‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 5)Chapitre 73 sur 77 · CONTRE LES ROMAINS · texte numérisé non relu

CONTRE LES ROMAINS

Les Acbéens, sans chef, se dispersèrent. Une pmed* grande partie des habilans de Corinthe s'échappèrent pendant la nuit. Mummius entra dans la ville et la livra au pillage. On vendit les femmes <-t les enfans ; on mit à part les statues et les tableaux ; toutes les maisons furent brûlées , et les murailles détruites jusqu'aux fondemens. Ainsi périt Corinthe, dans la même année qui vit dé- Jruire Cartilage.

On démolit les fortifications de toutes les villes oui avaient pris part à l'insurrection. La violation du droit des gens , dans la personne des ambassadeurs , fut le prétexte, et la position importante de Corinthe, le motif réel de celte vengeance atroce.

Le sénat envoya des commissaires dans la Re-(lnction Grèce. Ils la déclarèrent réduite en province ro- e„ pro^ce

. il' 1 1 • ' 1 romaine,

maine, abolirent dans toutes les cites le gouver- sous ie nom

. , , . (HAchaïe.

nement populaire, et y placèrent des magistrats chargés de les gouverner par leurs anciennes lois. Cette nouvelle province reçut le nom ftAchaie ; titre de gloire pour les Acbéens, puisqu'il rappelait que ce peuple courageux avait défendu le dernier la liberté de la Grèce.

Sous la domination romaine les villes grecques jouirent long-temps d'un profond repos. Gouvernées par leurs magistrats, elles n'eurent plus de

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héros , mais elles brillèrent de l'éclat plus doux des sciences , des lettres et des arts, sié c bio- Lorsque, dans la suite, Mithridale souleva l'A- ,VAtîièn™e sie et une partie de l'Europe contre Rome , Archélaùs, par ses ordres, s'empara d'Athènes, et la mit sous le gouvernement d'un Athénien nommé Aristion. Sylla, chargé par le sénat de combattre Mithridate, entra dans la Grèce à la tète de cinq légions. Toutes les villes lui ouvrirent leurs portes : Athènes seule , fidèle au parti de Mithridate, résista aux Romains. Sylla en forma le siège; la hauteur des murailles et le courage des habitans arrêtèrent long-temps ses guerriers. Sylla, pour construire ses machines, coupa les arbres du Lycée; et, comme il manqua d'argent, il pilla les temples de Delphes et d'Epidaure. De part et d'autre on combattit avec acharnement. Les sorties étaient aussi fréquentes que les assauts ; les tours et les machines de Svlla furent souvent renversées ; on employait avec succès , des deux côtés , les mines. L'une d'elles ayant fait écrouler un grand pan de muraille , Sylla ordonna un assaut général. Les Romains rirent vainement des prodiges de valeur; ils furent repoussés; et, pendant la nuit , les Athéniens fermèrent la brèche par un nouveau mur.

Sylla convertit le siège en blocus. Une horrible

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famine, plus meurtrière que les armes romaines, découragea les habitans qui forcèrent Aristion à capituler.

Les députés d'Athènes, arrivés dans le camp romain, adressèrent au général un discours éloquent, dans lequel ils rappelaient avec fierté la gloire de leur patrie et les exploits de leurs ancêtres. Le farouche Sylla, les interrompant, leur dit : a Je ne suis pas venu avec une armée pour )) écouter des harangueurs et pour entendre les )) Athéniens vanter leurs anciennes prouesses , )) mais pour châtier des rebelles. Soumettez-vous )) donc, ou périssez. »

La conférence étant rompue, la nuit suivante , il donna un nouvel assaut, prit la ville par escalade, l'abandonna au pillage, égorgea la plupart des habitans , fit vendre les esclaves à l'encan , et assiégea la citadelle qui se rendit faute de vivres.

Aristion et ses partisans furent mis à mort ; Sylla s'empara du Pirée , le démolit et brida l'arsenal. Après avoir vaincu Mithridate près de Chéronée et d'Orchomène, il rangea de nouveau toute la Grèce et la Macédoine , ainsi que les villes grecques de l'Asie , sous la domination romaine.

Les Grecs subjugués firent encore éclater à différentes époques leur ardent amour pour la

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liberté. Dans le temps des guerres civiles, ils prirent le parti de Pompée contre César. Après la mort de ce dernier , bravant le courroux d'Octave, les Athéniens élevèrent des statues àCassius. Rome était d venue la maîtresse du monde ; Athènes fut la capitale des lettres , des talens et des arts. On y venait de toutes parts étudier les sciences et prendre des leçons de goût et d'éloquence. Cicéron et son fils se formèrent dans ses écoles. Titus et Marc-Aurèle confièrent à des maîtres grecs l'éducation de leurs enfans. On méprisait à Rome celui qui ne savait pas la langue grecque. Dans la décadence de l'empire, Basile , Grégoire, Chrysostôme, puisèrent dans Athènes les lumières qu'ils répandirent sur l'église chrétienne ; et le despotisme seul des Musulmans parvint à détruire cette domination de l'esprit qui avait remplacé celle des armes.

TABLEAU DU LA GRÈCE, etc. 5()()

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