‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 42 sur 46 · TOME y II. 5i · texte numérisé non relu

TOME y II. 5i

io2 aisToiRi;

» bënëdictîon aax spectateurs de cet inconceTa-r » ble prodige* 1»

Jean de Saixigaes écrivit , deux ans après la mort de Théodose^ jl'histoîre des sept dormans. Gré? goire de Toutes la traduisit^ on trouve lears noms jdans les calendriers romains , grecs et abyssiniens j et comme les contes trompent et plaisent dans tous les lieux, dans tous les temps y et se mêlent à tous les cultes» Mahomet, trouvant cette fable ingénieuse 9 l'adopta dans son Koran.

Apparition Ce qui malheureusement, loin d^être fabuleux. U€ fut que trop réel , c'est la puissance colossale du barbare Attila 9 qui ravagea le monde ^ et se glorifia d'être appelé le fléau de Dieu* Cet orage effroya* ble, qui, sans le courage des Fi'ancs^ la râleur de Mérovée et l'habileté d' Aétius , aurait soum.is le globe à un joug plus absurde et plus humiliant que celui qui pèse de nos jours sur lespeuples africains, dura près d'un siècle, depuis SyG jusqu'à 465. Aucune irruption de barbares ne laissa sur son passage plus de ruines. Les Huns faisaient consister leur gloire à détruire , et c^était en changeant les contrées , conquises par eux , en de vastes solitudes, qu'ils voulaient signaler leur nom et aflFermirleur puissance. Lesgémissemens de ceux qu'ils opprimaient étaient à leurs yeux d'insolens raur- ^mures , dont leur orgueil féroce s'oifensait : le bruit des chaînes de leurs captifs, et le silence des tom- .beaux , pouvaient seuls satisfaire leur soif de dominer*

Lorsque, se précipitant des extrémités de l'Orient vers l'Occident, ils eurentchassé devant eux

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le» GotlMT et ks Vandales, la dmsion s^ëtablit parmi eux, et Ton pnt espérer un moment que leurs discordes en délivreraient la terre. Leuréi difiFërens chiefstains se livrèrent des combats san^ glans. Quelqués-*uns s'alliaient aux Goths, d'au-* très prêtèrent leurs armes aux Romains; le grand Théodose lui-même avait compté parmi ses gêné- . raux un roi des Hiin».

Plus tard , les Bavarois , et trois autres nàtîorts aUeinatides, dont leurs dissensions ranimaient le tourâge, secouèrent le joug de ces sauvages eonquérans, L^empereur Théodfose II fomentait se*crètement cette révolte. Rugîlas, qui gouvernait alors là plus nombreuise tribu des Hutisi, et doitt lés autres reconnaissaient, quoiqu^à regret, la prééminence, m:enaçaPempîre d'Orient d'une invasion. Théodose efifrayé envoya des ambassadeurs pour apaiser ce farouche guerrier. Us trouvèrent Itngilàs mort. Attila et Bléda, ses neveuix, lui avaient succédé. Ils reçurent les ambassadeurs dans la plaine de Margus en Mœsie; et, suivant Fancienne coutume de ces barbares, ils restèrent achevai pendant la conférence ouverte pour la jpaix.

L'empereur se vît obligé de souscrire aux conditions humiliantes qu'on lui dictait. Il augmenta le tribut qu'il devait payer aux Huns , leur accorda un port franc sur le Danube, et raionça i^olennellementà toute alliance avec leurs ennemis.

Ce fut à cette époque que les Grecs et les Romains virent pour la première fois le redoutable Attila. Ce prince, fils de Mondone, offrit à leurs

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regards rhorribl^ figure d'un Calmom^k, unê'têU large) un teint basané, un ne» apUti) une taille courte et carrée, et un regard à la foia fs^ofi et fé^ roce. Il s'était déjà fait remarquer par aa cruauté et par sa passion pour la guerre y dans laquelle il déployait plutôt les talens d'un général que la va*» leur d'un soldat. On ne lui reconnaissait qu'une "yertu, la fidélité à remplir ses engagemena; i] était esclaye de sa parole.

Né pour dominer, il s'était habilement serti de l'ignorance supeirstitieuse de ses sujets qui le croyaient plus qu'un homme* Un pâtre , s' étant aperçu qu'une de ses génisses s'était blessée au pied, et cherchant la cause de cet accident, découvrit une pointe d'épée qui sortait de la terre. Il creuse le sol, il en tire nn glaive qu'il porte au roi. Attila sut persuader à ses peuples qu'on avait retrouvé l'épée de Mars , et que cette arme divine lui donnait des droits incontestables à l'empire de l'univers. L'épée de Mars devint Tidole des Huns. Us l'entourèrent d'offrandes , .et lui dévouèrent, comme yictimes, la centième partie des captifs qui tombaient daxis leurs mains.

Tous ces guerriers du Nord, qui avaient épouvanté l'Europe et l'Asie, tremblaient devant At- tila } et , convaincus de sa divinité, ils disaient que leurs yeux ne pouvaient soutenir le feu de ses re^ gards.

