HISTOIRB
» des thampSé » Les prince» alors paraissaient. oablier la terre pour le ciel , tandis que la plupart des prêtres, parlant au nom du ciel, s'occupaient activement à étendre leur empire sur la terre.
Le clergë se recrutait sanjs cesse , et Farmée di' minuait chaque jour en nombre et en forces; une foule de yétërans furent licenciés.
L'année 353, Coaistance épousa Eusébie, fille d'un consulaire. Cette princesse était spirituelle^ ambitieuse, adroite; Julien, qui lui dut sa for* tune , fit 8on panégyrique. Depuis ce mariagey les femmes , que les antiques mœurs éloignaient des affaires', gouFemèrent . le palais, et par là, l'empire.
Les deux frères d'ËU8â)ie, Hypace et Eusèbe^ forent tottt*puissans à la cour : par leur crédit, l'arianisme devint dominant. Un concile presque tout composé d'évèqiies de cette secte se rassembla dans Milan. Ce fut à cette époque qu'on vit * éclater pour la première fois cet orgueil si con-^ traire à l'esprit du christianisme , et qui fit tant de maux à l'église. La plupart des prélats du concile drxirent devoir xendre hommage à l'impératrice. Léonce, évoque de Tripoli, ayan^de consentira s'y soumettre, osa exiger qu'elle viiit au-devant de lui pour recevoir sa bénédiction , et qu'elle se tint debout pendant qu'il serait assis, jusqu'au mo*» ment oii il lui permettrait de^s'âsseoir.
L'empereur , pour affermir son pouvoir dans les Gaules, y demeura six moia. Ad lieu de rétablir le calme par une <démence que conseille toujours une sage. politique^ il persécuta les partisans de
DU «AS-BaiPIRE. ' '12&
Magoence , prêta l'oreille aux délateutrs » devint sanguinaire et marcha sur les traces des. tyrans.
Dè& qu^on fait un pas dans cette route , on ne peut s'y arrêter j chaque rigueur produit de nouveaux mëoontenteinens ^ et chaque acte de cruauté eu néceasite d'autres. On redoute ceux qu'on opprime { le zèle ne se prouye que par l'espionnage ^ et le soMpçon tient lieu de crime.
Titien et Paul , les plus coupables de tous ceux i-^/iiineii»
' * * ' délateur
^ui avaient aer viles fureurs de Magnence, furent ramonimt seuls épargnes. Le dernier s'était rendu célèbre parjni les plus fameux délateurs; son adresse pour découvrir les complots les plus cachés ^ et pour envelopper ses victimes dans les filets tissus par ses intrigues, lui fit donner le snrnom de la Chaîne^ Ce détestable talent lui valut la faveur de l'anpe^ rear et la haipe de l'empire.
Le peuple romain ^ dégradé , subissait en gémi»* sant le )oug de cette tyrannie; l'iexcèsde l'in)ua«« tice n'excita que des murmures ^ et l'on ne vit de sédition que dans quelques momens de disette^ La superstition se défendait mieiix que la liberté. Orfiius , gendre de Symmaque et soutien zélé du paganisme, étant préfet de Rome, osa réparer et irouvrir un temple d'Apollon.
Presque toujours la force des états diminue à mesure que celle du pouvoir arbitraire augmente.' La faiblesse de l'empire excitait l'audace de sea ennemis; la Gaule se vit envahie et pillée par les Francs et par les Germains. Les Juifs, tentant un dernier effort pour briser leur joug , se révoltèrent, élurent un roi nommé Patrice , attaquèrent
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les Samaritains et massacrèrent plusieurs cohortes romaines.
Quelques logions envoyées contre eux dispersèrent leurs troupes et les taillèrent en pièces. Les Isanreset les Perses dévastaient PAsie; leurs brigandages furent réprimés par les efforts de Gallas ^ui chassa aussi de la Mésopotamie les Sarrasins y tribu arabe. Ce peuple nomade et guerrier^ vivant de la chasse et du lait des troupeaux, commençait alors à faire craindre ses armes dans l'Orient ^ et à étendre sa renommée.
Tyrannie Ordinairement les princes formés dans leur deconstan. jeuuesse à Fécole du malheur deviennent sur le *™*' trône les modèles des rois. Yespasien, Trajan^ Claude II, Probus, Tacite, gouvernèrent l'empire comme ils avaient désiré, étant particuliers^ * qu'on les gouvernât ; mais Gallus , échappé au massacre de sa famille, et opprimé dans ses premières années , fut plus aigri ^qu'instruit par le malheur ^ et se montra tyran dès qu'il fat César,
Les flatteurs le pervertirent ; Constantine , sa femme , fille de Constantin et veuve d'un roi , vindicative , cupide , implacable , inspirait la haine par ses cruautés et le mépris par ses bassesses. Elle vendait la faveur et les rigueurs de son époux. Cette furie , séduite par l'offre d'un collier magnifique , fit périr Clématius , gouverneur de la Palestine. Sa belle-mère, nouvelle Phèdre, l'accusait d'inceste parce qu'il avait refusé de satisfaire son amour criminel : le malheureux fut condamné sans être entendu* Les tribunaux obéissaient à la
DU BAS-EMPIRE, k^f
crainte : sous les rois tyrans y les juges sont esclaves.
