‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 34 sur 46 · DIT BAS-EH^IRE · texte numérisé non relu

DIT BAS-EH^IRE

«irait triomphé d^Hector. Lear défenseur S j m lAque fut exilé; les patriciens trenibldns abjurèrent ridolâtrie. Ce fut alors que le poëte Prudence > profanant son talent en louant un acte despotique, te félicita de Toir « les sénateurs romain^, les )> flambeaux de l'univers , les membres d'une as*- )> semblée de Fabius et de Catons , quitter, leurs » habits pontificaux ) abandonner Sivec horreur la ;> peau du vieux serpent pour se revètii: de la rçbe » blanche de Finnocence baptismale, et humilier » Porgueil des faisceaux coilsulaires sur .la tombe » des martyrs. » A la voix de Théodose j on ferma les temples , on détruisit le Capitole y on menaça de mort les partisans de l'ancien culte ; l'intolé*rance, encouragée par l'autorité, ne connut plus de bornes; les chrétiens dominant se permirent les excès qu'ils avaient reprochés à l^urs persécuteurs. Saint Martin , évèque de Tours , marcha à la tète des moines, abattit les idole/s, renversa les temples j arracha les arbres sacrés*

En détruisant le^ statues ,. on découvrit les fraudes pieuses des pontifes païens , qui, par des tuyaux cachés dans les idoles , faisaient entendre la voix prétendue des oracles. Par là le paganisme perdit beaucoup de partisans; les sacrifices, même ceux où. l'on n'immolait point de victimes , furent interdits, et punis comme crimes de haute trahison : les païens géiiiirent et cédèrent, ils n'avaient pas le courage de» martyrs. ^

Quelques philosophes entreprirent de réfuter les ouvrages de saint Augustin, on ne permit point la publication de leurs livres* Enfin la révolution TOME vil. 43

fdl totale , et, trente ans après le règne de Th^odose , on ne vit presque plus d'idoUtres dans l'eni-^ pire : mais pendant long-temps les conTersions furent plus apparentes que réelles; un grand nom* bre de Romains déploraient la destruction de leur ancienne religion. « Ce bouleversement , disent » quelques auteurs de cette époque , changea les » temples en sépulcres , couvrit la terre de ténè- » bres y rétablit le règne du chaos et de la nuit , )» et substitua aux images révérées des dieux celles » de quelques malfaiteurs obscurs que la superstifi tion décorait du nom de martyrs. »

Tels furent les derniers accens de douleur des idolâtres , qui auraient en peu de temps cédé sans murmures à la raison , mais qui ne pouvaient supporter la plus injuste des violences , celle qui opprime la pensée.

Honorius Malgré cette violation des anciennes coutumes îon1'7wu ^* de la liberté des opinions, le nom glorieux de mé% Au- Théodose était trop respecté pour que les droits de ses fils painissent douteux : les deux sénats de Rome et de Constantinople les proclamèrent Augustes ; ils reçurent le serment de fidélité du peu- Partage pie ct des solddts. Ou fit alors un partage défi-» çIileTuir "^*^^ de Pempire : Ârcadius eut la Thrace, la. Grèce, F Asie-Mineure , la Syrie, PÉgypte, la Dacie et la Macédoine ; Honorius régna sur l'Italie, l'Afrique , la Gaule , l'Espagne et la Grande- Bretagne. Arcadius , âgé de dix-huit ans , végéta plutôt qu'il ne régna dans son palais de Byzance. Crimes Lc Gaulois Rufiû gouvernait l'empire et l'empé- ' -reur ; le massacre de Thessalonlque n'ayait qœi

trop proaré son penchant à la cruauté. Ce carac* tère féroce perdit son frein en perdant Théodose. On trouvait en lai un ami perfide et un ennemi implacable ; son ambition était gênée par le mérite et par le crédit dé Tatien, préfet de l'Orient ^ et par la prudence de Promotus^ maître général de l'infanterie , dont le courage a?ait plus d'une fois contribué au salut de Pe^lpîre• Un jugement inique le délivra du premier; il exila le second^ et^ peu de temps après, le fit assassiner par ses ageus dans un combat qu'il livrait aux Bastarnesi

La vertu de Lucien, comte d'Orient, offrait un contraste trop dangereux avec les vices du mimstre; on le fit périr; et Riifin, héritant de la fortune de ses. victimes , fut revêtu de toutes leurs charges. La terreur cpie son nom répandait dans tout l'empire lui soumettait le peuple et l'armée ; mais si le courage ne lui résista^it nulle part , Fintrigue travaillait dans. Tombre à miner son crédit.

