‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 39 sur 46 · HISTOIRB · texte numérisé non relu

HISTOIRB

donna tout son bien à ses deux fils, préroyant qu'Athënaïs , avec tant de grâce et de talens j n'aurait pas besoin de fortune. La jeune Grecque ne pensait pas comme lui ; après la mort de son père, <dle réclama une part de son héritage , et porta ses plaintes à Pulchérie*

Cette princesse , frappée de ses charmes et de son esprit, la crut digne du trône. Théodose, curieux de la connaître, yint déguisé chez sa soeur, y vit la belle Athénienne, s'enflanmia pour elle, et l'épousa. Elle se fit baptiser, et prit ayec le sceptre le nom d'Eudoxie. Ses frères , apprenant son élévation , et craignant sa vengeance , se cachèrent vainement. Athénaïs les fit chercher avec soin. On les Jui amena, et, loin de leur marquer aucun ressentiment, elle les éleva aux preaiiéres dignités de l'empire.

Conservant dans la grandeur les habitudes de sa jeunesse, elle' n'abandonna point l'étude, fit en vers la paraphrase de l'ancien Testament, écrivit la légende de saint Cyprien, et composa un panégyrique du grand Théodose.

Zélée pour son nouveau culte, elle entreprit le pèlerinage de Jérusalem, prononça un discours éloquent en présence du sénat d' Antioche , et , si l'on en croit les auteurs e<x:lésiastiques , elle rapporta de la Palestine les chaînes de saint Pierre^ le bras droit de saint Étîenifee, et le véritable por* trait de la Vierge, peint par saint Luc.

Diigrace et Daus uue maison priv^> l'union de denx femmes d'Eudoxie. ^* rare; cct accord est bien plus difficile dans un palais. Eudoxie, devenue ambitieuse ^ voulut goa-

I? rr

DU BAS-^£MPIRE. 5q5

verner Fempereur el l'erapîre. Pulchérie défendit son poavoirjlears discordes partageaient la cour; la sœur l'emporta sur Fëpouse^ Pulchérie triompha. La vertu d'Eudoxîe fut soupçonnée; la mort de Paulin, maître des offices, et Texil de Cyrus, préfet du prétoire d'Orient, annoncèrent la disgrâce de l'impératrice , qui les admettait dans son intimité.

Elle demanda la permission de se retirer à Jérusalem ; l'empereur la lui accorda* Poursuivie par la même inimitié, par le même' genre de soupçons qui l'avaient éloignée du trône, elle vit condamner au supplice deux ecclésiastiques, dont son amitié faisait le seul crime.

Irritée de cet affront, elle vengea leur mort par l'assassinat du comte Saturnin leur meurtrier. Cette TÎolence justifia l'accusation intentée contre elle. Après seize ans d'exil, elle mourut, protestant toujours qu'elle était victime de la calomnie.

La guerre recommença entre la Perse et l'empire; le désir de venger un grand nombre de chrétiens massacrés arma l'empereur. Après deux campagnes qui ne furent marquées par aucun événement décisif, quoique célébrées par des relations fastueuses, les deux cours conclurent un traité de cent ans.

L'histoire n'a conservé de cette guerre que le souvenir d'un seul trait, plus digne d'être retenu que beaucoup d'actions héroïques. Acasse , évêque d'Amyde, employa les vases d'or de son église au rachat de sept mille captifs persans, et les renvoya au roi de Perse , pour montrer à ce prince

Page 1