‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 3 sur 46 · TOME Vïï · texte numérisé non relu

TOME Vïï

Chute Commode , de Sévère , de Dëcias et d'Anrâiens uTéis'^ml^" ^^ polythéisme , au lieu de se relever j vit progressivement tomber sa puissance. Sous le règne de Dioclëtien la forcé des deux partis était près* que égale , et c'est ce qui rendit la proscription si violente et si meurtrière ^ quand, après vingt ans de tolérance , ce ptince, enti*aîné par Galère y publia redit qui ordonnait Pabolilion du^chrisr tianisme. •

Cependant 9 malgré la foule de victimes que Galère, Maximin, Maxence et Licinius immolèrent à leur superstition et à leur politique , le christianismeconservait encore tant desectateurs, que Constantin crut pouvoir , en se mettant à leur tète , balancer avec avantage les forces de ses adversaires , combattre Rome et attaquer sans dan* ger , sous l'enseigne de la croix, Mars et Jupiter même au sommet du Capitole : l'événement justifia sa confiance et les calculs de sa politique.

Pendant le premier siècle de l'ère chrétienne , à l'époque ou nous avons vu que les Romains se bornaient à mépriser la secte naissante des chrétiens et les confondaient avec les Juifs, rien n'éclairait les pas de cette religion, alors obscure et presque ignorée. Aucun acte public ne constatait son existence , aucun philosophe n'étudiait ses principes^ , aucun historien ne suivait sa marche. Les différentes communautés ou églises chrétien-^ nés , travaillant dans l'ombre à la propagation de la foi, à l'établissement de la discipline , à l'insti<tution du gouvernement religieux des fidèles , dérobaient aux regards des magistrats et du public

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leurs assemblées ^ leurs sacrifices^ leurs livres , lear correspondance. L'église s'organisait ayec mystère , et la tradition seule pouvait conserver ^ par un petit nombre de docnmen& échappés aux proscriptions 9 Thistoire des premiers successeurs des apôtres.

Cette obscurité inévitable qui devait entourer le berceau du christianisme , et le silence univer* sel des historiens profanes relativement aux chrétiens, ont donné lieu aux doutes répandus par les adversaires de cette religion sur la résidence des apôtres à Rome y sur l'établissement de la hiérarchie ecclésiastique . et sur la succession des premiers pontifes qui occupèrent la chaire romaine. De ce silence des autorités publiques et des.his* toriens ils ont même tiré des armes pour attaquer Tanthenticité des évangiles, l'institution des pre* mières églises et presque toutes les bases de la re^ ligion. Mais y suivant le témoignage des écrivains Preaien ecclésiastiques, qui, d'après les écrits des Pères Rome, de l'église , ont pu seuls porter quelque lumière sur la première époque de l'histoire du christia* nisme, lorsque Néron voyageait dans la Grèce, . l'an 67 de Jésus -Christ, le gouverneur de Rome ordonna le supplice de saint Pierre et de saint Paal : ce dernier, eu, qualité de citoyen romain ^ eat la tète ti:anchéé ; saint Pierre 9 comme Juif , fut crucifié. Sa femme était morte avant lui. Eusèbe, qui écrivait deux cent cinquante ans après cet événement , dit que de son temps on voyait encore leurs portraits. Saint Lin succéda à saint Pierre dans l'administration de l'église de Rome ;

après Iui,,Mtnt Ciet oa Anaclet, «t eiifaîte saint Glëmâit, occuf>èreni ce âiég«« Tols farent, dit l'histoire «oclësiastique , Itû troiâ premiers ëvfr* qi2«s ée Rome, en «^roaant qu'on n'a alicane cer* titude sur l'ordre et la durée de leur pontificat* Eusèbe croit qu'Anaclet mourut Fan ^ de Jéstiê* Christ* Cette même ann^e, qui était la dernière du règne de Domîtien, l'apôtre saint Jean subit lé martyre , après avoir •établi P^lycarpe , aon disci<(ple , éyéqae de Smyrtie.

* A cette époque 9 pour la première fois, un homme ëminent par sa naissance et par ses dignités parut et brilla dans les rangs des chrétiens; le consul Clément , parent de Domitien, subit la mort pour la foi de Jésus^ChrisU pontifesae Lei5 poiitifes quî goatemaient l'élise de Rome , qu'à'cin!- jnsqii'^ Constantin , furent , après cenx qoe nous tantin. TeHont de AOttimier^ d'abord ^int Éraribste : pen** dant que ee pape virait y les chrétiens {urent per- «écatéi par les ordres de Trajan» la'hi^toireecclésiastiq<ue rapporte qne saint $iniéon , parent de Jé»ufi-€hrisrt , le dernier de «es discipk», et qui était év^ue de JÀmsalism, fet crucilMfoua le rè-' gne de ce prinoe i elle dit qu'à cette même épo^ que 6aiiit Ignace souffrir le tpartyre, et que «e fut alors qu'on vit les «démons, -^st-iHlire , ied faax 4ieux , cesser de rendre 4^s omcles^

Saint Alexandre, saint Sii^te et eaint Tkél«s* phore 9iK;€^èr«iit à Évari^He, Hiéleisphi»» moo** rut n^artyr. Saint Hygin et saint Pie le rempla** cèrent. Ce dernier mourut l'an àSf .

Après lui, saint Ailicet ooonpa le siège de Rome

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pendant onze ans , TÎt l'église attaquée par plu*siears^iéirésiea, et souffrit le martyre sous ler^gn*^ de MarC'Aurèle.

