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» idées dé religion comme des maladies ; on gné- » rit quelquefois celles-ci ^ malgré les mslades^ » en lear faisant une violclfce salfktatii» ; mais ni i> le fer ni le fea ne feront ^mais parbitre vrai » aux yeux d^un homme ce qu'il juge faux* »
Si Julieû y comme le disent les écrit ains ecclésiastiques , était -patte à la ùruanté p«r son terac^ tère y on doit ^oiarenir au nvoins qtiHl fut luiinain par politique. L'oppression qu^il fit éprouver aux sectateurs de rbyangile fat pesante > mais no|i pas cm«Ile. Il humilia leur am<nH*^plropre let ne répandit pas leur sang. Constamment opposé aux voeux des païens , qui voulaient renouveler les «ntiennes persécutions, l'empereur leur t^préèenta sans cesse etpabliquenent , que c'était la douceur et la çliarité des premier! chrétiens qui avaient fait prospérer FÉvangile au milieu des supplices* - "Ce prince , plos dangerevix par sa tùm ^u'il ne l'burait été par la cmauté, voulut 'séduire les chrétiens par l'appât des honneurs et de la fbr^ tune, et par la crainte de la disgrâce et de la pauvreté. Sa tolérance fut feinte et sa rigaeur réelie* Il ordonna , par un édit , de réparer, ie rouvtir les temples^ leur assigna des revenns, prescrivit le rétablissetnetit des fêtes , et rendit aux pontifes les exemptions et les pirérogatives dont ilÀ jouissaient autrefois. Aussitôt le sang des viciiines 'coule dans tout l'empire , les atospioes j rèpai?aisoent , l'air est parfumé d'encens et de fie«rs^ Rctn^ et Byzance revoient leurs anciennes solennités ; Apollon reçfoft les offrandes du prince dans le palais impérial» Ce palais, ces Cardias deviennent un
Taste Panthéon y où chaque dieu a ta statue y où chaque bosquet a son autel*
De toutes les fonctions attàch^ées au pouvoir suprême^, celte du souTerain pontife semyait alors tu prince la plus faonoi^bl^ : ce titre tuéme lui paraissait préférable à celui d'Auguste. Le matin il offrait des sacrifices au dieu du four^ le soir à Diane et aux asires de la wiU On ki conseillait de contraindre les chrétiens d'assister à ces soient pités: «Je neveux point, dit-il, qu'on force les » galilëens ( c'est ainsi qu'il les nommait) à sacri^ » fier aux dieux y ni qu'on les tourmente pour » leurs opinions , ils sont plus insensés que mé- » chans. Combattons-4e0 par la raison y gagnons- » les par la douceur ; nous ne devons pas les haïr, » mais plutôt lés plaindra du malheur de se trom- » per dans la ckaae la plus essentielle de la vie. t»
Les chrëiiens , animés par une foi sincère , résistèrent aux conseils et aux séductions du prince^ mais tous ceux qui professaient ee culte pat ambition el pour suivre l'extcnple de la cour y l'aban- 4onaér6At ion^u'il ne paitit plus en V(^è ; et les i^ourtiâans) dont la fortune «st trop souvent la seule divinité , changèrant de religion comme ils avaient changé de maître. Toutes les dignités de l'empire flirent la prix de leur apostasie^
Julien I tirant parti de k morale sévère des Bigueur chrétiens qu^il interprétait à son gré y publia une i^gard ^Ls loi qui les déclarait incapables d^oocuper les em- c'^^*''"^ plois de gouverneurs de provinces et d'officiers militaires. « Les galiléonis y disait^il ironiquement )» dans son édit ^ ne peuvent exercer de pareilles
» chaînes sans blesser leur consoiende^ puisque » PÉyangile leur défend de tirer Pépée« »
Les grands de Pempire obéirent presque tous à l'exemple y à l'autorité ; peu résistèrent au torrent. On remarqua y dans ce petit nombre , Joyien et Valentinien qui furent depuis empereurs. Ce fut Julien qui céda lui-même à leur fermeté. Son estime pour leurs vertus et pour leurs talens militaires l'empêcha y malgré sa haine pour leur reli* gion ) de les destituer. U laissa même à Jovien l'importante dignité de capitaine de sa garde , et se fit accompagner par lui dans la guerre contre les Perses.
