‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 44 sur 46 · TOME YII · texte numérisé non relu

TOME YII

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homme qui «au? ait Fempire y il réaolat de s'eBf défaire»

Aëtiusy indigne de cette ingratitude , prit les armes contre lui, et Tamena bientôt par la peur i une réconciliation. Trop confiant comme tous les hommes courageux , Aétius crut à la sincérité de ce prince lâche et perfide , et se rendit sans gardes dans le palais , pour presser l'empereur de célébrer y comme il ^n était conyenu, les noces de Gaudentius.

Hort Yalei^tinien, violant tous les droits de la re*connaissance y de l'humanité, de la justice et de Fhospitalité , l'accabla de reproches dès qu'il le Tit y tira son épée et l'enfonça dans le sein du guerrier qui ayait soutenu sa couronne : jusqu'alors l'empereur n'était que méprisé; depuis ce moment la haine générale succéda au mépris. Vainement il s'efforça de colorer ce crime et de jus*tifier cet assassinat, en déclarant qu'Aétius prétendait au pouvoir suprême. Un sénateur lui ré* pondit : « J'ignore quels peuvent être vos motifs, » mais ce qui est certain , c'est que vous avez agi » comme un insensé qui se servirait de sa main )) gauche pour couper sa main droite. » On trouvait ce prince si indigne du trône , que , sortant tout-à*coup de sa longue servitude , le sénat parut vouloir reprendre son ancienne indépendance* aonteux Cependant Valentinien , marchant sur les traces

excès et

mortdeTa- d'Héliogabale et de Caligula , ne faisait consister entmien. j^ jpuissancc du pouvoir suprême que dans la violation des lois et dans le mépris de tous ses devoirs. Abandonné sans firein aux débauches les p|us

DU BAS-EMPïRK. 435

scandaleuses y it dëdaignftit sa femme ^ et outrageait k. pudeur des dames romaines les plus 'distin- . guées» L'ëpouse du sénateur Pétroniuê Maximuê l'enflamma par sa beauté ; et comme il n'espérait pas la séduire, il résolut d^employer Fartifice et la violence pour satisfaire ses coupables désirs. Ayant invité Pétronius à venir jouer avec lui , il trouva le moyen de lui gagner tout son argent et même son anneau* Dès que cet anneau fut dans ses mains , il chargea un afFranchi de le présenter à la femme de Pétronius et de lui dire que son mari voulait qu'elle vint au palais« Elle y arri?a sans défiance 9 y fut enfermée, et devint la viciimedu tyran qui ne respectait aucune vertu. Après Payoir outragée, Yalentinien la renvoya audacieu* sèment chex elle; elle y porta sa honte, sa dou*

. leur , et enflamma son époux de la soif d'une juste vengeance.

Parmi les gardes de l'empereur , il en restait plusieurs qui regrettaient Aétius , et ne cher-

V chaient que l'occasion de punir son meurtrier. Maximus Pétronius les encouragea par des présens et par des promesses ;ils formèrent une conspiration dont aucun ne trahit le secret , et , un jour, entourant l'empereur, au moment où il assistait dans le Champ-de-Mars aux jeux militaires, ils se jetèrent sur lui et le poignardèrent, ainsi que son vil favori, l'eunuque Héraclius.

La vie honteuse et la mort tragique de ce prince , l'incertitude du sénat, la dépravation du peuple, l'audace renaissante des barbares, depuis qu' Aétius n'existait plus, semblaient présager à Rome

une destraction prochaine et Pgfeébniyl iarfcfti e n t de la prédiction faite à Romulu», k^s^e douze^ yautoars s'ofrirent à ses regarda. Le» devins déclarèrent alors que Rome serait détruite douée siè^ clés après Éa- fcmdatiaii:. Léa Rt>iliain9 consteirnés se rappelaient ar-ec teiTeui^ cet oracle ; an ptësage plus sûr de leur ruitle était la pert^ totale de lent courage et de leurs vertus* Qhks voyait alors^rem* blans y fuir leur patrie y s'enfermer dan» les- monastères , ou cheroheie' une honteute sécurité dans les camps des balrbare&. La Gtiule était rs^agée par les Francs f les Goths et les Bourguighons.Les patricien», dont les provibcesr n'alimente'ëeiit plus les riiDhesses, ne pouvaient plus, comm^ autrefois, protéger leurs' eliens, et nourrir la multitude* L'Afrique était perdue sans retour ; les Vandales^ enrichis par le pillage de PEspagne et de la Sicile , fondaient une nouvelle Garthage sur les ruines de l'ancienne, et qui devait bientôt flétrir les lauriei^s et renverser la patrie des Scipions. Tel était l'état déplorable de l'empire d'Occident j lorsque Yalentinien mourut.

DU tiAS-^EMPIRB« 43 7

CriAPÏtRE ONZIÈME.