Pendant le pontificat de son anccessear, saint Soter 9 Phérësie de Montan naquit et prit beau* coup de forces^ Saint Éleuthère fut pape pendant dix-huit ans. Sous son pontificat la Gaule vit ses premiers martyrs , f t PAngleterre reçut des mia^ sionnaires qui Tinrent y porter l'Éyangile.

Après sa mort , saint Victor occupa le saint Siège , et voulut séparep les églises d'Asie de la communion romaine, parce que les communaux tés de rOrient ne s'accordaient point avec celles de l'Occident sarl'^poqa^ de if çéliétiratioa de la Pâque.

Saint Zëphiria ie remplaça* Ce fut pendant son pontificat que les chrétiens se vivent persécutes par l'eanperenr Sévère^ Saint {renée souffrit le martyre à LyoaL^ Les auteurs ecclésiastiques nous oat transmis une lettre d'Iréaée, dans laquelle cet ^vêque rappelle qu'il avait été éleré par saint Polycarpe^ disciple de saint Jean, Cette même lettre contient la .nomenclature des pontifies qui avaient occupé le dége de Borne depuis saint Pierre jusqu'à Zéphirin,

TertuUieO'y •célèbre par sea écrits et par ses éloqueates apologies du christianisme , vivait alovs^ Il finit par emiarasser l'hérésie desmontanistes.

Après Zéphirin , saint Calixte fut év^ue de Rome, et subit la mort des saints. Ce fat pendant l'administration de ce pape que s'éievèrent da»s U capitale 4a monde les premiers édifices pu-

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blics consacrés &a culte des chrétiens. L'eraperear - Alexandre Sërère leur céda une maison pour la célébration de leurs mystères- Saint Urbain et saint Poutien exercèrent sacces- •ivement le pontificat. Ce dernier fut exilé par Maximin. Le même prince mit à mort saint Eu— thère, son successeur. Après loi, saint Fabien occupa le siège de Rome quatorze ans. Saint Denis fat envoyé par lui à Paris , saint Saturnin à Toulouse j l'empereur Décius persécuta les chrétiens et ordonna le supplice de saint Fabien.

La violence de cette persécution laissa le siège de Rome vacant pendant seiee mois. Saint Corneille , en 35i , fut élu pape, combattit l'hérésie des novatiens, et a'nnit, pour soutenir l'église, avec saint Cyprien, évâquede Carthage , aussi célèbre par ses talens que par son zèle pour la foi. Aprèii quinze mois , saint Corneille termina son pontificat par le martyre.

Saint Luce qui le remplaça fut d'abord banni , puis rappelé , et ensuite condamné à mort. Saint Etienne, son successeur, éprouva le même sort, ainsi que saint Sixte II. En Afrique , on trancha lea jours de saint Cyprien.

Saint Denis , vanté pour son érudition, et saint Félix furent papes, l'un pendant dix ans et l'antre pendant cinq. Ce fut sous le pontificat de leur successeur , saint Eutichien, que la cruelle persécution d'Aurélien eut lieu , et que l'hérésie des manichéens se répandit dans le monde.

Saint Caïus occupa douze ans le siège de Rome;

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fioas son pontificat ^ saint Denis y premier étêque de Paris,* eut la tète tranchée en 287*

Saint Marcellin fut élu ëvéque de Rome en 396, sous le régne de Dioclëtien. L^édit de cet empereur ^ qui détruisit tant de temples , répan*» dit tant de sang et livra aux flammes tant de livres saints, fit donner à cette époque le nom de Vère dès martyrs^ Elle commença en 3o4 ; la rigueur de cette longue persécution força les chrétiens de laisser le siège de Rome vacant près de quatre années. En 3o8 , saint Marcel Voccupa et fut remplacé par saint Eusèbe. Celui-ci eut pour successeur saint Melchiade. Ce fut sous son pontificat que Constantin arbora Penseigne de la croix ^ détrôna Maxence et s'empara d^ Rome. Saint Sylvestre , élu pape après lui , gouverna réglise pendant vingt et un ans , et vit nai* tre l'hérésie d'AriuSé

Par ce précis rapide y on yoit que nous devons a la tradition seule quelques notions sur l'histoire de l'établissement du christianisme. Dans le premier siècle, les auteurs profanes ne parlaient point d'une secte nouvelle presque ignorée par eux, et les persécutions qui commencèrent au règne de Domitien n'ont pas permis que les actes des premiers successeurs des apôtres vinssent jua» qu'à nous.

Les renseignemens positifs ne datent que àjà moment où le christianisme, assez répandu pour exciter la curiosité des philosophes , l'attention des magistrats et la jalousie des pontifes, fut attaqué par les uns et persécuté par les autres. U

paraît que de tous les écriyains de ce temps , Celse fut celui qui écrivît avec le plus de ïorce contre la religion chrétienne. Quadrat , qui avait succédé à saint Denis l'aréopagite, comme évèque d' Athènes , répondit à Celse, et dans Fanhée i24 / présenta son apologie du christianisâie à l'empereur Adrien.

