‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 6 sur 46 · TOME YII · texte numérisé non relu

TOME YII

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porter le deuil de son chef. Tous , se rappelant les malheurs passés ^ effrayés des malheurs à Tenir ^ regrettaient un si ferme appui.

Ses restes, enfermés dans un cercueil d'or, furent transportés à Constantinople ; on y éleva son corps sur une estrade entourée d'ungrand nombre de flambeaux , et , pendant tout le temps qui s'écoula jusqu'à l'arrivée de Constance, les grands officiers , les sénateurs , les comtes , les généraux ^ se rendaient journellement au palais pour remplir leurs fonctions, comme si l'empereur eut encore vécu.

Dans tout l'empire , les légions , respectant peu la royauté des frères de Constantin , jurèrent de ne reconnaître d'autres princes que ses enfans.

Constance , arrivé dans la capitale , conduisit le corps de son père à l'église des apôtres, où il fut déposé dans un tombeau de porphyre.

Rome, que Constantin avait dépouillée de son antique grandeur, partagea cependant la douleur commune. Le peuple romain se reprochait d'à— voir irrité ce prince et de l'avoir forcé par ses outrages à se réfugier dans Byzance. Il réclama vainement le droit de conserver dans la capitale du monde la dépouille mortelle de son libérateur.

La gloire humaine , même lorsqu'elle n'est pas pure , excite l'enthousiasme dès qu'elle cesse d'être un ob)et d'envie ; tous les partis, qui décriaient Constantin vivant, l'adorèrent après sa mort. Les chrétiens le comptèrent parmi les saints , et les païens le placèrent au nombre des. dieux dont il avait renversé les. temples.

De tous les hommes qui ont brille sar la terre y Constantin est peut-être celui qui a fait dansl^ monde la plus grande rëvolution. Il détruisit Vidbl&trie , fit triompher le christianisme y abaissa Rome y éleva Byzancé , porta la force de Fempire dans rOrient^ et , ouvrant l'Occident aux barbares, prépara Pexistenoè nouvelle de l'Europe.

Déplaçant la souveraineté , il Tôta au peuple et la donna au trône. Par^^tout , depuis son règne , l'esprit général des nations prit une direction non« Telle ) les droits , les principes , les intérêts , tout ce qui influe sur 1^ gouverneqieBt des hommes^ tout changea ; et , en parcourant l'histoire des temps qui suivent cette époque célèbre ^ on croit entrer dans un monde nouveau.

Comparé avec justice aux plus mauvais et axi% meilleurs des princes ^ Constantin réunit dans son •aractère les qualités les plus opposées* Les partisans de Maxence éprouvèrent sa clémence, les persécuteurs des chrétiens son humanité ; il se montra féroce pour les prisonniers francs et pour les rois captifs qu'il donna en spectacle aux Romains, et qu'il fit déchirer sous la dent des animaux du cirque : meurtrier de son beau-père et de son beau-^frère j assassin de sa femme et de son fils , il pardonna souvent à des rebelles et souffrit patiem^ meut des injures. Zélé pour la justice y il opprimait la liberté ; prodigue pour les pauvres par huma-* nité, il laissait piller les provinces par faiblesse f jaloux de la puissance du trône, il lui donna dans l'église une rivale dangereuse, en favorisant Twi-^ bition de ses ministres.

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Dans le» oâinp^ i son activité 5 sa tefmpëranee ^ aon courage 9 rappelaient les hëros de Vancîenixe Borne j à Bylsaiice) à Nicomëdie^ la pompe de sa cour, son luste et sa moUessd ne sembl^ent oiBrir aux regards qn'uii descendant de Dàrins*

Sa lëgîslatioil fi»t douce et «a politiqaé barbare f aux vertus de Trajan il joignit la Tiôleneé de Sé-r 1ère 9 et souvent tea crimes de Néron*

Pour être juste^ on doit attribuer 8^ erreurs k SQn siècle, séâ crioies à Mes passions y sa rigueur à Bon caractère; sa clémence , sa bienfaisance a sa Lon^ ei $e4 exploits à son ^énie.

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