‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 13 sur 46 · TOME vii · texte numérisé non relu

TOME vii

l62 • HISTOÏRÔ

irrita les courtisiiiiB) et excita lajaloune de Vhtà'* pereur. Ses yils faroris donnèrent à Julien -paatt dérision le nom de /^îctonTz ^ p6ar atténuer son triomphe, et pour rappdler en même tempu au timide Constance le nômda général qui, da temps de Gallien, après quelques saccËs*, ayait usurpé ' dans la Gaule le pouvoir suprême et le titre d'Au* guste»

L^emperenr publia cependant dans tont Pempirs la Tictoire remportée sur les baiHbares ; mais il s'en attribua ridiculement l'honneur^ comme s'il eût lui,- même assisté à ce tri<Hnpfae et commandé Fannée* Il ne daigna pas seulement citer dans sa relation le nom de Julien , et par ce silence même il lai donna plus d^éclat« Noavtjie» Lés solda ts romains se mon traient encore braves^ juiira!" *mais n'étaient plus disciplinés; après la victoire ils voulaient jouir du repos, etlse montraient peu disposés à continuer de pénibles marches : lors» qu^ils reçurent l'ordre de past^r le Rhin , ils y répondirent par des murmures^ mais la fermeté de Julien triompha de leur indocilité : ils franchirent le fleuve et dévastèrent une partie de la Gennanie^ On construisit une forteresse au-delà du Rhin': les Allemands, in timides, demandèrent la paix, et n'obtinrent qu'une trêve de dix mois. Après cette campagne, l'armée revint à Reims poury établir ses quartiers d'hiver, et trouva tout ce pays ravagé par un corps de Francs ; il ne s'élevait pas à plus de mille hommes, mais leur force et leur audace répandaient l'effroi dans la contrée. Ces guerriers redoutables, dit un historien du temps ^ ne coi^

Bftissalent point de saison ^ et semblaient même préférer les frimas de Fhiyer à la douce chaleur da printemps. Les Romains les attaquèrent et les forcèrent de set retirer dans une forteresse située sur la.Meuse. Après cinquante -quatre jours de siège y ils capitulèrent et sauvèrent leur vie aux dépens de leur liberté. Cette victoire fit d'autant plus d'honneur à Julien 9 que jusque-là, dit Libanias y les Francs apaient toujours préféré la mort à la captii/Ué. Ils furent envoyés à Gons«v tatice. L^empereur, admirant leur haute stature , les incorpora dans sa garde, et les écrivains du temps remarquent qu'ils. paraissaient cçmme des tours au milieu des bataillons romaips« Julien passa l'hiver, à Paris : on a conservé la ^«»«»^p^»«*

* de Paris par

description qu'il faisait de cette* ville déjà célèbre; Julien, il la nommait sa chère Lutèce : entourée par deux bras de la Seine , elle n'occupait que le quartier qu'on appelle aujourd'hui la Gité : une forte muraille garnie de. tours la défendait ; on y pénétrait par deux ponts de bois. Malgré le peu d'étendue de son enceinte 9 on y voyait des temples , un palais, un amphithéâtre. Julien vantait la fertilité du pays , la salubrité des eaux , la douceur de la température. Il y éprouva cependant un hiveir rigoureux : on voit dans sa relation la surprise que lui causa l'épaisseur des glaces qui couvraient la rivière.. Jnsque-r-là, bravant Fftpreté du {l'oid, il n'avait point voulu qu'on fît du feu dans ses appartemer^; mais alors, forcé d'y placer un bra-r »er , il se vit au moment de mourir , asphyxié paç U vapecu* du çh%rban«