Pour resserrer plus étroitement la chaîne dont ^^n' il liait le faible Arcadius^ il, voulut lui faire épou- et d'Eu, ser sa fille. Le prince en avait même pris l'enga- ^^^*'* gement; mais, tandis que l'ambitieux ministre parcourait l'Asie pour y jouir de la souveraine puissance qu'il, exerçait seul dans l'Orient , Eu-* trope, grand chambellan, vanta en présence du jeune empei:eur les charmes d'Eadoxie, fille du eomte BcaUo , général des Francs auxiliaires. Ar<- ^adius voulut voir cette belle Française ; il en devint épris et résolut de Fépouser. Rufin , revenant à Constantinople , trouva la ville tout occupée des iètes préparées pour le mariage : il croyait que sa

ion Ai'cadias

o^o HisToms

fille était l'objet de ces préparatifs pômpeax , et sa fureur fut égale à sa surprise lorsqu'il vit rempereur conduire Eudoxie au temple. Cette princesse , digne de son élévation par sa beauté, mais plus encore par ses talenset par son -courage , soutint habilement la lutte périlleuse qui s'établit , dès ce moment , entre elle et ce ministre aussi vindicatif que puissant.

Tandis que ces- intrigues de cour occupaient seules les premières années d'Arcadius dans l'Orient, le tuteur du jeune Bonorius, plus digne de la confiance de Théodose^, se livrait à des soins plus importans, et gouvernait Rome en Romain* Stilicon, le héros du poète Glaudien, et né parmi les Vandales, surpassait, dit-on, la taille qu'on attribuait aux demi-dieux. Dans sa jeunesse il se distingua parmi les plus belliqueux par sa bravoure et par son adresse. Les sufiFrages publics prévinrent à chaque grade son élévation. Comte des domestiques , maître général de la cavalerie et de rinfanterie d'Occident , époux de la princesse Serène, il était seul maître de Pempire sous le nom d'Honorius qui-n'avait point encore atteint sa doueième année.

Les Bastarnes, excités par Rufin, avaient battu un corps de Romains orientaux , et assassiné Promotus, Stilicon prit les armes pour venger son ami 5 il vainquit ces barbares et en tua un gi^and nombre. Tournant ensuite ses armes contre les Germains, que la mort de Théodose avait enhardis, illes chassa de la Gaule etles poursuivit audelà du Rhin.

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Après avoir dëlirré Tempire de ses ennemis, il' garantît les citoyens, par une sévère discipline, de ta licence des soldats.

Sa gloire excitait l'envie de Rafin , et bientôt laîmiu^ ces deux iiers nvaux devinrent ennemis. coneiBufim

Les dangers auxquels la discorde devait exposer les deux empires effrayaient l'esprit généreux de Stilicon , mais ne pouvaient faire impression sur l'ame basse de Rufin, qui aurait sacrifié sans scrupule aux barbares les trois quarts de Pempire , pour avoir la certitude d^ régner sur le reste.

On le vit exciter lui-même des tribus de Huns et de Scytbes à piller FAsie, pour effrayer Arcadius et pour conserver près de lui son pouvoir.

Les Goths, reprenant les armes, venaient de franchir le Danube pour attaquer POrient j Stilicon , qui s'occupait alors du partage des trésors et des armées de Théodose entre les deux empereurs , marcha contre les Goths, sous prétexte de condaire à Arcadius les troupes orientales qui étaient . restées en Italie; il arriva près de Thessalonique, et, par des mouvemens habiles, ressèri^a les bar^ bares dans une position désavantageuse qui devait . rendre leur défaite certaine.

Rufiri redoutait plus Stilicon que les Goth». Un ordre d' Arcadius rappela près de lui ses troupes ^ et défendit à Stilicon d^avancer avec elles. Le général obéit , s'arrêta et retourna en Italie; mais il était certain du dévouement des légions qu'il ren- "^oyait à l'empereur d'Orient : ces légions et Gainas le Goihy leur chef, détestaient Rufin et promi- ''eut sa mort à Stilicon. Le secret de leur dessein

4eRufin.

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fat gardé a?ec prudence | et pendant leur marche, depuis Thessalonique jusqu'à ConstantincH pie y aucune parole inconsidérée ne trahit leur projet.

A leur arrivée même , ils cachèrent leur haine aous l'apparence de la flatterie; et Rufin, trothpé par leurs hommages, leur prodigua ses trésors y espérant , avec leur appui, se délivrer d'Eudoxie et le faire élire empereur.

i^Tt Arcadius était trop faible pour qu'on osât loi faire connaître son danger ; on le sauva en le trompant. Gainas ayant sollicité pour ses légions l'honneur d'être passées en revue par l'empereur, ce prince se rendit avec son ministre dans la plaine que ces troupes occupaient ; il salua , suivant l'usage , avec tespect , les aigles romaines y tandis que Rufin, qui avait déjà fait frapper des médailles où il était représenté avec la couronne sur la tête, contemplait orgueilleusement les soldats sur les* quels il foxi^it son espoir; mais, lorsqu'il arrive avec le prince au milieu de la ligne , les deux ailes s'avancent rapidement et les entourent; Gainas donne le signal, et soudain un soldat se jette sur l'ambitieux ministre et lui plonge son épée dans le ^ein. Le malheureux gémit, tombe et meuirt aux pieds de l'empereur.

La nouvelle de sa chute se répand; la populace, aussi furieuse contre les tyrans morts qu'elle est basse pour eux lorsqu'ils vivent, se saisit du corpy ^e Rufin ^ le déchire et le traîne dans les rues. On avait planté sa tête sur la pointe d'une pique, et sa main droite coupée qu'on montrait aux passans

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semblait encore demander au peuple des contrîbations.