Sçcte du ^ cette époque* une nouvelle secte, née dans

r«racict. r ^ 7 7 ^

l'Orient, prenait beaucoup d'empire sur les imaginations ardentes, et augmentait encore la confusion des idées qu'on ayait alors sur la religion chrétienne. Les gnostiques ou illuminés, mêlant ensemble les principes de rÉvangile,' ceux de Zoroastre et de Pythagore, avec les systèmes séduisans de Platon , prétendaient que Dieu , ou la perfection infinie , qu'ils nommaient aussi Parcb^ clet > était un océan de lumières dont il sortait continuellement des émanations auxquelles ils donnaient le nom A^éons. Ces éons , plus ou moins parfaits, suivant qu'ils s'éloignaient plus ou moins de leur source , formaient une échelle graduée , depuis l'esprit éternel jusqu'à la matière brute, depuis la lumière jusqu'aux ténèbres. Les bons et les mauvais génies, les esprits célestes, les ajytres, les pix>phètes, les hommes éclairés par une science divine étaient des éons. Plus on se détachait de la matière pour se rapprocher de l'esprit , et plus on . «e trouvait susceptible, en remontant cette échelle mystérieuse, de jouir du vrai bonheur, de connaître la vérité, et d'entrer même en communi- 4:atibn avec les êtres intermédiaires, c'est-à-dire, avec les esprits.

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Plusieurs philosophes païens , pour soutenir leurs dieux, déjà discrédilés et Uytés au ridicule par Lucien 9 adoptèrent les fables d'Alexandrie et prétendirent que ces dinnités de POlympe étaient des éons.

Un grand nombre de chrétiens égarés adoptèrent une partie de ce système, et tous, s'abandonnant aux écarts de leur imagination, se divisèrent en pli|sieurs écoles différentes. Les montanistes ne regardèrent Jésus-Christ que comme un éon. Montan lui-même, le chef de cette secte^ se disait illuminé par le Paraclet , et le plus parfait des éons.

D'autres admettaient deux principes, ceux du bien et du mal qui se combattaient éternellement. Cette erreur donna naissance au mani*ohéisme»

Les valentinjens confondaient le Verbe de PÉrangile avec celui de Platon; on accusait une grande partie des gnostiques, dont les assemblées nocturnes et mystérieuses s'appelaient Agapes , de se livrer aux plus honteuses superstitions, et de renouveler les scandaleuses débauches dés bacchanales; et comme alors l'opinion publique ne faisait aucune distinction entre toutes ces sectes nouvelles, leschrëliens se virent souvent confondus avec les illuminés, et leurs assemblées religieuses furent traitées avec la haine et le mépris qu'inspiraient les rassembleraens licencieux des gnostiques.

Lorsqu' Antonin occupa le trône , la morale de l'Évangile se vit défendue et disculpée avec force TOME vu. 7

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et succès par saint Justin dans Fannëe i5o. II réfuta toutes ces calomnies , dont la fausseté était démontrée encore plus évidemment par la simplicité, la sagesse et la verla de ceux qui avaient embrassé la foi de Jésus-Christ.

L'église chrétienne alors pouvait se défendre plus glorieusement par les exemples que par les écrits ; pure, comme le sont 'dûtes les institutions près de leur source, le luxe et la corruption ne s'y étaient point introduits. Ces premiers chrétiens, pauvres, humbles, zélés, charitables, courageux, ne connaissant d'autres passions que Pamour de Dieu et du prochain, devaient paraître, aux yeux de leurs ennemis mêmes , des modèles de la plus parfaite philosophie , comme ils étaient dans l'opinion de leurs frères des modèles dé sainteté. Aussi, malgré l'habitude de la superstition et la crainte des supplices, ce culte austère, qui proscrivait si rigoureusement toutes les jouissances modaines, acquérait sans cesse de nouveaux et de nombreux partisans, tant on se sentait entraîné par l'admiration pour des hommes qui , dans un siècle de dépravation, conservaient des moeurs si pures, et qui, au milieu d'une époque de décadence et d'asservissement, gardant une héroïque liberté, opposaient tant de vertus aux vioea, tant de douceur à la haine , et un si ferme courage à la tyrannie.

Les armes d'une brillante éloquence lie tardèrent pas à venir au secours du christianisme persécuté. TertuUien et Origène prirent la défense de cette religion, et par de nombreux écrits

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s'efforcèrent de prouver la pureté des principes et la vérité des faits sur lesquels elle était fondée* Origène porta le zèle jusqu^au fanatisme^ et se mutila pour être plus certain de dompter ses passions. Cet égarement fut condamné par Péglise. Tertullien^ entraîné par une imagination ardente, finit par tomber dans Terreur des montanistes. L'an et l'autre^ enthousiastes de Platon, avaient adopté une grande partie des opinions de ce philosophe. C'est dans les écrits de TertuUien qu'on trouve le plus d'argumens pour établir la succession des évêques dans les principales églises depuis les apôtres.

Origène fit un immense travail pour comparer et concilier toutes les versions de l'Écriture : l'un de ses plus remarquables ouvrages fut la réfutation du livre de Celse. Saint Grégoire Thaumaturge ^ célèbre par ses talens, était disciple d'Origène.

Depuis le milieu du second siècle, l'histoire de Féglise ne manque plus de documens certains; elle a plutôt à se plaindre de la multiplicité des lumières qui se présentent pour éclairer sa mar-*che; et après avoir cherché péniblement la vérité au milieu du silence des contemporains et à la lueur incertaine destraditions, elle se trouve toutà-coup jetée dans la confusion des sectes, des hérésies , et dans toutes ces controverses dont la subtilité métaphysique paraît si éloignée de la simplicité de FÉvangile.