|64 HRTOCIUS

Chaque joar la sagesse et 1^ jnsiiee ^SiilkiK augmentaient l'affection des GauIoî^ pour lai^ -et aa renanfmëe croissait oontinaeliein^iity tandîaqite Constance perdait oh&^e jour, par son despotisme et par sa faiblesse j P^stime et la confiance des peuples* Sons le coi^siiilàt de Tibénas FaJ^ns Dallianus et de Marcns Nëratins Céréalis^ l^empe* reitr publia une loi qui exemptait d^impôts^de toutes charges comrùuties ses domaines, les biens des églises catholiques , et ceuxdelafa|xiilled'Ëa<* aèbe, père 4^ PimpéraUrice. Lapert^ de Fégalité suit nécessairement celle de la liberté , et les pri? filéges forment tonjoiirs le cortège de la tyrannie» Constance^ oubliant Tantiqiie fierté de Rome, démanda la paix à Sapor : le roi de Perse- y mit pour condition la cession' de le Mésoipotamie et de F'Armënie; Tempereur refusa d'y consentu*, et ne retira ainsi de sa faible démarche que la honte de Savoir faite*' Barbation , envoyé par> lui contre les Jnthonges , les tailla en pièces dans la Rhétie.

Yictoiresde Cependant Constance, jalons^ de 1^ ^gloire de Con,unct. Julien^ QYai devoirse montrer aussi à k tète àc»

armées; il franchit le Danube ^ attaqua les Sar-^ mates et les Quades, en tiîompbapar labra^oore de ses généraux, «t en fit lUi' grand carnage* Le roi Zizaïs , leur chef, arriva dans ieeamp<de Pemperenr , se prosterna devant lui , implora^ sa- -misé' ricorde et obtint ia paix. On vit alors le premier exemple de ce droit féodal qui devint, ptendant tant de siècles, le droit public de l'Ëurope^^Les Quades prétendirent que la paix lignée avec eux

DU BÀS-E1KPIRB. l65

y comprenait explicitement lears vaseaox* L'em-* pereur porta exiBaite ses armes contre les Limigantes : ces esclave^ belliqueux , qui armaient prë« cÀiemment chasse de leur pays les Sarmi^tes leurs maîtres 9 prévoyant le sort qui les attendait, se défendirent avec le courage du désespoir* Après une opini&tre résistance, accablés par le nombre ^ ils feignirent de se rendre , capitcilèfrent , arrivèrent en foulé an Keu qui leur était indiqué pour déposer leurs armes; et tout-à* coup, jetant de grands cris , iis se précipitèrent au milieu du camp romain et pénétrèrent jusqu'à la- tente dé l'empereur qu^ils voulaient tuer avant de périr j mais, enveloppes par les légions , ils furent tous passés ?iu fil de l'épéev

L^enrpereur , de retouT dans ses états , ne s'occupa plusquedes trottbles religieux, dont il augl&eatait la violence en voulant y interposer son aatorité.

Dans ce temps, l'Asie ^ronva les plus grands oéMstres désastres par d'affireux tremblemens de terre ; ils ** détruisirent cent cinquante villes dans l'Orient ; Dcstmcoelle de Nicomédie jFat renversée de fond en coméaL."*" comble.

La Gaule ne jonit pas long-'temps du. repos que Nouyeite lui avaient donné les victoires' de Jnlien. Deux f^Zn^T tribus de Francs, les Saliens et les Chamaves, s'étaient depuis plusieurs années fixées dans la Toxintandrie ,au|onrd'hui leBrabant. Ils en sortaient souvent pour dévaster la Belgique : Julien marcha contre* eUx , les surprît , battit lès Saliens , conclut |a paix avec eux , et par ce traité recon«

l66 HI3TOIRB.

nat solenaellemeut leurs droits sur la Topciman-^ drie qu'ils continuèrent de posséder* Les Chama- Ves lui opposaient une plus opiniâtre résistance;, un ancien ressentiment enflammait leur courage ; ils croyaient que le fils de leur roi, envoyé par eux autrefois en otage à Rome y avait péri par un bon- , teux supplice ; Julien , leur ayant demandé une conférence y offrit tout-à-coup à leurs regards ce jeune prince y qu'il avait fait élever avec autant de soin que. s'il eut été son propre fils. Sa généro* site désarma les Francs , et lui valui une paix plus solide que si elle avait été arrachée par la victoire. Les Chamaves évacuèrent la Gaule, dans^^i'lr- "^ ^* même époque , une affreuse disette portait mée occa- l'armée à la révolte : on conseillait au prince la

fionnée par j j •,•■»% n t

u disette, sévénté ; il S y reiusa et employa toute son activité pour subvenir aux besoins de ses soldats, ai-« mant mieux, disait-il, soulager leurs maux, que punir leur impatience.

