‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 8 sur 46 · BIT BAS-EMPIRE» IO · texte numérisé non relu

BIT BAS-EMPIRE» IO

•perenr «ut 'imité ce Romain^ l'armée perse était détruite.

Le lendemain aa ]^oint du joar les deux armées Bataiiu se rangent en bataille. Jamais les deux empires 'prèjTdT* n'ayaient déployé de forces plus imposantes ; les ^"^^ rives du fleuye^ les yastes plaines de Singare étaient couvertes de bataillons et d'escadrons dont les armes, éclairées par les rayons du soleil, éblouissaient les yeux. Les hautes montagnes qui bor* daient la plaine semblaient à perte de yue hérissées d'une forêt de lances« Sapor, éleyé sur un uehet^ bouclier , contemple ce magnifique spectacle ; mais ^^t. cet aspect formidable , au lieu d'exalter son ame^ intimide son esprit. Frappé de l'ordre qui règne dans l'armée ennemie , effrayé des souvenirs de tant de victoires remportées sur des fœrces innombra-. Mes parla tactique romaine, la crainte dans son cœur succède à l'audace; il tremble pour son trône, oublie son honneur, donne le signal de Ig retraite, repasse promptement le Tig^e, et laisse l'armée suivre avec lenteur sa fuite sous les ordret de son fils Narsès,

Les Romains, voyant l'ennemi s'éloigner , de* mandent à grands cris le signal du combat. Cons* tanoe, aussi timide que Sapor, et croyant voir un pièce dans cette retraite , veut en vain calmer la foQgae de ses légions; elles ne l'écoutent plus^ se précipitent avec fureur sur l'ainemi, le mettent en désordre, forcent le camp, enveloppent et désarment Narsès.

Ils étaient vainqueurs , mais sans chef. Une partie des Romains se livre au pillage et à la débau*

che ; d'autres attaquent sans ordre les hauteurs où plusieurs corps de Perses 's'étaient retranches : après de vains efforts ils sont repoussés et poursuivis. Les Perses profitant de cette confusion ^ reprennent leur camp et chassent les Romains. Narsès périt dans ce tumulte.

Wchctc Constance, incapable de réparer ce désordre, Conlunc»! cÔTnme il Pavait été de profiter de la victoire, prend la fuite et entraine toutes les troupes qui suivent ce honteux exemple. Le lendemain 'les Perses, plus afiligés de leurs pertes que fiers de leurs derniers avantages y se retirent et repassent le fleuve.

Sapor, honteux de sa lâcheté et inconsolable de la mort de son fils, s'arracha les cheveux de désespoir, et fit trancher la tête aux satrapes qui lui avaient conseillé la guerre. Telle fut la bataille de Singare , où l'on vit successivement deux armées battues et mises en fuite par l'incapacité de leurs chefs. La lâcheté des deux monarques rendit inu-« tile la bravoure de leurs soldats.

soa Constance, vaincu par les Perses, retourna

retour dans . • • t t\ • t -i •

pitaie. dans sa capitale. Dominé par les ariens , il persécutait leurs adversaires ; mais Constant , protecteur des catholiques , l'ayant menacé de la guerre , il. parut céder , et consentit non-seulement à recevoir les évêques que lui envoyait son frère, mais même à écouter Athanase. Il le manda près de lui ; mais cet illustre proscrit refusa d'abord d'y venir ; il connaissait trop l'empereur pour se fier a sa foi.

Les ariens, effrayés de l'arrivée des évêques ca-

sa ca

tholiquès! à Cônstantinople y s'efforcèrent de les perdre dans l'opinion publique. Etienne, évèqa«t d^Antioche , par le moyen d'un domestique corrompu 9 introduisit chez l'un d'eux une courti^ sane et le fit surprendre ayec elle : cette femme f perdant son audace à la vue du yënérable ëyèque calomnié , lui rendit elle-même justice. Etienne 9 arrêté et jugé dans l'intérieur du palais, fat déposé*

Sur ces entrefaites , Athanase , rassuré par la Triomphe protection de Constant , vint à Cônstantinople,*^^**"*"** confondit ses ennemis et obtint de Constance la , liberté de retourner en Egypte; sa rentrée dana Alexandrie fut un triomphe.

