‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 9 sur 46 · TOME VU. ' iS · texte numérisé non relu

TOME VU. ' iS

li4 HISXOIRB

le nouT^l Auguste. Les^fiLomains Tinrent avec ardeur à sa rencontre pour défendre Mëpotien ; mais y au mcanent du combat , un sénateur nommé Héraclide^ trahissant la cause de ce prince, entraîna dans sa défection une partie des troupes romaines. Marcellin dis|>ersa le reste et tua Népotien y dont la tite fut portée en triomphe au bout d'une lance* ^«n- Magnenoe, suivi d'un grand nombre de soldats r«:::LV gauloi., francs et «ermains, «ntra dam Rome, a Rome. i>î||Q||da do saug , la livra sans pudeur à la cupidité des barbares y et la fit gémir sous le joug de la pins afreuse tyrannie. Il ordonna sous peine de mort à tons les Romains de porter au trésor la moitié de leurs biens, et permit aux esclaves de dénoncer leurs maîtres , s'ils voulaient élader cette loi.

U fallait se préparer a combattre Constance; Magnenee, détesté par les Romains, attira dans ses troupes, par l'espoir du pillage, une foule de Fradcs et de Saxons. Tout TOccident , forcé d'obéir , s'arme et se lève pour sa cause.

Depuis la bataille de Singaré , l'incapacité de Constance avait faitéprouver aux armées d'Orient des pertes considérables , et les soldats romains , trop souvent battus par la faute de leurs chefs , dévoilaient , dit un historien du temps, « sitimi>* » des que la poussière d^ln escadvtm: perse les met" » tait en fuite. » Cependant les Romains raan^ quaient nioins de courage que de confiance , et on retrouvait encore les traces de leur antique vaillance lorsqu'ils se voyaient défendus par une position forte ou conduits par un chef habile.

Sap<« , instruit des troubles de l'empire et en-

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hardi par seB succès , réunit toutes s^s forces pour ^«s* ^^ s'emparer de Nisibe. Ce siëge fat mémorable par ^^r. ^ la constance des assaillans et par ropinifttretédes assiégés, Après de yains et de sanglans assauts y Sapor^ ayant détourné le cours du fleure, en rassemble les eaux; leur masse y trop long^-temps retenue par une digue, s'élance violemment lors«- ^u'elle est ouyerte^ tombe sur les murailles et les renferse,

La plaine inondée présente le spectacle d^un lao< immense; Nisibe n'est plus qu'une île au milieu des flots; les Perses approchent sur une foule de barques et donnent un assaut général. Les Ro* maiiis, n'ayant plus d'autres remparts que leurs boucliers, ^e précipitent avec intrépidité ,sur la nombreuse armée qui les attaque; révéque de Nisibe, prosterné aux pieds des autels , invoque les secours du ciel; enfin la bravoure de la garnison l'emporte, vingt miUe Perses tombeni sous le fer des Romains : Sapor fuit et lève le siège. La peste Fuite se répand d#ns son armée ; elle se retire ; la guerre ^ ^'^^' est suspendue, et les chrétiens vainqueurs ne voient dans lemr délivrance et dans les prodiges de leur coorage qu'un miracle du à l'intereessîoa de leur saint évêque«

Constance, rassuré par la fuite de Saper , ras-* Guerre sembla pour combattre Magnence une armée et J]^^î*f °°êt une flotte presque aussi nombreuses que celles de.^s°*^°°^' Xerxès; mais, malgré le danger dont le menaçait cette lutte contre un rival qui commandait lef guerriers les plus redoutables de l'Occident , il ne craignit point de diminuer ae^ forces en ren-»

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voyant des légions tous les soldats qui reftisârent

de se faire baptiser.

Cependant^ avant de tester le sort des armes, Magaençe chai^ea Marcetlin et Rufia de proposer.la p^is»' L'empereur d'Orient, excité par l'honneur, retenu par la crainte, hésite et ne saits'il doit rejeter ou accueillir ces propositions. Agité, par cette incertitude, autnilieudelanuit, il croit voir apparaître son père qui lui montrel'ombre de Coustant et lai dît : « Voilà votre frère A égorgé; vengez-le , fermez les yeux sur lep^ n ril; ne songez qu'à votre gloire et frappez le n tyran. »

Constance , déterminé par cette vision , renvoie les ambassadeurs , déclare la guerre , marche et arrive à Sardïqoes. Vétranion l'y attendait avec ses légions et lui promettait de combattre aveo lui contre Magnence.

