ï-i ■!»* 1- r dans celU
bruit dç la trompette 1 épouvante j la cramte ge- yiiie. nérale augmente son effroi; les Romains dégénérés quil' entourent cqnseillent la fuite; aucun ne prend les armes : l'empereur déclare qu'il veut se retirer dans la Gaule* Stilicon seul s'oppose à ce lâche dessein; il ne Préparatifs
-, , de défense
veut -ps^s qa on livre Rome aux barbares ; il promet de stiUcoD. une armée et la victoire, si on veut Fattendre dans les murs de Milan«.
Dès que la faiblesse entrevoit un appui , elle passe rapidement d'une peur sans mesure à une confiance sans bornes* L'empereur , rassura , court en Lombardie , et fait , aux pieds des autels de Milan , d'ardentes prières pour obtenir du ciel le salut d'un empire qu'il n'a pas le courage de défendre*
Cependant Stilicon parcourt l'Occident , rap-
pelle et réunit des soldats tires des garnisons de la Gaule 9 de PEspagne, de la Bretagne, et y joint quelques corps auxiliaires de Germains.
Les légions romaines étaient alors tellement affaiblies par de longues gueiT^s y que pour défendre ritalie il fallait épuiser les provinces et dégarnir les frontières.
Stilicon avait pensé que l'Adige, le Mincio et
FAdda arrêteraient quelque temps Alaric ; mais
la sécheresse trompa son espoir : les Gpths tra-
' versèrent facilement ces fleuves et s'approchèrent
de Milam
Pniu Honorius • trop lâche pour soutenir un siése •
4'Honoritu. .,«• ,-rtA i *«•.
pnt la fuite, passa le Po , et voulut se réfugier en Gaule dans la ville d'Arles; mais, coupé dans sa route par un corps de Goths , il changea de dessein et s'enferma dans la ville d'Asti , où il se vit investi promptement par les barbares.
Arrivéaâa Commc la perte de l'empire et de l'honneur utr^d'ttn* l'effrayait moins que celle de la vie , il parlait déjà armée. - Je Capituler, lorsque Stilicon parut à la tête d'une partie de son armée , passa une rivière à la nage , força les retranchemens ennemis et entra victorieux dans Asti. Ce grand homme avait ordonné à d'autres corps de déboucher en même temps par toas les passages des Alpes : ils exécutent ses ordres, inondent la plaine, la font retentir de leurs cris et enveloppent Alaric qui d'assiégeant devient assiégé.
Défait» Tous les chefs barbares conseillaient la retraite : Alaric seul persista dans son dessein de conquérir l'Italie. Il s'éloigne d'Asti; Stilicon le suit et l'at-
taqae près de Poientia, La bataille fut sanglante^ et la victoire disputée. Les Gotlis enfoncèrent d'abord la cavalerie romaine ; Stilicon vint à son secours avec un corps d'élite j Finfanterîe des Goths^ Wttue à son tour, ^e retira dans son camp. Les Romains, les poursuivant sans relâche, forcent leurs lignes, s'emparent de leur camp, délivrent une foule de prisonniers, se rendent maîtres de la femme d' Alaric, et reprennent les riches dépouilles enlevées par les barbares dans Argos et dans Corinthe.
Ce triomphe éclatant fit comparer alors Stilicon à Marius.
Alaric , vaincu, s'était retiré à la tète de toute sa cavalerie ; mais, loin d'être découragé et de fuir , il marcha audacieusement sur Rome ; il espérait que la terreur , produite par un mouvement si hardi , lui ouvrirait ïqs portes de la capitale du monde; mais Stilicon, aussi actif que lui, le devança, et par cette rapidité rompit toutes ses mesures. Les grands courages combattent, mais s'estiment ; Stilicon, admirant l'audace d'Alaric après une défaite ,, et sa fermeté dans le malheur , se sentit plus disposé à rechercher l'amitié qu'à consom* mer la ruine d'un si brave ennemk II traita avec ce prince , et lui accorda un subside à condition qu'il évacuerait sur-le-champ l'Italie.
Alaric, en se retirant, voulut s'emparer de Vérone, dans le dessein d'envahir ensuite la Gaule. Les espions de Stilicon pénétrèrent ce projet , et, au moment où le roi des Goths investissait la ville, il se vit lui-même enveloppé et forcé de combattre
XOMS VII. 4^
à la fois la garnison de Vërone et rarm^e romaine. Trahî, surpris y enfonce, vaincu, il échappa à la mort par des prodiges de valeur, et parvint à se sauver de rochers en rochers avec quelques débris de son armée.
Les grands, le peuple et le clergé d^Italie , qui tous avaient tremblé au seul nom d^Alaric, reprenant leur of^ueil après sa défaite , et montrant cette ingratitude toujours inséparable de la lâcheté, accablèrent Honorms d'éloges et Stîlîcon de reproches. Us faisaient un crime à leur libérateat d'avoir laissé fuir Alaric, et , prodiguant aux pieds du trône la plus basse adulation, invitaient le fugitif Honorius à venir dans Rome pour y jouir des honneurs du triomphe , et pour y célébrer la destruction des Goths qui avait signalé son sixième consulat.