La trêve étant expirée , Jul^n traversa encore le Rhin et le Necker, vainquit les barbares et les força de lui rendre quatre-vingt mille prisonniers gaulois ou romains. Ce fut alors que la Gaule,, délivrée par ce héros, jouit sous son administra* tion d'une prospérité qui, depuis plus d'un siècle, lui était inconnue.

Mort de Le sort infligea dans ce temps un juste châtiar a ion. ^^^^^^ ^^ crucl Barbatiou. Ce général, qui devait plus sa fortune à ses intrigues qu'à ses exploits , était universellement regardé comme le chef doa délateurs : il devint leur victime* Les hommes^ méchans et lâches sont aussi sujets à la supers ti-

DU BAS-BM^IEE. l6f

tioii qu'étrangers à la vraie piétë. lia chute d'an nombreux essaim d'abeilles dans son appartement effraya eet esprit crédule et timidç ; il manda près de lui des devins pour les consulter* Sa femme Assyria , attribuant saxuriositë à un antre motif ^ se persuada qu'il voulait détrôner Constance et épouser ensuite Pimpëratrice Eusébie y dont elle était jalouse : dans son emportement elle lui ëcrintj et lai fit sur son infidëlitë des reproches violens et très-^injurieux pour Eusëbiei L'esclave qu'elle chargea de sa dépêche avait autrefois ap^ partena au malheureux Sylvain } il ouvrit la lettre , et ) croyant y trouver un moyen sûr de venger son ancien maître y il l'àppoii:a à Constance, Aux yeux de ce prince défiant un soupçon tenait lieu dç crime : il fit trancher la tète à Barbation et à sa femme*

Cette même année » les vents du nord y qui ré*- séditioBi gnaient avec violenèe, retardèrent l'arrivée à Os- ue p«r i* lie dei» blés nécessaires k la subsistance du peuple ^*^^*' de Rome. La disette excita une sédition* Tertotlias , préfet de la capitale y fit alors un sacrifice solennel à Castot et à Pollux. Â peine était-il acheté , qu'on apprit que la flotte entrait dans le port. Cet événement rendit pour ^uelquef temps ungrand crédit à l'idolfttrie.

Les troubles de l'Orient donnaient alors une Tro«bif« juste inquiétude à Constance, les Isaureà oonti-^'^

I Huaient leurs pirateries : le comte Sàuricelesbàt-»

! tit en plusieuj^s rencontres et les força de rentrer

' dans leur repaircr

^ Ursicin avait long-temps Contenu les Perses par

1&8 âiaxoiRB

son cadrage et par son habileté; mais la jaloasie des courtisans avait dimînaë ses forces et borné se3s succès. Le mérite dans lés cours est toujours Tobjet de la hainedes fieiToris ; l'empereur ^ obsédé par eux, rappela Ursicin; l'incapacité de ceux qui le remplacèrent favorisa les armes de Sapor^ qui s'avança au-delà de Nisibe* Avant son départ ^ ce .généi*al ^ par une manoeuvre habile j ayant tourné les Perses, les aidait mis en faite; et dans cette déroute, Sa{lor hd-^mème île dut son salut qu'à la vitesse de son coursier» Après cette action^ les Romains ayant mis le feu dans les ckamps > cet embrasement détruisit lés bois , les moissons, et un grand nombre de bètes féroces Qui y depuis ce temps, parurent rareiiie«t dans cette partie de l' Asie, La trahison des officiers qui conmiandaient les troupes légères d'Ursicîn le ûi surprendre ^ et le mit dans un si giiAnd péril c|u'il se Hrit obligé de se retii^er jnsqu'aii Tigre. Ce fnt cette retraite que les courtisans lui re^oel^rent comme ttahison ^ elle servit de prétexte a sa disgracié*

Sapor assiégea la ville d'Aniîiie; elle se défiendit avec courage ; le Êls du roi y fut tué ^ main enfin , le nombre des assiégeant cHoissant toojouirs, elleiîit prise d'àssanté Le vainqueur massacra tous les hàbitans; l'historien Ammidn Marcellin échappa pi'esque seuti ce désastre* !iouTe«ux La victoire et la justice , exiléesdu l'esté de l^emi<iiè«.** ' P***> semblaient s'être alors réfiigî ées dans les Gaules* Tous les trsrvanx de Julien étaient couronnés de succès; il triomphait des ennemis par ses ariu$s,et ne voulait régner sur les peuples que par

