‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 7 sur 46 · CHAPITRE SEaOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEaOND

Ayi^nemens après la mort de Cgnatantiii. -7- Partage de Pempîrt entre les efifâtfs cfe Constantin. — Gaerre airec les Perses. — ^

• IKcsensîMliec'tlifmaisliqfiMS*-^ GdavcmitiMÉt ât9 tt&m eflipe' ftunu -^ Bfertde Godsteatm IL -^NoiiToBetdisseitsioai «celé» #îastiqaes. — Gnerres an dehors et flëaax dans rtmpire. -~ Martyrs du christianisme en Perse. -— Ouvertqre du port de Sëleucie. — Session d'fin concile nniverset. — Guette ayec les Perses* •* Btflaille de ângare pr^ du Tigrt*-^ lÂdt/tié et foilé

. de Sapor. -^ LàcUeU et fuite de Constance* «-'Son retour dans •a capitale. —> Triomphe d'Âthapase.— «Origine du moipaXens» <— Conspiration de Magnence contre Constant. — Son usurpa-

' «ion. ^^ Fuite et mort de Constant. -^ Tëtrairion est nomm^ Auguste. -~ Révolte et moft deN^titn^^-^Yeiigeaiiecde Ifa^ gaence à Home. — Sîége de Niaîbtf par Sapor. *^ Faite de Sapor. 7^ Guerre entre Constance et Mâgnence. — Abdication de y^traaîon. — Gallus est nommé César. — I3écence , frère dé Magnence, est nomme Cédant, — Marche âe Bfagnefice (Contre Coastaoce. —^Bataille dto la Dnta ptès dto Uorte^ -^ lA^hel^ dcConstancQL*— Défiiite, &ùS»el o^ori d^ Mag^ioftce* *-• Mort de Décence.

CONSTANTIN n, CONSTANCE, CONS- TANT ET MAGNENCE. (An 35;.)

L'KMFElLEiJB.'Constaiatin ^ nioiiiB prude»! dans sa Érëncmep^ politique que GonataxiGt Chlore^ ma fèrûf prë- ^'^"^'J/ fera Véehà de sa Êonitteàla tfanqoiUfté de Pem-- consuo^n. pire. II jaignii à la faate de partager cet «lapire entre ses fib^ celle de donmcr des royaotnes à ses trois frères ^ et de poder ainsi les foodeuens de cefatdl système qui prodnisttde si longs malhtora par la anite ^ çt deyiiit , dapa les moaar^liiea naisr

9ante9 de TEarope moderne y la cause de tant de guerres intestines; de haines implacables et d^assassinats.

Diviser Fét^it entre tant de princes , c'était ôter au peuple romain la seule compensation delà perte de la liberté 9 le repos; c'était ajouter aux inconvéniens du pouvoir absolu tous les maux de la discorde et de Tanarchie*

La volonté de Constantin ne fut exécutée qu'en partie. Le sénat, le peuple et les légions ne voulurent reconnaître d'autres princes que ses en^ fans; l'armée se révolta contre ses frères : on res-< ppcte rare^lent la vie de ceux auxquels on arra*~ che une couronne; les trois frères de Constantin et cinq de ses neveux furent égorgés ; on n'épargna que les deux fils de Jules : Gallus échappai aux assassin^ ; une maladie grave fit çrgire que la nature allait terminer ses jours; son jeune frère Julien était âgé de six ans ; Marc , évéque d'Aréthnse y sauva cet ennemi futur des chrétiens, et, en le cachant sous Fautel, le déroba aux poignards de ses ennemis.

. L'opinion publique attribua ces meurtres àPam^ bition de Constance; saint Grégoire de Naziance n'en accuse que la rage des soldats; mais, si l'on en. croit plusieurs autres historiens. Constance, sur la fin de sa vie , se.repentant de ses égaremens, considéra ses défaites et la stérilité de ses femmes c/omme une juste punition de ses crimes. .