Attila , qui .n'eut de commun avec Romulus qu'un crime, commença son règne contme le fondateur de Rome, par l'assassinat de Bléda son frère. Après avoir dompté toutes les tribus de sa

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naiioiii toutes les hordes de la Scythie, il subjugua <)ii peu d'auBJes tous les peuples germains I se ven^r dit miaStre d^s «outrées belliqueuses de la Scan-? dinaviei et répandit la terreur dam l'ame des Gaulois et des Bourguignou$» Ou le reeonuut enfin comme le monarque de tous les barbareSf Les limites de son vaste empre étaient le Volga , le Danube^ la mer du Nord, te Rhin et les Alpest Il était également redouté comme guerrier et comme magicien»

Ardaric, roi des Gépides, Valamir^ roi des Ostrogotbs , abaissant leur couronne k ses pieds ^ s'honoraient d'occuper dans son conseil les places de ministres* Om voyait « rangés en faade^ dans son palais rustique ) comme gardes de sa personne , ^t même comme domestiques, une foule de priuces et de chefs de tribus, qui avaient rassemblé leurs peuples sous ses drapeauj&j et, si l'on eu croit les historiens du temps* son armée s'élevait après de huit cent mille hommes*

. Une d>^ ses divisicms fit une invasion en Perse ; sbn elle étendit a»» ravages jusque dans la Syrie. Lors^ peno. que l'empereur d'Orient voulut reconquérir VA* frique, que Berne aivait perdue, Attila, cédant au3( vosux de Genséric, menaça d* ii guerre Théodose II, et, par cette diversion, sauya les Vandales*

On ne pouvait conserver long-temps la paix avec ttu peuple qui n'était qu'une armée. Les Huns prétendirent que le traité de Margus était rompu ) et qu'on leur avait volé , dana le port frane du Danube, un trésor appartenant a l'un de leurs

invasion en

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chefs : ils exigèrent qu'on lear rendît cet argent , et qa'on leur lirrât l'ërèque de Margus. La cour de Byzance refusant de redresser ces griefs, la guerre fat déclarés. Les Mésiens, craignant la futeurdes barbares, pressaient virement l'empereor décéder & l'ori^e; et , pour se mettre eox-mémea à l'abri des ravages qu'ils redoutaient, ils formèrent le dessein de livrer l'érèqQe de Margus aux barbares.

Celui-ci en fut informé, sacrifia ses devoirs et son pays à sa sûreté, traita secrètement avec Attila , lui livra sa ville , et ouvrit ainsi les barrières de l'empire.

Aussitôt les Huns, comme un torrent furieux, se répandent dans la Moesie, la dévastent, détruisent toutes ses forteresses , livrent aux flanunes Syrmich ,Neis9e , Sardica , Martianopolîs , et changent en désert toutes le^ contrées situées depuis le Pont-Euxin jusqu'à l'Adriatique.

{ciieci de '^^^ calamités ne purent décider le faible Thé»- ThcadMa. j^gg à sortîr de SOU paUis, àquitler seschapclets, à suspendre ses processions. Incapable de combattre , il chargea des généraux sans talens de rassembler ses armées. Ceux-ci perdirent ane bataille prèsdu Danube , une seconde au pied du mont Hémus, et virent détruire, dans une troisième défaite, les restes de leurs forces, qui devaient défendre la Chersouèse de Tbrace.

Attila ravagea la Macédoine, br&la soixantfrdix villes, et s'avança jusqu'aux faubourgs de Constant inople. Les murailles de cette viUe et celles d'Andriaople l'arrêtèrent ; il ne 'saratt

DU PAS -EMPIRE* 4lOJ

que combattre en plaine, et ignorait l^art deci aiéges.

Tant de revers jetaient l'Europe et TAsie dans la consternation. Ce n'étaient point les maux or^ (din^ires , que la guerre entraine à sa suite , qui gla^ çaieut alors les esprits de terreur; on était menace d'une destruction totale. Tout homme en âge de servir tombait sous le fer des barbares ; les vieillards et les femmes se voyaient tous réduits en es-clavage; leur faiblesse même ne les garantissait pas toujours de la mort ; et lorsque le nombre trop

^ grand de ces captifs embarrassait le vainqueur, ils étaient immolés sans pitié.

Cette foule de Romains, dispersés chez les bar* bares, ne put les adoucir ni les civiliser. Ces guerriers farouches méprisaient les sciences ,.et sur-tout .celle des lois. Les artisans leur apprirent quel- .ques métiers ; les médecins s'attirèrent leur respect ; les prêtres en convertirent plusieurs : mais ,

. comme la plupart des pontifes grecs étaient attaché^ à l'arianisme, ce fut cette hérésie qui se ré— , pandit parmi les conquérans du Nord.

Théodose II , que , suivant la coutume , on nom- p«« ««*»■«

-. ^ . • 1 • 1 9 • Théodose cl

mait tou) ours Auguste , et qui prenait le titre a in- auîu. yincible , n'avait plus d'armée à opposer à ses ennemis. Trop lâche pour tenter de réveiller le courage de ses sujets, il ne sortait de son palais que pour aller à l'église. Incapable de combattre Attila, il implora sa clémence, et signa une paix honteuse. Par ce traité, la cour de Byzance céda aux Huns un vaste territoire situé au raidi du Danube , depuis Belgrade jusqu'à Nova, en Thrace^

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et s'assujettît k payer un tribut annuel de deux mille cent livres d'or , ainsi que six mille livres pour solder les fra^s de la guerre. L'épuisement d€6 peuples et les infidélités des receveurs de Pimpât rendirent le paiement de cette contribution lent et difficile.