. Retour Pcu de temps après , l'empereur, cédant au vœu • Rome?"* public , sc rendit dans la capitale; sa faiblesse ne ' pouvait lui attirer Pestime , mais sa douceur et sa piété lui concilièrent l'affection populaire. Pour se cotiformer aux anciennes coutumes , il assista aux jeux du cirque , et ce fut alors que les Romains jouirent pour la dernière fois du plaisir barbare que leur donnaient les combats de gladiateurs. Déjà le poète Prudence s'était élevé contre cette passion si opposée à la morale et à la charité chrétienne. Un moine nommé Télémaque osa davan- MoTt *^S^ • ^" nioment où les gladiateurs commençaient du moine leurs jcux sauglaus, ce moine descend dans l'a-
Télémaque
dans le cir- rèuc, séparc les combattans , et reproche avec vîo- ^"*' lence au peuple cette soif du sang humain. La xnnl-
titade^ troublée dans ses plaisirs, déçae dans son espoir, rëpond à ses paroles par des crii^d^indignation, s'ëmeut, s'anime, se précipite sur lui et le met en pièces. Les gladiateurs se dispersent, la cour Aboiiiio» consternée se retire j le clergé fait entendre sa voix ^^"^"^^'l' menaçante, et l'empereur, par un décret, abolît teurs. pour toiijom*s ces spectacles inhumains.
Les dangers qu'Honorius avait courus dans Mi- »»▼*"»«
. , t f • devient le
lan ne sortaient pas de sa mémoire ; et , se croyant séjour de la même peu en sûreté dans les murs de Rome , il vint ""J^^lJ^"' s'établir à Ravenne, ville forte, située sur la mer Adriatique, près de l'embouchure du Pô^ bâtie, comme Venise, sur pilotis, entourée par des marais , défendue par de nombreux canaux , et dont le port , qui contenait deux cent cinquante vaisseaux, offrait toujours à la faiblesse l'espoir d'une fuite facile. Les timides successeurs d'Honorius suivirent son exemple , et Ravenne devint le séj our de la cour d'Occident.
Depuis un grand nombre d'années, les contrées invasion de du nord de l'Asie et de l'Europe , de la mer Gla- *^"^** ciale et de la grande muraille de la Chine , jusqu'aux rives du Danube et du Rhin^ ressemblaient à une mer orageuse soulevée par de continuelles tempêtes. Des flots de barbares , roulant les uub sur les autres, étendaient chaque jour leurs ravagée sur les contrées populeuses et civilisées de l'Oc«cident.
Les Tartares , après avoir vaincu les Huns, subjuguèrent les hordes sauvages du désert. Leur chef Normartarpa ( ce qui signifiait , dans leur langue , mcutre de la terre ) envahit la Chine', et
y fonda le règne d'une dynastie qui dqra deux siècles. Elle fut ensuite vaincue et détruite par d'autres Tartares de la race de Toulun qui rangea sous son joug les nations situées au nord de la mer Caspienne. Bientôt ces Tartares , réunis avec les Huns , poursuivant leurs conquêtes y chassèrent devant eux les Sarmates y qui poussèrent à leur tour, hors de leur pays, les Suèves , les Bourguignons etlesVandalefi. Radagalse, prince puissant parmi les Vandales, descendit des côtes de la mer Baltique, h la tète de quatre cent mille combattans^ et se précipita sur le Danube ^ dans le dessein d'envabir l'Italie.
Pour repousser cette formidable invasion, Stîlicon réunit toutes les troupes dont il pouvait disposer, ordonna de nouvelles levées, promît la liberté aux esclaves, prodigua le trésor public pour i éveiller le courage par la cupidité, et, malgré les tiJfort s prodigieux de son génie infatigable, ne pat rassembler que quarante mille hommes , faibles troupes que Rome seule , dans son berceau , aurait armées.
Cinq cent mille combattans se levèrent à la voix de Marius, quand les Cimbres parurent en Italie j et la crainte de la mort ou de l'esclavage ne put, dans ce temps de décadence, décider les Romains à braver les périls de la guerre pour défendre leur indépendance , leur honneur et leur vie.
Le xoi vandale, ne rencontrant point d'obsta* clés, s'avance avec rapidité , tourne près de Pavie le camp de Slilicon , et vient assiéger Florence.
La terreur régnait dans Rome; le sénat , ayant
nV BAS-EMPIHE* 55/
plus de richesses à jperdre que le peuple, loin de Fencourager, se montrait plus effraye et plu» consterné que lui.
Alaric, chrétien éclairé, nourridans les camp» romains, respectait au moins quelques droits de Thumanité au milieu des horreurs de la. guerre» Mais les mœurs de Radagaise étaient féroces, aucun frein ne le retenait, aucune lumière n^adoucissait le caractère de ses guerriers sauvages» Il avait juré de raser la ville de Rome, et de sacrifiet les sénateurs à ses idoles.
Au milieu de ce terrible danger > on vit éclater cet esprit funeste dé parti qui divisa Jérusalem au moment de sa ruine ; sorte de fanatisme qu'aucune raison ne ramène , et dont les plus pressant intérêt» ne peuvent vaincre Topiniâtreté. Au moment où Rome était menacée d^une ruine totale, les adorateurs de Jupiter et de Mars leur adressaient hautement des vœux pour le succès des armes de Ra-^ dagaise;.ils se réjouissaient de voir ce barbare, adorateur de Vodda ou Odin , prêt à renverser le» églises chrétiennes, et à faire disparaître la croix»
D'un autre côté, les catholiques attribuaient lie» malheurs de Pétat à l'indulgence coupable de» empereurs, qui n'avaient pas exterminé les idolà«<« très et les hérétiques.