Pour régler les opérations de cette campagne , les deux empereurs entrent en conférence , et , sur un tertre élevé au milieu des deux armées , s'asseyent sans armes et sans gardes. Tout-à-ooup Constance, jetant le voile d'amitié sous lequel il avait déguisé son ressentiment, prend la parole, et s'adressant aux soldats de Vétranion : « Souve- » nezrvous, dit-il, de la gloire, des bienfaits de » mon père Constantin et de vos sermens. Voua » avez tous juré de ne reconnaître d'autres princes qne ses fils. Garderez-vous pour chefs des hommes nés pour obéir? Tant de discordes, tapt de guerres, tant de meurtres , tant de désastres ne von* ont-ils pas a^risque l'état ne

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» peut être tranetuiUe que sons le iponroir d'un » seul chef? »

La mémoire du grand Gonstautin , la crainte des troubles cirils, le souTenir d^un engagement solennel, dannent à ce peu de paroles > une force soudaine qui s^empare de tousies esprits; Par une acclamation unanime, tons les soldats proclament Constance seul Âasuste. Vë^ï»amou, abandonné-^'»*'*******

® . de Vclia-

de ^a COUP, menacé p^r son arm^e, se jette aux mon. pieds de son rival redevenu son maître , se dé* pouiile dé la pourpre et invoque sa clémence. Constance conserva la vie à Yétranion, l'emmena dans sa tente, le fît dîner avec lui , et lui dit pour le consoler : « Vous ne perd^ qu^ua vain titre » qui ne donne que des biens imaginaires et des » chagrins réels4 vous allez jouir en paix de la vie 1» privée, d^un bonheur sans mélange* » ^

Yétranion le crut et vécut heureux à Pruse, en Bithynie, pendant six années; lorsqu'il sut que Constance, attaqué par les Perses et menacé par Julien, éprouvait toutes les peines trop inséparablement attachées au>rang suprême , il lui écijvit : « Vous avez bien tort de ne pas m^imiter , et de » ne point prendre votre part de ce bonheur de » la retraite que vous savez si bien procurer aux Il autres. ».

Avant de continuer sa msurohe 5 Constance caiiu^ e»i donna le titre de César à Gallus, son cousin ger- °°"«^<^*main, seul échappé avec son frère Julien au massacre de sa famille^ Gallus vivait alors retiré dans nue de.aes terres en lonie. L'empereur lui fit épou*m Constantine ^. veuve d'Anpibalien > et le chaçt-

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gea de défendre les frontières de POrienl oontre les Perses.

Déeence, Magoeuce Uissa lé commandement de Rome à lUgt'enM , «^^ fr^**® Décence qu^il décora du titre de César. est nommé U franchit ensuite les Alpes Juliennes et marcha uaiche d« sur Sirmium^ où Constance, oubliant la guerre , "î^tw''* ^® s^occupait que de la réunion et des disputes OoDiiaiic*. d^uu concile* ^>

Les ayant-gardes des deux années eurent des succès et des revers balancés. Au moment où Magnence allait passer la Save, il reçoit un ambassadeur de Constance , qui , en présence de Palmée, ]pi propose, s'il yeut abandoniler Fltalie, de lui céder tout le reste de FOccident. En vain Magnence s'indigne de cette proposition, ses légions murmurent et se disposent i la réyolte* Feignant de céder ^ il gagne du temps, reprend son crédit sur les esprits, garde l'ambassadeur de Constance prisonnier, avance sur les bords de la Save , négocie et obtient qu'on ne l'inquiétera pas dans sa retraite.

Cependant Constance, croyant peu à ses promesses , le suit avec prudenee et campe près de Cybales , au mfime lieu où Constantin avait rem?* porté sa première victoire sur Licinius. Là il voit arriver Titien , préfet de Rome. Magnence, ayant apaisé la sédition de son armée , avait chargé ce préfet de signifier iusol^ument à Constance l'ordre d'abdiquer. L'empereur le renvoya avec mépris. Cette rupture d'une trêve si récemment conclue excita le. mécontentement de quelques guerriers généreux, et entre autres de Sylvain,

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eapitaine franc , distingué par ses exploits, et fils da fameux Bonit, dont Pëpëe avait contribue aux victoires du grand Constantin. Sylvain abandonna Mâgnence et passa dans le camp de son rival.

