U^ HISTOIRE
comme un chef de faction , et l'accusèrent d'avoir
accaparé les grains en Egypte pour afiamer Cons-
tantinople. Leurs nombreux partisans appuyèrent
Sa c<m- cette de'nonciation. Constantin, aveuglé par eux,
et!!on«xii. prouonça la coudamnation d'Athauase, et l'envoya
en exil à Trêves.
Triomphe Ses enuemis , profitant de ce succès , firent cond'Ariur v^xi^cï^ ^^ concile à Constantinople. On pressait l'empereur de déposer Athanase et de lui nommer un successeur. Ce prince n'y voulut pas consen-^ tir , mais il accueillit favorablement Arius , et donna, l'ordre formel à l'évèque de Constantinople, Alexandre, de recevoir cet hérésiarque dans sa communion, et, sans nul retard, de l'admettre publiquement dans l'église.
Ce décret consommait la victoire de l'arianisme. Au moment où l'ordre devait s'exécuter, Alexandre , prosterné aux pieds de l'autel , disent les écrivains catholiques de ce temps , invoque Dieu et lui demande de faire disparaître Arins , afin que la présence d'un hérétique ne souille pas r.église. '.
Cependant l'heure fatale arrive ; Arius , à la tète d'un brillant et nombreux cortège , traverse la ville en triomphe ; mais atteint tout*à-coup d'une vive douleur , il se voit forcé d'entrer seul dans une maison, et ne reparait plus.
Impatiens de le. revoir, ses amis le cherchent avec inquiétude ; ils le trouvent étendu sur la terre , nageant dans son sang; ses entrailles étaient sorties de son corps.. Les catholiques regardèrent cet événement comme un miracle , les ariens
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cdnune Peffét d'un sortilège ^ les hommes sans superstitioii comme un assassinat.
L'évèqué d'Alexandrie , pîu* anime par Vesprit de parti que par i^esprit du christianisme, rassembla 1« peuple, et rendit à Dieu de solennelles action^ de grâces pour la mort de son ennemi.
Tandis qu'Athanase, ëprouvant le sort de tout homme di^racié, ne trouvait point de défenseur à la cour y saint Antoine , du fond de son désert j écrivit en sa faveur à Constantin ; mais ce prince se montra inexorable.
Ëusèbe rapporte que , dans ce temps, Tempereùr ï'O» »««; '» publia une loi sur la juridiction ëpiscopale, 'qu'il épiscopaie. donna le droit aux évêques de juger sans appel, et ordonna aux tributtaux de dëfërer toutes les causes aux juges ecclésiastiques dès qu'une partie le demanderait, et malgré toute opposition de la partie adverse.
Quelques j urisconsultes ont contesté l'existence de cette loi que rappellent cependant des codes postérieurs. Par ce zèle impolitique qui favorisait Fambition du clergé aux dépens de la puissance civile ," on commençait une grande révolution dont l'eflFet devait être de placer non plus l'église dans l'«tat ,'mais l'état dans l'église.
L'empereur, par un autre édit, inexécutable Autrei dans un siècle de corruption, assimila l'adultère con7t«um* a l'homicide, et lui appliqua les mêmes peines. Une disposition étrange , et bien contraire à l'esprit d'ëgalité que veut la justice et que doit inspirer la religion , exceptait des rigueurs de ce décret les cabaretières, les coinédieïmes , les servantes, les
femmes d'artisans* « La sévâitë des Jugementy di- » sait l'empereur ^ n'est pas faite pour des persoa- » nés que leur bassesse rend indignes de l'attention » des lois. »
Par d'autres décrets y il rendit les dirorces pins difficiles et plus rares; il d^eindit à tons les fonctionnaires publics de l^itimer les enfans qa'ils auraient eus de filles publiquAs^ d'affirancliies, de revendeuses y et des femmes qui combattaient dans les amphithéâtres»
Plus les mœurs se dépravent y plus la nécessité d'une législation sévère se fait sentir. Les Douze Tables suffirent long-temps à Rome vertueuse et libre ; on ne vit naître les codes volumineux qu'an moment où elle fut près de sa chute. Ils immortalisèrent leurs auteurs sans prolonger l'existence de l'empire. Malgré les efforts de.Gonstantin pour réformer les abus, ses officiers se livraient à tant de concussions y et opprimaient tellement le peuple par leur avidité y qu'il invita y par un édit , tous les citoyens à lui porter directement leurs plaintes y et menaça en même temps tous les fonctionnaires publics de leur faire trancher la tète si leurs exactions étaient prouvées.
Dccianiiou Dcpuis les vicioires de Galère et la paix con- PwMm clue par Dioclétien y les Perses y affaiblis par leurs défaites, n'avaient point osé reprendre les armes; mais l'inimitié qui régnait entre les denx empi* re8 annonçait que le calme ne serait pas de longue durée. * .
Tout ennemi de Constantin était reça avec hoàneur en Perse , et il accaeillait avec faveur tons
a os
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les Persans qa'on chassait ou qui s'exilaient de lear pays.
