CHAPITRE IV
Honorius III, son successeur, se hâta, dès le lendemain de son exaltation , d'écrire aux chrétiens de Syrie qu'il continuerait l'œuvre d'innocontlll; en même temps il exhorta les évéques à prêcher la guerre sainte , et les princes à faire la paix , afin de pouvoir diriger l'entreprise. Mais la France et l'Angleterre continuaient leurs hostilités; Frédéric II ne savait que promettre et
se rétracter, bien que les prélats et les seigneurs d'Allemagne se montrassent disposés à l'expédition. André II de Hongrie notamment , qui avait juré à son père d'accomplir le vœu fait par ce roi à son lit de mort, prit la croix, et se prépara à partir malgré les dissensions soulevées dans ses Etats par les intrigues de sa femme Gertrude; il fit aussi prêcher la croisade dans les pays nouvellement convertis, d'où accoururent sous ses bannières de ferventes recrues.
Il se mit donc en route avec les ducs de Bavière et d'Autriche et beaucoup de seigneurs et de prélats allemands; arrivés à Spalatro , les vaisseaux de Venise , de Zara et d'Ancóne les transportèrent en Chypre, où ils furent rejoints par d'autres croisés venus de Brindes , de Gènes, de Marseille; Hugues de Lusignan, roi de l'ile , s'étant uni à eux , ils passèrent à Ptoléraaïs.
A l'arrivée de cette armée, les chrétiens se réjouirent, et la peur saisit les musulmans ; mais le manque de vivres contraignit les croisés à se livrer au pillage. Conduits sur les terres des chrétiens par les rois de Jérusalem, de Chypre et de Hongrie, ils marchent précédés de la croix et chantant des hymnes; ils traversent ainsi la Palestine jusqu'au Jourdain , puis les plaines de Jéricho et les rives de Génézareth , faisant des prisonniers et du butin , mais évitant de livrer bataille.
Malek-Adel , renonçant à un royaume acquis par des méfaits, avait cédé le Caire à Malek-Kamel {Mélédin)^ son fils aine, Damas à Coradin {Cherf-Eddijn] , Baalbek, Bosra et autres principautés à ses autres fils , ne se réservant que l'autorité suprème, qui suffisait pour le faire considérer comme le soutien de l'islamisme dans ces contrées. Prévoyant que les chrétiens ne resteraient pas longtemps d'accord entre eux , il défendit de les inquiéter, et voulut seulement que les musulmans se fortifiassent dans le voisinage du mont Thabor. Les chrétiens vinrent les attaquer dans leurs retranchements avec le plus grand courage malgré lesdiflîcultés, animés qu'ils étaient par le patriarche et les souvenirs qui se rattachaient à la montagne sainte; mais , soit à cause de l'indiscipline ou des rivalités, ils ne tardèrent pas a être rais en déroute.
Alors les mauvaises passions éclatent : le patriarche déclare qu'il s'abstiendra désormais de porter dans les combats le bois de la croix ; on s'accuse les uns les autres, et les croisés finissent par se diviser en quatre corps , afin d'opérer séparément et de se procurer des vivres. Mais le roi de Chypre vient à mourir ; celui
(le Hongrie reçoit de son pays de nouvelles inquiétantes , et hâte son retour sans avoir tiré de son voyage d'autre profit qu'une grande provision de reliques , auxquelles on attribua le mérite d'avoir calmé les séditions dans son royaume.
Sur ces entrefaites , arrivèrent de la Frise et du Rhin de nouveaux croisés, qui, après avoir aidé les Espagnols en Portugal , et s'être réunis à d'autres croisés de Hollande , de France et d'Italie, apportaient le courage du succès et la foi dans les miracles. Animés par leur ardeur, Léopold IV d'Autriche, Othon deMéranie et autres seigneurs et prélats allemands demeurés en Palestine, se décidèrent a attaquer l'Egypte, et débarquèrent à Damiette. La fécondité du pays, qui avait réparé les pertes des guerres précédentes, encourageait les croisés, et Malek-Adel put apprendre avant d'expirer que le boulevard de l'Egypte était tombé.
Malek-Kamel proposa même aux chrétiens de leur restituer i^iî"-
T. 1 -1 TiT^'i 1' . 5 novembre.
Jérusalem ; mais le cardmal Pelage , légat apostolique , qui jouissait d'une pleine autorité sur les croisés et voulait l'exercer, ne permit pas qu'elles fussent accueillies.
Les princes musulmans se réunirent en face du danger; ils recrutèrent leurs armées, accrurent le nombre de leurs forteresses, démantelèrent Jérusalem et toutes les petites places surla côte de Syrie; pendant ce temps, les maladies contagieuses éclaircissaient les rangs des chrétiens , et beaucoup d'entre eux regagnaient leur patrie. Les prétentions du légat Pelage entretenaient un levain de discorde; les Egyptiens entravaient les marches et inquiétaient les quartiers en faisant déborder les eaux du Nil , tandis que l'apparition menaçante des Tartares sur d'autres points empêchait de concentrer tous les efforts de ce côté.