DU IIAS-EMPIKE. 169

leèt loîst Un joat, assi^Uut # la séance d'on tribu* neX^ il représenta a^nx juges, qui se montraient trop «ëvères y qu'on ne poiiTait pas c^fiâamner sans ^euve : a Prince) s'écria l'accusateur Delphidius ^ ( (Bt i} n^eut que trop dHmitfiteu^s dans tous les )» temps)i qui sera donc îamais coupable, s'il suffit I» de nier lea faits p^ur être absous ?» «(Et qui H d^nc sçra înnifus innocent , répondit Julien, si, ji pQur être coupable, il suffit d'être accudé 7 ^ Un 'prince $i }U$te ne manquait jamais d^argent ni de WdatS4 L'affection en Iburnit plus que la crainte j JuL'en, veillant toujours a la sâreté dé l'empire^ n^était point assez enivré de ses triomphes pour se livrer à une trompeuse sécurité. Il fortifia Neiss, Bonn et 4ndernac : apprenant ensfuite que les Allemands méditaient une nouvelle invasion , il les jSréviilt, traversa le Rhin, les surprit, lès mit en déroute, pilla leur camp, s'empara de leurs trou- ^aux et revint à Paris;

Ce fut peu de temps aprèè, qne^ soit par aml)i- i^énemens tioii y soit par nécessité , il accepta le titre d'Au- ^lénlLknt guste , déclara la guerre à Constance , et lui disputa *" '***^' l'empire^

Cet événement^ raconté de diverses manières ^

par lui-mém»e, ^ar ses amis et par ses ennemis,

•suivant les passions opposées qui les animaient, est

un problème historique qu'il est difficile aujour-^

d'hni d'éclaircir ^ ei saris avancer i éei égard àU-

cnne opinion positive , nous nous bometoUs k ràp*

porter les faits. L'empereUt', aveiuglé par la crainte

et trottipé par les l&ches conseils des courtisansj

écartait ou perdait tous les haxames dont Us talent

fOMK YII. à»

àfO HISTOIRS

soutenaient son ponvf ir, mais qui, par leur mérite même , lui faisaient ombrage. Il refasa d'entendre la justification d'Ursicin : « L'empereur peut dëh daigner de m'ëcouter sur mes intérêts, dit ce gé<- )» néral, mais qu'il ne ferme pas les yeux sur les » siens ; il se forme dans TOrient un orage qu'à la » tête de toutes ses légions il s'efforcera peut-être y> yainement de dissiper. » L'exil fut la punition de ces paroles hardies. Argison , général sans expérience ^ le] remplaça , et son élévation fut aussi utile à l'ennemi 9 que l'exil d'Ursicîn était funeste , à l'empire*

L'envie , qui avait perdu cet habile capitaine, espérait alors aussi consommer la ruine de Julien. Constance rappela de Gaule Salluste , digne ami du jeune, prince ; Lucien fut nommé à sa place pour administrer cette province. Cet agent de l'eunuque Eusèbe se joignit à Florentins , préfet des Gaules, et à tous les ennemis de Julien, pour contrarier ses desseins et faire échouer ses opérations. L'em- Aapp«i4«s pereur, gouverné par ses favoris, se décida, par juUm!** ^ ^®"^ conseil, à le priver des troupes qui seules garantissaient le repos de la Gaule et la sûreté des frontières. Décentius, secrétaire-d'état, lui porta l'ordre d'envoyer à l'empereur des troupes hernies , bataves , deux légions gauloises , et trois cents ^ hommes tirés de chacun des autres corps de son armée. Lupicin, général employé par Julien contre les Écossais , et Sintula , grand écuyer , étaient chargés de l'exécution de ce décret : ces renforts y ' disait Constance , lui devenaient indispensable- . ment nécessaires pour combattre les Perses. .