Gallas et ses favoris se travestissaient souvent ^ se glissaient dans la foule pour ëpier les pensées ^ pour encourager l'indiscrétion , pour trouver de^ coupables^ et forgeaient ainsi des conj urations pour les panir.
Le comte Thalasse, préfet du prétoire d'Orient y osait seul braver Gallus, s'opposer à ses injustices , et faire connaître à l'empereur les malheurs de l'Asie y qu'il attribuait sur-tout au funeste ascendant de Constantine et aux conseils perfides d'un prêtre arien nommé Aetius^ qu'on surnommait VJthée. ,
Sous le consulat de Constance et de Gallus ^, la ib^m*©» nécessité de repousser l'invasion des Allemands, aands. décida Tempereur à rassembler près de Chàlons- • snr-Saône une nombreuse armée dont la force contraignit les barbares à s'éloigner. 11 les suivit jusqu'aux rives du Rhin* On s'attendait que, profitant de leur frayeur , il relèverait la gloire de Rome^ vengerait la Gaule et répandrait la terreur dans la Germanie j mais , dans ce temps , une politique imprudente avait introduit beaucoup de barbares dans les légions } plusieurs même occupaient dans le palais des charges importantes. Latin était alors comte des domestiques; Agillon, Studillon, commandaient des corps de la garde. Ces officiers, profitant de leur crédit , favorisèrent auprès de l'empereur la députation que les Allemands efifrayés lui envoyèrent pour demander la paix,
* Ab dç J^fiiis-Cbrist 3S3.
Paix entre LeuF succès ne Semblait cependant pas facile;
Gonsuace. l'armée impatiente demandait à grands cris le combat. Constance ^ cédant au conseil de ses fa- Toris 9 rassemble ses légions et les harangue : « Les » rois et les peuples , leur dit*il, s'abaissent de- » Tant votre renommée j ils vous demandent la » paix y vous dicterez ma réponse ; mais si vous » écoutez mon avis, vous accueillerez des enne- » mis redoutables qui veulent devenir des alliés » fidèles, des auxiliaires utiles, et vous préférerez » les avantages certains d'une noble modération » aux fruits périlleux d'une victoire douteuse et » sanglante. »
L'armée accepta la paix : tel était alors le déplorable sort de l'empire ; le sénat n'était pas consulté par les empereurs que dominaient les prêtres, et que gouvernaient les étrangers ; ils opprimaient les peuples , ne respectaient que les conciles et n'obéissaient qu'aux soldats* ^ ^
NouTeens Après avoir signé ce traité honteux , Cens*
gIuuu tance revint à Milan où il apprit les excès de Gailus et les désordres de l'Orient. Le jeune prince reçut l'ordre de se rendre en Italie ; il désobéit, et donna pour prétexte de son refus le danger auquel ses provinces seraient exposées pendant son absence« Constantine l'excitait à se rendre indépendant; l'empereur, décidé à le perdre, lui retira peu à peu les troupes sur lesquelles il comptait le plus, et lui envoya^ comme préfet du prétoire 9 Domitien , chargé de surveiller sa conduite.
Cet officier s'acquitta de sa commission avec hauteur; Mpntius, trésorier de l'Orient, secon-
ilait ses efforts ^ n'obéissait qa^à lui y et privait le jeane prince du seul nerf de toute puissance , l'argent» Gallus , n'ëeoutant alors que la violence de son caractère , fit soulever contre les envoyés de Pempereur les soldats de sa garde et le peuple , qui les massacrèrent ) se livrant ensuite sans frein à sesressentimens , il poursuivit sans pitié tous ceux que les délateurs lui faisaient regarder comme sus* pécts»
La cupidité de ses favoris remplissait les prisons de victimes J les arrêts des juge« n'étaient que des proscriptions dictées par les accusateurs : te brave et vertueux Ursicin , général de la cavalerie d'Orient, se vit forcé, sous peine de perdre la vie, à présider ces infâmes tribunaux» Constantine, cachée derrière un rideau , assistait aux )ugemens pour en accélérer la rigueur , pour en écarter la pitié*
L'Orient gémissait , courbé sous cette violente tyrannie; la terreur glaçait toutes les ames^ les victimes périssaient sans oser se plaindre^ le désespoir même était muet* Un seul homme, l'orateur Ëusèhe , digne de l^école de Zenon , ilh^tra sa mort par son courage, fit entendre à ses bourreaux la voix, depuis long-'temps inconnue, de la liberté, l'éloquence delà vertu, et périt en Romain.
Ursicin, indigné de ces iniquités, en informa Perfidie d« ^empereur: Goustanee, couvrant alors son res- ^ Pc>rd de sentiment dtf voile de l'amitié, pressa GaDus de ^*"'"venir en Italie, sous le prétexte de lui en donner le commandement, tandis qu'il irait délivrer ia Gaule d'une nouveUe invasion^