TOME VII
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ter aux peuples sa religion. U la nommait VHellé-* nisme y et lui donnait pour base Tidëe d'un Dieu suprême et celle de son fils y le Logos de Platon y dont le soleil ëlait l'image et le sanctuaire ; les autres dieux n'en étaient} selon lui , que des émanations.
FfaéaomiM Enclin à favoriser les Juifs comme ennemis des reconstrac. chrétiens, il forma le dessein, pour démentir les pi^^^j^*^ prophéties, de rebâtir le temple de Jérusalem, saUn. détruit depuis trois siècles. H en prévint les Juifs par un édit , les déchargea de tout impôt extraor^ dinaire, leur fit ouvrir ses trésors, réunit pour l'exécution de cette entreprise un nombre immense d'ouvriers, et chargea l'intendant de la Palestine, Alipius , d'accélérer ce grand travail, lui ordonnant de n'épargner aucune peine ni aucune dépense pour le prompt achèvement de cet ouvrage. Avant de construire le nouvel édifice, on démolit ce qui restait des ruines de l'ancien. Les Hébreux accouraient en foule de toutes les parties du monde dans la cité sainte, avec l'espoir de re^ lever leur temple, leur culte, leur puissance et leur gloire.
L'événement trompa leur attente , et , sî nous devons en croire non-seulement les écrivains ecclésiastiques , mais le païen Ammien Marcellin luimême , on vit tout-à-coup des globes de feu sortir de la terre avec un grand bruit, s'élancer à plusieurs reprises sur les ouvriers', leur rendre inaccessibles les fondeméns du temple , et engloutir aa milieu des flammes les plus intrépides travailleur Sà Ainsi Julien se vit forcé d'abandonner son projet
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et de céder à la résistance des élémens qu'il ne put vaincre.
Sozomène, Ruffin, Socrate^ont répété ce fait^ raconté par Âinmien. Trois auteurs chrétiens de ce temps y saint Grégoire y saint Chrysostôme, saint Amhroise, en attestent la yérité.
Cet éyénément accrut la foi des chrétiens qui l'attribuaient à la volonté céleste, et rédaisit au désespoir les Juifs j dont plusieurs , dit-on \ se convertirent. Les philosophes expliquèrent ce phénomène par la nature du terrain de cette contrée ^ où le bitume et le soufre sont abondons. Hs ci-* talent y à Tappui de leur opinion, la fréquence des tremblemens de terre y qui , depuis quelques années y avaient englouti dans les abîmes et consumé par les flammes tant de riches cités de l'Asie. Dans tous les temps , la crédulité adopte plus facilement les relations miraculeuses que les récits fondés sur des causes naturelles.
Cependant l'empereur poursuivait avec activité PrêpantHV le grand objet de son séjour en Syrie , et rassem- contîô* s^L blait de tous côtés des troupes, des annes , des vî- p^'* vres , des munitions pour la gu^Te qu'il méditait contre les Perses. Sapor, alarmé de ses préparatifs^ et redoutant l'habileté du vainqueur de la Germanie , lui proposa la paix , en le laissant le maître d'enrégler les conditions. Julien , qui voulait tennîner cette antique querelle par la conquête de la Perse , et non par un traité , ne répondit à ses offres pacifiques que par un refus formel qui rompit toute négociation. Les chrétiens furent assujettis pour cette guerre à une taxe spéciale} me-
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sure injuste qae rien ne peut excuser : niais Pem« pereur, guidé par sa haine contre eux, les opprimait sans cesse , et croyait, en leur laissant la Tie et la liberté de professer leur culte, être à Tàbri dd tout reproche de persécution.
Plusieurs nations de l'Orient lui offrirent de» troupes auxiliaires : «Les Romains, répondit^il, » donnent des secours aux autres et n'en reçoi-^ » vent pas. )> Les Sarrasins voulaient lui yendre leurs services , il leur dit : « Un prince belliqueux » n'a point d'or, m»is du fer, » Le roi d" Arménie était tributaire des Romains; Julien, qui le mé« prisait parce qu'il avait embrassé le christianisme, . au lieu d'invitation , lui envoya durement , comme à son sujet , l'ordre d'armer ses troupes et de mar^i cher avec elles à sa suite.
Marelle de L'armée romaine ^ , divisée en plusieurs co-<l'armee ro- Jqjj jjçg ^ marcha avec secret et rapidité , passa l*Eu^
phrate sur différens points , et ses colonnes s'éta^ blirent, dans des quartiers qui leur étaient marqués, à l'abri dç quelques forteresses , juscju'^ii moment désigné pour leur réunion.