DU BàS -BMPIB.B. 171

Cet ordre consterna le& Gyilois , qui se voyaient ainsi livrés sans défense aax invasions des bar-^ bares : malgré les marmures de ceux qui l'entou^ raient , Julien se montra disposé à obéir | et représenta seulement à l'envoyé de l'empereur que^ par cette mesure, on manquait de foi aux Bataves^ aux Hérules y qui n'étaient entrés à son service ^ que sur l'assurance de ne jamais être obligés de passer les Alpes* Tout-à*coup on apprend qu'une main inconnue répand dans le camp des légions gauloises un libelle violent contre Constance j on vFaccnsait de livrer la Oaule s^ux Francs et aux Germains; les murmures éclatent de toutes parts; Décentius, effrayé, presse Julien d'obéir; en vain ce prince prétend qu'il doit attendre l'$a:rivée de Flo« rentius et de Lupiçin , auxquels l'empereur a confié Pexécutiçoi de ses volontés; on insiste, il cède« On délibère sur 1^ route que doivent suivre les troupes. Julien conseille de ne point les faire passer par Paris, dans la crainte que la vue d^un chef qui Içs avait souvent conduites à Içi victoire, et dont on voulait le$ sépitrer , n'éch^ufiît ces esprits turbulens déjà peu disposés à l'obéissance^ Décentius émet Un avis contraire; il soutient que Julien peut seul les calmer, et que^ refuser d'y eipployer son influence , c'est désobéir à l' empereur : Julien cède encore^

Les troupes se mettent en marche; sur leur Préparaiifs passage elles voient tout le peuple en alarmes; les destronpcf. enfans , les vieillards , les femmes en pleurs embrassent les genoux de ces braves guerriers, et les supplient de ne pas les abandonner à la férocité

i7d msToiEB

des Allemands^ Les soldais^ dont les octoars rëponv éaient à lears Toaux j oiids qae la fermetë de Julien ayait accoutumés à la discipline^ gar46nt Un morne silence^ et, les yeu:E baissés, continuent trîslement leur route , étouâÎEint avec peine leurs soupirs , et se montrant à la fois indignés et attendris, ntvm ^ Julien vient ^u-derant A^eux et les passe ei| " '""«"• revue dans ane vaste plaine près des portes de Paris^ Là, il les harangue ayec sagesse, dc^niie de ùo-? blés éloges à leurs heureux travaux : « Vous savez, I» dit-il, que Pobéissance est le premi^ de vos de- » voirs; tous avez pacifié 1^0ccident;I^0rient ré* p clame aujourd'hui votre courage , vous allez » combattre sous les jeux de Tempeceut} il vou; !^ accordera d^s récompenses proportionnées à vo- » tre biravdure ; eilfin <50 voyage que vous semblez 1^ redoute): tbus conduit à la fortune et à la gloire.» Au lieu de répondre & ces paroles, seloii la cqu^ tume , -p^r de viveâ acclamations, les soldats l'écoûtèrent dans un profond silence* Après les avoir congédiés , il donne le soir uti ^and festin à t^us les officiers de l'armée , et leur distribue de magnifiques ptésens , soit pour adoucir leurs regrets , soit pour échauffer leur affection et pour les en-^ courager à la révolte.

jiétoitê des Après le repas , ils se retirent sous leurs tentes , uveulàê 11® montrant que delà douleur , et ne laissant pajoiitn. raitre aucun indice de projets séditieux. Le jour suivant fut consacré au repos } ils devaient partir le lendemain, mais ils employèrent ce temps à con-

-^ An de J^aui-Christ 36o.

BU BAS-^EMFERE. I7S

çerter lear plan dans le plias grand s^èret. Dans la suite on reprddha Tiyement à Julien de leur atoir laisse ce dangereux loisir^ qdoiquei da^s sA rela-** tion dëtàillëe de oâa ëvëhémelld $ et ^^1 àdtèssà ans sënàts et aux ^liples dé Roinb et d'Athènes ^ il protesta et jiûrà quMl n'aVait ^s eil H ^lus lëgèré 0onnai8sance dé là conspiration ti'atiiéë dat^s ce court espace dé tetnps pour le poHèr éM ttdne.