Les discordes souvent sanglantes , produites par ^^lll^^^^ ces différens schismes , forment une triste partie causéet par ûu tableau que nous devons tracer. Nous admi- mes.

irions les principes purs d'un culte dont les mi* nisires ëtaient pauvres et persécutes , nous aurons à déplorer les erreurs et les passions qui troublent la paix d'une église riche et triomphante.

Les lumières les plus pures sont bientôt altérées parles faiblesses humaines ; et , semblable à la république romaine , l'église chrétienne se corrompit dès que ses conquêtes lui donnèrent Pempire du monde.

Les premiers chrétiens n'ambitionnaient de trésors et d'honneurs que dans le ciel ; leiirs différentes communautés , soumises à des règles simples et d'une exécution facile , étaient gouvernées par des prêtres et par des diacres. Les successeurs des apôtres, qui les présidaient, prirent ensuite le titre d'évêques : ils administraient les sacremens^ maintenaient la discipline, réglaient les cérémonies, consacraient les ministres, dirigeaient les fonds communs, et jugeaient en arbitres les diffé* rends que les fidèles ne voulaient passoumettre aux ^ tribunaux des idolâtres.

Comme les gentils y c'est-à-dire, les habitans des nations étrangères à la Judée, composèrent bientôt la majorité des chrétiens, on cessa de suivre }a loi de Moïse; et , après la dispersion des Juifs, sous le règne d'Adrien, on finît par regarder comme hérétiques les chrétiens qui , sousle nom de nazaréens, persistaient à suivre la loi judaïque.

Chaque congrégation chrétienne élisait son évoque. A la fin du deuxième siècle, les chrétiens, plus multipliés^ formèrent des synodes provîn-

d'aux, dont les ampliictyons et la ligae achëenue leur ayaient peut-être donné Pidëe. Cet établissement accrut la paissànce des éyêques; ils ne faisaient d'abord qae des exhortations fraternelles; bientôt le besoin de l'ordre , et peut-être l'ambition ^ leur firent contracter l'habitude de commander, et Ton ne tarda pas à leur entendre dire y comme saint Cyprien , que « les princes et les » magistrats n'ont qu'un domaine terrestre et )> passager , tandis que l'autorité épiscopale yient » de Dieu, et s'étend sur ce monde et dans l'autre.»

La communauté des biens s'opposait au prose- ^leetioB iytisme; on y retionça. La nécessité de régler une de l'Égiue. administration qui s'étendait chaque Jour établit [JJ*^*^/ la hiérarchie. L'égalité , à laquelle prétendaient les prêtres, disparut devant la puissance des évêques; ceux-ci cédèrent là prééminence aux métropolitains y et presque tous reconnurent pour le premier d'entre eux et pour leur chef l'évêque de Rome y comme successeur de saint Pierre y auquel on. attribua dans la suite exclusivement le nom de pape. Mais cette suprématie ne s'établit pas sans obstacles; on lui résista souvent en Afrique et en Asie; car on voit toujours se renouveler, dans les affaires du ciel comme dans celles de la terre, l'éternel combat de là république et de la monarchie.

Le sacrifice absolu, qu'autrefois les fidèles é taient contraints à faire de leurs biens, fut réduit à la dîme et aux offrandes.

Sévèrement attentive au maintien de la foi , cha- t'excomque société religieuse séparait de sa communion ceux qui s'étaient souillés de quelques crimes, ou

du christia ni&me.

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qai professaient des principes contraires à la doctrine et à la morale chrétiennes. L'excommunié n'avait plus de part aux cérémonies, aux sacre— mens 9 aux distributions y et chacun fuyait sa présence* La réconciliation était plus ou moins diffi« cile, suivant les différentes règles reçues dans chaque pays* En Galatie, un apostat obtenait sa grâce après cinq ans de pénitence ; en Espagne , on lui refusait l'absolution jusqu'à Tarticle de la mort. Morale On chercherait vainement dans les annales du monde un plus rare modèle de vertu ^ de morale ^ d'austérité, que celui qui fut offert à l'admiration des hommes pendant pré» 4e trois siècles par lea chrétiens. Ce qui les distinguait sur-tout, c'était une vertu douce , tendre , active , qui les portait à soigner les malades, à secourir les pauvres, à consoler les malheureux, à aimer tous les hommes ^ même leurs persécuteurs ; à se regarder tous comme égaux et comme frères*

On ne voit rien dans les écoles de philosophie qui donne une juste idée de cette passion pour l'humanité^ de cette bienveillance universelle que les chrétiens nommèrent charité. Les anciens philosophes, admirables dans leurs préceptes pour enseigner la justice,, pour prescrire la tempérance, pour augmenter la force , pour conseiller la modération , ne s'adressaient presque jamais qu'à l'espTit; les apôtres parlaient au cœur. Zenon , Platon, Socrate ne rapprochaient les hommes que par les chaînes du devoir. L'Évangile les unissait par les liens de l'amour. Enfin c'est par cette vertu que le christiailisme conquit l'univers. Les pompes y

les frophées, la richesse y la puissance, les voluptés du paganisme disparurent à la voix du Dieu bon qui dit aux hommes : ^imea-^ouê etpar^ dormez^vous.

Pour gouverner les premiers clirëtiens, les ëvêques n'eurent long -temps à employer d'autre force que celle de l'exemple; mais la puissance ^ la richesse et le repos altérèrent les modurs du clergé : peu de chrétiens résiâtèrent aux erreurs et à la dépravation d'un siècle corrompu. Tout dans Fempire romain participait à sa décadence , et sans avoir égard aux diatribes des ennemis du christianisme, on peut juger, par le tableau que nous a transmis, du t^npsdeConstantin,l'évèque Eusèbe, 4es désordres scandaleux qui affligeaient l'église, et dont il attribuait la cause à son accroissement , à son luxe et à sa prospérité.