Lorsque tou^ ces ordres furent exécutés, Julien sortit d'Aiitioche, Jura de n'y plus revenir, et, comme preuve 4e {»on ressentiment , lui laissa pour gouverneur Alex;andre d'Héliopolis, bonune in-» juste, dur et violenjt l « Je sais Men^ disait-il | » qu^Alexandre ne mérite pas de commander, » n^ais Antioche mérite de lui Qbéir« »
Arrivé à Bérée , il y trouva le polythéisme abau>
* An de Jjffsus^Chrisf 36$,
marne*
donne ^ et fit de yaints efforts ponr ramener le sénat de cette ville au calte des dieux* Bames se montra plus fayorable à ses Tues ; on s'empressa d^y sacrifier ayec lai dans les temples de Jupiter et d'Apollon.
La cëlëritë de sa marche fut telle y qu'il avait passe l'Euphrate avant que les Perses le crussent parti d'Antioche, Malgré l'importance d'Édesse , il s'en éloigna y la sachant peuplée de chrétiens, et se rendit à Carrhes, ville que la défaite de Grassas avait rendue trop célèbre: elle était décorée par un temple fameux dédié à la lune y objet particu* lier de la dévotion de l'empereur. Procope., qui depuis paya de sa tète son élévation d'un moment , prétendait qu'étant à Carrhes , Julien lui avait donné un manteau de pourpre, et l'avait désigné pour $on successeur dans le cas où il mourrait dans cette expédition.
Deux chemins s'offraient à l'armée romaine pour la conduire en Perse y l'un par le Diàbène , en passant le Tigre, l'autre par l'Assyrie y le long de TEuplirate* Julien, pour tromper les Perses, fit reconnaître les deux routes , et s'y fit précéder par des détachemens* Ayant ensuite laissé en Mésopo^ tamie, sous les ordres de Procope et de Sébastien , trente mille hommes d'élite qui devaient , peu de temps après, le rejoindre en Assyrie, avec Arsace «l ses Arméniens , il feignit de s'avancer du côté dtt Tigre , et marcha ensuite rapidement sur l'Euphrate* Ce fleuve portait cinquante vaisseaux de guerre et mille bâtimens chargés de vivres qui aS"auraient la subsistance de sts troupes.
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Il était déjà en marche lorsqa^il reçut des lettres du plus fiincère et du plus dévoué de ses amis ^ Salluste^ préfet des Gaules, qui le conjurait de retarder son expédition , parce que les dieux ne s'y montraient pas fayorables. Julien , rassuré par d'autres augures , continua son mouvement ^ et ^ rencontrant sur sa route le tombeau du jeune Gordien, il honora par des libations la mémoire de ce prince 9 libations qu'on devait aussi répandre bien« tût sur sa propre tombe.
Peu de jours après, un soldat, attaqué par un lion^ le tua d'un coup de lance, et l'empereur regarda la mort de ce monstre comme un présage de la chute du roi dé Perse. Dans ce temps, les catholiques, les ariens , les idolâtres et les philosophes , différant tous de doctrine, se rapprochaient tous par la superstition ; ils doutaient des vérités et croyaient aux fables*
Un ancien préjugé, produit par de nombreux yevers, était alors répandu dans l'Orient , et paraissait ébranler la confiance des Romains; on croyait généralement que jamais une armée romaine ne pourrait pénétrer en Perse sans s'exposer aux plus grands désastres. Julien s'efforça de détruire Teffet dangereux de cette tradition populaire ; rassemblant ses troupes, il leur rappela les triomphes qui avaient illustré les armes de plusieurs généraux, dont les aigles victorieuses avaient pénétré jusqu'au centre de l'Asie.
« Ces grands hommes, ajouta-t-il, n'étaient » excités que par la gloire, nous le sommes par i> elle et par la vengeance : la défaite de nos lé"
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D gions, la dévastation de nos champs^ la raine » de nos villes noas arment pour une juste cause : 7> réparons le passe ^ assurons Fayenir, et mëri* » tons une immortelle renommée. Je remplirai » mes devoirs comme général , comme officier et » comme soldat. Les dieux m'annoncent que je » marche sous de favorables auspices ; mais , si la
> fortune trahissait mon espoir^ je m'estimerais
> heureux de terminer mes jours comme Mutius^ J* Décius et Cùrtius, qui se dévouèrent pour la » patrie.