Le fanatisme et la peur égaraient ce peuple »* <ï«f»»*« lâche et corrompu. Stilicon seul , ferme appui de * l'empire, et inaccessible à la crainte, suivait les mouvemens des barbares avec une prudence vigilante j sans les fuir, il enhardissait habilement leur témérité par sa circonspection. Radagaise
UISTOIBE
tomba dans le piëge que lui tendait cet habile gënëral : entré dans un défilé étroit ^ il se vit toutà-coup enveloppé par les Romains ^ qui en occupaient toutes les hauteurs et toutes les issues. En yain les barbares opposèrent la fureur du désespoir à la savante tactique de leur ennemi, une partie de leur troupe périt , Pautre rendit les armes ; Radagai&e fut pris, enchaîné et décapité dans Rome. Le sénat décerna , pour la seconde fois, à Stilicon, le titre de Libérateur de V Italie , et lejtriomphe à l'indolent Honorius qui n'avait pas entendu le bruit des armes.
Le clergé, qui ne tremblait plus, attribua ce gt'and succès à ses prières, et, douze ans après, saint Augustin s'efforça de prouver que la victoire de Stilicon était due à un miracle.
L'Italie se voyait sauvée par le génie d'un grand homme , mais d'affreux malheurs menaçaient en-core le reste de l'empire. Cent mille guerriers de Radagaise, restés entre les Alpes et les Apennins, envahirent la Gaule. Les Allemands demeurèrent neutres. Les Francs, seuls, défendirent le pays où ils devaient un jour régner. Marcomir, un de leurs tois, moins fidèle à ses engagemens, futaccu$é par le magistrat romain , condamné , exécuté, et ses sujets punirent de mort son frère qui voulait le venger.
Les Francs défirent les Vandales, et furent, peu de temps après , vaincus par les Alains ^ la suite dé cet échec devint terrible pour la Gaule ; les barbares y entrèrent de toutes parts et n'en sortirent plus.
Dans ce temps , les bords du Rhin y les rires de la Garonne , de la Loii'e, du Rhône et de la Seine, jouissaient de toute la prospërit é d^une longue civilisation. On y voyait répandues autant de lumière» qu^à Rome ; ils offraient aux regards le mèmeluxe^ la même élëgance, la même industrie.
Par- tout on ne voyait que bâtimens somptueux , écoles savantes, spectacles magnifiques; les fron-r tières seules retentissaient du choc des armes , et rien ne troublait la tranquille mollesse des champs et des cites de Pintërieur de ce beau pays.
Soudain un cri sauvage se fait entendre : le» hordes belliqueuses du Nord entrent dans les villes sans défense, parcourent les villages désarmés; les propriétés sont dévastées ^ les monumens détruits , les hommes égorgés, les femmes outragées et captives. Le fer disperse Por , les ténèbres remplacent la lumière, la barbarie détruit la civilisation : tels on pourrait supposer les malheurs effroyables qui accableraient PEurope moderne ^ si, au milieu de son éclatante prospérité, les féroces habitans des déserts de l'Afrique, fondant sur elle avec trois millions de guerriers, faisaient disparaître en un instant le fruit de tant de siècles de travail, d'industrie, de lumières et de génie.
La cour de Ravenne ne pouvait opposer aucun obstacle à ce torrent, aucun remède à ces désastres. En moins de deux ans , les barbares pénétrèrent jusqu'aux Pyrénées.
La Bretagne, ne voulant plus reconnaître une Révolte en puissance qui la dominait sans la protéger, se ré- '* '^"*' Tolta et proclama son indépendance. Le premier
36o HISTOIRE
^ roi qu'elle se^onna, nomme Marcus, fut bientôt tué par ses troupes. Gratien, son successeur^
Constata, ëprouva le même sort : enfin l'armée donna la fl^rpte. * couronne à un simple soldat qu'elle en crut digne , p^ce qu'il se nommait Constantin.
Se» Celui-ci^ plus habile, sentit que, pour soumet*
*po»«« ^^^ ^^g esprits si turbulens, il fallait les occuper sans relâche. Il s'embarqua , descendit près de Boulogne , battit quelques corps allemands ^>^ parcourut la Gaule en conquérant.
Honorius mit sa tète à prix, et envoya contre lui des troupes qui l'attaquèrent , près de Vienne y sans succès. L'Espagne reconnut Constantin comme empereur. Honorius n'avait plus de forces nationales à lui opposer ; l'appui d'autres barbares fut son seul espoir. Par les conseils de Stilicon, il négocia avec Alaric. Le roi des Goths quitta le service d'Arcadius, accepta le titre de maître général de la préfecture ^Illyrie occidentale, et promit de rendre la Gaule à l'empire. L'accord désirable, et qui devrait toujours exister entre la politique et la morale, n'est que trop rare dans tous les pays, à toutes les époques; mais c'est sur-tout dans l'enfance des peuples et dans leur vieillesse, qu'on les voit le plus désunies. La grossièreté des sauvages du Nord et la corruption des Romains dégradés méprisaient également la bonne foi , et ne connaissaient d'auti-es règles que celles de l'intérêt. Aucune promesse n'était sacrée, aucune paix n'était stable; les uns trompaient pour satisfaire }eur cupidité , les antres pour se préserver du pillage et pour éloigner le' péril.
