‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 10 sur 102 · III-JT. IMV. — T, Xt, C · texte numérisé non relu

III-JT. IMV. — T, Xt, C

82 DOUZIÈITE EPOQUE.

Philippe-Auguste contre le monarque anglais Jean sans Terre et l'empereur Othon.

Ce dernier, peu propre à gagner les cœurs , avait été forcé de quitter le royaume de Naples, en recommandant à ses partisans de lui rester fidèles. Il convoqua à Lodi les représentants des villes lombardes; mais il n'y vint que ceux des viiles alliées de Milan, toujours fidèles à Othon , par rancune contre les Souabes. Il ne tira donc nul avantage des délibérations de cette diète , et les factions ne cessèrent pas de se combattre ; les haines s'aigrii-ent même , à la suite des luttes religieuses survenues a cette époque, et qui minèrent la puissance ecclésiastique en accoutumant les peuples à ne tenir aucun compte des excommunications pontificales. Venise fit la guerre à Padoue, qui voulait lu? fermer le commerce de la terre ferme. Milan prit les armes contre Pavie et les ducs de Montferrat, les Malaspina de la Lunigiane contre Gènes , les Salinguerra contre Modène ; dans Florence , la rivalité des Buondelmonti et des Amidei fit entendre pour la première fois les noms de Guelfes et de Gibelins , noms qui devaient lui coûter tant de sang.

Othon, néanmoins . cherchant à calmer la tempête soulevée contre lui en Allemagne , était allé jusqu'à se soumettre au jugement des états; mais cette faiblesse accrut l'audace des mécontents; d'un autre côté, l'alliance qu'il avait contractée avec le roi d'Angleterre et le comte de Flandre , pour se venger de Philippe- Auguste, l'ayant enhardi jusqu' à pénétrer en France, il fut défait et mis en fuite à Bouvines. Déchu alors de toute influence en Allemagne, il rentra dans ses États héréditaires. Frédéric fut couronné de nouveau roi de Germanie à Aix-la-Chapelle, et, conformément à ses conventions avec Innocent, il confirma toutes les prérogatives et possessions de la cour de Rome ; il promit de reprendre , au profit du saint-siége , laSardaigne et la Corse aux Pisans , et de lui céder la Sicile dès qu'il serait empereur.

C'était un surcroît de précautions que prenait Innocent pour garantir l'indépendance de l'Italie. Il avait déjà donné en mariage à Frédéric II Constance d'Aragon, veuve du roi de Hongrie , et qui était aussi sa pupille. Le pape , ayant ainsi placé sur le trône l'élève du saint-siége, pouvait en espérer une paix durable et une grandeur nouvelle; néanmoins la mort seule lui épargna la tristesse de voir l'ingratitude d'un prince qu'il avait entouré de sa protection.

Mais , avant de raconter comment se ralluma la guerre entre

QUATRIÈME CROISADE. 8,'î

la papauté et l'Empire , nous devons nous arrêter sur les deux croisades qui signalèrent le pontificat d'Innocent III, l'une contre Constantinople , et l'autre contre les Albigeois.

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