• Les princes ne peuvent faire régner la justice qoe lorsqu'ils sont eux-mêmes soumis à. la loi et protégés.par elle. Ceux qui n'appuient leur auto-

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rite que sur là force se -toîent contraints, de loi obéin Un souverain, chef d'une faction, est forcé dé céder à toutes les passions de son parti; les soi-* dats, excites d'abord au crime, ne parent plus être arrêtés dans leur furie; ils égorgèrent un grand nombre de courtisans de Constantin; la haute dignité du patrice Optatus ne garantit point flà yie. Ablavius, préfet du prétoire , et qn'on re» gardait comme tuteur de Constance , semblait de* Toir inspirer plus de respect aux factieux^ ils loi tendirent un piège pour le perdre.

Dans tous les temps les mAmes passions pfo^^ duisent les mêmes effets : on vit et Fon rerra toa<» jours l'esprit de parti créer des conspirations pour 86 donner le droit et le mérite de les punir. Quelques officiers , à la tête d'une troupe de soldats y font croire au malheureux Ablayius que le sénat veut le décorer du titre d'Auguste , et que Fentpereur sera forcé d'y consentir. Pressé par ses amis^ l'iafortuné se rend aux tœux de ces perfides; ils le décorent de la pourpre ^ et ceux qui l'ont séduit^ changeant de lailgage et le déclarant rebelle, 1% massacrent sans pitié.

Ils youlaient immoler sa fiUe Olympias, elle trouva un asyle dans la cour de l'empereur Constant; il projetait même de lui faire partager son trône ; mais ^ le sort ayant tranché ses |ours concune on le verra bientôt, Olympias épousa Arsace, roi d'Arménie.

Le chef de tous ces factieux, l'ame die lous cea complots, l'auteur de tons ces meurtres^ était le grand chambellan Eoiràbe, eunuque et priv4 de

g (y ' HISÏOiRK

ter tiu eomnie de sexe. Ce ril et àmbîtieax courti* ton, sans méntM et Bans principes , déshonore pai^ ses vices et par sa cupidité , sacrifiant sa c^^nscience à la fûrtone , n'ayaM d'autre kabaletë <|ue celle de se tourner da coté da soleil levant , et ne connaissant de dieu que son intérêt, paraissait tellement alors le maiti^de l'empire, qu'on disait ironiquement daps lé palais que l^empèr^ur jouissait d'un assex grand crédit près de son chambellan. Tel était alors le sort de Rome : elle a^ait pisrdu ses héros , et la maîtresse du monde était lirtée aux spéculations d'un courtisan sans foi , et Soumise aux caprices d'un eunuque* ^

Partage j^^g tfoisfils du grsod Coilstaiit il! , s'étaht réu^

empire

entre les uis i ConstàntiÉLopIe , j délibérèrent sur leurs fcltosuLuD. i'ït^rêt» communs : s'étant rassemblés encore en Pannonie, ils arrditèrent te partage définitif de l'empire. Constatioe eut l'Asie entière , l'Egypte^ Gonstantihople et la Tbirace | Constant posséda l'Italie aTe<^ l'IUyrieet l' Afrique ) Constantin réonit aux Gaules l^Espagn<f et là Bretagne ; mais ce prince conserva sur la Mauritanie des prétentions qui ne tardèrent pas à rompre entre ces trois frè-^ res les liens de la paix et de l'aittitié^

Constance et les ariens qu'il protégeait contiiiuaient i ^raéeu^mr Athanase qui vivait relégué dans la Gaule. Constantin , }oin de partaiger leur achamemeut^ pt^it so^ p^rti €% le renvoya en Egypte; son retour, ranimant l'espérance et le eouvage de ses amis, donna une nouvelle force au^ dissensiôûs qui désolaient Alexandrie.

La pr^seno€f4e l'empereur ne contenait pas avec

DU BAS-EMPIRB. QJ

plus de succès l'esprit turbulent des sectes dans Constantinople. Peu de temps avant la fin du règne de Constantin, Alexandre, ëvêque de cette ville, était mort. Avant d'expirer, il dit à son clergé : « Si votre dessein est de choisir l'ëvêque le plus » vertueux, ëlisez Paul; si vous voulez vous assu- » rer le crëdit du plus habile courtisan , donnez » vos suffrages à Macédonius.»

