‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 41 sur 46 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Usurpation et mort de Jean , secreHaire d'Honorius. — Valcntinîen III est reconnu empereur. — Conduite de Th^odose II à regard de Yalentinien.— -Mariage de Valentinien et d'Eudoxie, fille de Thëodose. — Artifice d'Ae'tius contre Boniface. — Portrait et exploits de Gensëric. — Défaites et mort de Boniface.

— Disgrâce et fuite d^Aëtius. — Histoire des sept dormans. — Apparition d*AttiIa« •— Son inrasion en Perse. — * Échecs do Tbëodpse. -^ Paix entre Tbéodose et Attila. — Ambassade de 7'hëodose k Attila.-^Tentatiye de conspiration contre Attila.

— Mort de Thëodose. — Avënement de Pulchërie au trône. — -

— Mariage de Pulchërîe et de Marcîeii. — Ae'tius reparaît à la tête des Huns. — Guerre ^et ensuite paix entre Aétius et Thëodoric . fils d^Alaric. — « Cruauté de Genséric. -— Invasion d'Attila dans la Gaule. — Bataille de Cbàlons. — • Mort do Théodoric. — Défaite dWttila. — Siège et prise d'Aquilée par Attila. — Habite tactique d'Aétius. -— Lâcheté de Valentinien,

— Son ambassade à Attila. — • Paix entre Attila et Yalentinie»» >— Mort d* Attila. — » Ses funérailles. — Démembrement de 80^ empire. — Perfidie de Valentinien* — Mort d'Aétius. •— Honteux excès et mort de Valentinien^

En occident, VALENTINIEN IH et PLA- CIDIE SA mère; en orient « THÉODOSE II ET PULCHÉRIE SA MERE î MARCIEN. Dans

X.E8 DEUX EMPIRES y AÉTIUS , GENSÉRIC , ATTILA, THÉODORIC. (An 425.) n.»n-

tion et mort

DÈS qu^on sut à Constantinople la mort d^Hono- ^\'l^^l^' rîus , Fempereur tfOrient y ou plutôt Polchërie y 4'Honoriu*.

envoya en Dalniatie des troupes chargées de conduire en Italie Placidie et son fils Valentinien. Aspar » qui s'était distingué d^ins la guerre de Perse, les escortait et commandait l'armée de terre* Son père , Ardaburius , dirigeait la flotte. Us apprirent dans leur route que Jean , l'un des favoris et des secrétaires d'Honorius , s'était emparé du trône d'Occident; les vaisseaux grecs furent dispersés par une tempête. Le grand amiral Ardaburius tomba dans les fers de l'usurpateur j mais, loin de se laisser abattre par ce revers , du fond de sa prison, il souleva en sa faveur les troupes italiennes qui compobaientla garnison d'Aquilée. Jean, abandonné et livré par elles, fut exposé sur un âne aux buées de la populace , et décapité sur la place pu-* bliquet Valentinien IH fut reconnu, sans oppoaireconnu tion , empcreur d'Occident, l'an %ibi. * c3*«?uae Théodose, informé des succès de ses généraux, Théodos«u Jes célébra pî^r un triomphe bien différent des an^ vaien'iwcw ciennçs solennités. M^trohant à pied> à la tête du peuple , depiiis l'hyppôdrome jusqu'à la cathédrale, il chanta des ps^^umes, et se montra ainsi plus digne de la chaire que du trône, Il aurait pu disputer l'empîre d'Oçcideat à l'enfant de Placidie j mais il préféra la paix , dans un état borné , aux risques d'une guerre civile , et , soit par une cuite de son indolence naturelle , sqit par soumission aux pa()ifiques conseils de Pujchérîe , le patricien Hëlion se rendit en son iiom i Ron^e, salua, en présence du sénat romain, Yaleinticien IIJ Au» guste , et le re vêtit de la pourpre^

P^r uq traité conclu , on arrêta k mariage du

VulfnlU

DU BA8-EHPIRE. 5qJ

jeune empereur avec Eudoxie , fille de Théodôse »iariag«da et d^Athénaïs. L^lyrie fut cëdëe à Pempereur ^^"fZ^ d'Orient : par ce même acte, l'unité du moud^ ro- <ïo«e * ***« main cessa totalement d'exister. Un ëdit solennel déclara que les lois d'an empire n'auraient plus de force dans l'autre.