Alt milieu de ce découragement des armées , de «es terreurs de la cour, de cet opprobre de Tempire, une petite title de Thrace, Asymus, se montra romaine. Ses habit ans, ne voulant pas re^ connaître une paix humiliante , sortent de leurs murs, attaquent les Huns, se grossissent d'an grand nombre de déserteurs et de captifs, en forment une armée, livrent bataille atax barbares, les défont et les contraignent de sortir de leur territoire. \

Sur les plaintes d'Attila , Théodose voulut obliger les Asymontains à exécuter le traité. En hom- ^Bes généreux, résistant à la cour comme à l'eniiemi , ils répondirent que jamais ils ne pourraient regarder le déshonneur comme une loi. Attila et Théodose cédèrent à leur fermeté.

A»b«gMd« Un ^g articles de la paix obligeait l'empereur « Ailiu. H livrer au roi des Huns tous les Allemands , tous les Goths, tous les Scythes qui avaient déserté ses drapeaux pour entrer dans les troupes impériales. Les Romains ne pouvaient se décider à sacrifier , "à dévouer à mi supplice certain tant d'officiers doiit le courage avait brillé dans leurs légions. LMmpitoyable Attila pressait l'exécution d'une disposition si dure. Théodose lui envoya une ara- ; bassade , dans l'espoir de le fléchir. U cherchait à

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gagner Constance, secrétaire d'Àtlîla, qui , pour prix de sa condescendance , exigea qu'on lui don-nât pour femmeune dame romaine j distinguée par sa naissance et par sa beauté ; la veuve du générât Armatius fut la victime qui se dévoua , dans cette circonstance 9 au salut d'un si grand nombre de guerriers. '

L'historien Priscus et Maximin , ambassadeurs de Théodose , se rendirent près d'Attila. La relation de ce voyage, par Priscus, fait connaître, avec détail, les mœurs de ces farouches conquérans. Le temps n'était plus où les envoyés romains dictaient des lois aux monarques, et traçaient autour d'eux, avec leur baguette , un cercle dont ils ne pouvaient sortir, avant d'avoir juré d'obéir aux maîtres du monde. Les envoyés de l'empereur,reçus avec une fierté dédaigneuse, éprouvèrent des humiliations qui vengeaient enfin tant de rois , si long-temps abaissés par l'orgueil romain. On les fit attendre plusieurs jours , avant de leur per-» mettre d'approcher de la résidence de leur vainqueur. Quel spectacle pour des hommes récemment sortis de Gonstantinople , de cette cité où. presque toutes les maisons étaient des palais, où brillaient tout le luxe de l'Orient et tous les arts de la Grèce !

Les ambassadeurs d'un César, d'un Auguste, arrivant supplians dans le village royal d'Attila, dont le palais n'était qu'un bâtiment rustique , en bois, entouré de palissades et de quelques tourelles» Us traversent une foule de gardes , couverts de vêtemens magnifiques enlevés aux Grecs et aux Ro-- ToME vu. 52

4lO HISTOIRE

maires y et sont contraints de se courber devant an homme vêtu comme un simple Tartare , sans ornemens , et dont le trône n'était qu'une chaise grossière.

Le9 envoyés exposèrent avec dignité l'objet de leur mission 9 employant ces phrases orgueilleuses et ce langage pompeux , consacré par d'antiques coutumes ) mais qui convenait alors si peu à un peuple abattu et dégénéré. Attila ne répondit à leurs discours que par des menaces* « Croyez-vous, ». leur dit- il, qu'une seule ville de votre eQipire » puisse prétendre à subsister, lorsqu'il me plaira » delà détruire? » Cependant, après cepremieif mouvement de colère , il s'adoucit pour eux y lear donpa quelque espérance , et les invita à un grand banquat.

Il avait aussi près de lui des envoyés de Yalentinien. Les ambassadeurs des deux empires furent placés , à ce festin , au - dessous de quelques pe* tits princes barbares* Pendant ce long repas, sui- "cant la coutume du Nord, on força les convives à boire avec excès; et, pour varier leurs plaisirs, o^ fît jouer devant euxf quelques scènes comices par des bouffons; on fit combattre, en leur pré* sj^nçe, des çâiptifs piaures ; et dres guerriers scy thés célébraient par leurs chants les victoires d'Attila» Les fecquiesdc ces barbares y'pX^s libres que celles de l'Orient, étaient adoiises aux festins, et les épouses d'Attila conversaient familièrement a^veo les étrangers;.