. Celui-ci fut ëln par les ariens ; les cathdliques donnèrent leurs voix à Paul qui obtint la majorîtë des votes : mais , sur les accusations d'Eusèbe , il fut exilé dans le Pont.

Constance , en montant sur lé trône, le rappela. caerro.Tc* Une guerre étrangère fit quelque temps trêve à ces troubles civils. Saper, roi de Perse, assiégea Hisibe, aujourd'hui Nesberi dans le Diarbeck. Cet te place importante était la clef de là frontière; leshabitans, montrant quelque trace de Pancîen courage romain , se défendirent avec Vigueur. Après soixante-trois jours d*efforts inutiles , le roi leva le siège. Le peuple de Nisibe, comptant plus sur les secours du ciel que sur ses armés, attribua sa délivrance aux prières de Jacques , son évêque.

L'empereur Constance > voulant profiter de ce saccès, marcha contre les Perses; mais, comme if ne savait pas commander , les légions ne voulurent pas obéir.

Ce prince , formé par son père aux exercices militaires , y montrait assez d'habileté, mais il néglî - . geait la discipline, seule base de la force des ar-' mées. Le désordre, produit par sa faiblesse, aurait . entraîné de grands revers, si les Goths et les TOMK vu. |3

q3 HISTOlàB

San*asins ne lui eussent alors fourni d'utiles secours.

L'Orient se yit ainsi défendu plus par ces barbares que par les Romains. Constance , soutenu par eux , pacifia FArménie, et lui rendit son roi que les Perses avaient cbassé. Sapor rentra dans ses états , Tempereur ne le poursuivit point ; per^ dant l'occasion et manquant à sa fortune y il pré^ fera la capitale aux camp9 y les intrigues aux combats y et abandonna les affaires de l'empire pour celles de l'église* Disseo- Dominé par les ariens , il convoqua un concile 'jLttqwl'' ^ Constantinople ; Paul y fut déposé , et chercha un asyle dans les Gaules où Constantin l'accueillit favorablement* L^ambitieux Eusèbe se vit alors au comble de ses vœux; le clergé de Constantinople le choisit pour évèque«

Les ariens d'Alexandrie élurent en même-temps un nommé Fiste pour l'ppposer à Athanase ; Eu-* sèbe de Césarée ne jonH pas long-temps de son élé- Tatiomjil mourut ,et on lui donna pour successeur son disciple Acacius, plusçouriisan que pieux, et qui se montra successivement arien et catholique, selon que la fortune favorisait l'une qu l'autre vS^cte.

Cependant, à cette époque où l'intrigue était en faveur et le mérite oublié, on vit élever an consiï* lat Acyndine et Procolus, touadeux distingués par leurs vertus et par leurs services* Proculus prétendait descendre de Valérius Publicola, et ne se iliontrait pas indigne de ce nom»

Les trois empereurs s'accordèrent pour fairedes

DU BAS -EMPIRE. gg

lois assez sages ; ils maintinrent et mirent en yi- coBvergueur les institutions municipales, publièrent des Ti^/êBpIédits sévères contre les délateurs , et mirent nn "*"* ' frein aux désordres produits par la fréquence des mariages incestueux»

Un décret moins juste et moins politique , défendit aux Juifs d'épouser des femmes chrétiennes* L'empire ne pouyalt espérer ni une longue paix ni un bonheur solide sous le règne ne trois princes maitrisés par leui^à paissions ; celui qui montrait plus d'habileté était Constantin ; on respectait sa justice y ou admirait soA toûrage , on aimait sa bonté 9 mais ces qualités se trouvaient ternies par une impétuosité téiUéraire qui le perdit»

Constance , faible et présomptueux j ne pouvait ni faire le bien ni empêcher le mal. Constant j lÎTFé aux voiuptt^s , faisait mépriser ses tices, ac* cabUit le peuple d'impôts y et inspirait à la fois le désir et l'espoir de le détrôneti