Tandis que Fempereur d'Orient^ séyère dana tes mœurs , graye dans son maintien , mais bizarre dans sa conduite et timide. dans sa politique, ne s'occupait que de discussions métaphysiques, s'entourait de prêtres ariens, passait sa yie au milieu des conciles et défendait mollement l'empire contre les Perses , Constant , plus braye , combattait denouyeau les Francs, et , après en ayoir déliyré la Gaule , se liyrait aux plaisirs ayec excès.

Dirigé dans sa politique par l'éyêqoe de Trèyes ^ qui jouissait de toute sa confiance, il repoussait l'arianisme , poursuiyait la destruction de l'idolâtrie , fermait les temples , ne les conseryait que comme monumens, défendait les sacrifices dans les villes , et ne les permettait qu'aux habitana des campagnes attachés fortement aux cérémo-^ nies religieuses, leurs uniques et leurs seuk spec-? tacks. »

Dans tout l'empire , les yillageois défendirent

l lO HISTOiaS

Origine da loDg-^temps Paiicieii culte y et c'est ce qai fit appé^ moipmens. j^^ j^^ idolâttes powns y du nom de j>â^« qui si-»

gnifie bourg.

Comme ce prince comblait le clergé de biens et d'honneurs , les cbrëtieos le considérèrent comme un grand homme. Les païens , opprimés par lui , le regardèrent comme un tyran : aux yeux des hom* mes impartiaux il défait passer pour un maurai» prince^. La Tertu rougissait de s'approcher de sa cour j son palais était un lien de débauches ^ et les historiens du temps assurent qu'on ne royait parmi s^^ ministres qu'un seul honnête honmie : c'était l'eunuque Euthérius , né en Arménie. cous« Le trône le plus éclatant est bien peu solide Magnenc* lorsquc , dépouiUé de vertus et souillé de Tices,il coDstlnt. ii'est soutenu ni par l'intérêt général ni par l'amour des peuples. Un barbsure forma le projet d'en* lever la couronne au fils de Constantin. Le succès couronna son audace.

Magnence, né dans les forêts de la Germanie ^ avait langui quelques années dans les fers des Romains. Le grand Constantin l'ajffranchit et le plaça dans une légion. Cet homme actif , intrépide , éloquent, ambitieux , s'éleva promptement du rang de soldat au grade d'officier. Il dut son premier avancement a sa valeur , et bientôt une asses grande faveur à son adresse. Il obtint le titre de comte et le commandement de deux corps de la garde formés par Dioclétien et M aximien^ et qu'on nommait les joviens et les herculiens.

Son avarice et sa dureté excitèrent une révolte parmi les soldat-s j ils s'étaient jetés sur lui et l'en-

DU BAS-fiKriRB. 111

touraient de glaives menaçans ; l'emperenr Con^ tant lui sauya la yie. Le barbare lai jura une éternelle reconnaissance y et médita sa perte.

Deux hommes puissans, Christus^ maître de la milice y et Marcellin, intendant des finances y eit«» trèrent dans ses criminels projets* Tous trois rëu* nirent leur crédit et leurs efforts pour séduire le$ ttonpes. Dans cette conjuration, on déférait le pre^ mier rôle à Marcellin , mais il préféra le second. Ce conspirateur adroit savait qu^un trône usurpé est entouré de trop de précipices, et , comme le dit un historien du temps , « Marcellin , préférant )) un pouvoir tranquille à un éclat périlleux y ai- » mait mieux être maître de Fempereur que de » Tempire. » ^

La guerre des Francs était alors finie; Constant, que le bruit des armes pouvait seul distraire des plaisirs , oubliait les affaires au milieu des loisirs de la paix* Ce prince sans prévoyance se livrait à M passion pour la chasse , et passait tontes les journées au fond des forêts.