. Le roi des Huna avait envoyé près de Théodose un. ambassadeur nommé* JÉdécon. Pulchérie cosk

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««rrait alors peu de crédit à la conr d'Orient. L^eunuque Chrisaphias, depuis quelque temps, gouvernait l'empereur. Ce vil ministre, de con- Tentat^r* cert avec un de ses amis , nomme f^igiliuè , essaya ^onTontn de corrompre Édëcon , pour l'engager à tramer ^^^»' une conspiration contre la vie d* Attila ; Édécon feignit d'y consentir. Théodose , malgré sa piété , approuva ce complot meurtrier. Cependant Édécon informa son maître de. cette trahison. Attila , plus généreux que les Romains de ce temps , dédaigna d'exercer une facile mais injuste vengeance sur les ambassadeurs qu'il avait entre ses mains.

Cependant Yigilius , qui avait servi d'interprète à ces ambassadeurs, et qui depuis était retourné à Cons,tantinople , revint au camp d'Attila , portant avec lui les trois cents livres d'or promises aux cons« pirateurs. Attila le fit arrêter, lui fit tout avouer, lui laissa la vie, et envoya une nouvelle ambassade à Constantinople. Eslaw et Oreste étaient chargés de cette mission. Lorsqu'ils furent admis à l'audience de l'empereur, Eslaw dit à ce prince : « Voici ce que mon maîti^e m'a chargé de voua » faire savoir. Théodose et Attila descendent tout )> deux de noble race. Attila, par ses exploits, a » soutenu la dignité de ses aïeux : Théodose, par » sa faiblesse, s'est montré indigne des siens; il » s'est dégradé ainsi que son peuple , en consen- » tant à payer au vainqueur un tribut honteux. » Par là , il a solennellement consenti à devenir le » serf de celui que la gloire et la fortune ont placé % au-dessus de lui. Il devrait , comme un iiijet

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» fidèle, lui obéir et le respecter, au lieu de cons» » pirur, comme un vïl esclave, contre son maître.» Le descendant du grand Tbéodose, assis sur son trône d'or, et qui u'arait jamais entendu que les Bccens de la flatterie, se vit forcé d'écouter, avec autant de confusion que de frayeur, les paroles sévères et la juste réprimande que, du liant de sa chaise de bois, le sauvage Attila lui adressait. Il rougit, se déconcerta, trembla, ne put répondre, livra aux ambassadeurs son eunuque Chrysaphius , et, pour apaiser Attila, choisissant les plus grands personnages de sa cour, lui envoya comme ambassadeurs Noiiimius et Anatolius , tous deux consulaires; l'un grand trésorier, et l'autre maître général des armées.

Ce qui doit paraître étrange , et ce qu'expliquent cependant les faiblesses de l'amour-propre bumain, c'est qu'à celte époque même, on l'empire déchu de sa grandeur se voyait sans défense , livré aux invasions et aux outrages des barbares , le souvenir de la gloire romaine, le titre de consul, la mémoire de tant de puissance et de tant de triomphes inspiraient encore quelque respect. Le choix des ambassadeurs flatta l'orgueil sauvage du roi des Huns. Radouci par cet hommage, il vint audevant des envoyés de Théodose , lui pardonna , fit grâce même k l'eunuque et à l'interprète, rendit à l'empire plusieurs villes , mit en liberté un grand " Jmbre de captifs , cessa d'exiger qu'on lui livrât s déserteurs, conclutla paix, et reçut, ppur prix i la tête d'un vil eunuque, d'énormes tributs qui rasaient l'empire, et qui auraient su£Q à l'empe»

DXJ;BÀS-EMrmE. éi5

reorpouï payer une guerre glorieuse, au lieu d'acheter une honteuse paix des barbares.

, Peu de temps après la signature de ce traité j Morid«^ Fan 43o, Théodose, en se promenant, fut ren* Tersé par son cheval dans le Lycus , se brisa Fépine du dos et mourut la quarante-troisième année de son règne, et la cinquante -troisième dç son $ge«

Il fallait, pour relever Fempire, un caractère ATénemem héroïque; les grands, Parmée, le sénat et le peu- rieautrône. pie placèrent Pulchérie sur le trône, et la proclamèrent impératrice. Ce fut pour la première foi» que l'on vit une femme régner sur les Komains.

Elle commença son règne par un acte de vengeance, qui en eût été un de justice, si elle avait suivi les formes de la loi. L^eunuque Chrysaphius, sans être jugé, fut décapité à la porte du palais« Xie courage et les talens de Pulchérie la rendaient digne de régner ; mais le gouvernement d^une femme, contraire aux coutumes, pouvait exciter le mécontentement. Cette princesse ne voulut p^*J^*8e,*ie point s'y exposer : elle épousa un sénateur estimé , de Marcien. nommé Marcien , âgé alors de soixante ans , le revêtit de la pourpre, et l'obligea de jurer qu'il respecterait constamment son pouvoir et sa chastetés

Marine et Arcadie, sœurs de l'impératrice, avaient , comme elle , fait vœu de virginité; tontes trois écrivirent ce vœu sur des tablettes enrichies de diamans , qu'elles portèrent en offrande à l'église de Sainte-Sophie. Tout homme , excepté les prêtres, fut depuis ce temps exclu de leur présence; leur palais devint un monastère et leur cour une communauté religieuse.