L'Orient et l'Occident se trouvèrent ainsi gou- Ternes par deux femmes ; mais Placidie, plus ambitieuse que Pulchérie , livra son fils aux volupfës pour l' éloigner des affaires , et conserva le pouvoir suprême pendant trente-cinq ans. Deux généraux Artifice habiles commandaient ses armées, Aétius et Boni- contre bo< face. I^e detnier soumit l'Afrique, et défendit '^^^*^®' Marseille ; Aétius se rendit célèbre par la défaite d'Attila. Leurs grandes actions jetèrent encore quelques rayons de gloire sur les Romains. Si leur union avait duré , elle aurait probablement sau?é l'empire ; leur discorde en prépara la chute.

Aétius , jaloux de son collègue, le rendit sus-^ pect à Placidie, et détermina cette princesse à le rappeler d'Afrique. En même temps , par un condamnable artifice , il le fit avertir secrètement que le supplice l'attendait , s'il obéissait , et il persuada à l'impératrice que la désobéissance de ce général prouvait sa révolte. Boniface, se croyant perdu, -flétrit sa gloire, trahit sa patrie^ appela les Vandales à son secours , et conclut une alliance avec leur roi Gonsaric. Ce roi mourut et fut remplacé par le terrible Genséric son frère.

Ce prince, que le ravage du monde rendit ce- Portrait et lèbre, comme Alaric et Attila, renfermait, dans Genséric * un corps petit et contrefait, une vaste ambition

qu'aucun scrupule n'arrêtait , qu^aacune proie ne rassasiait. Dissimule, sanguinaire, intrépide, ennemi du luxe , la vengeance ëtait le premier de ses plaisirs : fëcond en ruses j audacieux dans ses plans, prompt à les exécuter, il savait également répandre la terreur par ses armes et la discorde par ses intrigues.

Avant d'entreprendre la conquête qu'il méditait , il battit les Suèves en Espagne, les poursui-* vit jusqu^à Mérida, et fit périr dans un fleuve leur armée et leur chef.

Après cette victoire, il s'embarqua et descendit en Afrique. L'armée vandale, grossiepar des Alaius par des Goths, par des transfuges romains, ne s'élevait cependant qu'à cini|uante mille hommes; mais Genséric augmenta ses forces , en s' alliant avec les Maures , et en protégeant les donatistes persécutés. Saint Augustin dut regretter alors de ne pas s'être montré pour eux moins intolérant*

Boniface n'avait demandé que des secours ; Genséric parlait en maître. Le générai romain se repentit de sa révolte et se réconcilia avec Placidie, qui venait de découvrir la perfidie d'Aétius. Le général, revêtu de nouveau du commandement des troupes romaines , marche sur Carthage , s'en empare et propose la paix à Genséric , qui refuse Défaite» de traiter. Bientôt les deux armées se livrèrent une

•t mort de ' , , ,

Bontfact. sanglante bataille ; Boniface fut vaincu et perdit ses plus braves soldats. Toute l'Afrique devînt la proie de l'avidité des Vandales , de la férocité des Maures : cette vaste et fertile contrée , qu'on regardait alors comme le grenier du monde , vit

DÛ BAS -EMPIRE. Zqq

ses champs ravagés, ses arts et ses monuroens détruits, ses villes incendiées, ses citoyens livrés à Pesdavage et aux tortures. Carthageet Hyppone restaient seules debout au milieu de ce beau pays changé eri désert.

Boniface, assiégé dans Hyppone, est encouragé ^ dans sa résistance par les conseils fermes et les consolations pieuses de saint Augustin. Ce saint prélat meurt en pleurant les malheurs de sa patrie. Le siège dure quatorze mois; enfin les Vandalesy vaincus par l'opiniâtreté des assiégés, s'éloignent*

Aspar amène de Constantinople des vaisseaux et des troupes ; Boniface , de nouveau à la tête d'une grande armée , tente encore le sort des armes ^ mais la fortune trahit son courage ; il est battu j Hyppone est prise , et l'Afrique est perdue sans l'etour.