. Mort de Masiditts. — Frise de RoBtepftr Géïiàérie.w:-'6aptiTité d'Eadoxie. — Élection d^Avitus.—- Exploits de Biccimer. — » Déposition et mort d'Avitas.— Majorien est nomme empereur*

— Son sage gouvernement. — - Incendie de la flotte romaine. -«-Mort de Majorien. -i^flÉl^vatibri dé SëVèife en ôcciBëiit. •— Election de Lëon en Orient. — Anthème' est dôlfiîxlé enkpèreurl

— Révolte de Riccimér. — Mort d' Anthème. -7- Élëvatioii d'Olibrius. -» Mort de Riccimér. — Glycërius et Julius Nëpos se disputeiit le trône d'Occideîit.-— Règne de Nepos. —Révolte

d^Otéstè. — Mort de Në^ RË^de d^Al^tkl0. -:- Révolte

d'Odoacre. <— Aboiition" du titrd d'empene'ai' d'Oùcidéiit. •— Chute de Pempire romain. — > Dernier décret du dernier sénat romain. — Soumission d' Augustule à Odoacre. •— Règne d'Odoacre* — Mort d'Augustule.

En occident, MAXIMUS , AVITUS, MATa- RIEN, SÉVÈRE, ANTHÈME, OLIBRIUS, GLICÉRIUS, JULIUS NÉPOS, AÙGUSTULE.

Généraux batjbaiues , GE3>îSÉRIC , RIGCIr MER , ORESTE et ODOACRE^ En ORDâNT , MARGIEN, LÉON , ZENON , tiMiviifeifRSi

(An 455.)

PÉTRONits^ WfAXSMits, perstJniiagè dôiiitrlàlrë", Éiëyation fut éltt'pour saedédër à^Valëiitinîen ;^tf gi^riii for^ **^*^"'*^ tutie, son cat^ctéfe, «on'amôtir'potrirlar^hîrosbpHîei lui coticilièfreiit Ibtis les= stiffragesT. ^Vatit de pâirivenir aa poavoir supt^me , il en ^khit^ <Bgnë , et désira le sceptre. Mais dès qu^U le posséda , iln'eti sentit plus que lé poids; Effrayé dfe t'otts^Ifes përila

qui le menaçaient ^ il dit , en 60opuraint> à Fuigentius y Ton de ses amis : « Ah I que j'enyie le sort » de ce Syracus2|in , de ce Damoclès y dont un seul )» festin vit con^encer et finir le règne» »

luriaged* ^3 femme de Pëtronios, nouvelle Lucrèce* nV 4'Eiuioû*. Tait pu survivre à son déshonneur : Maximus y dont la mort du tyran n'avait pas assouvi la ven-« geance^ força la veuve de Valentinien, Fimpëratrice Eudoxie , de l'épouser. Lorsqu'on eut célébré ses noces , l'empereur commit l'imprudence d'avouer à sa nouvelle épouse que c'était lui qui avait dirigé contre Yalentiuien le poignard de ses meurtriers. L'impératrice, indignée de se voir dans les bras de l'assassin de son époux y écrivit secrètement 9 si l'on en croit quelques historiens , à Genséricy roi des Vandales, le conjura de venir la venger, et l'assura que le désordre, qui r^nait dans l'empire , ne devait lui faire craindre aucun obstacle qui pût l'arrêter. Tout-à-coup on apprit que Genséric, à la tête d'une flotte nombreuse , avait paru à l'embouchure du Tibre*

L'approche d'un ennemi excitait autrefois la

fureur dans Rome ; alors elle n'y répandit que la

terreur.

Mort de Maximus y loin de songer i réveiUer les cou-

XtfUBttf. 2.g^gçg.^ proposait lâchement au sénat de fuir avec

lui. Le peuple^ informé qu'on veut l'abandonner , s'irrite , s'émeute. Maximus se présente à lai pour le calmer^ un soldat le frappe , et la multitude furieuse déchire et traîne son corps dans les Tues.

Trois jours après y Gensérlo et les Africains pa«

rurent aux portes de Rome. Le pape Léon , qui !*"»« *•

• t t* /Il Rome par

seul alors montrait quelque fermeté ^ alla trouver Genséric. le roi des Vandales dans son camp, et obtint de lui que Rome serait préservée de Tincendie , da pillage, et les citoyens désarmés, de la mort.

Les Africains ne respectèrent pas la parole de leur roi ; ils traitèrent la ville comme s'ils l'avaient prise d'assaut. La nouvelle Carthage vengea l'ancienne^ et, pendant quatorze jours et quatorze nuits , Rome, livrée au pillage, vit ses monumens détruits^ ses maisons livrées aux flammes , ses ci^ toyens égorgés , et fut exposée i tous les outrages que peut commettre une fureur qui se croit justifiée, par tant de siècles d'humiliation.

