS LA GllECE. O77
encore incertaine. Epaminondas, à la têle du bataillon sacré , décida la victoire , et fit un grand carnage des ennemis , qui prirent la fuite.
Mais il les poursuivit trop vivement sans s'a- Mon .rÉP«percevoir que la troupe qui l'accompagnait dans sa course diminuait à chaque pas.
Les ennemis , ralliés , se précipitèrent alors sur lui : environné par eux, il repoussa d'abord intrépidement avec son bouclier la foule de traits qu'on lui lançait; mais enfin un Spartiate , nommé Anlicratc, lui enfonça sa lance dans la poitrine. Les Thébains , accourus , dégagèrent leur général , et massacrèrent les ennemis qui l'entouraient.
Epaminondas fut rapporté dans sa tente : les chirurgiens trouvèrent sa blessure mortelle , et déclarèrent que probablement on le verrait expirer au moment où on lui arracherait le fer qui était reslé dans la plaie.
Epaminondas regrettait la perte de son bouclier : on le lui présente ; le héros embrasse ce compagnon de sa gloire. Il demande ensuite où étaient les ennemis ; on lui répond qu'ils sont en fuite, et que la victoire est complète, a Eh bien ! dit-il , » ma vie est assez longue ; je meurs sans avoir » été jamais vaincu : arrachez-moi ce fer. »
Un de ses amis le plagnail de mourir sans laisser
d'enfans qui donnassent l'espoir de le voir revivre en eux. « Vous vous trompez , répliqua ce grand » homme ; je laisse après moi deux filles immor- » telles; les victoires de Leuctres et de Mantinéc. » Ne regardez pas ce jour comme le dernier de » ma vie ; c'est le premier de mon bonheur et le )) comble de ma gloire , puisqu'il rend Thèbes )) triomphante , Sparte humiliée et la Grèce » libre. )>
Il demanda ensuite à parler à deux généraux thébains, Déiphante et Iolidas, qu'il croyait capables de lui succéder: on lui apprit qu'ils avaient péri : « Conseillez donc aux Thébains de faire la )) paix. » Après ces mots il arracha lui-même le fer de sa plaie , et il expira.
Ce grand capitaine , et l'illustre Pélopidas son ami, prouvent évidemment à quel point l'influence du génie peut changer la destinée des nations. La Béotie avait été long-temps l'objet des mépris de toute la Grèce ; la simplicité et la pesanteur de seshabitans étaient passées en proverbe chez les Grecs ; on dédaignait leur amitié ; on ne craignait point leur haine , et leurs forces n'avaient aucun poids dans labalance politique des Etats. Pélopidas les tira de leur oisiveté : il éclaira leur ignorance, disciplina leurs troupes, et fit des Thébains un peuple de soldats , qui se montra bientôt capable
de disputer aux autres la souveraineté de la Grèce.
Épaminondas perfectionna l'ouvrage de son ami. Son habileté dans une tactique qu'il créa, son amour pour les sciences et pour la liberté, sa gloire et sa simplicité le firent regarder universellement comme l'un des premiers philosophes et des plus grands capitaines.
On veut imiter ce qu'on admire; ses compatriotes se montrèrent sous sa conduite vertueux citoyens et habiles guerriers; et, guidée par un tel chef, Thèbes triompha de la bravoure athénienne, et terrassa l'orgueil de Sparte.
Il disait lui-même en riant qu'il avait appris aux Spartiates à allonger leurs monosyllabes.
Peu d'hommes ont joui d'une renommée sans tache; on dirait que le ciel unit toujours de grands défauts aux plus grandes qualités ; mais la gloire d'Epaminondas se montra pure et sans ombre; son incorruptible vertu fut toujours à l'abri du reproche et même du soupçon. Son génie n'eut à rougir d'aucune défaite, et son âme d'aucune faiblesse. Son audace et son habileté forcèrent la haine et la rivalité à lui rendre le plus éclatant hommage.