Gonstantiâ> n'ayant pului persuader d'accueil- Mort lir ses réclamations relativement à la Mauritanie, ^^i^ voulut se faire justice par les Annes. Rapide dans sa marche y il franchit les Alpes ; les généraux de Constant, qui connaissaient sa bouillante ardeur^ feignirent à son approche de prendre la fuite. Constantin les poursuivit sans prudence, tomba dans une embuscade près d'Aquilée, et opposa de vains e£Ports à la multitude d'ennemis qui l'entouraient; ils le retrvetsèrent de cheval et lui tranchèrent la tète* Son frère Constant profita seul de sa dépouille, et réunit teutl'Occident sous sa domination.

La haine du vainqueur survécut à sa victoire ;

il proscrivît tous les amis d« Constantin. On ne doit point fi:*é tonner si, dans ces temps barbares, les églises , les séminaires , les monastères et les ermitages se peuplaient aux dépens des camps , des cours, des villes et des champs. Le manteau de la religion était la seule égide sous laquelle on pût vivre à Fabri delà tyrannie des princes, de la fureur des partis et de l'inconstance de la fortune. NonTeiic* La mort de Constantin privait Athanase de son "JésTas- pins ferme appui} les ariens l'accusèrent d'héré:-

ecci

tiques, gjç^ ^g rébellion , et cherchèrent à le perdre dans l'esprit de Constant et du pape.

Le saint Siège, occupé successivement par Syl« vestre et par Marc , l'était alors par Jules. Ce pape, juste , charitable , vertueux, se montrait digne des premiers temps de Téglise : protégeaht le malheur contre la puissance , il accueillit les plaintes de l'évéque d'Alexandrie , dont cent évêques signèrent la défense ; et , dans l'espoir de terminer enfin ces scandaleux débats^ il convoqua en 34o un concile qui se réunit l'année suivante à Antioche. L'église en a conservé les canons, et cependant, ce qui est remarquable, c'est que, dans la profession de foi qu'on y rédigea, le terme de consubatantiel fut omis.

Dans la plupart des affaires de sectes et de partis, les hommes occupent plus que les choses , et ceux qui paraissent défendre des opinions ne combattent souvent que pour des intérêts. En vain le pape Jules voulait sincèrement la paiX) les passions s'y op*posaient, et Constance favorisait celle de la faction «arienne. v

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Au moment où l'on croyait le concile terminé j soixante évèques catholiques ëtant déjà partis, quarante évêques ariens qui restaient reprirent leurs séances, et condamnèrent de nouveau Atba* Base. Grégoire fut nommé à sa place. Cette nouvelle, répandue dans Alexandrie , y produisit la plus grande fermentation. Le peuple s'opposait à Finstallation du nouvel évêque; Grégoire, accompagné de soldats commandés par Philagre, préfet d'Egypte, entra dans cette ville comme s'il l'avait prise d'assaut ; les églises furent profanées , les vierges outragées , les catholiques massacrés. Le duc Balan, qui professait le polythéisme, fit condamner au fouet trente-quatre personnes. Il voulaitexécuter l'ordre de l'empereur et faire trancher la tête d'Athanasequi trouva encoresonsalut dans la fuite.

On cherche toujours des crimes à ceux qu'on persécute ; Grégoire attribua tous les malheurs de cette sédition aux intrigues d'Athanase; et, pour justifier son accusation , il fabriqua un faux décret du peuple d'Alexandrie, qi'il fit signer par des ariens, par des Juifs et par des païens.

Balan, profilant de cette circonstance pour assouvir sa haine contre les chrétiens , répandit la terreur dans toute l'Egypte , immolant sans distinction tous ceux qu'on soupçonnait d'attache* ment à l'évèque proscrit.

Athanase , échappé aux fers de ses ennemis y court à Rome , écrit à tous les évêques , leur retrace les malheurs et les affronts dé l'église, et se compare an lévite d'Éphraïm qui, voyant le corps de sa femme victime des plus horribles outrages , le

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coupa en douze parts y et les envoya aux douze tribus d^Israël.