Les ariens donnèrent comme les catholiques des exemples de courage , l'un d'eux 9 nommé Maris y évêque de Chalcédoine, vieux et aveugle , se fit conduire au temple de la fortune lorsque Julien y sacrifiait 9 et lui reprocha publiquement son impiété.
« Je plains moi-même ton erreur ^ lui répondit » l'empereur; crois-moi, toQ dieu, le Galiléen, » que tu invoques vainement , ne te rendra pas la > vue. D *— « Eh bien ! reprit hardiment Tévê- » que , je le remercie de m'épargner la douleur de » voir un prince apostat. » En admirant le coui^age de ce vieillard , on doit cependant convenir qu'un monarque absolu, qui souffre un pareil langage dans le punir , n'est pas un tyran.
La guerre qu'il faisait au culte de Jésus-Christ était plus perfide que cruelle. Pour détruire le christianisme, il voulait l'éteindre dans les ténè* bres de l'ignorance j pour ressusciter le poiy-*
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théisme et loi rendre son ancien ëclat , il désirait l'entourer seul des lumières que répandent les sciences et les lettres* Ainsi , redoutant l'éloquence des Bazyle^ des Grégoire et des Apollinaire , brillans flambeaux de l'église ^ il défendait aux chrétiens de professer et d'enseigner dans les écoles. ESn même temps il appliquait tous ses soins à relever le polythéisme par le choix des pontifes païens; et Ici instructions qu'il donnait à ses ministres sur cet objet mériteraient sans doute qu'on les prit pour modèles dans tous les pays et dan« toutes les religions^
n ordonnait que ^ pour conférer le sacerdoce y on n'eût égard ni à la naissance ni aux richesses* Il voulait que l'on ne confiât cette importante mission qu'aux hommes les plus distingués parleur amour pour les dieux y pour l'humanité ^ et par des talens propres à inspirer aux autres cette vertu , la première de toutes*
Ils devaient , pour se montrer dignes de ce de* Toir sacré y faire constamment du bien aux hom-r mes y car on le peut dans toutes les positions y même dans l'indigence ; il leur prescrivait de servir les dieux comme s'ils agissaient en leur présence , d'être chastes des yeux, d'oreilles, de langue et d'actions, de s'habituer à vaincre toutes leurs passions , afin de se livrer assidûment à l'étudt de la philosophie, non de cette philosophie des poètes et des épicuriens, qui amollit et corrompt les âmes , mais de celle des vrais sages qui apprend aux mortels à révérer et à craindre les dieux, dont la justice récompense la vertu et punit le crime*
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Leur vie derait être sobre et simple ! la niâgiii* ficence n'était permise que dans les temples ; il conseillait aux pontifes y pour inspirer plus de rea* pect , de paraître rarement en public , et ter'minait son ëdit) en leur recommandant de nouveau la charité. « Il est konteux pour nous , disait-il y de )> Toir que les galiléens nourrissent à la fois leurs » pauvres et les nâtre^. n Certes Pennemi des chrétiens ne pouvait pas leur rendre un plus bel hommage.
Il se flatta quelque temps en vain que l'autorité de ses lumières et de son esprit ramènerait^ par son influence y ses adversaires à la soumission* Ayant lu un ouvrage composé par Diodore en faveur du christianisme y il n'écrivit au bas que ce peu de mut s : « J'ai lu, j'ai compris ^ j'ai condamné; » et l'envoya avec cette note à plusieurs évèques« Saint Bazyle , imitant son laconisme , lui répondit : « Vous avez lu, mais vous n'avez pas compris; » car 9 si vous aviez compris , vous n'auriez pas 91 condamné. »
Constantin et ses fils avaient enlevé à plusieurs temples leurs revenus pour enrichir les églises. Julien y tout aussi arbitrairement y dépouilla les églises au profit des temples, et dans son édit excusa ironiquement cet acte d'injustice : « L'admi- » rable loi des chrétiens , disait-il, promet aux » pauvres le royaume des cieux, il est justede leur ,1» en aplanir la route; la pauvreté leur donnera la » sagfisse dans ce monde, et un règne certain dans p l'autre. »
Si l'esprit de parti l'égarait lorsqu'il s'agissait
de religion , la plus douce équité dictait ses arrêts ' Gonveree. et ses ëdils sur toute autre matière; et comme des'"!"' ^ "*
' princ«.