4^4 HisTonlÉ '

Marcieti jostifia le choix dé Pcilchérîe par II fermeté de son caractère^ par la sagesse de sa conduite. Né en Thrace, an sein d'une famille pauvre, il arait été dîk-neuf ans domestique, et ensuite compagnon d'armes des gënëraux Aspar et Ardabarius. Il se distingua sous leurs ordres en Perse et en Afirique. Son mërite lui attira l'estime générale; sa modestie le mit à l'abri de l'envie. Monte •or le trône, il reforma par de sages lois les abus et les actes d'une tyrannie dont il avait long-tempd souffert, et il se montra aussi doux pour ses peuples que fier contre ses ennemis.

Attila lui fit demander avec hauteur le paiement du tribut annuel auquel s'ëtait soumis Théodose. <( Le temps n'est plus , répondit Marcien , » où l'on offensait impunément la majesté de » l'empire. Je donnerai volontiers des subsides )» aux princes allies qui me serviront fidèlement; » mais je répondrai aux menaces avec des soldats, n du courage et du fer. »

Apollonius, envoyé en ambassade près du roi des Huns , lui tint le même langage. Le barbare furieux menaça de tout exterminer et d'effacer du mondé jusqu'au nom de Romain. Il écrivit en ces termes aux deux empereurs : « Attila, ton maître, » t'ordonne de faire préparer ton palais pour lé *» recevoir; il viendra bientôt t'y donner ses % ordres. »

Cependant, comme ce glierrier était encore plus habile que farouci»e, dès qu'il fut informé des dispositions que faisait Marcien pour le combattre, redoutant cette lutte avec itn empereur belliqueux,

DU BAS-BMPIB£. $1$

il le laissa en paix , déclarant qu'il ajournait la conquête de l'Orient jusqu'au moment où il se serait emparé de la Gaule et de l'Italie. U y marcha ^ mais le sort y ramenait un guerrier que d'abord il avait protégé, et qui bientôt, prenant les armes contre lui, l'empêcha d'exécuter sea vastes desseins, et servit de digue à sa fureur» .

Aétius s'était retiré chez les Huns après la mort^ de Boniface : mais , revenant bientôt plus terrible)) k la tête de soixante mille de ces barbar<^s, il inspira tant de crainte à Placidie, que cette princesse,^ n'osant le combattre, se livra totalement à cet ambitieux, et plaça son fils Yalentinien sous sa tutelle. Cette prudence, ou cette faiblesse, assura son repos. La cour de Kavenne fut délivrée d'un ennemi formidable^ et acquit un salutaire appui.

Aétius, trois fois consul, maître général dea. armées , exerça le pouvoir suprême sous le nom. de duc des Romains de V Occident. Yalentinien n'eut que le titre d'empereur, et jouit en repos de tou& les plaisirs d'une cour corrompue, tandis que. son géuéral supportait seul le poids des affaires,^ et soutenait l'empire sur le bord de sa ruine.

Ce guerrier était scythe de naissance. Son père, i^eparition nommé Goudeniius , avait épousé une Romaine, u tâu de« Dans sa jeunesse, Aétius fut envoyé comme otage,^***"* d'abord près d'Alaric , et ensuite dans le camp des Huns. Il dut sa fortune à sa force, à ses t^ilens, à sa beauté. On admirait son presse à tou» le& ex^cices, sa patience dans les revers, son courage au xoilieïu d€^. périls; on disait de loi qu'il était

également difficile de le tromper, de Te séduire et de FirUimider.

^ Hieureux dans les combats , habile dans les né-

gociations, il força les Vandales de respecter les frontières de l'Italie, protégea les Bretons contre les peuples du Nord, établit Pautorité de Rome dans une partie de FEspagne et des Gaules, vain-' quit les Suisses et les Francs , et les força à combattre, comme auxiliaires, sous les aigles romaines. Dans le temps de sa disgrâce, cherchant un asyle dans le camp d'Attila, il s'était intimement lié avec ce conquérant , et avait même laissé auprès de lui son fils Carpillo. L'épuisement de Fltalie , lorsqu'il prit les rênes du gouvernement , la faiblesse de l'armée, la détresse du trésor, l'obligèrent d^abord, malgré la fierté de son caractère,' à payer un tribut au roi des Huns, dans le dessein de retarder Papproche de l'orage dont il voyait rOccident menacé.

Profitant habilement des divisions qui existaient toujours parmi les barbares, sous le règne même du terrible Attila , il trouva moyen de s^attacher nn corps nombreux de Huns et d'Alains , dont il satisfit la cupidité, en leur cédant des terrains fertiles dans la Gaule, près de Valence et d'Orléans, Gnerre et Un autre péril exigeait encore tous les soins de cntrcVe^l* sa prudeucc, tous les efforts de son courage, La et Thcodo- domination des Goths en Aquitaine s'affermissait Uiic, chaque jour; après le règne glorieux de Vallia, fondateur de ce royaume , Théodorîc , fils du grand Alarîc, monta sur le trône, et sut régner avec <?clat. Loin de se contenter de ses .possessions'^ iF

PU BAS-EMflUE. 4 17

voulut s'etùparer de la province romaine , et investit la valle d'Arles. Aëtius le força d'en lever le siège ; mais bientpt les Goths et les Bourguignons y s'étant unis. contre Rome^ attaquèrent. les uns Narbg»nne et les autres la Belgique* Aëtius^ & la tête de sa cavalerie alaii;i^ et scyihe, défit les Bourguignons | en tua vingt oûUe p et donna à ceux qui échappèrent de ce comibat un territoire en Savoie. Dans le même temps, huit mille Gotlis, surpris et attaques, tombèrent sous les coups de .son lieutenant , le c^omte Lictotius, qui, par cette victoire, délivra Narbonne.