DU BA&*EMPIR£. 56i
Alarxc.ne rempUsaait aucun de sbs engage-^ uiQQs, et réclamait) .avec menaces, les récom-»penses prpmkes*. Stilicon , ne trouvant aucun appui daiia le caractère faible de l'empereur , voulut s'étayer dePautoritédusénat. Pour la première fois, depuis long-temps^ on y délibéra sur. les grands intérêts de Fempire. ^
Stilicon, aprèi quelcj^ue résistance, parvint à persuader à cette timide assemblée qu^il fallait prodiguer l'or pour sauver l'état quand on n'avait plus le courage nécessaire pour employer le fer à se défendre. D'après son avis, on acheta ^alliance d'Âlaric, eîi lui payant quatre mille livres d'or. -
Un seul sénateur, vraiment Romain , Campa* dlus , protesta contre cette humiliation , et s'écria: Ceci neat point un traité de paix, mais un pacte de servitude* '
Stilicon ne jouit pas Ions-temps du repos que , intrigue par ses négociations comme par ses exploits, il contre stiavait cru donner à Tempire. Vainqueur des har-^'*^®"^ bares, il ne put résister auxintrigans : Olympius, courtisan adroit et servile, n'ignorait! pas que les princes qui ont le plus besoin d'être gouvernés sont souvent ceux qui craignent le plus qu'on ne les croie dans la dépendance; il excite la jalousie de l'empereur contre l'homme qui était son plus ferme appuis et lui persuade que Stilicon aspire au pouvoir suprême*
Honorius^ effrayé, n'écoute plus les avis de ce
grand homme; il court à Pavie, sous prétexte de
passer en revue les troupes qui s'y trouvaient :
c'étaient des Goths , dont la plus grande partie
TGMB vu. 4^
56ù HISTOIBfi
haïssaient StilkoiuL'eni|»erearhftniiigae ces barbares 9 implore kar aecoors*, eadlamme leur conrroux. SntraSnëft par ses paroles , pttpws menaces ^ par ses promesses y ib se jettent M» les officiers attachés à SiilJeoli y et lés nasiaeretil.
La noavene de ce aoulèreiiietit parmt pr^fiiptement à l'armée de J3oiogtie« Indignée de cette perfidie , elle Tetit Teoager son géaérid , et demande à grands cris qu'il la conduise contre le taraitie Olympius* StilicOfi arrête iaipradeunaeint leur ardeur ^ il méprisait trop ses eoAtsm» pour les craindre ; sa temporisation refroidi <et décotttage ses soldats* Mort Au milieu de la nidt , un 6odi audacieux^ ti oimnë "" ^ ^'^ Sauras, -à la lAte d'un corps de sa «lation^ -entre dans le camp^ le li^re au pillage, et passe au fil del'épée lagardedeStilicon* Ce gênent, la ireitleià puissftnt , et maintenant abando^iaé ^i^ sliUTe àRayenne , trouve cette TÎUe peuplée de «es eimemis, et se réfugie dans une église , asyle qu'on croyait alors inviolable» Le comte Héraclien, obéissant aux ordres infâmes de l'empereur, trompe lâchement cet illustre et malhenrôux guerrier , lui promet la vie au nodt de son maître , l'engage à se rendre pi^s de lui^ et , dès qu'il est en sa présence, lui montre son arrêt de mort. Le héros > accablé d^in jures par des soldats qu'il atajt si souvent conduits à la victoire, etpar-un peuple qu'il avait tant de fois sauvé , n'oppose à ce» outrages qu'un froid et silencieux mépris, présente sa gorge an glaif e , sans dire une parole^ et meurt en Romain , comme il avait vécu.
BU BAS-*EMPmE. 565
Sa mëmoire fut diSam^; son atnîtié , qui avait si long-temps été un titife dl'honnear , devînt un titre de proscription. L« clergë, dont iln^avait pas servi l'ambition , célébra sa mort } les païens l'abhorraient , parce que , méprisant leur qnlte , il avait brâlé les livres sibyH^ns , et èonné à sa femme Serèiie le collier de ht déesse Yesta. lia triomphèrent de sa. chute eomme d^uœ victoire.
Le célèbre Glaudien | qui avait chanté avec en* thousîa^me ses vertus , ûés talens y s^ actions , n'eut pas le courage de rester fidèle à sa mémoire.
Enfin y Rome, frappée ^aveuglement , regarda comme un b<mheur la ruilie êa aevà général qui pouvait retarder la sienne.
Honoriùs, livré à ses n<m veaux &voris, donna Tyr«n««e sa confiance & des généraux sans capacité. Il exclut de tout emploi lea héirétique«^, et , cruel parce ^'il était faiblie , il fit m^issacver tous les Gotha partisans de Slijicoa, ainsi que leurs famiMes. Trente mille de ces barbares , é<^happés à la> proscription^ se réAigièrent. près d^Alarie, qui, délivré de son redoutable rival, se déclara soft vengeur.
La cour de Rarecme yeulM ealo^er so» cour-^ March«d'Aroux. Le roî ées Tisigeths eonseatit à négocier , et Rom©.^"^*'^ demanda Aeux grands effieiers 4e l'empire pour otages j mais , comme il apprit que l'inMcifle Honorius , passant subitement! de la crante à la présomption , traçait §st medâratiofi 4^ faiblesse , il franchit lies Alpes , pilla la ville d^Aquiiiée , s'empara de Crëntone , marcha jtisqa^à Ravenne sans obstacles , dédaigna de Passiéger, s'avança jusqu'à
de Rume.
Biminiy traversa les Apennins ^ parcourat POmbrie, et arrira enfin aux portes de Rome* TnLieati £iie COI j tenait, alors douze cent mille habitansy et ne trouvait point de citoyens pour la défendre.
Lorsqu'Amiibal, après avoir détruit- tant de légions, se présenta aux portes de la capitale , il y fut arrêté par deujc dent mille Romains armés»
Ce temps n^était plus. On n'y voyait <jue TonHbre d'an sénat ; les riches patriciens, qui le composaient <i prétendaient avec orgueil descendre des anci«}ns héros de la république* Les Ânitiens, les Pélroiiiens, les Olibriens le démontraient par leur filial ion j mais aucun d'^ux pe le prouf ait par son courage.