hommes rigides lui reprochaient son indulgence : ' « Un prince, leur répondit-il , est une loi vivante' it qui doit tempérer par sa clémence ce que les )> lois mortes ont de trop rigoureux* »
L'esrpionnage seul , qui depuis plusieurs siècles ouvrait à la cour toutes les portes de la fortune ^ éjirouva canstammeht sa sévérité; et^ dans le temps où, soumis aux ordres de Constance, il se voyait forcé de laisser leurs fonctions à ces vils agens qu'on tiôîtimait Curiosi^ ne pouvant leur* iaireresdentir sa haine, il leur montrait au moins son mépris. '
Un jour , lorsque le prin'cé distribuait , confor** mément aux coutumes , des gratifications , Pnn de ces agens, au lieu de tendre sa robe suivant l'usage, lai présenta les deux mains : « Yôus le voyez , dit » Julien^ ces gens4à ignorent comment on reçoit, » mËiis'ils savent très-bien comment on prend. »•
U sentait tellement Ja pesanteur du fenrdeaaqu'impose la Vertu à un' prince qiii veut être juste y' que plusieurs historiens l'ont cru sincère lorsqu'il s'est dit exempt d'ambition et revêtu malgré lui du pouvoir suprême. Avant cette révolution , comme on l'avertit que Constance voulait le rap'» peler delà Gaule et lui donner tin successeur : « Je » le verrai sans regret , répondit-il; il vaut mieux » avoir fait peu de temps beaucoup de bien , que » de courir le risque de faire beaucoup de mal » long-temps.»
' Ennemi des plaisirs et de l'oisiveté^ pn le voyais TOMB vu. .36
aussi actif dans le conseil que dans le camp. Il remit ^ €n vigueur les anciennes lois^ les corrigea , rendit aox nu^njcipes toi^t^ les lerrés usurpëe^ par les empereurs y et laissa i|ne Uber té entière aux ayo-» cats* Accessible aux plaintes, juste dans ses décisions, il s'attaphait plus à l'esprit qu'à la lettre de U loi ) et I comme il se méfiait de son impétuosité natureU^,Jloin de s'offenser des objections , ilen-^ coutageait les: magistrats à Iqi faire des remontrances.
Un joyr, çatendant quelqups avocats qui louaient avec f xagëratic^ sa ju^ice et son génie : « Ah ! » que je ^eraiiS sensible à Vos éloges ) leur dit-il ^ » si je vous croyais assez courageux et assez sio- » ç^pf p ppnv m^ }^limw<p^M j« le mérite ! »
I( pf c<^nnaissait poitit cette inquiétude des prin«^ Uolies ) qui }eur £iit prêter Pareille à la délation et les entraîne à la tyrannie-tUn délateur Ipi dénonça-, lorsqn^it se trouvait en Asie, un citoyen 4i4iBg«é par sott opulence, qu^il accusait 4'^spir<ir à V^myk^ : «. Sur quelles preuves ap- ». pi^ye^rvous cette accusation ?>>. dit Julien* ^ D »i s'esti feit f9ÀHyrepK\\r\eià4l9àfxiVj une toge et » un mmïteAu ewleui!.d0 pourpre. » — «EiiMea, ». dit lVm]3!^reur5.eii(,9fadr€;3eAàt au grwd trésQ-^ » rier , d<mnie9 i ce dangereu:| dér^onciateur des )> brodequins et un cotlmume couleur de pourpre ; p j'Offdoni>eiqu'îl les portç lui-même au. citoyen » qu'il accuse 9 a&n qu'il en ait d'assortis au reate ]» de son vêtement» »
SMpro- Julien, fidèle aux maximes de la philo^ofiUe ,
jasdecoB* «n • sr r ^
qnéiw. travaillait constamment à se tendre maître de ses
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passions^ Bors celle de la gloire militaire ^ qu'il ne cherchait pas même à combattre. Vainqueur des Germains dans TOccident , il voulait que l'Orient devînt aussi le théâtre de ses triomphes. t>ëcidë i étendre les limites de l'empire , il refusa^ comme on le lui conseillait ^ de marcher contre les Goths qu'il méprisait, et qui semblaient ne lui offrir qu'une trop facile nctoîre.