C'est dans cet ëtat de puissance ascendante et de pureté décroissante que Constantin trouva l'4glise chrétienne, Wsqu'illa fit triompher de ses ennemis, et l'associa, pour ainsi dire, à l'empire da monde.

AjNrès sa victoire , le désir de dominer augmenta l'ardeur des sectes , qui jusque-là ne s'étaient combattues que dans l'ombre. Vingt ans auparavant ^ un des évêqnes deThébaïde, nommé Mélèce, convaincu d'avoir sacrifié aux idoles, avait été déposé par Pierre, évêque d'Alexandrie.

Dans l'Egypte et dans une grande partie de NaisMiic« rOrient, Veccleatismê avait succédé au syncré'- ^^n», tisme^ Les partisans de ce système se croyaient le droit de choisir dans chaque doctrine religieuse

OU philosophique ce qui plaisait le plus à son imagination , et la plupart faisaient dans leur croyance un mélange bizarre de christianisme, de platonisme et depythagorisme. Les partisans de Mëlèce ne furent point décourages par sa condamnation. Ce schisme s'étendit , et bientôt on Tit marcher avec éclat sur ses traces un homme éloquent et ambitieux : c'était Arius.

Comme il parut d'abord disposé à se repentir de ses erreurs, Achillas, érêque d'Alexandrie, le rétablit dans sa communion; mais ses vrais sentimens ne tardèrent pas à éclater. Le successeur d'Achillas, qu'on nommait Alexandre, dans une instruction adressée à son clergé , ayant parlé delà conformité de substance qui existe entre Dieu et Jésus-Christ, Arius, qui avait adopté quelques opinions des gnostiques, accusa hardiment son évêque d'hérésie, nia la divinité de Jésus-Christ , et déclara publiquement que le fils , étant engendré, avait été tiré du néant, et ne pouvait avoir une substance conforme à celle de son père.

L'éloquence d^Arîus entraîna beaucoup de chrétiens, et lui fit même parmi les prêtres et les ^vêques un grand nombre de partisans. Né au milieu des déserts de la Libye , son génie avait toute l'ardeur de ce climat brûlant ; instruit par , les livres des anciens philosophes, il joignait la subtilité grecque à la chaleur africaine ; sa piété apparente voilait son ambition , une humilité affectée déguisait son audace : tel le représentent les écrivains orthodoxes de ce temps. lis prétendent

su BÂS-BHPIRE. SjT

tOQs que Pëglise n'eut point de plus formidable ennemie

Le peuple y les prêtres le aniyaieiii en fonle ) les femmes sur-tout , entraînées par le feu de ses paroles^ emiirassaient sa cause a^c passiom Cette seete s'étendit rapidement en Egypte^ en Syrie^ en Palestine, Les adversaires d'Arius , aussi ardens que lui , le combattaient nion^seulement avec aèie y tnais arec fureur. Ainsi l'arianitme dès sa naissance divisait toutes les familles, agitait toutes les tilles. Chaque place publique semblait transformée à la fois en école de théologie, en théâtre de discorde^ et derenait souirent unchampdebatailleé

Un conoile de t^ent évoqués , convoqué à ^

Alexandrie, excommunia Arius, ainsi que les éyèques Théonas et Second. Ce jugement excita de ?iolente0 plaintes j le célèbre Eusèbe , évèque de Nicomédie, voulut e&iger d^ Alexandre j le rétablissement d'Arius dans sa communion, et Cons^ iancie, stiéur de l'empereur, appuya ses sollicitations*

Arias, banni d^Alexandrie, se vit accueilli fil- Torftblement psr nii autre Eusèbe , étèque de Cesarëe , célèbre par son esprit et puissant à la cour. Enfin Un concile, opntoqtaé par les deux Eusèbe i Nicomédie , se déclata pour les opinions d'Arius ^ et les Pères , qui composaient cette assemblée , écririrent en fateur de l'hérésiarque à tou$ les ëvéques de Pempîi^e.

Constantin gémissait des trouble» qui déchi- coMuâtia raient l'égMse , dont il avait cru consolider par ses ^^^^^ ^"^^ armes la paix et la prospérité* dauiragiue

TOMB vu. 8

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Dans le dessein et avec Tespoir de rapprocher les esprits , il blâma l'un et l'autre parti d'avoir mis en discussion des questions insolubles pour Pesprit humain. Ces subtilités ne lui paraissaient pas essentielles à la religion , et comme elles ne devaient pas, selon ses principes, rompre l'union chrétienne ^ il invitait chacun à garder pour lui ses opinions, et à cesser de disputer sur ces mys-^ térieux objets : a Laissez- moi , leur écrivait -il ^ des D nuits sans trouble, des jours sereins et une lu- » mière sans nuages. Où trouver ai- je du repos, ». si les serviteurs de Dieu se déchirent; je voun lais me rendre dans yos contrées , vos discordes » me ferment le chemin de TOrient j réunissez- » vous pour n^e le rouvrir*.»

On ne répondit à ces sages conseils, que par d'autres discussions sur l'époque à laquelle on devait célébrer la fête de Pâques. Osius , évêque de Cordoue 5 chargé des lettres et des ordres de l'empereur, fit de vains efforts pour rétablir la paix.