Après de si brillans succès, Aétius retourna em Italie; mais , pendant son absence , Lictorius , avec une troupe de Huns , tenta une entreprise ténvé^ raire sur Toulouse; Théodoric lui li^ra bataille, init ses troupes en fuite, et le fit prisonnier. Ce| échec Contraignit Aétius de revenir dans la Gaule* 'Ayant réuni ses forces, il marcha contre le roi.de» Goths. Lorsque leurs armées furent en pr.é«enee>, au lieu de combattre, ils négoci^el^t et cwK^liunenl la paix.

Théodoric , qui voulait civiliser ses peuples^ envoya ses fild étudier les beUes*lettres dans les écoles les plus renommées de la Gaule, cherchant; a faire peindre à ses sujets Thaibâiudede la guerre^ pour les attacher i il'.agrloiikUre e^ aux ^rts de là paix. Il crut assurer sa trpQ^nilUté^ len finonan^ des alliances avec les rois dont il pouvait redouter l'ambition. Ses deu& filles épousèrent, l'une le fils du roi des Huns, et l'autre le roi des Vaiidales* Le sort trompa ses vœux. L'aînée de ces princesses TOME vii« 53

. 4i8 msTonus

devint promptement veuve, son mari pérît victime d'une conspiration ; la seconde était réservée à de plus grandes infortunes.

criMvté d« Son beau-père , Genséric , roi des Vendales , Geucnc. j^^^jj^yg ^^ défiant , croyait tout ce qui Pentourait disposé, compae lui, au crime. Universellenient craint et haï , il redoutait tous ceux qu'il feiisait trembler. Soupçonnant sa belle-^fille de vouloir l'empoisonner , il lui fit couper le nez , les oreilles , et la renvoya, ainsi mutilée, à Théodoric.

Le roi des Goths, indigné de cette atrocité, jura de se venger d'un si sanglant outrage, et conclut avec les Romains un traité dont l'objet était de renverser du trône cet assassin , et d'enlever l'Afrique aux Vandales, intanon Genséric évita ce danger par une diversion. Ce dans u barbare , qui ne devait rencontrer par-tout que des ^*^*'' ennemis, trouva un allié digne de lui; il s'unit avec le féroce Attila. Le roi des Huns, sans perdre de temps, profita du prétexte qui s'offrait à son ambition, et, à la tète de sa nombreuse armée, il envahit la Gaule. Aucun obstacle n'arrêta d'abord . la course de ce torrent dévastateur.

La justice est si nécessaire aux hommes qu'elle est encore invoquée par ceux qui la respectent le moins, et, en commençant la guerre la plus injuste, les princes les plus ambitieux cherchent par des manifestes à tromper les hommes qu'ils oppriment, les peuples qu'ils moissonnent, et à leur persuader qu'ils ne s'arment que pour soutenir des droits lé^times. Le barbare Attila Jni^ même crut nécessaire , en passant le Rhin ^ de

DU BAS-EBIPIRÈ. 4l9

colorer son agression, en réclamant la main et la dot de la princesse Honoria, fille de Placidie^ qui s'était éprise pour sa gloire sauvage, et en annonçant le dessein de replacer sur le tr&ne des Francs le fils aine de Clodion, qui en avait été chassé par Méroyée; Depuis près^ d'un siècle les Francs occupaient la Toxandrie (partie de la Belgique), et les contrées situées sur les rives du Bas-Rhin. Ges peuples avaient cédé le droit de les gouverner à une famille qu^on nomma la famille mérovingienne» Quelques auteurs prétendent que le premier roi de cette race était ce Martmbaudus que nous avons vu servir avec éclat dans les armées des Romains, n paraît que le trône, héréditaire dans la famille , ne passait point directement à Faîne» Les Francs âiâaieht parmi les princes de cette maison celui qu'ils croyaient le plus digne de la cporonne. Lorsqu'il était éluf on le proclamait en Vélevant sur un bouclier, cérémonie qui rappelait sans douté à ces princes que leur puissance, fondée par les armes, ne pouvait être soutenue que par elles. Les princes de la famille mérovingienne portaient, pour se distinguer, une longue chevelurew On les appelait Reges criniti ( rois chevelus )» Tous les autres Francs se rasaient le derrière de la tète ; ils avuent de longues moustaches; on les distinguait des autres barbares par la hauteur de leur taille, par la fierté de leurs yeux bleus : ils portaient des habits étroits, et se servaient d'une lourde épée , unim-* mense bouclier les couvrait presque entièrement* Leur course ét^it rapide ; ils traversaient à la nage les plus grands fleuves ^excellaient à manier la

420 UISTOIRB

hache, à lancer le jàrélot, et ft^étaieut acqais par leurs exploits une^aude Féputation debrav^^ure. On croit génëralement que la nation de^ Er^p^^ était une confëdëration formée par dea-tiibaç sorties de différens peuples de la Gernumiey et qu'ils devaient leur nom à leur amour, powp la liberté*

Une autre confédération, sortie de la mêqie source, avait donné à ceux qui la compojsaient le nom à^ Allenuinds 9 probablement pour rappeler que c'étaient des hommes sortis de toutes les na** tions connues dans le Nx>rd.