Tout seinblait tk'ànquiUe \ ii^nUk^tàùl^ , au côm^ mencement de la nuit , les soldats ptehnènt leà armes, entourent le palais deé Thetmeii^ proclainent JuKèn Auguste^ et demândëfit k gf^hdsi cria qu'il s'offre & leurs regards, Ce j^riticé, ëfeillëeh sursaut, apprend, avec ttxié torprï^is tëëlle ou feinte, Fobjet de cette sëdition; sôll incertitude semble 8'acttt)kre avec le tumulte J il iûToque Jti*piter et lé côhjuté dé lui faire fctrtitiaîtr^ pât quelques lignés sa Tolontë'; soùdaiii un ëclaii^ brillé , là foudre ëclate et séthblè lui âtinoncef qu'il doit cëder aux vteux des sdld^ts ; cependant , i^èbelle encore aux ordreis qu'il ttxnt ëniaii^é dU ciel, H refuse Pentrëe dû palais âu± (ionjùrës, et è'y tient renferme le reste de là nuit. ' Mais , au point du jour, les soldats, dont tout obstacle redouble l'ai^deur, forcent les portes^ pënètfeht daiisiëli appartemens Fëpëe à la lHain , enlèvent le prince , le proclament de nouveau empereur, et, pour lé faire cëdet à leurs Vœux, émplbiént tout^à<^tour les accens dé la prière et ceux du courroux.

Julien les conjure vainement de ne point livtér l'empire au malheur d'une guerre civile t « Néi » pouvez-^vpus , leur dit-*ily sans commettre tout

iji auTOIBB

» Jeacrimes qu'entraîne une rëvolte, obtenir de D b justice l'accomplissement de tos désirs?

» Puisque vous ne pouvez toiv décider à quitter ^ TOtre patrie, retournez dan»TO« quartiers; je » TOUS promets que tous ne p^sperez pas les Âl- % pes; je me charge de justifier aux yeux de }t Conatauce et vos refus et les alarmes fondées de » U Gaule. La fermeté de l'empereur punirait > TOtr^ rebeUion } sa bouté écoatera vos remon- Dt trancesl»

•t Ce discours, au lieu de calmer l'ardeur des légions, l'embrase; les instances et les cris redoublent, les menaces succèdent aux acclamations, le. tumulte s'accroît ; enfin Julien se laisse vaincre ; on l'élève sur un pavois; on veut'qu'il ceigne le difidème , et comme il répond qu'il n'en a point , les.una lui apportent le collier de sa fmime Hérlène, les autres lescoun^^îea d'un çheral. Julien i;efuse ces étranges ornemens; mai* un officier, nommé Mauma, lui présente son collier d'or, noble prix de la.Taillance:le prince l'accepte, le place sur sa tète, reçoit le titre d'Auguste, etpror met cinq pièces d'or et une livre d'argent à chaque soldat..

Ces gratifications étaient depuis long-temps en usage ; elles ne furent pas une des moindres causes, comme on l'a vu, des fréquens changemens qui élevèrent et renversèrent tant d'empereurs. Elles portaient, par l'appât du gain, les armées à dérirer les révolutions que le reste de l'empire regariait comme le plus funeste des fléaux- Çeoxquidfiutent quela résistance de Julienaît

BU BAS^BlfPnLE. 1^5

Aé sincère) lui reprochent jostémeat sé^Iargesse». On peut difficilement prétendre n'ayoir point de part à la rë^olte qa!pn* paie*

Ce. prince n^imita cerlain^nent point, dans cette circonstance, lacondoitede Virginiasquise déroba an» trône parla fuite, etia fermeté de 6ermanicus qui s'exposa aux plus grands périls plutôt que de céder à la; révolte.

Mais les tenips étaient changés; une cruelle et longue expérience avait appris aux* princes et aax chefs des armées que les refus ne fléchissaienrt point la tyrannie , et qu'une fois proclamé par les troupes il fallait périr ou régner.

Un seul homme, au milieu de cette efFerres-*. cence d'une grande armée et d'un grand peuple , montra un courage antique. NimpridiuH, offi-* cier rpmain, fidèle au prince, mais encore pltfs à. son devoir, brava fièrement les menaces, les piques des rebelles, et reprocha sévèrement à Julien une élévation dont l'éclat coupable l'en* tramait à détrôner l'empereur, qui l'avait fait César.