Dans Tannée 35o, sous le consulat de Serirîus ^^, et de Négritien , la cour se trouvant à Autun , Marcellin invite à un grand festin tous les principaux officiers de l'armée. Pendant le tumulte de la fête , Magnence sort de la salle sans qu^on s'aper^ çoive de son absence ; bientôt il y rentre cotnronné , , décoré de la pourpre et entouré de gardes* Les conjurés le saluent empereur ; les autres, saisis de crainte, gardent le silence; Il les harangue, les en** traîne , marche au palais , s^en empare et pose des {ardes dans la ville. Un corps de cavalerie iUy*^

113 filSTOIRE

rienne se joint à loi; l^peuple y ami des nouyeaates j se déclare en sa faveur. Peu à peu toutes ks légion^ séduites par de magnifiques promesses, suivent le torrent et proclament Magnence Auguste.

fuiu Constant, qui se trouvait alors à la chasse , ap* îiorsult^* prit à la fois le projet des conjurés , leurs succès, •la trahison des grands, la révolte du peuple et la défection de sa garde. Accompagné d'un petit nombre d'amis , il chercha son salut dans la fuite, espérant trou ver un asyle enEspagne. Gaïson, envoyé avec quelques cavaliers à sa poursuite , l'atteignit près de la ville d'Elne au pied des Pyrénées. La crainte dispersa ses lâches compagnons : le fils du grand Constantin, naguère maître de Rome et de l'Occident , alors seul et trahi par tous les Romains, ne se vit défendu que par un Franc nommé Laniogaise. Après un court combat , tous deux tombèrent percés de coups. Constant périt la treizième année de son règne et la trentième de son âge.

Magnence manda près de lui les généraux , les préfets, les administrateurs qui avaient servi Constant avec le plus de fidélité : ils furent égorgés en route par des assassins envoyés au-devant d'eux. Le* tyran sacrifia même à sa politique ombrageuse tous les hommes de son parti dont la lenteur et la timidité lui avaient inspiré de la défiance.

L'étonnement produit par la rapidité de son élévation , et la crainte que répandait sa sévérité, le rendirent sans obstacle maître de POccident. On commande aux honmies dès qu'on les étonne.

DU BASc^SHPIRE. Il3

Magnenee nomma Titien piiéfet de Kome-^ et vimnioir Anicet pr^et du prëtdîre. L^IUyrie ne Toulut pafrla^asu. le reconnaître ^ et donna le titre d'Auguste à Vëtranion j vieux général qui commandait les troupes romaines en Pannonie* Cet homme ^ né dans les jcamps, ne: savait que combattre^ et il ne commença à apprendre à lire qu'au moment où il fut nommé empereur. Il dut son élévation au crédit , , aux richesses et aux intrigues de Constantine, fille du grand Constantin et veuve d'Annibalien* Cette princesse le plaça sur le trône dans le des^ sein de l'opposer au barbare 'Mâgnence qu'elleméprisait , et à son pi*opré frère Constance qu^elle regardait comme l'assassin de son mari.

Vétranion écrivit à Constance qu'il n'avait cédé au vœu des légions que pour le servir , et que , sous le titre d'Auguste 5 il ne voulait être que son lieutenante L'empereut ydistanulant son ressentiment^ feignit de le croire, parut le reconnaître et lui envoya un magnifique diadème*

Dans le même, temps ^ Népdtien^ jehne prince Révolte et échappé au massacre de la famille du grand Cons* "'^^^^^^^^ tântin y sort tout-à-coup de la rétraite où il vivait ignoré y se met à là tète d'une troupe de: bandits et de gladiateurs, marche à Rome , met en fuite les troupes d'Anicet , fait massacrer ce préfet , entre dans la capitale, la livre au pillage'^ se décore de la pourpre > est reconnu par le sénat et-prendle nom, de Con^tantinw

. Dès que Magnenee fut inforn^é de cet événe-; ^ent , ilenvoya Marcellin j grand maître du palais,* dvac quelques légions , en Italie ^ pour combattra

Page 1