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TABLEAU LITTÉRAIRE DE LA GRÈCE PENDANT LE TROISIÈME AGE

Tableau littéraire de la Grèce. — Piiulare , Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Anaxagore, Ernpédoele , Hérodote, Thucydide, Ctésias, Xénophon , Platon, Aristote , Xéuocrate. Diogène , Zenon, Epicure, Pyrrhon , Aristippe, Ménandre, Phidias, Meton, Polygnote, Zeuxis, Protogène, Praxitèle, Polyclète, Apelle, Lysippe.

Nous avons vu la Grèce, dans ce troisième âge, Tableau

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briller de 1 éclat de sa jeunesse, déployer la force la Gréée. de sa maturité , et nous montrer enfin de tristes signes de sa vieillesse , et de funestes présages de sa décadence.

Puissantes par leurs vertus , riches par leur industrie, invincibles par leur amour pour la liberté, toutes les républiques grecques , rivales de gloire , et réunies par leur dévouement à la commune patrie , bravèrent , défirent les armées des deux

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plus grands monarques de lAsie; et ia Gn-rr prouva qu'elle contenait plus de héros que Susc , PersépolisclBabylonenereulcrmaient de satrapes, de courtisons et d'esclaves.

Tout était légitime dans la cause , tout fut grand, et pur dans le triomphe; mais l'orgueil de la victoire fit naître l'ambition. Athènes et Sparte , ne sentant plus le besoin de se défendre , conçurent le désir de dominer. La discorde , la jalousie , la haine détruisirent l'esprit public. La richesse, produite par les conquêtes, corrompit les mœurs. Les Grecs non-seulement souffrirent, mais appelèrent l'intervention de l'ennemi commun dans leurs différends; et les rois de Perse remportèrent, par l'intrigue et par la corruption, des victoires que n'auraient pu obtenir leurs armes.

Cependant les talens, les sciences, les arts firent toujours de rapides progrès ; mais ils contribuèrent à l'amollissement des mœurs; et comme les vertus mâles des anciens temps s'afîaiblissaient de jour en jour , on sacrifia les devoirs aux plaisirs ; on ne rivalisa plus de gloire, mais de luxe. La vanité remplaça la fierté ; la passion pour les jeux et pour les théâtres devint telle qu'on y sacrifia les besoins des armées et les trésors des Etats.

L'amour de la patrie retentissait encore à la iribune dans les harangues des orateurs ; mais <»n

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ne courait plus avec la même ardeur pour la défendre.

Lorsque la monarchie macédonienne, se levant tout à coup, menaça la liberté de la Grèce, les craintes, les jalousies empêchèrent la réunion des peuples. Le fer de Philippe rencontra peu d'obstacles; son or trouva partout des partisans. Le souvenir de l'ancienne gloire et la haine de l'oppression firent tenter quelques efforts partiels ; mais une seide défaite découragea les descendans des héros de Salamine , de Marathon et de Platée ■ et toute la Grèce, soumise à la domination réelle d'Alexandre, reçut avec transport l'ombre de la liberté que lui laissait un vain décret en échange du sacrifice de son indépendance.

Tandis que le conquérant de l'Asie parcourait l'Orient , les Grecs jouirent d'un profond repos ; Sparte leva seule un moment l'étendard de la liberté ; mais on le vit aussitôt abattu qu'arboré; et la Grèce ne fut, pendant le règne du héros macédonien , que le théâtre paisible des arts , des sciences , des lettres , des jeux et des plaisirs.

Cette dernière partie du troisième âge était encore brillante : la puissance avait disparu ; la renommée restait : on avait moins de grandeur, mais plus de repos. La Grèce avait cessé de porter au loin ses armes; mais de toutes parts on accourait tome 2. 3i

dans cette heureuse contrée pour assister à ses jeux, pour admirer ses poètes et ses artistes, pour consulter ses philosophes et pour s'enrichir de ses lumières. C'est ainsi qu'elle se préparait une nouvelle domination qui survécut long-temps à sa ruine : elle devint I école du monde , le centre des lumières et de la civilisation; et les Grecs se firent admirer par leur urbanité, par leur philosophie, par leur éloquence et par leurs chefs-d'œuvre, autant qu'ils l'avaient été jadis par leurs vertus et par leurs exploits.