Au moment où Agésilas voyait le général thébain traverser intrépidement l'Eurolas , grossi par
58o NOUVEAUX TROUBLES
la fonte des neiges , il s'écria : « Quel homme , et » quel prodige ! ))
Un prôdig< , pcut-ètreplus rare encore, est d'unir la simplicité à la puissance, et la modestie à la gloire : il dcscci. ' """a are des plus hauts
emplois aux plus subalternes pour obéir aux lois, de son pays. Il mourut pauvre après avoir gouverné l'Etat. On lui demandait un jour pourquoi il s'était enfermé ; il répondit : (( C'était pour faire )) blanchir mon manteau. »
Athènes , Sparte , Mantinée regardèrent la mort d'un tel ennemi comme un si grand avantage, qu'elles se disputèrent la funeste gloire d'y avoir contribué. Gryllus d'Athènes, fils de Xénophon , Machérion de Mantinée et Anlicrale de Lacédémone se vantèrent à l'envi d'avoir terminé les jours de ce héros.
Traite Les Thébains sentirent toute l'étendue de cette
fie paix.
perte ; ils proposèrent la paix aux alliés vaincus. Elle fut honorable; on convint que chacun garderait ce qu'il possédait. Agésiîas seid refusa d'y souscrire : il ne voulut point que Sparte reconnut par avAgésiiaT ce traité l'indépendance des Messéniens. Son as s était trop conforme à l'orgueil de ses compatriotes pour ne pas entraîner leur opinion; mais oh le blâma généralement dans toute la Grèce d'aveir sacrifié le repos public à son ambition. Agésiîas ,
ii quatre-vingts ans, aimait encore la guerre avec autant d'ardeur que dans sa jeunesse : la guerre de Lacédémone contre Thèbes devenant de plus en plus languissante, il en chercha une autre qui pût lui procurer plus de périls et plus de gloire.
Tachoz , roi d'Egypte , demandait à Lacédémone un secours contre le roi de Perse : on vit avec surprise un monarque octogénaire s'ofl'rir pour commander cette expédition; Agésilas partit à la tête d'un corps de troupes, et arriva en Egypte. Les Egyptiens, qui ne le connaissaient que par ses exploits , s'attendaient à voir sa personne brillante d'un éclat pareil à celui de sa gloire : ils virent avec étonnement un petit vieillard boiteux , vêtu grossièremsnt : la simplicité de ses mœurs et son langage laconique changèrent d'abord en mépris l'admiration de ces barbares.
Il commandait les troupes de terre , et l'athénien Chabrias la flotte. Le roi Tachoz n'eut aucun égard pour les conseils d'Agésilas qui voulait lui persuader de rester sur la défensive : il marcha en Phénicie ; une révolte éclata pendant son absence, et Nectanébus s'empara du trône.
Agésilas embrassa le parti du rebelle. La politique lacédémonienne trouva cette conduite habile : la postérité, toujours juste , la taxa de trahison.
Un nouveau concurrent à la royauté s'éleva en Egypte : Ncctanébus , plus docile que Tachoz , suivit les conseils d'Agésilas ; et avec son secours il battit son rival et le fit prisonnier. Ce fut le dernier exploit du roi de Sparte : il s'embarqua pour retourner à Lacédérnone; mais une tempête le rejeta sur la côte d'Afrique : il y tomba malade , et y mourut à l'âge de quatrevingt-quatre ans.
Sa sobriété, son esprit, sa bravoure, son habileté dans l'art de la guerre , son respect pour les lois de son pays immortalisent son nom, et rien n'aurait manqué à sa renommée si sa partialité pour ses amis et pour sa patrie , et son amour pour la guerre ne lui avaient pas fait enfreindre quelquefois les règles de la justice.
Un an après l'expédition d'Agésilas en Egvpte, Artaxerce Mnémon, roi de Perse, mourut sous le poids des chagrins que lui causaient les crimes de ses enfans. Le plus coupable d'entre eux , Ochus, monta sur le trône; ce monstre ne fut célèbre que par son horrible cruauté. L'assassinat de ses deux frères lui avait donné la couronne ; dès qu'il devint roi il fit mourir tous les princes de son sang, et les grands qui excitaient sa méfiance.