Un nouveau concile fut réuni dans Alexandrie, mais l'aigreur des partis rendit toute conciliation impossible, et comme on crut que l'empereur inclinait du côté des adversaires d'Arius , la fureur des sectaires s'accrut, à tel point que, dans plusieurs villes , on mutila , on brisa les statues de ce prince.

Quelques courtisans dénoncèrent avec chaleur cet attentat, dans l'intention d'exciter son courroux. Constantin, portant alors la main sur son visage, leur dit en souriant : Je ne me sens pas blessée Ce mot , répété dans tout l'empire, com^

DU BA.S-EM?mE. 5q

manda le respect aux factieux , et le silence aux. flatteurs.

Cependant Femperear^ voyant que ces que*relies prolongées menaçaient la tranquillité puhlique, couyoqna un concile général à Nicée en Bithynie.

Ce fut à cette époque que le prince publia plusieurs lois fort sages pour augmenter l'autorité pa« ternelle, pour régler Pémancipation des mineurs, pour réprimer les excès de l'usure , qui étaient por^ tes à tel point, qu'on crut faire une graiide réforme en réduisant l'intérêt du prêt 9 en argent, a douze pour cent, et en nature, à trois boisseaux pour deux.

Si, à cet égard, les mœurs publiques étaient trop relâchées , de leur côté les évêques se montraient trop austères. Us regardaient tout intérêt comme usuraire ; leur sèle , plus ardent qu'éclairé, les empêchait de voir qu'interdire aux préteurs tout profit, c'était porter une atteinte mOTteUe au crédit et au commerce.

Dans l'année 5^5 le concile de Nicéé ouvrit sa 5*"**>»

d an con-

session : c'était la première fbis qu'on voyait l'é- ciie gênéglise tout entière rassemblée.

{lUe offrit aux regards du monde la réunion d'un grand nombre de prélats respectables par leurs vertus, célèbres par leurs talens, et dont les ter-*' tores avaient souvent éprouvé le courage. L'un d'eux , PaphnuQe , qui administrait un diocèse dans la Thébaïde, portait sur son front l'empreinte du fer des bourreaux. En le voyant , Constantin s'approcha de lui avec respect, et baijsa plus dévo-

6o HISTOIRE

t^tn^Btquô politiquemwt c^tte cicatrice : ilignor rait les conséquences dangereuses 4e ce pieux abâi»sèment , et ne prévoyait pas qae l'ambitiqn s'enorgueillirait de cet hipmmage rendu par la poissanise non au sacerdoce, mais à la religion et à la v«:ta. On ne cppiptait dans cette assemblée que dix-sept éyêques ariens } le plas redoutable rirai d'Arius fut un jeune prêtre > nommé Athanase^ que Févèque Alexandre avait élevé. Athanase , destiné par ie sort à jouer un rôle éclatant dans cea querelles religieuses, déploya, dès qu'il prit la parole, un^ éloquence vive et brillante qui fràpps^ d^étonnement les ariens, la cour et le concile*

L'empereur, entouré de tous les pontifes chrétiens , se vit aàsailli par une fqule de requêtes et de mémoires qui contenaient un grand nombre de plaintes et d'açousatlons que fiiisaient récipitoque*ment Pui^ contte Pai^tr? ka évèques de toutes les églises de Pempii^e^ Après en ayoîr pris connaissance i, ayant convoqué devant lui ces prélats : (( Je remets , leur dit-ril , la décision de tous vos » prqcès à un jour fixe , ce sera celui du j Ugçi^ent )> dernier : Dieu est yotre seul juge; je ne proi> nonçer^i [ppint sur de telles causes. Vous n'a- » vea qn'un unique devoir, remplisseB - le ) il » consiste & vivre sans n^ériteir d^ reproches, l> et sans en fipdre à votre prochains* Imitons, » croyez -moi y li^ bonfé dîy^n^s Qublioiia et » pardonnons^ a

En même temps il jeta ail feu tous ces libelles , et ajouta ce peu de mots : « Gardono^ous de ren- » df e publiques les faiblesses des ministres de la

» Feligion j de so^ndaUfter le peuple^ et d'aatorJBer » par là ses désordres. »

Le coiiicile s'oçimt le joar oji Ton eâëbrait la fête de l'apôtre saint Jean* Arius soutiilt ses opinions arec adresse ; Athanase ks combattit ayec yéhëmenoe. Comme on n'écrivit point tonales actes de ce concile , l'histrâre ne nooa a pas transpus- les détails de ce fameux procès; elle n'a con* seryé que la profession de foi , les canons et lea lettres synodiques qu'on y rédigea* La dernière séance se tint dans le palais de l'empereur. Il pa-^ rait qu'Osius, accompagné de deux légats, présida l'assemblée in nom du pape Sylvestre. Constantin se rendit sans gardes au concile,

« Pontifes de l'église chrétienne, leur dit^il, » mes voeux sont enfin remplis; après tant de fa- » veurs que j'ai reçues du ciel, celle que je dési- » rais le plus vivement ét|ât de vous voir tous » réunis près de moi dans t^n même esprit. J'ai » renversé la tymnnie qui vpua persécutait par une s guerre ouverte. Triomphons aujourd'hui de ce )i génie dn mal qui in^vaiUe à notre destruction » par ses artifices et par uiie guerre intestine^ » Vainqueur de mes ennemis y j'espérais ne jamaitii » adresser à l'auteur de me^ succès que les vœux de » ma reconnaissance ; 1^ nouvelle de vos discor- ^ des m'a plongé dans une profonde douleur ; c'est » pour faire cesser cette division ^ le plus funeste y^ des fléaux , que je vous s^ tous réunis* Ministre^ * d'un Dieu de paix, faites renaître parmi voui$ » l'esprit de charité que vous devee inspirer auiL » autres ; étonnes tpute semence de haine ; réta*