» Imitons nos ancêtres; leur constance surmon-* y^ tait tous les obstacles ; ils luttèrent péniblement » plusieurs années avant de subjuguer Fidènes, » y eïes , Numance ; et la ruine de Garthage fut le » prix d'un siècle de combats : suivons les exem- » pies glorieux de nos pères, mais évitons sur*tout ut un écueU trop souvent fatal à no^ armées. La ^ discipline fut la cause de nos succès y et la licence » celle de nos revers. Combattons pour vaincre et 1» non pour piller. La désobéissance me trouvera )^ inflexible : que personne ne s'écarte de son
> drapeau; quiconque l'abandonnera sera mu-* » tilë.
» Ne redoutez: pas lés armes de l'ennemi, mais » craignez sa ruse, et défiez-vous des pièges qu'il » saura tendre à la cupidité. Soumis le premier » à la règle commune , après la victoire on ne » me verra point m'élever comme d'autres princes » au-dessus des lois; je rendrai publiquement » compte de ma conduite, marchez avec con- » fiance; fatigues et dangers, tout sei'a commun
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y» entre nous. LÎTree-TOUs à l'espëra^iice , et n'ou- 1» bliez pas qae la justice de notre caase est le pré* n sage le plus certain de notre victoire. »
Les soldats y élevant leurs boucliers, répondent à ces paroles par une acclamation unanime, et décrient : « Courons sans craintes au combat , sous » les ordres d'un empereur invincible. »
If'armée se mit en marche sur trois colonnes, éclairées par des troupes légères : l'aile droite , commiandée par Nevitta et protégée par la flotte , côtoyait l'Euphrate. La gauche, presque toute composée de cavalerie, s'avançait dans la plaine sous lesi>rdreB d'Arinthée et d'Hormisdas. Victor et Secondin conduisaient l'arrière*-garde. Julien, placé au centre, se portait sur tous les points où sa présence devenait nécessaire.
Prtmicrs La prisc de trois forteresses fut sa première opération : la dévastation de la Syrie expia celle des provinces romaines. Les villes d'Hiacire et d'Ozogardane périrent dans les flammes.
On marchait depuis quinze jours sans avoir rencontré les Perses ; enfin leur cavalerie parut. Hormisdas la chargea et la mit en fuite. Après ce succès , on arriva sans obstacles aux lieux où l'Euphrate se partage en deux bras; l'un tournait vers la Babylonie , l'autre tombait dans le Tigre , sur la route de Ctésiphon. Un corps nombreux de Perses défendait ce second bras : Julien, par ses manœuvres, les trompa, franchit le fleuve, et vint camper devant une des plus-grandes villesd' Assyrie qu'on nommait Pyrisabor.
Sa nombreuse population résista d'abord cou-
laccèc de Julien.
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tâgeusemeltt^ux attaques des Romains; mais lors-» que les habitans Tirent avancer contre leurs mu-^ railles l'hëlépole (la plus redoutable des machines des anciens ^ et qu'on devait au génie de Démëtrius Poliorcètes), la terreur s'empara de leurs esprits; ils ca|>itulèrent et ouvrirent leurs portes. L'empereur trouva dans cette ville une grande quantité dç vivres et d'àrmès.
Après ce triomphe, les soldats fatigués murmuraient et refusaient de pénétrer plus avant dans ces vastes contrées qui avaient servi de tombeau à tant de légions. Julien, par son éloquence, trouva le moyen d'apaiser leurs murmures et de ranimer leur ardeur. Continuant sa marche , il tourna de vastes marais et s'approcha de la ville de Maogama» Comme il s'avançait presque seul pour la reconnaître, il se vit entouré par dix cavaliers perses, en tua quelques-uns , mit les autres en fuite ^ et dut son salut à son intrépidité. Au troisième assaut la ville fut prise et livrée à la fureur du soldat.
On conduisit devant l'empereur de nobles captives remarquables par leur beauté ; il refusa de les Voir, voulant imiter la sagesse de Scipion conune son courage.
Peu de jours après, les ruines de l'antique Se-* leucie s'offrirent à ses regards : triste monument de Finconstance du sort et de l'existence passagère des empires!
La flotte quitta l'Euphrate pour entrer dans 1^ Tigre ; il fallait traverser ce dernier fleuve. Effrayés de l'escarpement de ses riv^s et d^ la rapidité de