La conquête de la Perse et le désir d'atteindre a la renommée d'Alexandre enflammaient son ambition. Il croyait fermement au système dePythagore, à la métempsycose, et se persuadait que son ame avait autrefois habité le coi^s du héros macédonien.
Ayant de quitter Constantinople pour exécuter stiTo^aie» «es vastes desseins , il voulut laisser dans cette ville quelques traces durables de son séjour, il y flît creuser un port qu'embellissait une galerie magnifique, bâtit dans le palais impérial un portique et Tenrichit d'une nombreuse bibliothèque. Le sénat d'€h:ient obtint de lui des pk*ivilèges qui tendaient à rendre la nouvelle Rome l'égale de Pancienne. « Constantin, disait-^il ^ regardait fiyzance comme )» sa fille, Constance l'aimait comme sa sœur^ et )» moi je la chéris comme ma mère et comme ma » nourrice.»
Traversant le Bosphore , il vint à Nicomédie , et ne put voir sans un profond chagrin les débris de cette ville, dans laquelle il avait passé son enfance , et qui n'offrait plus à ses regards que des cendres et des ruinesé Ses trésors fux*ent prodigués pour la relever.
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Condait ensuite par sa passion pour le culte des dieux 9 dont il voulait rétablir les autels , il courut en Phrygie^ dans le seul dessein de visiter à Pes^^ êinorUele fameux temple de Cybèle ^ dont la statue avait été autrefois portée à Rome par Scipion Na» aica, conformément à Toracle qui ordonnait qu'on chargeât de cette mission le plus vertueux des Romains. Il composa dans cette ville y en l'honneur de Cybèle, un discours qui est parvenu jusqu'à nous, et en même temps écrivit une éloquaite apologie d'un philosophe peu digne d'éloge, Dio^ gène le cynique.
Lorsqu'il traversa la Gilicie, Celsus, gouverneur de la province , le harangua et pronouça son panégyrique, pour suivre un usage qu'un philosophe tel que Julien aurait dû abolir. L'empereur arriva à Antioche dans Tannée 362, au moment où la ville était en deuil , parce qu'on y célébrait la mort d'Adonis. Il regarda cette circonstance comme un présage funeste. Son courage et l'étendue de ses connaissances ne pouvaient le préserver d'une crédule superstition. Les plus grands hommes écha pipent rarement aux maladies de leur siècle.
Il signala son arrivée en Syrie par un acte de générosité. On intentait dans ce moment un procès à, Talatius, ancien favori de Constance, et l'un de ceux qui avaient, prétendait-on , poursuivi Gallus avec le plus d'acharnement. Un grand nombre de citoyens pressaient Temper eur de Venger sa querelle et la leur, a Talatius, lui disaient-ils^ vous a of;^ •i» fensé, et il a commis contre npuQ mille vîolen- » ces, » Julien, indigné de voir qu'on, Youls^it
•abaaer de »oii autorité pour accabler un màlheuivmxxj autrefois paissant^ et maintenaat sans appui^ répondit aux accusateurs : « Puisque vous con- » venez que votre ennemi est aussi le mien , vous » dé ves suspendre vos poursuites contre lui ^ et .» attendre^ pour contenter votre ressentiment^ •^ que îe me sois venge. Ma querelle ^ je crois , » mérite bien la préférence sur la vôtre. » Le procès fut suspendu, et comme le véritable crime de Taktins consistait dans le courage qu^il avait •opposé presque seul à la tyrannie deGallus , Julien lai rendit peu de temps après sa bienveillance et le rétablit dans aeê emplois*
Dans, ce même temps on chercbaity avec plus
Àt fondement, à exciter son courroux contre
Théodote, en ]Qi révélant qu^il avait conseillé à
Constance de lui faire couper la tète* «Je le savais,
» répondit le prince; Théodote, retournez chez
» vous sans crainte, vivez sous le règne d'un em«
']» pereur qui, suivant les maximes des pbiloso-
» phes , cherche constamment à diminuer le nom-'
» bredeses ennemis et à augmenter le nombre de
^ ses amis* »
Romanus et Vincent, capitaines de sa garde , convaincus d'avoir. aspiré à l'empire , ne reçurmt d'autres châtimens que l'exil. Marcellus , fils de son ancien ennemi , et quelques ministres de Gons« tance, subirent seuls la mort : mais, malgré les reproches des écrivains catholiques , il paï'ait certain que leur supplice vengea le peuple encoreplus que le prince.