Mais avant de parvenir à cet empire si doux ils eurent à soutenir de longs et de terribles orages : ils avaient perdu leur puissance; la mort d'Alexandre leur enleva leur tranquillité.

Les tyrans qui lui succédèrent, sans le remplacer, ne respectèrent plus le fantôme de liberté que le héros macédonien leur laissa ; ils violèrent tous les droits, et renversèrent toutes les institutions : leurs discordes sanglantes' répandirent sur ces belles contrées tous les maux de la guerre civile et de la tyrannie. Quelques étincelles de liberté éclatèrent encore au milieu de ces excès ; mais cette lueur passagère s'éteignit bientôt sous les foudres romaines.

Les nouveaux maîtres du monde rendirent enfin la tranquillité à la Grèce : ces fiers conquérant

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respectèrent l'antique gloire du peuple conquis, et les vainqueurs devinrent les disciples des vaincus ; ils adoucirent leur joug , et leur conservèrent les formes de la liberté.

Avant de passer à l'histoire de ce quatrième âge qui vit périr l'indépendance des Grecs , jetons encore un dernier regard sur l'époque glorieuse que nous venons de parcourir. Les événemens nous ont lait connaître les guerriers et les orateurs" qtii l'illustrèrent; donnons à présent quelque idée des poètes, des philosophes, des historiens et des* artistes qui contribuèrent autant qu'eux à immortaliser leur patrie.

Pixdâre, deThèbes, fut le premier des poètes Pind»re. lyriques; il est encore le plus fameux; personne ne l'égalait en force, en élévation, en harmonie. Couronné souvent dans les fêtes de la Grèce , son génie recevait les honmiages qu'on n'accorde ordinairement qu'à la puissance. Aux jeux publios de Delphes on lui avait assigné une plaee distinguée ; il s'y asseyait sur une sorte de trône , et charmait l'assemblée par les accords de sa Ivre.

Ce grand poète eut cependant un rival redoutable ; ce fut une femme thébaine , nommée Corinne, qui lui disputa cinq fois le prix. Malgré leur admiration pour Pindare les Thébains le condamnèrent à l'amende pour avoir célébré dans

ses vers la gloire d'Athènes, leur ennemie. 11 vivait du temps de Xerxès.

Eschyle. Eschyle, d'Athènes, perfectionna la tragédie que Thespis avait inventée. Nous en avons déjà parlé, parce qu'il brillait dans le second âge.

Sophocle. Sophocle, d'Athènes, naquit vingt-sept ans ' " après Eschyle et quatorze ans avant Euripide. Il se distingua d'abord dans les emplois civils et militaires, et son génie tragique l'immortalisa. A quatre-vingts ans , accusé par un fils ingrat qui voulait le faire interdire et le disait privé de sa raison, il lut devant le peuple sa tragédie dt Œdipe à Colonne , nouvellement achevée. Les juges , indignés, reconnurent ses droits, et le reconduisirent en triomphe chez lui.

Son rival Euripide , qui lui avait disputé constamment la palme tragique, mourut avant lui. Sophocle , au-dessus de la jalousie , parut dans l'assemblée publique en habits de deuil.

A l'âge de vingt-huit ans il avait concouru avec Eschyle pour le prix de la tragédie. Les juges et les spectateurs, divisés, ne pouvaient se réunir pour prononcer l'arrêt. Celte lutte dégénérait en tumulte : le célèbre Cimon et dix généraux, qui venaient de remporter une grande victoire , furent choisis pour arbitres, et donnèrent le prix à So~

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