Une immense richesse leur tenait lieu d^ yertns et de gloire. Plusieurs possédaient dans leurs do» maines des villes entières; on en comptait an grand nombre dont les revenus s'élevaient k deux ou trois millions. Oisifs et. voluptueux, leur ostentation et leur mollesseexcitaient l'indignation; elles rappçlçdent le courage et la pauvreté de leurs ancêtres*
Leurs maisons étaient des palais; ils comman-» daient à des légions d'esclaves : l'or et les diamans éclataient sur leurs robes; ils enfermaient j dans leurs jardins y des lacs, des plaines, des forâts; leurs exploit^ se bornaient à visiter leux*^ vastes domaines ; ils y tqaietit , sans fatigue et sans dan-^ gers, des troupes d'animaux, paisiblest
Amipien Marcellin, en noi^ retraçant l'inconcevable tableau de leur luxe et de leur corruption, uou^ ei| donne des détails qui feraient croire vrai<*
DU BAS-SMPIRE.
semblable tout ce qu'on a dit de plas exagërë sur les habitans efféminés de Sybaris.
Ces indigna descendans des Scipions, des Fabius, des Cincinnatus, traversant Fltalie, comme des femmes, en litière, comparaient, dans leurs lettres, leurs dispendieux voyages, leurs voluptueuses promenades , aux travaux et aux marches d? Alexandre et de César : a Vous les entendez, » dit leur satirique historien ,' se plaindre , si une » mouché traverse la gaze qui les couvre , et se la- )i menter , si leurs rideaux ouvrent un passage aux y^ rayons du soleil. L'inconstliuee du temps est 1» pour eux une calamité dont ils gémissent ^ leur i> cortège , à la fois pompeux et ridicule , ressem* » ble, par le nombre , à une armée composée d'ar- » lisans, d^esclaves et de barbares* n
Il n'était resté de l'ancienne liberté que la. licence* La multitude exigeait et recevait toujours les distributions accoutumées. Sa passion pour le cirque était la même : on comptait dans la capitale trois mille danseurs et autant de chajateuses , et , au moment où Alaric parut, lorsque lipme demandait en vain des soldats, quatre cent mille^ spectateurs passaient les. jours et les nuits au théâtre^.
Le roi des Visigoths investit la ville et intercepta la navigation du Tibre. Le sénat et lepçu* pie, humiliés par l'approche de^ barbares, fai* saient éclater une indignation sajns courage. Leur fureur se réduisit à commettre un crime inu^.
* An d« J^sos-Cbrkt 408,
366 msToms
lile^ et auisi l&che qu^atroce. lU éiran^èrent Sérène, nièce de Thëodosey femme de Stilicon, qu^iU fioupconnàirent de conre^ondre. avec les Goths.
Une affreuse disette répandit bientôt la désolation dans la ville. La générosité de JLœta , yeave de Gratien , ne put soulager que pendant pea de jours les souffrances du ipeuple. Len Romains, qui n'osaient sortir de leurs murs pour coœlKitlre les Go t lis, se battaient entre eux pour s^arracber quelques alimens. (hi rit des enfana servir de p&« ture à leur mère. La peste , se joignant à la £bh mine , remplissait les rues de cadavresé. fionorius promettait des secours et. n'en envoyait pas*
La fermeté trouve ses ressources dans lea pro« diges du courage, la faiblesse a recours à ceux de la magie. Le préfet die Rome, Pompéianus , consulta des sorciers qui lui promirenÉ , par éea charmes, des évocations et dea sacrifices., df extraire la foudre dea noagea, et de la lanmar aor les barbares.
Le pape lunocent fut accnsé, aana dautrà tort, d'avoir toléré ces pratiques sttperstitienfiea; la ma* jorité chrétienne du sénat s'y opposa ) el chargea Basilius et Jean de se rendre dans le camp du roi des Yisigoths , pour lui demander la paix.
Ces députés, s'eocpvimant avee une kaiateur très-déplacée, quand les armes ne la soutiennent pas, proposent au roi de conclure un traité, ou plutôt une capitulation honorable , et hii déclarent en même temps que , s^il refuse d'y souscrire^ il doit se préparer à combattre cinq cent mille
Sa ca* piluLatioii.
guerriers exercés aux armes , et animëi par le désespoir.
Plus Vherbe est serrée , eiplus la faux y mord : telle fat la réponse d'Âlaric.
Il exigea y poar la rançon de Rome, la dëll- Trance de tous les captifs , barbares de naissance ou d'origine, tout For et tout Pairgent de l'état et des particuliers, et tous les meubles de prix qui décoraient les palais de la capitale. Que laia^ êerez^vouê donc aux Homains ? répondirent les envoyés. La vie , répliqua le vainqueur*
Ou convint d'une suspension d'araies , Âlaric se radoucit et consentit à lever le siège , moyennant cinq mille livres d'or , trente mille d'argent , qua^ tre mille robes de soie , trois mille pièces de drap ëcarlate , trois mille livres de poivre , très-rare alors : enfin il «xigea la liberté de quarante mille captifs; oh souscrivit à tOQt«
Alaric exécuta loyalement le traité ; maintenant une discipline rigoinreuse dans ses troupes , il punit sévèrement quelques Goths qui avaient insulté des citoyens.
Dès qu'il eut reçu ce qui lui avait été promis , ^,^^'^^ û s'éloigna de Rome et se retira en Toscane , où il trouva un renfort considérable de Goths et de Huns. Ainsi se tei^mina cette campagne qui fit éiFanouîr ks antiques prertiges dont le nom do la capitale du monde était encore entouré. On peut dire que , dès qu'elle eut capitulé , Rome n'exista plus.
Les Romains ne s'étaient vus délivrés que par Une trêve; il fallait conclure la paix définitive.