Cependant Julien fit de vains efforls pour se
90G HlgTOIBE
sonpa. concilier Paffection des li«bitaii3 d'Antioche, lia« foit^IiMul. Wtaellement séditieux et railleurs* Les catholique» même dans ^t les^arieiis délestaient en lui Pennemi de leur jon, ^*^^' culte , et Uaustérité de ses mœurs ne pouvait plaire aux Syriens yolu]M;ueux et e£Féminés» Us tournèrent en ridicule sa gravité, la longueur de sa barbe , sa frugalité et la simplicité de ses vètemens. Journellement il se voyait insulté par des placards in-» solens , par des écrits satiriques. Quoiqu'il en fût profondément blessé , il ne s'en vengea que par xm ouvrage ingénieux dont la célébrité dure en^ core. C'est un écrit intitulé le Afysopogon (ou l'ennemi de la barbe )• Il a traversé les siècles. On y tronve son portrait peint par lui-même. Il feint d'entrer dans Fesprit deshabitansd'Antioche, et, rassemblant dans un cadre étroit tous les reproches qu'ils lui adressaient, il en compose le panégyrique le plus piquant qu'on pût faire de sa conduite, de son système et de ses vertus.
Sa visite Les Syrieus, malgré leur passion pour les plai- Daphnë. * ^i*'* j avaient cessé de fréquenter le bois célèbre de Daph né, depuis qu'ils s'étaient soumis à la loi de l'Évangile. Autrefois sous ces ombrages délicieux •ramour régnait seul , la pudeur eh était bannie ; la douce température du climat, les gazons émaillÀ de fleurs , le murmure des ruisseaux limpides qui les arrosaient, le chant des oiseaux, les hymnes qui rappelaient la passion du dieu du jour pour Dapbné , tout livrait les sens à la mollesse, tout inspirait la volupté. Le mortel qui , dans ce lieu consacré aux plaisirs sans mystère , eût porté des regards chastes et des mœurs pures , aurait été
cbassë comme un profane. Chacun y montrait la brûlante ardeur d'ApoUon^et perscaine n'y Toulait imiter les rigueurs de Dapbnë« A Taspect sévère de la croix ^ e« temple de la vqlupté .Ti( «es presti^ ges détruits et ses autels déseartSé On y b&lit un^ église ; elle renferma le corps du martyr Bahylas ^ et dès lors Apollon cessa de rendre dcss. oracles* Les paï^2s attribuaient ce silence à la profanation du bois «acre , et les chrétiens à la prééeiiée du saint. Julien y voulant rendre au. dieu ses ancirài» bonneurfi) accourt dans le bois pour y sacrifier^ maÎÂ personne n'ose le suivre. Le saccificateus aeul l'y attend.