Julien , qui ne voulait pas que son pouvoir parût fondé seulement sur la force , soutinttoujoursqa^il n'avait fait qu'obéir aux dieux; il disait que , pendant cette nuit même qui précéda la révolte, il avait vu en songe le génie de l'empire qni Jui aclressa ces paroles : «Julien, depuis long^temps » je me tiens à l'entrée de ton palais dans le des-^ » sein d^accroitreta fortune. Tu as souvent rejeté » mes faveurs; situ les refuses encore aujour- » d'hui, je m^éloignerai à regret^ mais n'^oublie

1^6 JIUTOIIiE

jH pasqae jeile doUresterqoe jfmdetemjispièi » 4e toi. »

' Tandis que Fartnée , ftir« d'aroir assarë le destiil et la tranquillité de la Gaule y le lirnùt , ainsi que le peuple, à la joit qui suit touionrs de pareils éTéoemens, Julien, renferma dans son palais, morue , pensif et solitaire y méditait profondàneut sur le présent et sur l'avenir , enyisageait avec une aorte d'flffroi le* conséquences d'une Férolntion qui devait attirer sur Jni toutes les forces de l'O-' rient, de l'Afrique et de l'Italie, et se reprochait même une condescendance que l'opinion publique taxerait d'ambitinn et d'ingratitude.

Conipin* Le tumuHe et l'ivresse qui repaient dans lei "i^"^^""" camps et dans la ville formaient un étonnant contraste avec le silence et la tristesse du palais. Lei partisans de Constance, croyant pouvoir profiter . du désordre des troupes et de l'inaction du prince j j ré^ndent par-tout des émiaaaires qui cfaerchenti effinyer les esprits , à les soulever , en exagétsnt les dangers d'une guerre totlt i la fois civile et étrangère : en même temps ils séduisent un eunuque, attaché au prince, pour le faire entrer dam une conspiration contre ses jours.

Un officier du palais découvre ce complot , le révèle il Julien , et court en porter la nouvelle dsn* le camp* Dès que ^ soldats apprennent qu'on veut détnùre leur oqvrage , et que la vie du prince est menacée, ils se rassemblent, s'animent mutuelle- *nent , saisissent leurs armes et courent au psdaîi. a garde, épouvantée par ce tumulte, croît qu'on i«nt de faire une nourelle térolutionj elle se dis-

1>U SAS->E)tPIIUS* ijr^

{lerae et ]>rend la fuite. Les soldats ^ ftirieujc, pénètrent dans les portiques, patcoarent tous les uppartémens ^ ctaignant d'être arrives trop tard pour sauter leur prince ehëri ; enfin^ sa vue dis-*sipe leur terreur; ils l'entourent , le pressent, ma^ Aifestent leur joie par d'ëolatans transports^ et demandent à grands cris qu^on leur livre les conjures qu'ils veulent massacrer.

« Arrêtes^ s'écrie Julien ! ceshomineâ sont ci« » toyens, je suis leur empereur comme le v6tre; » quePhonnenr règle toutes nos actions; si votre n zèle aveugle sert ma cause et signale mon éleva** i> tion par des meurtres ^ si une seule goutte de % sang souille vos mains et déshonore votre choix , » vous n'êtes plus que des rebelles, et je ne serai % qu'un tyran 4)1 La fextneté de ces paroles rétablit Pordre.

Le lendemain l'armée fat rassemblée dans le ^****"' Gfaamp-*de-Mars, lieu desliné aux exercices, au méeda&sie même endroit où l'on vit depuis la porte Saint- ^^"^"'^*' Victor.

Julien s^y rendit dans toute la pompe imjyériale, et s'assit sur son tribunal, entouré de sa garde et des aigles ! a Braves soutiens de l'empire , leur 3» dit -il, lorsque, sortant à peine de l'enfance, n on me revêtit de la pourpre pour me donner un » vain titre sans autorité , la faveur des dieux me » conduisit dans vos provinces et me jeta dan3 » vos bras. Depuis ce temps , travaux, fat^ues , »' inquiétndes, périls et gloire , tout a été commun » entre nous î j'ai trouvé' vos biens livrés i l'avi- » dite dé magistratii concussionnaires , vos champs

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