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Alaric demandait la dignité de maître général des armées d'Occident, un subside annuel, et de plus exigeait qu^on ajout&t à son royaume des Yisigoths, la Dalmatie, la Norique et la Yénétie.
Le sénat envoya dps députés à Ravenne, chaînés d'appuyer les propositions du roi ; mais le ministre Olympius^ qui n'avait fait aucun effort pour sou,tenir Rome, rejeta les demandes d' Alaric, et renvoya les députés du sénat , avec^une escorte de six mille Dalmatiens qui formaient alors Félite des légions* C'était trop pour un cortège , trop peu pour un secours*
Ils furent attaqués en roUte par une division des.Gotlis qui les tailla en pièces. Le général Yalens qui les commandait, ne put sauver avec lui que cent soldats. Cet échec renversa le crédit d'Olympius 3 il fut exilé, se releva dans la suite de cette chute, retomba de nouveau dans la^ disgrâce^ et périt frappé de verges.
Honorius donna sa confiance à Jopius , peu connu par ses actions, à Gaméride, qui rétablit momentanément la discipline dans les troupes; enfin, les intrigues honteuses, que la faiblesse de l'empereur encourageait,investirent du plus grand pouvoir l'eunuque Euaèbe.
reannqiM Celui-ci, vaiu de sa faveur, rompit audaçieu^ sèment toute négociation avec Alaric ; quelques officiers, indignés de voir ce lâche courtisan exposer l'empire à des périls qu'il ne partagerait pas, regorgèrent en présence de l'empereur.
Alaric avait intercepté une lettre d'Honorîus, « qui ne voulait plus, disait -il, prostituer les
Eiuèbe.
DU BAS-EMBIRH. 5%
» dignités* de Tëtat , en lés prodiguant à un if barbare.»
Le roi des Visiaoths ne, tarda pas à se venaer Mwcbèd'A-
o . ' r . o ]akric con-
de cette injure; il marcha , ne rencontra pas d'en- trc Rome. nemisi s'* empara du port d'Ostie, reparut devant Rome et ^omma les Romains de se rendre à discrétion.
Le sënat voulait résister: mais , intimide par les soumissioi*
*' ... . du sénat.
clameurs du peuple qui craignait de se voir jen-r core en proie aux horreurs de la famine , il céda et se soumit aux conditions .que le v^^inqueur voudrait lui dicter,
Alaric demanda la déposition d'Honorius , .e| ^
yp^lut qu'on le remplaçât par un fantôme de * prince, sous le nom duquel il régnerait. «
Conformément à ses ordres i ^^tofe, qu'il avait Élévation
•^ ^ et disgrac*
désigné, fut élu par le sénat, par le peuple, et d*Attai«. donna le titre de maître des armées de P Occident à son protecteur Alaric. Il nomma comte des domaiitiques un autre prince des Goths, appelé Ataulphe,
Après cette élection, la ville ouvre ses portes* Attale , escorté par les barbares , vient au sénat , lui promet de rétablir la majesté de l'erapîre, et d'y réunir l'Orient ainsi que l'Egypte. Il se rend ensuite ^u palais d'Auguste , suivi par ks acclamations d'une vile populace , qui se passionne toujours pour ce qui est nouveau , même pour Iç déshonneur. Le peu d'hommes qui avaient conservé une ame romaine se cachaient et gémissaient^
Les ariens fanatiques, les païens opinîâtrjes, esr péraient la chute du parti catholique, qui devait TOME vu. ^7
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les consoler de leur humiliation. Ces rêves de yengeance furent aussi courts que le règne du nouyel empereur. Alaric conduisit son protégé près de Ravenne ; toute l'Italie ^tait souniise : le faibte Honorins offrit à son rival de partager avec lui le pouvoir suprême. Attale ne lui promit que la vie, à condition qu'il abdiquerait.
Jovius et Valens avaient abandonné leur mattre, et s'étaient rangés du côté d' Attale. Rien ne sem« blait pouvoir sauver Honorius j mais l'inconstante et aveugle fortune vint à son secours. Quatre mille vétérans, débarqués à Ravenne, assurèrent ta défense.
On apprit que les troupes d' Attale avaient été surprises et massacrées en Afrique par celles dii parti contraire. Enfin, Alaric lui-même, irrité contre ce prince qui lai devait tout , et qui conspirait contre lui pour régner seul, le fait venir ai sa présence dans le camp de Rimini, le dépouille de la pourpre dont il l'avait revêtu, et envoie son diadème à l'empereur Honorius, lui promettant son amitié , s'il veut souscrire an traité conclu i Rome.
Tout devait faire espérer une paix solide ç mais Un chef des Goths , Sauras, meurtrier de Stilicon, ennemi d' Alaric et de la famille des Baltkes, s'oppose à cette négociation, séduit Honoriu s par ses promesses, l'intimide par ses menaces, sui^'rend «vec sa troupe une division d' Alaric, la détruit presque totalement , et rentre en triomphe à Ra** venne.
Alaric , pour la troisième ibis, marche sur Rome:
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U crainte d^uue affreuse vengeance décide enfin P"« **• les Romains à se défendre ; mais les esclaves qu'ils AUnc. avaient anoaéa les trahissent y ouvrent la nuit aux barbares U porte Sàlarienne ^ une foule de Goths ^ de Scythes^ de Germains, entrent en ennemis dana cette antique et riche cité^ et la livrent au plus affreux pillage*
. Ce fut le 24 d'août , l'an 4io de noire ère , onze cent soixante-trois ans après la fondation de Rome ^ que cette maîtresse du monde devint la proie des sauvages du Nord.