, Le prince .HormisdâSy dont l'humetir altiète et crnelle ayait offensé les grands de ce royaume ^ s'était ra prive piar eux de se^ droits au trône , et jetë dans une obseure prison , où il languit quinine maéeê. Swa jeune frère, Sapor , fut proclame roi après la mort de leur père; enfin la femme d^Hormisdas y exposait sà rie pour sauyer son ^poux ^ corrompit ses gardes, et lui fit parvenir dans son cachot nne Ume dont il' se servit pour briser ses fers. Traversant la Perse sous le vêtement d*un esclave , il vint demander un asyle à Constantiii. qai le reçut avec joie, Fadmit dans son palais , lui persuada d'embrasse le cbristîanismé , et lui donna de hauts emplois dans son armëe , espérant que son nom pourrait lui faire un parti en Perse, et affaiblir , par des divisions , cet empire dont il méditait là oooquète.
Ces intrigues irritaient la cour de Sapor, impa*tieûte d^aîlleur^ de s'affranchir d'un traité honteux t de son c6të Constantin reprochait au roi de Perse see rigueurs contre les chrétiens. De part et d'autre on se disposait à la guerre. En 537 Sapor la déclara ouvertement , et écrivit à Tempereur qu'il fallait combattre ou lui rendre les cinq provinces cédées par Narsès à Dîoclétien. Constantin répliqua qu'il lui porterait bientôt sa réponse luimême & la tète de ses légions.
Les troupes de Sapor étaient déjà entrées en Mésopotamie, et la ravageaient. Constantin, ayant rassemblé promptement son armée, se rendit i
Nicomëdie; il y célébra la fête de Pâques avec solennité, ordonna que tonte la ville fût illuminée y et fit distribuer de grandes aumônes à tout Pempire.
Ce prince, croyant toujours sa gloire aussi intéressée au triomphe de la religion chrétienne qu'à celui de ses armes , prononça publiquement dans ^ son palais un discours sur l'immortalité de Famé, comme s'il eût pressenti que la sienne allait bientôt en jouir dans un monde nouveau* Maladie et pçu ^q jours après , atteint par une maladie coniunita grave y il tente vainement de chercher des secours aux eaux d'Hélénopolis , revient près de Nicomédie dans le château d^Achiron , rassemble près de lui plusieurs évèques, et les prie de lui administrer le baptême. << Voici, leur dit-il, le jour au- )) quel j'aspirais avec ardeur ; je voulais li^ver mes )» péchés dans le Jourdain , où notre Sauveur s'est » baigné* Dieu m'arrête, et veut que ce soit ici » que je jouisse de cette faveur. »
Âpres la cérémonie, il ajouta ces mots : « Me » voilà vraiment heureux, yraiment digne d'une » vie immortelle ! Ah ! que je plains. les hommes )> privés de l'éclat de la lumière qui frappe mes » yeux !»
Ses officiers en larmes priaient le ciel de lui conserver la vie : « Compagnons , leur dit-il , la » vie où je vais entrer est la vie véritable; je con- » nais les biens qui m'attendent, et je me hâte }) d'aller à Dieu. »
C'est ainsi qu'Ëusèbe raconte les derniers mo* mens de ce prince; d'autres historiens prétendent
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qu'il fat baptisé à Rome , et que le ptpe SyWestre U guérit miraculeusement de la lèpre : ces fables^ iiiventées plusieurs si^Iès après ^ avaient pour objet de prêter quelque Traisemblance i Pacte de doiiation qu'on attribuait faussement A Gonstanlin^ et par lequel on prétendait qu'il aTait cédé an pape, Roine^ son territoire et la c& te occidentale d'Italie. La rédaction de 4;ette pièce absorde est digne da temps d'ignoiance où elle fut fabriquée* L'empereur y parle des satrapes dé sbn conseil. il n'est pas nécessaire que l'histoire s'occnpeplus long-tennps d'un conte qui ne trouve plus à pré^ sent de crédulité xti d'appui.
L'enipereur distribua en mourant de ^andès largesses à Rome et à Constantinôple j eonfinnale partage dé ses états , et fit iuret aux légions d'être fidèles è ses enfans et à l'église. Il donna son testament au prêtre arien qui jouissait de sa con^ fiance , et lui enjoigilit de ne le remettre qu'eiitre les mainS de Constance ^ le plus chéri de ses ènfans.
Son dernier acte fut un acte de justice ; il rap- B«ppei pela d'exil Athanase et lui permit de retourner à "*** Alexandrie. Ce prince mourut le jour de la Pen^^ Mort d« tecôte , le si mai 35^ , sous le consulat de Félicien cowunti.. et de Titien. Sa rie atait duré soixante-trois ans et son règne trente.
Au moment de tô mort^ on parut oublier ées erreurs et mèmie ses crimes , on ne se soutint que dcf ses exploits et de ses grandes qualités. Ses gardes , ses soldats exprimaient leur douleur par de profonds gémii^semensj chaque famille semblait