‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 29 sur 46 · TOME VII · texte numérisé non relu

TOME VII

Rigâeur les ëvèques de la province le supplient de par* Théodoie. donner j il ne veut rien entendre : par son ordre tous les habitans de cette ville infortunée sont rassembles dans le cirque , sous le prétexte perfide d'y assister à des jeux. Le» soldats goths, quiser^ raient dans l'armée impériale, entourent ces malheureux et les massacrent tous, sans distinction d'âge ni de sexe, îion rc- Effrayé de sa propre cruauté, Théodose , tourpeutir etsa „riçj,^^ paj. g^ couscieuce Qui lui parla trop tard«

pcniteuce. * ^ * ^ * jr ^

écrivit à saint Ambroise, lui demanda d'implorer en sa faveur la clémence divine; et, dans l'espoir d'adoucir le pontife irrité, il se rendit à Milan, voulut se justifier, et se présenta, suivi de son cortège , aux portes de l'église. L'inexorable Ambroise lui en défendit l'entrée, et, rappelant dans cette circonstance l'exemple de David : « Vous j> avez , dit-il à l'empereur, vous avez imité ce roi •» dans son crime, imitez-le dans son repentir. » Il lui imposa la pénitence publique; Théodose s'y soumit, et le maitre du monde, dépouillé de ses omemens, prosterné au pied de l'autel, s'humilia devant Dieu en présence de son peuple. Ce ne fut qu'après huit mois de prières et de douleurs qu'il rentra dans la communion des fidèles.

On ne peut qu'admirer la fermeté d'un ministre de l'Evangile qu'aucun danger n'effraie, lorsqu'il doit soutenir la cause^e la morale outragée, et faire craindre à la puissance terrestre la justice divine; mais trop de prêtres ambitieux , interprétant mal ce grand exemple, abusèrent , depuis, de la parole sacrée pour servir un orgueil profane, et, sons

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prétexte d^abaisser les princes devant Dieu , s'efforcèrent d'élever le sacerdoce au-dessus de l'empire.

Ambroise lui-même, si sévère lors du massacre de Thessalohîque , ne parut point animé du même* esprit de justice, lorsqu'une populace séditieuse, excitée par des moines fanatiques , s'emporta au point de brûler une synagogue. L'empereur voulait châtier les incendiaires: Ambroise s'y opposa; et, par son influence, obtint que les moines coupables resteraient impunis.

Tel est l'esprit de secte et de parti; il égare la vertu même, il la rend inflexible pour l'erreur qui lui nuit, et indulgente pour le crime quile sert.

Peu de temps après la défaite de Maxime et le Monde rétablissement de Valentinien II sur son trône, la trie* jusmort de l'impératrice Justine enleva aux ariens **"*'• leur plus ferme appui.

Yalentinien, par reconnaissance pour Théodose, et par soumission pour Ambroise, devint orthodoxe. Ce jeune prince 5e montrait chaste , tempérant, appliqué^, ennemide l'injustice ; mais ces belles qualités n'étaient accompagnées d'aucune force; la faiblesse a le danger de tous les vices qu'elle n'autorise pas, mais qu'elle ne sait pas réprimer.

L^empet^ur d'Occident laissa prendre trop de usnrpacrédit dans sa cour, trop d^influence sur les trou- bogasu. pes , à un Franc distingué par ses exploit^ , mais dont Fambition coupable ne connaissait aucune borne.

Arbogaste, élevé au grade de général par Gratien^ et qui, sous les ordres de Théodose ^ venait

de contribuer si efficacement à la chute de Maxi-mej commandait alors les légions de la Gaule. Ce guerrier intrigaut, pçrii de, hautain^ avide de pouvoir et de richesses , était regardé par Valeutiniea comme le soutien de son trône«

Abusant de sa confiance et disposant de ses trésors , il séduit les troupes y distribue toutes les places à des barbares qui lui sont dévoués } sous différens prétextes il éloigne du prince ses plus fidèles serviteurs , Penvironne de ses agens , l'entoure de se» satellites, cesi>e bientôt de feindre, commande au lieu de conseiller , et règne au lieu de servir.

L'empereur n'est plus qu'un captif couronné ; il opvre tardivement les yeux, frémit de son danger , et , secrètement , écrit à Théodose que son palais n'est plus qu'une prison dont il le supplie de le tirer. Cependant son péril s'accroît, son humiliation devient insupportable. Trop impatient pour attendre le secours qu'il avait invoqué, il veut tenter up coup ^'^tat^ et comprpziiet son autorité, iio,.( Environné de toute sa cour , assis sur son trône , de vaienti- espérant que son sceptre fera tomber l'épée du» barbare, il fait venir devant lui le fier Arbogaste , et lui ordonne de lire un décret qui le destitue* ' « Mon autorité, répond l'audacieux guerrier, est » fondée sur mes services , et ne dépend point d«ft » caprices d'un faible prince^ » Après ce peu de mots , il jette l'édit à terre et le foule aux pieds* Valentinien, transporté de fureur, tire son glaive et vçut frapper le barb^f^ j m^y^ les ^mU nom-*

nien.

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breox d'Arbogaste Pentourent et désarment Pempereur. Peu de jours après, on troura ce malheureux prince étrangle dans son lit"»^. Arbogaste, voulant se laver de ce crime , s'efforça de faire croire * que Valentinien, dans un accès de désespoir, s'était tué : il fit conduire en pompe à MîUn les restes de l'empereur. Saint Ambroise prononça son panégyrique , et , dans l'intention de consoler les sœurs de ce prince, s'écartant cette fois de la sévérité ordinaire de ses maximes , il leur fit espérer que Valentinien serait reçu dana le ciel par la clémence divine , quoiqu'il n'eût pas encpre reçu le baptême.

Arbogaste , par sa trahison , maître de l'Occi- ^"e^"^ "*

J . , 1 • A r nommé Ail-

lent , excepte de r Afrique , pouvait disposer du gusi«.

trône , mais il n'osa ou ne voulut pas s'y placer : préférant un pouvoir réel à un vain éclat , ou craignant peut-être l'indignation des Romains s'ils voyaient la couronne impériale sur la tête d'un barbare, il se contenta de régner sous le nom d'un fantôme d'empereur , et décora du titre d'Auguste , Eugène, son ancien secrétaire. Ce nouveau prince, par son mérite et par la faveur d'Arbogaste , était p^venu de l'emploi très-inférieur de professeur de rhétorique à la haute dignité de maître des offices^ On estimait son érudition , son éloquence ; on aimait sa douceur et sa modestie. Ne pouvant ré-^ sifiter à la puissance d'Arbogaste , il obéit en gélaissant , et accepta le sceptre avec regret. Ses ambassadeurs, chargéspar lui de demander à Théodose

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