Alaric, qiû n'aurait pu sans péril s'opposer & leur avidité^ se contente de leur donner l'ordre d'épargner les citoyens désarmés, et de respecter les églises des apôtres» La crédulité seule arrêtait ces barbares que la nature ne pouvait attendrir^ et , au moment où ils livraient aux flammes les palais des grands, Tasyle du pauvre même, et massacraient sans pitié la vieillesse et l'enfance, une ^ vierge enchaîna leur fureur, et arrêta leur cupidité , en leur disant qu'un trésor, dont ils voulaient s'emparer y appartenait à saint Pierre.
Ce qui rendit ce désastre plus affreux, ce fut le ressentiment trop naturel de quarante mille captifs délivrés, qui remplirent les rues de cadavres ^ et se vengèrent par mille outrages de leurs longues humiliations*
Orose prétend que le feu du ciel se joignît au fer des barbares pour réduire en poudre quelques statues des dieux que l'on voyait encore sur le Forum. Saint, Augustin, dans la cité de Dieu » attribue les malheurs de Rome à la justice de la .Pro-*-
'5'ji HISTOIRE
vidence , irritée de son opiniâtretié pour te culte des idoles. Tant il eist vrai que dans les plus cruels revers, Fesprit de parti, étrange au bien public , ne voit que ce qui flatte ou ce qui blesse ses iutérêts !
Un grand nombre de sénateurs tombèrent dansles ^ fers , plusieurs furent exilés, d'autres se sauvèrent eh Afrique, ou se dispersèrent en Egypte, et jusqu'au fond même de PAsie.
Beaucoup de citoyens cherchèrent àsyle dans une petite île nommée Igîlum; ils s'y défendirent enKomains, et'durent à cette intrépidité leur salut et leur liberté.
Après avoir détruit la gloire de trois cents triomphes , anéanti les monumens que le temps avait respectés , et renversé la grandeur de douze siècles , Alaric , chargé des trésors enlevés à l'univers , s'éloigna , dédaignant de régner dans Rome avilie. Il gouverna l'Italie jusqu'en 4i 2.
Son camp, par un étrange contraste , offrait , aux regards surpris , un eif rayant tableau des vicissitudes de la fortune. Ou y voyait les fiers patriciens de Rome, ces anciens dominateurs du monde, et leurs femmes, jadis si respectées, servir en esclaves leurs farouches vainqueurs, et présenter le vin de Falerne,dans des vases enrichis de pierreries , à ces guerriers sauvages , couchés tout nus en plein air à l'ombre des platanes.
Mort Les jouissances de la victoire ne pouvaient re-
tenir long-temps ces hordes belliqueuses qui regardaient les villes comme des prisons, etle repds comme une honte* Alaric, cédant à leurs vœux,
BU BÀS-EM?ÏRE. 3; 3
TÔuldt conquérir la Sicile; la première division tié sa flotte fut dispersée par une tempête, et , lorsqu'il s'occupait de réparer ce désastre , la mort vint terminer le cours de ses exploits*
Ses compap^uons et ses soldats célébrèrent sa son
^ *-' ^ , sépulcre esf
gloire par des hymnes, seul .monument historique creusé daas *âê leiir nation , et , craignant que les restes de ce "" roi célèbre ne fussent un jour exposés par Pînconstance de là fortune à la vengeance et aux outrage* de seà ennemis , ils détournèrent le cours du Surzentiriy mirent son lit à sec , y creusèrent le sé=pulcre d'Alarîc y le remplirent de trophées con^ quis par lui dans Rome , firent rentrer ensuite les eaux dans leur ancienne route , et tuèrent enfin tous les captifs employés à ce travail, afin que jamais on ne pût découvrir le lieu où ils avaient déposé les dépouilles mortelles de ce héros.
Son beau-frère ^taulphe fut élu par eux pour Élection lui succéder. Ataulphe était chrétien; ses actions hotu"frèrJ prouvent qu'il avait plus de lumières et d'humanité *'^i"'c. •que ses compatriotes. A peine monté sur le trône^^ il déclara son intention de sauver l'empire, au lieu d'en achever la ruine.
Rien n'était plus facile pour lui, dès ce moment, que d'effacer le nom Romain , de distribuer à ses guerriei*s les terres d'Italie, et d'y établir solidement leur domination; mais, soit que sa conduite fut dirigée par des sentiraens plus généreux, soit qu'il craignît le mélange de Tesprit turbulent et féroce de ses sujets avec la corruption italienne , soit enfin qu'il cédât à l'influence de l'amour •que lui inspirait une illustre captive, Placidie y
S^4t HISTOIEB
fille da grand ThéodQêe^ et que le sort des ar-» mes avait mise dans ses chaînes , ce qui est certain y c'est qu'il négocia avec Honorius y promit de le maintenir sur le trône y de le défendre contre ses ennemis • et lui demanda la main de sa sœur.
Il faut connaître le paërii orgueil des princes faibles y nés sur les marches du trône y pour conce« Toir le dédain avec lequel Honorius reçut cette proposition y et la répugnance que montra cet empereur y lâche et yaincu y pour l'alliance d'un guerrier qu'il nommait barbare, et qui lui rendait Rome et l'empire.
vaioa d'A- . Placidie , moins vaine et plus politique y sauva dVpLwill *^° frère malgré lui , et accepta la main du roi des
•œur d'Ho. Goths.
sorios.
Les historiens racontent avec détail les cérémo*nies de ce mariage, et la magnificence des présens qu'Ataulphe fit à la nouvelle reine» Le pillage de tant d'états, et sur-tout celui de Rome, pouvait seul rendre un pareil luxe concevable* Nous ne citerons parmi ces dons qu« celui d'un plat d'or qui pesait cinq cents livres , et que le hasard fit retrouver depuis dans le trésor de DagoberL Une table <jl^une seule émeraude, entourée de trois rangs de perles et appuyée sur soixante-cinq pieds d'or massif, pourra faire juger de l'opulence des vainqueurs, ou de l'exagération des historiens.