Les chrétiens s'emparèrent pourtant de Damiette, où ils ne Prise
T 1 , «. . ,■>. . , de Damiette.
trouvèrent que des cadavres pestiférés et d immenses richesses ; amollis alors par l'opulence, décimés par la contagion, divisés par les démêlés survenus entre Pelage et Jean de Brienne, ils étaient exposés à de grands dangers, malgré les secours continuels envoyés par les princes d'Europe, et surtout par le pape. En dépit du roi de Jérusalem et de quiconque avait quelque connaissance de la guerre et du pays. Pelage ordonna que l'armée s'avançât sur le Caire; mais de honteuses défaites prouvèrent combien les premiers avaient raison. Réduits à toutes les angoisses de la faim, les croisés durent se résignera conclure avec les musulmans une paix de huit années. Le roi , le légat, Louis , '221.
duc de Bavière, et plusieurs évêques restèrent comme otages jusqu'à la restitution de Damiette.
Comme le roi se trouvait assis en face du sultan , il fondit tout à coup en larmes, et le sultan lui ayant demandé pourquoi il pleurait ainsi : fenai bien sujet, répondit-il, quand je vois le peuple qui nous est confié par Dieu périr au milieu des eaux et torturéparla faim. Le sultan, touché de sa douleur, pleura luimême ; puis il envoya trois jours de suite trente mille pains pour les pauvres et les vieillards (l).
Les croisés se retirèrent donc après de cruelles souffrances et sans aucun résultat; les Palestins se plaignaient hautement du cardinal Pelage, et le pape imputait tout le mal aux délais de Frédéric, qui renouvela alors la promesse de se croiser. Afin de hâter la nouvelle expédition, le grand maître des templiers, ceux des hospitaliers et des chevaliers teutoniques, le patriarche de Jérusalem et le roi lui-même se rendirent en Italie et s'abouchèrent à Vérone avec Frédéric ; non-seulement cet empereur se montra disposé à tenir sa promesse, mais encore, en épousant Yolande, fille de Jean de Brienne, il s'obligea à défendre comme son propre bien le royaume de Jérusalem, dont elle devait hériter. Brienne parcourut les autres États de l'Europe pour réclamer des secours, taudis que Frédéric faisait équiper des vaisseaux en Sicile, renouvelait ses promesses, exhortait le pape à faire tous ses efforts pour affermir la paix, et envoyait aux différents princes des chevaliers appartenant à quelqu'un des trois ordres religieux. La Palestine, désolée, attendait Frédéric, comine autrefois les Juifs avaient attendu le Messie; il n'était pas jusqu'à la reine de Géorgie qui n'écrivit au pape que ses peuples belliqueux brûlaient de se joindre aux croisés pour venger les outrages faits à la cité de Dieu.
Le printemps de 1225 était l'époque fixée pour le départ; mais Frédéric trouva encore des raisons ou des prétextes pour le différer; puis il prétendit au titre de roi de Jérusalem, au di'trlment de Jean de Brienne. Comment les prédicateurs auraient-ils pu être écoutés lorsque la déloyauté des chefs apparaissait au grand jour? Les souverains, pendant ce temps, s'occupaient d'arracher aux barons les lambeaux épars de l'autorité royale; les villes songeaient à consolider leurs anciennes franchises et à en acquérir de nouvelles, ou à se faire la guerre entre
(1) Conlin. deGuill. de Xyr.
CINQUIÈME ET SIXIÈME CROISADE. i07
elles ; l'empereur nourrissait des projets ambitieux. Or la croisade était bien l'objet de la préoccupation générale; mais personne ne se mettait eu mouvement , sauf peut-être quelque pèlerin ou quelque chevalier isolé, qui s'en allait dévotement accomplir uu vœu.
'< Frédéric se vit pressé plus vivement par Grégoire IX, placé ■■ par Dieu eu ce monde comme le chérubin armé du glaive, pour « montrer aux hommes égarés le chemin qui conduit à l'arbre « dévie. » Ce prince, voyant qu'il ne pouvait plus différer, s'embarqua à Brindes; mats trois jours s'étaient à peine écoulés qu'il avait remis pied à terre, alléguant la maladie dont lui et d'autres se trouvaient atteints.
Le pontife perdit patience et l'excommunia, le dénonçant à toute l'Europe comme un parjure et un infidèle, comme l'auteur de la mort d'Yolande et de celle des croisés que la faim et ks chaleurs avaient moissonnés dans la Pouille. Frédéric répondit au pontife avec non moins de courroux, et, pendant ces récriminations, la Palestine criait en vain à l'aide sans que personne vint la secourir.
Heureusement que la discorde se mit entre le sultan de Damas et celui du Caire. Le premier demanda assistance à Djélal-Eddin, prince puissant du Kharism ; l'autre chercha à se concilier Frédéric en lui envoyant des présents, avec la promesse de lui remettre Jérusalem s'il passait en Orient. Leurs conventions arrêtées, Frédéric s'apprêta sérieusement cette fois à partir pour la Palestine dans l'intention de satisfaire le pape et de désarmer son beau-père Jean Brienue, qui se disposait à recouvrer le litre de roi de Jérusalem. Ayant rassemblé une grande foule de gens dans la plaine de Barletta, il y parut sur un trône élevé, dans toute la majesté impériale, avec la croix de pèlerin ; après avoir annoncé son départ et donné publiquement lecture de son testament, il eu lit jurer l'exécution aux barons/ s'il périssait dans son voyage.