L^empereuT) indigné, adressa dans. cette Q€ca# sion au sénat et aux habitans d'Antioche de vif» refifrocheadur leuir indifférence pour Vancien ouUe^ « Je. ne vous Tois jamais dama les temples , leur > disait - il 9 que pour me prodiguer d'indîg^ea » flatteries j ce n'est paa moi y ce sont. les. dieux ^ qu'il faut encenser» »
Soik sèle ponr le rétabli^aament div pod jthéisme pommait ae»l )e £airerenoâQ^ quelquefois à Faci»H térité quo lui prescrivait $a philosophie. Aux fèlea de Vénus ^ il se promena dans les rues d'Antioche paré de guirlandes de fleura, au milieu d^une foule licencieuae, répétant des hymnes obscènes, et pré-» cédé d'une troupe de femsnes prostituées. Saint Chrysoat&me craint en retraçant ces honteuses so« lennités que la postérité ne refuse d'ajouter foi anx détails de cette pompe extravac^ante , dont toale une ^ande ville était témoin. Déplorable ef<« fet de la faiblesse humaine I la superstition p éfp*^
!20U HISTOiRB
rant ce prince naturellement vertueux ^ semblait alors traqsfoilner Marc^Aurèle en Hëliogabale.
Les historiens da temps prétendent qu'en^ Apollon parla et dit : (c Je suis entouré de cada-* » Très; je ne prononcerai point d'oracles que les » morts qai souillent mes autels ne soient enlevés.)! Julien fit transporter ailleurs les reliques de saint Babylas. Peu dé jours apr^ le feu consuma le tempk d'Apoilon. Les chrétiens attribuèrent cet événement à la v^ageance de Dieu* Julien en accusa la |aloa«[e des catholiques ; par représailles j il ordonna la clôture de l'église d'Antioche. Le. prêtre Théodoret , qui voulait résister, fut tué par les païens. L'empereur manifesta son ressi»itiment contre les auteurs de ce crime, et ordonna de. ies poursuivre : « Je ne veux poini, dit^il^ qne. » sous mon règne on voie de martyrs* J« défends 9 t^ sous les peines les plus sévères , que , pour des 1^ opinions religieuses 9. on prive personiie delà: » vie.»
Une faute , trop ordinaire en administration 9 aigrit encore contre lui le peuple d' Antioche , qui souffrait d'une disette. L'empereur taxa les grains et publia des édits sévères contre les accaparemens.' Toute entrave qui gêne le commerce en détruit la féconde activité ; la liberté seule favorise les spéculations, et par la concurrence établit k ni« veau des prix. Les grains devinrent plus chers et plus rares jl^ Syriens accusèrent le prince de leurs «onffrances; il supporta ces reproches , et n'y ré-* pondit qu'en prodiguantses trésors pour alléger les maux de la multitude.
DU BAS*BlttFXK£. iSlOg
En butte aux railleries de la popalatiôn nombreuse d'une grande ville, touimentë par la haine des ariens et des catholiques , il se vit aussi con-^ trarié par l'orgueil des philosophes qu'il aimait ; et y pour les vaincre , il ti^ouva un moyen facile ^ celui de flatter leur vanité. Libanius refué^it orgaeiileusement de venir dans son pelais se joindre à ses courtisans y et rej était tous les dons de sa munificence : « En voici cependant un , dit Julien y ' » que vous accepterez : je déclare publiquement » que Tos actions vous a;ssurent y au milieu des plus » grands philosophes , le rang que vos discours^ 1» vous donnent parmi les plus célèbres orateurs* »'
Ce prince se montrait constamment neutre entre les ariens et les catholiques , soit par tolérance^ soit dans le dessein de les afiTaiblir^ en fomentant leurs divisions*
Il est certain que l'objet principal de ses pensées ^ait la destruction du culte de Jësus-Christ y qu'il croyait contraire aux antiques noceurs et incompa* tible avec cette ancienne ambition des Romains^ seulea sources de leur gloire*
Il composa contre le christianisme un livre que nous n'avons plus, mais dont saint Cyrille , en le réfutant y nous a fait connaître une partie. L'un et l'autre semblent s'être plus appliqués y dans leurs écrits y à renverser la doctrine qu'ils attaquent qu'à justifier celle qu'ils défendent»
Julien, dans son livre, comme dans une allé* gorie ingénieuse qui nous est restée, et' dans la« quelle il raconte ses malheurs , ses inspirations et sa gloire , s'attachait particulièrement à faire adop-