Le premier des rois chevelus, dont .on ait citfi des conquêtes dans la Gaule^ était Clodion; il faisait sa résidence dans une forteresse nommée Diê-parguTn. Ce roi , voyant Rome occupée à lutter en Italie contre les barbares , et trouvant la seconde Belgique sans défense , s'empara de Cambrai et de Tournai. Il porta ses armes jusqu'aux rives de la Somme. Tandis que , fier de ses succès , il célébrait les noces de son fils, et que tout son camp se livrait à la débauche, qui, chez les barbares, était insé^ parable de pareilles fêtes, il se vit , pendant la nuit , au milieu d'un festin , iurpris et attaqué par l'infatigable Aétius. Les Francs, ploilgés dans l'ivresse^ n'eurent ni la force ni le temps de prendre leurs armes; les Romains renversèrent leurs tables, pil-r lèi^nt leur camp, s'emparèrent de leurs chariots^ et emmenèrent captives les princesses «t tottieale;^ femmes qui assistaient à ces noces..

Clodion , forcé de fuir , répara cet échec ^ réunit sa troupe , et combattit ai vaillamment Aétius | qu«

cet habile général ne put lui enlever ses conquèles^ dont Trêves et Cologne faisaient partie.

Lorsqi:ij& Clodion mourut , ses deux fils^e dis* putèrent le trône j Mérovée, le plus jeune, se ren*^ dit à Rome pour implcnrer la protection de Yalen-»tinien. Aétius traita ce prince comme s'il Tavai.t adopté pour fils, lui promit de puissans secours^ et le renvoya dans la Gaule avec de magnifiques prësens. Dans le même temps, son frère aîné sol-r lîcitait l'apptii d'Attila, qui, aur sa demande^ tntra dans la Gaule, promettant de lui rendre le sceptre que les Romains lui enlevaient.

L'autre motif, pour lequel Ajttila prétendait s'armer, devrait paraître plus romanesque qu'historique ; mais les passions rendent vrai ce qui souyent n'est pas vraisemblable. La princesse Honoria s'était laissé séduire par un chambellaû nommé Eugène. La sévère Placidie , sa mère , la bannit de sa présence et l'envoya i Constantinople. Honoria, vive et passionnée , «le put suppor<* ter la vie austère qu'on menait dans ce palais que Pulchérie et ses sœurs avaient changé en couvent* La renommée d'Attila séduisit son ardente imagination ; les mœurs sauvages des Huns , l'âpreté du caractère de leur chef, lui semblaient préférables aux rigueurs monastiques de la cour de Bysance» Au mépris de tous ses devoirs de femme , de prin* cesse et de Romaine, elle écrivit an barbare, lui envoya son anneau, lui donna sa foi et le conjura de la réclamer comme son épouse.

Dans les premiers momens, Attila ne répondit que par un fxroid mépris à cette démarche extra*

43S mSTOIEE

Tagante« Dédaignant les liens d'an chdste hyMen^ il prenait, et abandonnait plusieurs femnies au gré de ses caprices; et le palais rustique^ de c^ guerrier aaUTage^ semblable aux sérails des princes actuels de POrient , était rempli de beautés de diffétens pays y qui ^j voyaient traitées plus en esclayès qu'en épouses.

Cependant^ lorsque le roi des Huns forma le des* aein d'enyahir la Gaule, inspiré par son ambitieuse politique , et non par un frivole amour , il demanda aux cours de Rayenne et de Gonstantinople qu'on remit Honoria entre ses mains , et qu'on lui donnât pour dot une partie du domaine impérial. C'était renouveler les insolentes prétentions que jadis les Tanjoux , ses ancêtres, avaient osé former sur les princesses de la Chine.

Il éprouva le refus qu'il attendait : on lui déclara que la princesse était liée par d'autres nœuds, et que d'ailleurs, suivant les coutumes romaines, les femmes n'avaient aucun droit de succession à l'empire. La famille d'Honoria la força d'époiiser un hcmime obscur, et on l'exila dans une petite bourgade en Italie, où elle termina, au bout de quelques années, sa honteuse carrière.