L'empereur d'Occident, comme celui d'Orient, les grands de leurs cours , leurs ministres , leurs gardes , la multitude esclare de la faveur , les légions qui ne connaissent que l'autorité, semblaient tous alors réunis pour ac^cabler Athanase. Tout l'empire, comme le dit un historien du temps , se trouva surpris de se voir arien*

Quelques évêques courageuic, l'intrépide Jules , la généreuse Eut ropie, sœur du grahid Constantin, résistèrent au torrent et protégèrent Tinfortune. Jules convoqua dans Rome le synode que les accusateurs d' Athanase avaient eux-mêmes demandé* Ils refusèrent de s'y rendre.

Les mêmes violences qui avaient éclaté dans Alexandrie ensanglantèrent Constantinople. Les ariens venaient d'y élire de nouveau Macédonius* Les catholiques indignés rétablirent Paul sur son siège. Constance donna l'ordre à Hermogène , général de la cavalerie', de chasser l'évèque catholique. En vain la multitude le défend ; ils l'arrachent de l'église. Le peuple entier se soulève alors, met en fuite les soldats et égorge Hermogène. Constance, furieux, accourt pour le venger. L'aspect du prince et de sa garde fait succéda la terreur à l'audace. Le sénat et le peuple, prosternés aux pieds de l'empereur , calment avec peine son courroux. Enfin , accordant la vie aux rebelles, il réduit à moitié la distribution journalière qu'on faisait au peuple de quatre-vingt mille mesures de blé. Cependant le parti d'Athanase , soutenu par le

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pape 9 reprenait quelques forces dans l'Occident. Constant parut se déclarer en sa faveur , et sentir la nécessité de rétablir la tranquillité publique , « troublée par de si honteuses querelles; il écririt à son frère Constance : « Imitons la tolérance et la » piété de notre père ; c'est son plus bel héritage » et le fondement de sa puissance, y^

Il le priait dans la même lettre de lui envoyer quelques évèques ariens , afin de connaître et d'approfondir leurs griefs. Ces évèques arrivèrent portant une profession de foi qui ne contenait pas le mot conaubstantieL Jules et Constant la rejettent ; les ariens, qui avaient promis de se soumettre à la décision du pape, Paccusent d^attenter a la souveraineté de l'église, en jugeant nn évèque déjà condamné par un concile. Celui de Rome soutient les droits da pape et justifie enfin Athanase.

Tout semblait alors conspirer à la ruine de caenres au l'empire ; l'invasion des barbares et les fléaux aémxitL célestes se joignaient aux troubles civils et aux ''•"***''*• discordes religieuses pour hâter sa chute. Pendant l'espace de dix années, presque toutes les villes d'Orient se virent bouleversées par des tremblemens de terre. Â la même époque , les Francs se répandirent comme un torrent dans la Gaule , qa'ils devaient un jour conquérir, i*avager, régénérer et illustrer.

Libaniub , en retraçant les moeurs de ce peuple

guerrier , le considère comme le plus formidable

des ennemis de Rome. « Les Francs • dit-il • sont

I > plus redoutables par leur courage que par leur

j 1^ nombre ; vaillans sur mer comme sur terre ,

to4 HISTOIRE

» bravant ' l'intempérie des saluons, la gâerre » est leur élément : ils. regardent la paix comme ^ une calamité, le repos comme un esclavage:

» vainqueurs, rien ne les arrête; vaincus, ils se » relèvent rapidement sans laisser à leurs ennemis » le temps de quitter leurs casques. »

En 342 , Constant marcha contre eux : les sac^ ces de cette guerre furent balancés , et l'empereur ne put les décider à repasser le Rhin qu'en leur payant un tribu U II descendit ensuite en Bretagne , et remporta d'assez grands avantages sur les Calédoniens , qu'il contraignit à se

soumettre.