Ce général, vaincu, revint àBavenne. Placidie ne voulut punir ni sa faute ni ses malheurs , ne.se souvint que de ses services , et lui rendit sa confiance. Aétius , jaloux de son crédit , et résolu de le renverser, quitta la Gaule et descendit en Italie à la tête d'une armée de barbares : Boniface courut à sa rencontre , l'attaqua , le défît > mais revint mortellement blessé de la main du rival qu'il avait vaincu.

Placidie , pour venger sa mort , déclara Aétius i>î«r*«« ennemi de l'état. Après avoir tenté vainement de d'Aétiu. se défendre dans quelques forteresses de ses domaines y il se sauva chez les Huns. Ce fut ainsi que Rome perdit deux généraux habiles^ ses derniers soutiens.

Carthage, abandonnée, ne succomba cependant qu'après huit ans de résistance. Enfin Gen série conclut la paix, en laissant àValentinien l'illusoire souveraineté des troisi M auritanies.

Le roi vandale était le fruit d'une union illégitime. Redoutant les prétentions des fils de Gondéric son frère , il les fit noyer avec leur mère. Ce fut après ce meurtre qu'il s'empara de Garthage y l'an 459 , cinq cent quatre-vingt-cinq ans après la victoiref de Scipion. On nommait cette cité la Rome d^ Afrique. Elle se montrait l'égale de celle de l'Italie , en grandeur , en magnificence , en richesse, en commerce. On y jouissait de toutes les douceurs d'une longue civilisation. Uîi bois épais , situé au centre de la ville , offrait à ses habitans un frais ombrage , pour les garantir de l'ardeur d'un climat brûlant.

Les Vandales livrèrent cette riche cité au pillage , et contraignirent tous les citoyens , qu'ils épargnèrent, à leur céder leurs terres, et à leur livrer leurs trésors. L'Italie et TOrient se trouvèrent peuplés de sénateurs fugitifs et de patriciens naguère opulens comme des souverains, et qui se voyaient réduits à demander l'aumône.

Histoire Cc f ut daus cc temps de destruction , de çala- 4ormus. mités, quc quelques écrivains ecclésiastiques , qui substituaient des fables nouvelles aux anciennes, racontèrent ainsi l'histoire merveilleuse des sept dormans.

« Sous Fempirè de Décius , disaient-ils , sept » jeunes nobles d'Êphèse, chrétiens et persécutés, » se cachèrent dans une caverne pour éviter la

DU BAS -EMPIRE. 4oi

» inort : le tyran la fit murer. Dieu, protégeant » ces jeunes martyrs, les plongea dans un profond » sommeil qui dura cent quatre-vingt-sept ans, » et qui finît lorsque Pulchérie et Thëodose it » occupaient le trône d'Orient, A cette époque, » Adolius, propriétaire de la montagne où se » trouvait cette caverne , en fait extraire des pier- » res pour construire un bâtiment. Le jour pénètre » dans le souterrain. Les sept dormeurs s'éveîl— » lent , croyant ne s'être reposés que quelques » heures. Jamblîus, Pun d'eux , se charge d'aller » à la ville pour y chercher du pain. H ne recon- » naît plus ni l'aspect de la contrée , ni les traits » de ses habitans; il approche d'Ephèse , et voit, î> avec autant de joie que de surprise, la croix » briller sur le faîte des temples. Entrant chez un » boulanger, il étale pour le payer plusieurs pie- » ces de monnaie, frappées au coin de Décîus. Le ^^ » ÎK)ulanger s'en étonne, les voisins accourent, » la multitude s'attroupe; on le traîne devant le » juge, croyant qu'il a découvert un trésor. Son » récit paraît une imposture; cependant on envoie » chercher ses compagnons. La candeur de leurs )) réponses, les détails de l'histoire qu'ils racon- » tent , et l'accord qui règne dans leurs discours, » persuadent les plus incrédules; enfin le peuple, » les magistrats , l'évêque et l'empereur Théodose » lui-même, convaincus que ces hommes saints » sonam cillaient en effet depuis prés de deux sîè— » clés, s'humilient devant la puissance de Dieu, ■» et se prosternent aux pieds des sept martyrs qui » expirent tous ensemble , après avoir donné leur

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