‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 5)Chapitre 62 sur 77 · PENDANT LE TROISIÈME AGE · texte numérisé non relu

PENDANT LE TROISIÈME AGE

phocle. Eschyle , ne pouvant se consoler de sa défaite, s'exila en Sicile. Sophocle termina ses jours à quatre-vingt-onze ans.

Euripide fut aussi l'ornement d'Athènes, sa Euripide patrie. Ce serait peut-être assez pour sa gloire de dire qu'il était l'ami de Soc rate et le digne rival de Sophocle. On trouve moins de force et d'élévation dans ses écrits que dans ceux de son antagoniste ; mais son style a plus de grâce et de délicatesse. Sa morale était pure comme son langage ; il disait en beaux vers de grandes vérités aux rois et aux peuples, ainsi que son ami le poète Agathon.

Celui-ci rappelait à Archélaùs qu'un roi doit principalement se souvenir de trois choses : a Qu'il » gouverne des hommes ; qu'il doit les gouverner » suivant les lois; qu'il ne les gouvernera pas » toujours. »

Le roi de Macédoine, Archélaùs, fit des reproches à Euripide, parce qu'il n'était pas venu, le jour de sa naissance , lui offrir , selon l'usage , quelques présens. Euripide , qui ne sollicitait jamais de grâce , lui dit : a Quand le pauvre donne » il demande. )) 11 mourut à soixante-seize ans en Macédoine. Ses concitoyens demandèrent qu'on transportât son corps à Athènes; mais Archélaùs

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voulut lf garder, et lui fit élever un magnifique, tombeau.

Après la mort de ces trois grands poètes trafiques Aristophane, leur contemporain, supposa, dans une de ses comédies, qu'aux enfers on trouvait un trône destiné aux poètes les plus célèbres , mais qu'ils étaient obligés de le céder lorsqu'il survenait un talent supérieur. Eschyle occupait ce trône tragique : Euripide veut s'en emparer ; Sophocle le leur dispute. Les concurrens combattent avec les traits de la satire : Baccbus , descendu dans cet instant aux enfers avec l'intention de ramener sur la terre le meilleur auteur tragique, et de consoler Athènes des mauvaises tragédies dont son théâlre se voyait inondé, juge le différend, assigne à Esch> le le premier rang, le second à^Sophocle, le troisième à Euripide, et, conformément à cet arrêt, ramène Eschyle à la lumière.

Ce jugement d'Aristophane , souvent combattu depuis, était alors conforme à l'opinion des Athéniens. Ce qui paraît certain , c'est qu'Eschvle avait plus d'élévation, de force et d'enflure; Sophocle plus de perfection ; Euripide plus de naiurel. « Le » premier , dit Aristote , peignait les hommes » plus grands qu'ils ne peuvent être,- Snphn- T> ele comme ils devraient être ; Euripide à qu'ils son». »

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