Dès qu'Âttilà donna le signal de la guerre , tous les peuples barbares accoururent, à sa yoix, des côtes de la mer Baltique , des rives du Volga , des bordsduDanttbe,etse réunirent au confluent du Rhin et du Necker. Une troupe de Francs > conduits par le .fils aîné de Clodion, leur servit de guides. La Gaule consternée paraissait frappée de stupeur, et se montrait semblable, non à un guer**

DU BAS-^ËMPIRE. 42$ ^

lier qu'on attaqué ^ mais à une victime qçie Ton sacrifie ^ à un criminel qui reçoit et va subir sOii arrêt. ^

Leé historiens du temps ne.paJrlent de cette in-» Tasion que comme d'un incendie* Les barbares massacraient indifféremment les enfans, les femmes ^ les TieUlards. Un grand nombre de villes périrent dans les flammes. Metz tout entière fut j

détruite. La férocité des Huns n'y laissa çubsistei? qu'une petite chapelle. Les écrivaîiis ecclésîasti-* ques de cette époque, en racontant cejS désastres ^ né citent que les miracles qui, au défaut de soldats, arrêtèrent quelquefois la inarche de ces. dévasta- ,

teurs. Selon leur récit, les prières d'une jeune vierge de Nanterre, sainte Geneviève^ sauvèrent Paris, et parvinrent à en éloigner Attila. Le roi des Huns , ayant passé l'Yonne » près d'Âuxerre , vint camper sous les murs d'Orléans. Ce fut là , pour la première fois, qu'il trouva des portes fer* méea et des remparts défendus. ^

Le roi des Âlains avait secrètement promis de lui livrer les Romains et la ville. Ce complot fut découvert et déjoué. Saint Àignan , évêque d'Or-« léans , ranima le courage de ses concitoyens. La garnison combattit avec opiniâtreté, et donna le temps au brave Aétius de venir à son secours.

Le général romain avait conclu une allianceavec Théodoric, roi desVisigoths; tous deux maiç>chèr» rent .contre les Huns avec une armée nombreuse . que grossissait un grand nombre de guennersbour* guignons, saxons et ripuaires. On y remarquait sur-tout une foule intrépide de Francs que com-«

4s4 HISTOIRE

mandait Mëroyëe. Informe de lear approche , le roi dés Hans leva le siëge et se retira y dans le dessein de se rapprocher des divisions qu'il avait laissées derrière lui. Les Romains , les Visigoths et les Francs le poursuivirent sans le laisser res^ pirer. Cette retraite ne fat qu'un combat conti« Bauiu* nuel* Enfin lés deux armées , s'étant arrêtées dans «•chAioBs. j^^ yngtes plaines de Chàlons , après quelques heaires fte repos, se livrèrent bataille ^.

Ce jour devait décider des destinées de l'Occident : Attila , dont ce grand péril augmentait la férocité naturelle, parcourt ses nombreuses lignes, composées de barbares de tous les climats. Les rois , les princes , les héros du Nord qui le suivent enfouie , s^nblent plut6t ses esclaves que ses compagnons, et , osant à peine lever les yeux sur loi , ils attendent ses ordres dans un respectueux silence : « Vous avez tout i espérer , rien à craindre, » leur dit-il; je tous commande, et Mars tous 9> protège : mes exploits passés vous promettent % la victoire ; la Iftcheté des Romains est le garant Tk de leur défaite. Qui pourrait nous arrêter 7 se- )» raient-ce ces Francs , divisés entre eux , et dont h la moitié combat sous nos enseignes ? seraient-ce Tè ces Visigoths, ces Bourguignons, qui, depuis » tant d'années, fuient devant nous, et s'arrêtent » ici plus par lassitude que par courage. Marchez » avec une pleine confiance; rien n'est au-dessus » de TOUS que le destin , maître de l'univers. An» j » cun mortel n'échappe à ses décrets ; il tue

* An d« Jëflus-Cbrist 45f.

DU BAS-EMPIAE. 4^5

^ rhonime faible dans la fuite, dans le repos , dans y^ la paix, et sauve le brave au milieu de tous le^ » périls delà guerre* Je ne vous dis plus que cette » seule'parole : inspiré par les dieux, je lancerai » le premier dard 9 et je dévouerai les lâches à une » mort' inévitable. »

Jornandèsy historien desGoths, prétend que dans l'antiquité on ne vit jamais des passions pluj féroces, des con;ibattans plus nombreux, une ba«taille plus sanglante et plus opini&tre»

L'espérance de pouvoir ,- après la victoire , piller et ravager à leur gré , sans obstacles , les plus riches contrées du monde,- redoublait le courage et Pardeur des guerriers d'Attila»

Les troupes d'Aétius, de Théodoric, de Mé-« rov^e, combattaient avec la fureur du désespoir; chacun savait qu'ilfallaitmourir ou vaincre, pour sauver sa liberté, son honneur, sa famille , sa patrie. Si les Huns restaient vainqueurs ^ l'Europe devenait barbare*

Tant de motifs enflammaient la bravoure , et permettaient peu de penser aux combinaisons de la tactique. Au lieu de manœuvrer, on se précipitait les uns sur les autres, on combattait-corpsà corps. Cette longue bataille ne fut qu'une affreuse mêlée.

La masse des Huns parvint à enfoncer le centra ^^^ <^« de leurs ennemis, et le séparer des deux ailes* Après des prodiges de valeur, Théodoric, blessé, tombé et meurt , entouré de ses plus braves guerriers qui voulaient lui faire un rempart de leur jj^j.^,^ corps. On dit que les aruspices, consultés par At- d'Attiu.

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