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» bliises 9 consolidez votre union ; ce sera Pof* n amande la plus agréable à votre Dieu^ et Phom«* » mage le plus doux pour votre prince. »

Les historiens ecclésiastiques disent qu'Ârias présenta au concile une profession de foi artifi-r cieusement rédigée, dans le dessein d'éluder plutôt que de résoudre la diiSculté; mais ses adversaires déjouèrent cette subtilité en proposant de déclarer que Jésus*-Christ était conaubêtantiel à son Père» Cette déclaration précise ne pemnettait pas de sub*. terfuges; on dressa le formulaire que signala ma«< jorité des Pères, et que les ariens refusèrent presque tous de souscrire. Quelques-^uns seulement se soumirent par crainte plus que par conviction à la décision du concile. Ëusèbe de Césarée fut de ce nombre ; mais ils ne tardèrent pas à revenir contre ce jugement , en disant que le mot consubstantiel ne signifiait que semblable et non conforme en substance* Le concile excommunia les dissidens» Quelle révolution soudaine dans les opinions, dans les esprits, dans les usages ! L^empire romain semble tout- à -coup offrir à nos r^ards surpris un autre pays et d'autres hommes. On quitte les réalités de la terre pour s'élever dans. les nuages et dans les régions mystérieuses du ciel. La subtilité remplace la force , les opinions succèdent aux intérêts ; ce n'est plus la politique , c'est la meta- . physique qui gouverne le monde. Tout dans les idées parait à la fois exalté , obscurci , rétréci ; l'histoire ne nous transmet plus que de longs dis« cours au lieu de grandes actions , et le glaive de la parole reste seul actif et tranchant, tandis que celui

DU BAS-EMPIKE. 63

de la Tietoite^ s'éipoussant chaqae jour^laiftâè Fempire li^ré &aiis défense à l'aridité des barbares.

Par une autre décision on établit que la fête de Pâqae se çélëfarjerait par-tout suivant Tusage de l'église d'Occident.

Mélèce éprouva l'indulgence du concile; on lui permit de remplir les fonctions épiscopales ; on s'occnpa ensuite d'une autre secte ; celle des purs ou no va tiens : ils ne reconnaissaient qu'à Dieu seul le pouvoir d'absoudre. Attaquant ainsi l'intérêt fondamental des prêtres et le pouvoir de l'église ^ ils voulaient la priver du droit et de la faculté de lier, par l'anathème, et de délier par l'absotutiom £n vain on voulut les ramener à l'opinion reçue j ils refusèrent tout accommodement et furent excommuniés : mais ce qui rendit sur-tout ce premier concile cecuQiénique^ c'est-à-dire, universel, le plu3 célèbre d.e tous,. ce fut la. profession de foi qu'on y rédigea , et qui sert encore aujourd'hui de règle à l'église romaine*

Après la clôture du concile, tous les évéques ciôtor* retournèrent dans leurs diocèses. L'empereur avait payé leur voyage, et les avait défrayés pendant leur séjour. Il écrivit à. toutes les communautés chrétiennes de TÉgypte pour les inviter à se réu* nir au corps de l'église , et sévit avec rigueur contre les évéques qui persistaient dans leur "opposition. Eusèbe de.Nicomédie et Théognis de Nicé^ furent exilés dans les Gaules.

Sur ces entrefaites, l'évéque d'Alexandrie mourat et désigna pour son successeur Athanase , qui chercha en vain par la fuite à éviter son élévation :

m HISTOIRE

il fui éla. Son ëpidcbpat dilra 46 ans: son fisèïe opi-^ niâtré) son austère fierté, sa yive éloquence et sel malheurs le rendirent célèbre ; il se Tit cinq fois banni et coairat soiiTent risque de la yie.

Constantin , iiâ Venu à Rome , publia une loi pour abolir les combats de gladiateurs * jeux sanglans qui ne s'accordaient pas avec la morale chrétienne^ mais qui plaissient encore aux Romains , car ils conserrèrônt plas long-temps leur férocité que leur courage»

AboUiioQ Gonstaiîtln défendit ^ pai^ un décret , aux gêné-

de**^BU<û«- rauir et officiers, d'exiger du peuple des vivres et

tcttrs. ^Q l'argent. La raison de Ce prince le portait à

vouloir réprimer toutes les passions privées qui

s'opposaient k l'intérêt public , mais il était trop

impétueux pour triomphe]^ des siennes. Ce fut à

Mort de cette époquc ^ que , trompé par l'impératrice

de Fausu. Fausta , il ordonna la mort de Crispus , son fils ^ qu'elle avait faussement accusé d'un amour incestueux. Éclairé sur cette imposture ^ il vengea ce jeune prince par un nouveau crime t Fausta périt; et Constantin, toumienté d'un repentir tardif , fit élever en honneur de l'infortuné Crispus une statue dont le corps était d'argent et la tète d'or; sur son front on avait gravé ces mots : c'est mon fils , injustement condamné* ÀéToitè Les Romains, dont l'humeui^ turbulente avait

toBsuntin, sùt^vécu à la perte dc leur liberté , saisirent le prétexte de ces deux actes sanguinaires pour faire éclater leur haine contre un prince ennemi de

^ An ^e iéras-Ckriti Sa^.

