‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 35 sur 46 · TOME VU · texte numérisé non relu

TOME VU

d«GiMo.

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rebelles le pardon s'ils se soumettent. Un porteétendard africain menace de le frapper) Mascérely d'un coup de sabre, lui abat le bras j l'étendard qu'il portait tombe j les autres enseignes des cohortes romaines ) qui servaient dans l'armée de l'usurpateur y voyant de loin la chute de cet étendard, la prennent pour un acte de soumission y suivent cet exemple, jettent leurs armes, etpro— clament le nom d'Honorius, Mort. Cette défection répand la crainte et le désordre parmi les Maures : après un léger combat , ils fuient dans le désert. Gildo, sans espoir et sans armée, s'embarqua pour chercher iin asyle dans l'Orient ; mais , rejet é sur la côte par les vents contraires, et cerné par les Romains, il échappa au supplice en se donnant la mort.

Le sénat de Rome jugea ses complices avec cette excessive rigueur qui accompagne toujours la crainte et la faiblesse. La crédulité du temps prétendait que saint Ambroise, mort un an auparavçmt, avait, dans ses derniers jours, prédit cette victoire.

, Mascérel, conquérant de l'Afrique et reçu en triomphe à Milan , excita la jalousie de Stilicon : quelques jours après son arrivée , comme le prince maure se promenait avec le général de l'Occident, son cheval fit un écart et le jeta dans la rivière j on s'empressait de voler à son secours, mais Stilicon, souriant, arrêta par un signe le zèle des courtisans , qui laissèrent le prince périr dans le fleuve.

La fortune de Stilicon s'accrut encore par le

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mariage de sa fille Marie avec le jeune empereur ïJn»on Honorîu». La muse de Claudien chanta en beaux etdeMaric, vers cet hyménée; il n'était plus permis d'adorer J"* *** ^^'* les faux dieux dans les temples, mais on laissait les poètes les encenser dans leurs ouvrages. L'imagination ne pouvait renoncer aux ingénieuses fictions du paganisme, et les fables de la Grèce , proscrites par la religion chrétienne ^ furent sauvées par la poésie.

Le mariage d'Honorius ne donna point d'héri--> tiers à l'empire. Marie mourut vierge, dix and après l'époque où elle monta sur le trône. Honorius , faible d'ame et de corps , ne pouvait être ni père ni prince. Dans les premières années^ on le vit quelquefois essayer de se livrer avec les jeunes Romains aux exercic 2| militaires ; mais , s'amollîssant de jour en jour, u se renferma dans son palais, ne s'occupa que des détails puérils de sa maison , de ses jardins, de sa basse*cour, confia son sceptre à Stilicon , et resta spectateur indifférent de l'agonie et de la ruine de son empire. *

Avant de mourir , Rufii;! , pour maîtriser Fempereur d'Orient par la crainte, avait, dit-on, appelé les Goths à son secours. Le nouveau favori d'Arcadius, Eutrope, mécontenta ces barbares, en refusant de leur payer les subsides convenus, et irrita le jeune Alaric, en ne lui accordant pas les dignités militaires que ce prince croyait dues à ses exploits et aux services qu'il avait rendus à Théodose.

^ An de J^sns-Christ 395.

Exploits AlariCf de la race des Balthes, surpassait ^i d'Aiario. gf^nie / en science militaire et en courage , tous le$ guerriers de sa nation. Sa supériorité subjagoa l'envie : tous les chefs des Goths le reconnurent pour leur général , et cet implacable ennemi de Rome se servit pour la détruire de Fexpérience qu'il avait acqui&e dans les armées du grand Théodose.

La cour d'Orient, qu'il attaqua la première , ne • lui opposa que des généraux incapables de lutter

contre lui. Antiochus et Gérontius ne surent ni maintenir la discipline dans leurs troupes ^ ni défendre la frontière. Alaric les battit en plusieurs rencontres, livra au pillage la Thrace, la Dacie, pénétra sans obstacles dans la Grèce, et s'avança rapidement jusqu'au pied du mont QEta.