Magnence, plus irrité que découragé par cette défection, poursuit audacieusement ses projets, met en fuite l'avant -garde ennemie, tourne le camp de Constance et s'approche de Sirmium.

Enfin les deux armées se livrèrent , sur la Dra ve, Batauic près de Murse, une bataille décisive. L^empereur prèsd« ' d'Orient était à la tête dé quatre- vingt mille hom- ^•"•• mes; Mâgnence ne lui en opposait que quarante mille, mais tous aguerris et fiers d'un grand nombre de victoires. Les deux chefs se montrèrent également indignes du rang qu'ils occupaient , Constance par sa faiblesse, Mâgnence par sa su-* perstition cruelle ; ce tyran sacrifia aux dieux une Tictime humaine. Pendant le choc des armées, LâcheM d« Constance se tint caché dans une église avec l'a- ^* rien Yalens, évèque de Murse. Dans cet asyle, effrayé par le bruit des armes , le lâche envoie l'ordrede suspendre le cosnbat et propose un armistice : ses soldats rejettent cet ordre avec mépris, et, iprès une mêlée sanglante, son armée enfonce l'ar* laée ennemie.

Les vaincus , ralliés par Mâgnence, recommen- D<f»te , cent avec acharnement le combat et rendent long- mon de temps la victoire incertaine. Enfin la cavalerie de "■*" Constance tourne Tarmée d'Occident , la met en faite , la^ détruit presque entièren^ent et s'empare de son camp. Magneïice n'échappa au vainqueur qu'en se dépouilknl de la pourpre et en se sauvant

encc.

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sous l'habit d'an esclare» Trente mille hommes d'un côte 9 Tingt-quâtre mille de Fautre périrent dans cette journée. Cette perte de tant de brotyes guerriers fut une grande plaie pour Pempire. On regarda Murse comme le tombeau de cette ancienne milice^ Fappui de Rome et l'effroi dfes barbares^

Les deux armëes pleurèrent leurs plus braves officiers ^ Arcadius , Proculus , Marcellin y Romu- ^ lus. Constance ignorait tous ces évënemens f mais l'éyéque Y alens , qui avait pris toutes ses mesures pour en être secrètement informé , annonça toutà-coup à l'empereur sa victoire ^ dont un ai^e ^ disait-il , venait de lui annoncer la nouvelle^

Màgnence, arrivé en Italie, fortifia tous les passages des montagnes et s'enferma dans Aquilée^ L'empereur ^ à la tète de l'armée victorieuse , força les retranchemens qui défendaient les Alpes ; Rome se révolta contre son tyran, et Magnence se sauvst dans la Gaule , en abandonnant l'Italie et rAfrique qui se déclarèrent contre lui«

Lâche dans l'infortune comme tous les- t3n:ans^ après avoir demandé vainement à son ennemi de lui conserver la vie, il envoya dans l'Orient, des assassins pour se défaire de Gallus : ses émissaires^ découverts et punis , ne lui laissèrent que la honte d'un crime tenté inutilement.

Les généraux^ de .Constance, marôhailt ateo rapidité contre Magnence, l'atteignirent prèsf de Gap , lui livrèrent bataille , et mirent en fuite les troupes qui fondaient ses dernières espérances. Il •ourut à Lyon^ où ses propres soldats, le voyant

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sans ressources, l'enfermèrent comme prisonnier. Le barbare y réduit au désespoir y tourne enfin contre lui et contre sa famille cette fureur qui ayait inondé l'Italie du sang de tant de victimes. Tirant son glaive^ il égorge sa mère, sa femme j ses enfans.) blesse Didier 3on frère , et se perce lui-même le cœur. Il mourut à cinquante ana^ i^près trois ans de règne.

Son frère Décence apprit dans la ville dé Sens sa . ^^cence fin tragique et s'étrangla. Son autre frère Didier, dont la blessure n'était pas mortelle, implora et obtint le pardon de Constance , qui , malgré sa faiblesse, se vit alors, par le courage de ses soldats, maître aans rival de tout l'empire romain.

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