Ce fut à cette époque qu'on publia les lois de Théodose; elles doivent faire remarquer que partout , et dans tous les temps , les lois se multiplient & mesure que les moeurs se dépravent. C'est le nom-
bre croissant des maux qui fait sentir la nécessité des remèdes.
La paiX| conclue entre Honorius et Âtaulphe^ Rëroite rendit la tranquillité à l'Italie, mais ne la rétablit ^^ Afriq»^pas dans Tempire* Le comte Hëraclien , alors consul y et qui commandait en Afrique y y leva l'ëtendard de la révolte, prit le titre d'empereur, fit de nombreuses levées, et parvint à équiper une flotte que les auteurs du temps comparaient à celle de Xerxès»
Constance, général aussi estimé par ses talens sctreiied* que par ses vertus , marcha contre lui , dispersa ^ontrc^iau ses vaisseaux et battit ses troupes en Sicile. Hé- D«fiiite/ raclien vaincu se sauva avec un seul bâtiment • ^"1*!"*";°''
' d Hcraclien
trouva rAfx*ique soumise aux lois d'Honorius , et fut livré par ses complices aux lieutenans de l'em* pereur qui lui firent trancher la tête.
Le brave Constance , son vainqueur , qui de*» puis parvint à l'empire, reçut pour récompense de sa victoire les biens confisqués sur Héraclien. Après avoir terminé si heureusement cette guerre, il fut envoyé par Fempereur dans la Gaule narbon— tiaise ^.
L'usurpateur Constantin régnait toujours depuis a<voUe de l'extrémité de l'Ecosse jusqu'à Cadix, et s'unissait ^fontiT' aux barbares pour piller la Gaule. L'inconstant comubUo. Honorius , qui fuyait tous ses ennemis et trahis* sait tous ses alliés, conclut un traité avec Cons-» tantin, qui lui promit de le délivrer de la domination des Goths; car il les regardait plutôt comme
,ses maîtres que comme ses prolecteurs. Maïs de nouvelles révolutions détruisirent bientôt son espoir. Gérontius , général de Constantin , se révolta contre lui, a>fsassina son fils Constant, Tassiégea lui-même dans Arles, et revêtît de la pourpre, Maxime , sop compagnon d'armes et son ami- Constance , vainqueur de l'Afrique , arrivant sur ces entrefaites dans la Gaule , attaqua Gérontius et Maxime, les défit complètement et les força de prendre la fuite.
Tr*it40 Dans ce chaos de guerres civiles, d'invasions, courage et j^ trôucs aussi promptemeut renversés qu'asur-
mort de ce i • vi
général, pés, unc foule d'exploits et de crimes sont tombes et ont dû rester dans l'oubli ; mais l'histoire a conservé le souvenir de la dernière action de Gérontius , dont le courage éternisa le nom.
Poursuivi jusqu'aux frontières d'Espagne , il se vit entouré, dans la maison qui lui servait d'asyle, par un corps nombreux de Romains; il n'avait avec lui que sa femme , un Alain et quelques esclaves. JLeur communiquant son intrépidité , et décidé \ vendre chèrement les dernières heures d'une vie qu'il ne pouvait sauver , il se barricade , se défend avec opiniâtreté , et, se servant adroitement d'^ua tas de flèches qu'il avait amassées, il prolonge toute la nuit cet étrange combat , et fait tomber trois cents assaillans sous ses coups.
Lorsqu'il n'eut plus d'autres armes que son glaive, ses esclaves le quittèrent, en franchissant les murailles ; il resta seul près de sa femme qu'il ne voulait pas abandonner. Le soldat alain se dévoua aussi à la mort avec lui. Au point du iQur
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tes assiégeans mettent la feu à la maison ; Gërontius alor» y cédant aux vœux de son épouse et de 1^ Alain, les poignarde , et s'enfonce ensuite son ëpëe dans le sein.
L'usurpateur Maxime ^ atteint dans sa fuite, fut conduit & Rome et décapité*
Cependant Ataulphe , indigné de la trahison d'Honorins, avait rendu la pourpre k cet Attale , jouet du sort et des barbares. Honorius, que (out péril faisait changer de résolution , rompit si>n air liance avec Constantin, et ordonna an général Constance de le loi livrer. Les Francs prirent alors les annes, et accoururent près d'Arles pour défendre Constantin. L'heureux Constance les vain* qutt : Ébodis, leur généra), périt victime d'une conjuration. Constance récompensa le courage d# ses soldats vainqueurs , profita de la trahison et punit le traître par n» juste supplice.
Constantin et son fils Julien, sans armée, san» Monde
CoDstanlin
appui, se livrèrent eux-mêmes à Constance, q«i étde»onfiu ks envoya près de Pempereur. Le vil Honorîus les ^'****'"fit mourir.
Un antre gnerrier lui disputa encore la coa* ronne. Jovimis fut revêtu de la pourpre par le» Alains et parles Bomf^ignona. Lear» force» nom-» breuses obligèrent Constance à se retirer } mena Ataulplie, qui sacrifiait tous se» ressecrtimens à son amour pour Plaeidîe, ayant abandonné Attale , vainquit et tua Sauru», ré?olté contre lui , marcha contre les Alains et les Bourguignons , le» battit ^ et chasaade la Gaule Jovinus et Sébastien son frère.
Attale, livré à Honorius, fut exposé dans Rome