Peu de forces auraient pu l'arrêter aux Thermopyles, mais les troupes qui défendaient ce passage prirent la fuite. Les Goths se répandirent comme un torrent en Béotie, massacrant les hommes, enlevant les femmes, dévastant les villes , incendiant les villages. De nos jours, le voyageur peut encore reconnaître, de ruine en ruine ^ les traces de la marbhe d' Alaric. Argos , Sparte çt Corinthe.devimrent la proie des Goths ; Athèn^ évita sa destruction par une capitulation ; Alaric entra dans cette ville et l'épargna; mais il ravagea l'Attique et démolit ce célèbre temple d'Eleusis > dernier asyle du paganisme»

La Grèce était détruite; les monumens des arts étaient renversés: Stilicon, qui|i'avaitpu arriver ' à temps pour sauver les Grecs> accourt pour les

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yenger. H débarque près de Corînthe 5 livre aux barbares plusieurs combats longs et sanglans^ et ^ après une opiniâtre résistance ^ remporte une yic*toire complète. Il force les Goths de se retirer sur une montagne près des sources du Pénée ; là ^ nies entoure de retranchemens 9 les assiège ^ leur coupe toute, communication, et se croit certain qa^ils n'auront plus d'autre choix que celui de la servitude ou de la mort.

Mais une trop grande confiance dans le succès fait souvent qu'il échappe* Stilicon commit la faute de s'éloigner momentanément de son armée pour assister à des fêtes et à des jeux publics que les Grecs célébraient toujours, suivant leurs anciennes coutumes, et au milieu des plus grands désastres*

Pendant son absence, la discipline des Romains se relâcha, leurs chefs se livrèrent à la débauche, les retranchemens forent gardés avec négligence : au milieu d'une nuit sombre, Âlaric sortit de son camp avec toutes ses troupes, força les lignes romaines, gagna les montagnes d'Épire, et let fortifia.

Stilicon voulait le poursuivre ; mais le roi des Goths, aussi adroit que brave, profitait habile* .nient de la méfiance qui existait entre les deux cours impériales , conclut la paix avec Arcadius , qui accepta ses services et le nomma maître général des armées de l'Illyrie orientale.

Ce futainsi que Stilicon, vainqueur, se vît obligé de se retirer et de respecter , sous le nouveau titre de général d' Arcadius, l'ennemi et le dévastateur

des denx empires. Au milieu des esclaves de l'Orient, il se troaya cependant' un homme courageaX) Synnësius, qui osa dire la vérîtë à Fempereur. Il lui représenta qu'au lieu de courber la majesté romaine sous le joug des barbares, le fils de Théodose devait chasser ces auxiliaires féroces ,^]es bannir de sa cour , les éloigner de ses campS| rétablir Pantique discipline, réformer le luxe, faire des levées, rappeler aux armes les patriciens, les chevaliers, les laboureurs, les marchands, et, à la tète de cette armée de citoyens, détruire la race des Goths et sauver l'empire.

Ce discours vraiment romain fut généralement applaudi ; mais on n'y répondit que par un dëcret qui publiait la promotion d'Alaric.

Le roi des Goths se servit de l'autorité qu'on lui confiait pour approvisionner ses troupes d'armes de toute espèce, et l'on vit, dans toutes les cités de l'Orient , les Romains occupés jour et nuit & forger des casques, des boucliers, des lances et des glaives pour en armer leurs destructeurs.

Tandis que la division ajBTaiblissait journellement

la puissance romaine, l'union augmentait celle des

nations barbares. Tous leurs princes, étouffant

leurs jalousies, se rangèrent sous les drapeaux

d'Alaric, maître général de l'empire d'Orient,

relevèrent sur un bouclier et le proclamèrent roi

des f^isigoihs.

Ses projet» Cc priuce , par son invasion , avait épuisé les res-

etdecoQ. sources des provinces orientales de l'Europe j il ne

'°*''°- pouvait plus piller celle de l'Asie dont sa nouvelle

dignité lui confiait la défense. D'ailleurs Constan-

iinople ëtaît trop fortifiée pour qu^il pût espérer de s'en rendre le maître. Tous ces motifs le décidé^ rent à porter sur FOccident ses vues ambitieuses y et , pour satisfaire sa soif de gloûre et de richesses , il résolut d'envahir l'Italie ^ et de conquérir dans Rome les riches dépouilles que y, depuis tant de' siècles y trois cents triomphes y avaient amassées*. Dès que ce grand dessein fut conçu, il en commença l'exécution* I^ùl n'était plus hardi dans le conseil, et plus rapide dans l'action* . La renommée annonce sa marche et répand la s* muterreur jilfranchit les Alpes : au'bruitde sonappro- nome. che, une pa)rtie des sénateurs se retirent en Sicile; d'autres fuient en Afrique* Honorius, nourri dans la mollesse, n'avait jamais cru que le péril pût approcher du palais d'un successeur d'Auguste* Le ^i»»™*

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