DU BAS-BMPIRE. 65

lear euttè <et ée lears jeux. Constantin fat insulté dans Rome ; ses furoris lui conseillèrent de faire charger la multitude par ses troupes : il parut prendre uti piarti plud sage^ celui de se montrer diip^ri^ar et insensible à ces offenses; mais la bleBétii^ rëst& otirerte dans le fonil dé son cœur. Il partit pour l'Ulyt-ie , abandonna Rome et n'y reriht jamais.

Sous lé consulat de Constance et dfe Maxime ^ Déconteru la princesse Hélèiie j ilière de Fenlperenr , âgée de de j.^. 79 ans ^ et t[iii se trouvait aloirs en Palestine ^ se renilit à Jërdsalem et tisita le Calraire dont les païens aYaiëht fait uil temple consacré à Vénus. L'hiBtoirè ecclésiastique rapporte que cette princesse | indignée 9 fit abattre les statues de la déeide ^ reilteirSer les mlirailles y et qu'en fouilknt la tetrë ^ ^h découvrit le sépulcre de Jésus-^ constrac- Christ ) éa croix et celles des deux yt>lenrs qUi égUM n^* liaient péri à côté de lui. L'empereur donna or* ,,."^^. dre & DrÀcilien , gouverneur de la Palestine ^ de cr«. bâtir dans ce lieu une église qu'on nomma le Suint-Sépulcre.

L'empereur fit attacher à son casque les cloua trouvés sur la croix. En Sa^ ^ Hélène mourut j on ttansporta son corps à Rome : il y fut enfermé dan» un tombeau de porphyre. Constantin lui tSleva une fetatne et donna son nom à Drépane^ Tille nouvellement fondée en Bithynie.

Toujours constant dans sa piété filiale ^ il avait &{t graver le nom d'Hélène sur les monnaies.

Sons le consulat de Januarius et de Justus , Pem*- ^ . p^eur , appelé de nouveau dans les camps pAt TOMB vie. 9

66 HISTOXRJS

l'audace des barbares , battit lesSarmates , les Germains et les Gotbs. Après les avoir yàincus j il recommença plus vivement que* jamais la guerre qu'il avait déclarée aux temples de l'idolâtrie.

Ayant appris qu'en Palestine y autour du chêne de Membre , dans le lieu où l'on prétendait qu' A*braham avait été visité par des anges ^ on voyait quelques chrétiens, mêlés avec les sectateurs de plusieurs religions différentes ^ confondre ces. différens cultes et sacrifier aux idoles , il défendit ces réunions et fonda une église en cet endroit, , Depuis quelques années le christianisme étendait ses racines en Ethiopie par le zèle de quelques hommes ardens et austères qui avaient voulu fuir dans. les déserts la vue des tyrans^ le spect^icle de la décadence de Rome et la contagion d'un siècle corrompu. Ces fervens sectateurs et des vertus antiques et de la morale chrétienne furent les premiers ermites. La persécution de Dioclétien multiplia leur nombre ; ils se réunirent et peu- .plè;rent de monastères les solitudes de l'Afrique : ceux de saint Antoine et de saint Pacôme furent les plus fameux.

L^éloignement augmentait la vénération qu'ins^

pirait leur vertu sévère, et les peuples ,accoutU'

xnéâ^par le polythéisme à ne pas douter des prodi*

ges 9 croyaient avidement à tons les miracles qu'on

attribuait à leur sainteté.

roiida. Constantin , irrité contre Borne y exécuta le

Coasunti- gi^^ud projet que la haine plus que la politique' loi

Bopie dans aVait dicté. Dans l'année 3 28 , il posa dans Bvzance

}e9 foiidemens d'une nouvelle ville qu'il nomm«

DU BAS-EMPIKB. 67 .

Gonstantînople , et dont il fit le siège de l'empire. II poussa les travaux arec tant d'actÎTité qu'en 53oon les yit terminas*

. Cette ville fameuse ^ ancienne colonie de Më-L«iUgt«i* gare, avait et é fondée par Bizas , environ cin- uJaln» quante ans avant Jésus-Christ* Libre pendant quel* *•"• '"^•' ques années , elle passa ensuite sous la dépendance des Perses et des Lacédémbniens : les Athéniens s'en emparèrent. Rome , qui promettait la liberté & tous les peuples qu'elle voulait asservir , accorda aux Byzantins le droit d'être gouvernés par leurs propres lois* Sévère l'assiégea^ la prît et la détruisit presque entièrement. A peine était-elle r^bâtie, lorsque Gallien renversa de nouveau se» murailles; les Hérules la saccagèrent; Liciniusen fit le centre de ses forces. Saint André y prêcha l'Ëvangile.^

Constantin, sous prétexte d'occuper une posî-- Grand» ir«tion plus avantageuse pour défendre l'empire con- BjMoce. tre les Sarmates , les Goths et l€s^ Perses y mais animé réellement d^une profonde haine contre Rome , résolut de porter à Fextrémité des frontières le centre de vie et d'activité de l'empire ro* main. H fit de Byzance sa capitale , étendit son enceinte et la remplit de superbes monumens.

On- y bâtit un Capitole; on y construisit des aqueducs; deux édifices majestueux furent -desti* nés aux assemblées du sénat. Une vaste place publique y entourée de colonnes et d'arcades dorées où l'on admirait un grand nombre de statues , était décorée par le miUaire d'^r : cette place se nom* mait Augustion.

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