On transporta dans la patrie d'Annibal les dépouilles de sa rivale, et entre autres les trésors du temple de Saloraon ^.

Eudoxie, qui avait attiré la foudre sur Rome , j?£„JÎJ[i^. n^.en fut pas épargnée. Regardée ^vec horreur par les Romains , traitée avec mépris par les vainqueurs, ils la punirent eux-mêmes de sa trahison y lui enlevèrent ses richesses, et remmenèrent en servitude. .

Les sénateurs, les patriciens, séparés de leurà femmes , tombèrent dans les fers des barbares, et l'on ne rendit la liberté qu'à ceux qui trouvèrent dans leurs vastes domaines le moyen de payer leur rançon.

Quoique Rome fût tombée sous les coups de Genséric^ Ton pouvait dater la chute de l'empire

d'ATitlU«

iio HISTOIRE

de la mort d'Aétius. Dès que ce grand homme ceasa de le sovitenir par son coorage et sou acti- Titë^lea Francs s'étendirent jusqu'aux rives de la §eine,

I^es jGoths enyahirent le centre de la Gaule. Les ^xons.en in&fttènent les cotes} il ne restait aux ^gopopi^ia^y .d^s c^^ contrées, que les provinces .appelées av^ou^d'hoi la Provence^ le Lyonnais ^ VJ^w^rga» el le ^errî.

Éitetkm j^fitu^y GfL^lçi^^ né en AsLweacgney et nommé 3fi c^MnQ]^^^]|^en.t des arméies par Maximus, dé* ^ex^lit ^^elqiii^ tè^îp^ fiTi^c Jbca^oiire ces faibles restes 4^/^ grandem^ r(9maioe. Tfaiodoric, roi des Yisigoths,, ^'^Uia ^yep lui, le £t élire empereur fji^f lies Mgi^i^.^ 9 ^ fit cQnfiroaier $qu élection par Mvpi^ 9 «tWpÇifÇftP d'Ori ont.

Genséric, après avoir saccagé fiome, dédaigna d'y r^gn^» ^^ Cetourna en Afrique , chargé de .l^utin. JL^ p91.br.es du sénat et du peuple romain âf ^.vupiîrapt , j^ murmurant , au nouvel empeir^^r gye fl^odoric venait de leur donner, et ce ^|;LQif \ê^t ç^niblajt an sorcroit d'a&ont. Ils n'échappaient au joug d'un Vandale que pour voir

'f b«^4^Qf4p 9 fv^t^ et successeur de Thorismond fffiftin\ firtèlejççiei)^ ^PU ôlUé Avitus qu'il avait couf^^^é j il ^qi^b^ttit 1^^ Suives , qui voulaient s'emparer de l'Espagne , et les détruisit presque ep^r^enf près d'AHwga^

4;?ittis , £prt 4^ jipq appui , après avoir pacifié la Gaule, se rendit à Rome. Son gendre 9 le célèbre poète Sidoniu9 ^/^o/Zî/zanV^ prononça son pa-

DU BAS^EJIPIIUS. 44l

n^gyriqae en six cents rers» La puissance des empereurs était tombée^ mais non l'habitude de la, flatterie ) et ces idoles, presque renversées, recevaient encore de l'encens.

Atitus « par sa conduite , dissipa bientôt Pespoîr E'cpioiis d« que ses premières actions avaient iait naître* Il se .livra aux voluptés , et se rendit par ses excès aussi méprisable que Yalentinien* Un guerrier vaillant , nommé Riccimer , commandait alors les .Goths auxiliaires, qui composaient en Italie la seule force réelle des Romains. Ce général , ayant .attaqué et battu les Vandales qui voulaient encore .descendre en Italie, devint bientôt , par Festin) e .publique, le maître de rempire. Dans les tem^ps Dépositioa ^de Êiib^esse et de calamité, tout se rallie autoui: du vuus. point qui montre encore quelque force. Riccimer , \ - connaissant le mépris qu'in^pii^ait A vitns , marèha . contre lui , le vainquit dans un combat près c}e , Plaisance, le fit prisonnier, le déposa et lui laissa la vie. Mais pour l'empêcher de reprendre le sceptre, il le força d^entrer dans les ordres sacrés ^ et d'accepter Tévêché de Plaisance.

Peu de jours après, Avitus, instruit que le se*

nat voulait le faire mourir , prit la fuite pour se

retirer en Auvergne, et périt en route. .

: En traçant le tçiste tableau de la décadence de

. l'empire , nous sommes arrivés au moment où Içs

.ëvénemens ne nous ofiEreut plus* que l'histoire de

quelques illustres barbares , au lieu de celle des

Romains. Les consuls n'ont point d'autorité, les

empereurs ne sont que des fantômes , le sénat

qu'un vieux monument détruit, les légions ne

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