‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 9 sur 102 · OTHON IV · texte numérisé non relu

OTHON IV

prédominer dans les \illes environnantes, qui dès lors inclinèrent vers une oligarchie déplorable, troublée par des dissensions incessantes et souvent suivies de véritables guerres.

Othon IV les trouva les armes à la main quand il descendit des Alpes. De maison guelfe, il espérait l'appui de cette faction, tandis qu'il se flattait d'avoir les Gibelins favorables comme roi de Germanie. En effet, il réconcilia Ezzelin de Romano avec Azzo d'Esté; mais cette union dura peu; tout occupés de leurs propres affaires, les Guelfes et les Gibelins n'avaient guère le temps de songer à l'empereur.

Il fut cependant reçu avec un appareil de fête par les nombreux ennemis de la maison de Souabe. Innocent III vint à sa rencontre jusqu'à Viterbe, où il le couronna; mais l'empereur et le pape restèrent peu de temps en bonne intelligence. Déjà l'arrogance allemande pesait aux Romains, et la plupart des cardinaux demeuraient hostiles au parti d'Othon. Ce prince, après avoir juré, selon l'usage, de recouvrer ce que l'Empire avait perdu, prétendit , sur l'avis de plusieurs jurisconsultes, qu'il était en droit de revendiquer Viterbe, Montefiascone , Orviéto, Pérouse , Spolète; il favorisa la famille des Pierleone, gibelins acharnés, et donna , non pas au nom du pape , mais en son propre nom , l'investiture de la marche d'Ancóne à Azzo VI d'Esté. Dans l'intention d'humilier Frédéric, il entra dans la Fouille , afin d'y relever la suprématie impériale, et fit alliance avec les généraux allemands restés dans le pays : procédés bien opposés au serment qu'il avait fait au pape Innocent III de respecter les droits acquis du saint-siége.

Innocent excommunia donc l'empereur guelfe; mais Othon poursuivit la conquête de la Fouille, et déjà il s'apprêtait à passer en Sicile , quand les soulèvements suscités en Germanie par l'anathèrae pontifical le firent renoncer à cette expédition. La mort de Béatrix brisa les liens qui unissaient à Othon la faction souabe, tandis que le pape lui opposait Frédéric II.

Le jeune prince fut accueilli avec de grands honneurs à Rome par Innocent , qui lui donna sa bénédiction , et l'envoya à Gênes sur ses propres galères; mais, comme le souvenir de Barberousse lui aliénait les villes de Lombardie , il gagna Coire, dont l'évêque fut le premier à le saluer roi des Romains. Arrivé à Constance , Frédéric se concilia , par sa munificence et son afiabilité , les Souabes et les Alsaciens , dont il était devenu le seigneur suzerain, comme héritier de son oncle, et conclut une alliance avec

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