Artabaze, l'un des satrapes, se révolta pour
éviter la mort. Charès le secourut avec quelques troupes athéniennes : ils battirent les Perses ; mais les menaces d'Oclius déterminèrent Athènes à rappeler son armée.
Cinq mille Thébains, commandés par Panimène , donnèrent encore au satrape le moyen de vaincre l'armée royale : mais, Ochus ayant obtenu à prix d'argent le rappel des Thébains, Artabaze quitta l'Asie , et se réfugia chez Philippe qui venait de monter sur le trône de Macédoine.
Ce fut dans ce même temps , l'an 3646, que les La ^«e
11,. > • ,; des alliés.
Athéniens eurent a soutenir une guerre que 1 on appela la guerre des alliés. Les îles de Chio, de Cos et de Rhodes avaient fait une ligue , afin de se soustraire à l'autorité d'Athènes , et celle ville employa toutes ses forces pour les soumettre.
Au siège de Chio, Chabrias, après avoir forcé Mort(le l'entrée du port, fut entouré par les galères enne- chabnas mies , et périt avec son navire.
Ce général s'était distingué dans les guerres d'Athènes contre Sparte par une heureuse intrépidité. Le corps qu'il commandait se trouvant entouré par l'armée lacédémonienne , il avait fait serrer ses soldats l'un contre l'autre : couverts de leurs bouchers , un genou en terre , et présentant leurs piques , ils repoussèrent la masse d'ennemis qui les attaquait et qui ne put jamais les entamer.
Commati.. Le siège de Chio fut abandonné. Charès, qui cfcarw. succéda à Chabrias, n'eut pas plus de succès en attaquant Sanios et Byzance. Ce chef présomptueux voulait livrer bataille dans une mauvaise position, et en bravant un vent violent qui lui était contraire. Timolbée, fils deConon, et Iphicrate s'y opposèrent : leur sagesse épargna une défaite à leur patrie.
Charès les accusa devant les Athéniens. Ce peuple, qui se montrait toujours avide de gloire et ingrat pour ceux qui la lui donnaient, condamna Timothée à l'amende. Cet habile général punit son iwthco. p^yg en s'exilant et en cessant de le servir. Marchant sur les traces de son père , il avait rendu à son pays la domination des mers. Comme on l'accusait cependant d'un peu de lenteur, les Athéniens, railleurs et légers, le firent représenter dormant, tandis que la Fortune, assise à côté de lui, prenait des villes dans ses fdets.
Timothée en voyant ce tableau se contenta de dire : ce Si je prends les villes tout endormi , » que ne ferai-je pas éveillé ! ))
Son collègue Iphicrate ne se soumit pas aussi
.: ivhkrafe. facilement aux caprices de la multitude : appelé
comme lui en jugement, il parut dans l'assemblée
du peuple, entouré d'une troupe de jeunes gens
qui portaient des poignards , dont l'éclat menaçant
intimida les juges : il fut absous. Comme ses amis lui reprochaient sa témérité , il répondit : a Après avoir, pendant toute ma vie, emplové » mes armes à la défense de mes concitoyens, » je serais bien fou si je ne m'en servais pas pour y> me défendre moi-même. »
Un pays est près de sa décadence dès qu'on y voit les magistrats violer la justice et les citoyens braver les lois.
Iphicrate et Timothée furent les derniers généraux qui répandirent quelque gloire sur leur patrie. Iphicrate était doué d'une force si prodigieuse , que, dans un combat de mer étant venu à l'abordage , il saisit un ennemi entre ses bras , l'enleva, et l'emporta tout armé sur son vaisseau.
Son habileté dans les évolutions militaires faisait reconnaître facilement les soldats exercés par lui; et pour les distinguer des autres on leur donnait avec éloge le nom d'Iphicrates.
Un de ses accusateurs , descendant d'Harmodius, et fier de cette illustre origine, lui reprochait la bassesse de sa naissance : il répondit : « La no- )) blesse de ma famille commence à moi; celle de » la vôtre finit en vous. »
Charès, qui avait voulu perdre deux héros, ne ^"'^ les remplaça point ; aucun succès ne couronna ses entreprises. L'orateur Isocrate conseilla la paix TOME 2. 35