Sous le consulat de Placidus et de Romulus ^ ; l'Orient se vit encore le théâtre de différéris combats que le courage des Romains et des Perses rendait meurtriers, et que l'incapacité des chefs les empêchait de rendre décisifs. Les arknes de Constance dans le cours de l'année 344 furent heureuse&j il éloigna l'ennemi : sesgénérauii ob-* tinrent quelques avantages sur les Arabes qui habitaient une contrée voisine du jroyaume de Saba , et qui , croyant trouver la vérité là où ils voyaient la victoire, embrassèrent le christianisme. Ces Arabes prétendaient descendre d'Abraham par un fils de Cétura,

Ce fut à cette époque que l'éyêque Théophile porta dans l'Inde à la fois l'Évangile et l'arianisme. On dit qu'à son retour il convertit les peuples dç l'Abyssinie*

' t An de J4«ufi«Gluifit 343.

DU BÂS-EUPIRE. 105

. Si le christianisme s^éiendait alors dan» plu- Mwtyrt da sieurs contrées lointaines, la politique de Sapor ni^VV* s^efforçait d'arrêter. ses progrès dans la Perse, Cet **•'*•• ennemi implacable des Romains déclarait aussi la guerre à leur culte; et, si l'on en croit les historiens du temps, seize mille inartyrs furent Ticlimes de sa cruauté.

Sous le consulat de Constant et de Constance , ouTtrtar. l'empereur d'Orient fit ouvrir à l'emhouchure de séieaci*. rOronte le port de Séleucie. Dans la même année , un concile rassemblé à Milan se sépara sans avoir rien pu décider. Les évêques d'Asie y proposèrent une nouvelle formule, ceux d'Europe ne voulurent rien changer à celle de Nicée. Les deux em- s«»»ioa pereurs, qui désiraient vivement et vainement la cUeuniTer' fin de cette longue dissension , rassemblèrent en " * 547 un concile oecuménique , c'est-à-dire, universel^ à Sardiques. Cent soixante-quinze évêques s'y trouvèrent réunis. Les évêques ariens refusèrent d'assister aux séances, sous prétexte qu'ils ne pouvaient siéger avec Athanase excommunié, et ils se formèrent en assemblée particulière. .

Le concile catholique confirma le jugement du pape, renouvela la profession de Nicée ^ déposa les évêques réfractaires , et invita les empereurs à rétablir les catholiques dans leurs sièges. Ce fut dans cette assemblée qu'on reconnut solennellement , pour la première fois , la suprématie de l'évèque de Rome.

De son côté, le concile arien excommunia le vertueux Osius et le pape même, nia sa suprématie, persista dans son opposition à la prof es-

TOHB VII. i4

avec les Pertes.

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sion de Nicëe^ et sema ainsi les germes de cette séparation des églises de POrient et de l'Occident, qui existe encore de nos jours.

Constant se rangea du côté des catholiques; Constance ne voulut se décider ni pour Tun ni pour l'autre concile, cnerrt Cependant la guerre d'Orient semblait, en se prolongeant, accroître Panimofiité des deux peuples qui se combattaient. Résolu à tenter un grand et décisif effort, Sapor arme tous les Perses j les femmes mêmes se mêlent aux guerriers. Les Romains réunissent toutes leurs troupes; POrîent entier s'ébranle ; les deux armées se rencontrent près du Tigre; Constance, yain conune tous les hommes faibles , ordonne à ses postes avancés de s'éloigner du fleuve et d'ouvrir un passage libre à l'ennemi : « Laissez-les s'approcher, dit-il, choi- » sir leur terrain et s'y retrancher : tout ce que » je désire c'est de les attirer au combat. Je ne » crains que leur retraite. »

Les Perses traversent le Tigre sans obstacle et campent près de la ville de Singare : l'approche de l'ennemi avait diminué la confiance et le courage de Constance ; il le laisse s'établir tranquillement et s'oppose à Tardeur de ses troupes qui s'indignaient dé cette lâcheté. Élien, officier de la garde, et qui commandait dans la ville de Singare, ne peut supporter les bravades des Perses , sort la nuit^ à la tête d'un faible corps de jeunes soldats , pénètre dans le camp des ennemis, en égorge un grand nombre, y répand la terreur et se retire sans être poursuivi* Si Fem*

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