Sa femme et sa fille ne purent échapper à la mort que par la fuite j un couvent à Jérusalem fut leur asyle; on confisqua leurs biens au profit du trésor impérial. Par ce funeste exemple, Fautoritë des empereurs devînt moins sacrée , celle des généraux plus redoutable , et le glaive apprit à braver le sceptre.

Si, en perdant Todieux Rufin, le projet de Stî- ^atropeest licon était de gouverner les deux empires , son orient, espoir fut trompé. Ârcadius , qui le craignait , donna sa confiance à PeunuqueEutrope,son grand chambellan» Gainas lui-même se déclara contre Stilicon ; tous les favoris ligués pour perdre ce héros tentèrent de l'assassiner. Un décret du sénat »»§««»

,' - , • • du sénat dfl

de Constantinople le déclara ennemi public, et Constanticonfisqua les biens qu'il possédait dans FOrîent. g^d^'des^ Ainsi les deux empires se divisèrent dans le temps ^««"^ où le danger commun devait leur faire sentir le plus vivement la nécessité de Punion, et, depuis cette époque, chacun d'eux regarda comme ses alliés les barbares qui attaquaient l'autre.

La discorde des deux cours fit renaître l'ancienne rivalité des deux peuples; les Grecs avaient toujours haï la grossièreté romaine, et les Romains i méprisaient la mollesse et la finesse des Grecs.

Stilicon , plus grand que ses rivaux , ne voulut point , pour l'intérêt de son orgueil , exposer le» deux empires aux malheurs d'une guerre civile. Il abandonna le faible Arcadius à ses nouveaux favoris. D'ailleurs une révolte formidable en

Afrique semblait alors devoir occuper tous ses soins* RéToite L'indulgence de Théodose avait laissé, dans en Afrique celtc contrée, de vastes possessions dans les mains

causée par ' -r-i- r^ • •

Giido. de Gildo , frère du tyran Firnius. Cet ambitieux se servit de ses richesses pour soulever les Africains. Quelques troupes romaines, trahissant leur devoir, contribuèrent aux succès de son usurpation. Parvenu au pouvoir suprême, Gildo, qui se disait le libérateur de son pays , n'en fut que le tyran , il signalait ses jours par des assassinats^ et ses nuits par des débauches qui déshonoraient les plus illustres familles; les femmes les plus distinguées, victimes de sa lubricité , après avoir perdu l'honneur , étaient ensuite livrées par ce monstre aux nègres farouches du désert, qui composaient sa garde.

Giido régnait despotiquement sans avoir cependant osé ceindre le diadème : il payait même un tribut à Rome ; mais , comme il craignait la rigueur de Stilicon, il implora la protection d'Arcadius qui prit sa défense dans l'espoir de réunir l'Afrique à l'empire d'Orient.

Soft jnge- Stilicon , pour résister avec plus de succès aux prétentions de la cour de Byzance , crut nécessaire de fortifier son pouvoir, en l'entourant de la majesté des anciennes lois. Faisant donc apparaître l'ombre de la république depuis long-temps oubliée , il décida l'empereur Honorius à soumettre au sénat le jugement de Gildo. La cause de ce rebelle y fut jugée suivant les formes antiques, et les suffrages unanimes de tous les sénateurs le

ment daos le sénat.

dëclaràrent ennemi de la république. On chargea SiiHcon de veiller à l'exécution du décret. Un seul sénateur, Symmaque, avait paru craindre que cette guerre, empêchant l'arrivée des grains d'Afrique, ne produisît la famine dans Rome et n'excitât un soulèvement. L'habile activité de StiKcon prévint le danger; il fit venir des Gaules de grands approvisionnemens de blés, et pendant toute cette guerre le Rhône nourrit le Tibre.

• Gildo, qui ne respectait pas plus la nature que la justice, avait proscrit son frère Maacérel, qui s'était réfugié à Milan. Stilicon , certain qu'il ne pouvait choisir un chef plus ardent pour servir la vengeance publique , plaça Mascérel à la tète des vétérans gaulois, des joviens, des herculiens, et des deux légions nommées la Fortunée et l'Invincible. On peut juger de la décadence des forces romaines, en voyant que tous ces corps d'élite, réunis , ne formaient que cinq mille hommes.

L'armée de Gildo était composée de soixantedix mille combattans : fier de leur nombre, il se vantait de fouler aux pieds de ses chevaux et d'ensevelir, dans des tourbillons de sable , cette poignée de Gaulois et de Romains- qui venaient attaquer le maître de l'Afrique.

' Cependant peu de cohortes romaines composaient sa force réelle. Le reste des Africains ne portaient que des javelots pour armes et des manteaux pour boucliers. , Défection * • dans lar-

Sans craindre cette multitude indisciplinée , mée de oii- Mascérel, avec ses cinq mille braves, *^avance p^'^*^""^^® intrépidement près des rangs ennemis , et offre aux ?'««.

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