Une croisade conduite par uu excommunié parut une chose scandaleuse à Grégoire IX, qui d'ailleurs regarda comme imprudent de l'entreprendre avec vingt galères et six cents chevaliers seulement; c'était, disait-il, armer en corsaire plutôt qu'en empereur. Frédéric ne répondit rien, et continua. Alors le pape, irrité, interrompit la canonisation du pacifique saint François, pour lancer de nouvelles malédictions contre Frédéric.
1Î28. L'empereur se voyait accuelli en Syrie comme un sauveur,
quand deux religieux franciscains annoncèrent l'excommunicatinn nouvellement fulminée, ce qui lui enleva la confiance et le respect. Malek-Kamel s'étant dirigé du Caire vers Damas, dans l'intention de profiter de la mort de son frère pour s'emparer de cette ville, Frédéric députa vers lui pour lui rappeler leurs conventions. Comme la paix leur était grandement nécessaire à tous deux, la campagne se passa entièrement à négocier, et ces négociations furent, comme dans une guerre moderne , environnées de mystère. L'empereur envoya au Soudan des fourrures, d'excellents destriers, de belles armes d'Allemagne, avec le cheval de bataille, l'épée et une partie de l'armure dont il se servait en campagne; Malek, à son tour, lui fit présent d'un éléphant, de plusieurs chameaux et de productions les plus rares de l'Inde, de l'Arabie et de l'Egypte, enfin d'une troupe de danseurs et de cantatrices ; ce qui fut pour les musulmans un sujet de reproche, et pour les chrétiens un motif de scandale ; car les uns et les autres voyaient avec jalousie et déplaisir ces relations bienveillantes. Enfin le soudan et l'empereur conclurent une trêve de dix ans, aux conditions suivantes : remise de Jérusalem , de Bethléem,
^"'- de Nazareth et de Thoron à Frédéric, avec tout le territoire entre Saint- Jean d'Acre, Tyr et Sidon, c'est-à-dire, a peu de chose près, tout le royaume de Jérusalem ; les musulmans conserveraient leurs mosquées et le libre exercice de leur culte, les prisonniers seraient également restitués de part et d'autre, et Frédéric s'engageait à détourner les Francs de toute entreprise hostile contre l'Egypte.
Ce traité parut également impie aux musulmans et aux chrétiens; les imans , les cadis, protestant contre la cession de la ville du prophète, en appelèrent au calife de Bagdad, et les évéques, indignés de voir les deux cultes confondus, en appelèrent au pontife de Rome. Le sultan de Damas refusa de reconnaître l'arrangement, et le patriarche de Jérusalem mit l'interdit sur : mar-:, les saiots licux rccouvrés. Frédéric fit donc son entrée à Jérusalem accompagné seulement de ses barons allemands et des chevaliers teutoniques; il trouva l'église du Saint-Sépulcre tendue de deuil, abandonnée par les prêtres, et il dut poser de ses propres mains sur sa tête le diadème royal.
Vainqueur et pourtant exécré, il quitta Jérusalem, où il n'avait pu obtenir obéissance, même en sévissant contre les citoyens , en frappant les moines , en suscitant des entraves aux
templiers et aux pèlerins venus pour la senoaine sainte. i\e respirant que la colère et la vengeance, il regagna son royaume de Sicile , poursuivi par les menaces des partisans du pontife. Son départ fut fêté non moins que ne l'avait été son arrivée; et ce n'était pas sans raison que les gens sages lui reprochaient de n'avoir rien fait pour assurer la conservation de ce qu'il avait acquis.
Le pape songea donc à une autre croisade; dans le but de convertir la Syrie et l'Egypte, il expédia une mission pacifuiue de religieux, qu'il chargea de lettres de sa main pour le calife de Bagdad, le sultan de Damas et les principaux musulmans; il ferait en même temps prêcher, la paix dans l'Occident, en exhortant tous les fidèles à payer un denier par semaine; ce qui devait suffire pour l'entretien de l'armée pendant dix ans. Les dominicains et les franciscains se mirent à l'œuvre pour cette double tâche; mais ils n'eurent guère plus de succès en Europe que dans l'Orient. Thibaut V, comte de Champagne et roi de Navarre, non moins habile troubadour que vaillant chevalier, excita par ses chansons à la croisade , et beaucoup de preux se disposèrent à l'accompagner dans l'expédition qui devait avoir pour chef Frédéric, réconcilié avec le pape. Ils s'étaient réunis à Lyon, 1239. quand le pape leur signifia de se séparer, à cause de nouveaux démêlés survenus avec l'empereur. Quelques-uns obéirent, d'autres s'embarquèrent à Marseille , et de ce uom])re était le roi de Navarre. Arrivés en Palestine, ils rompirent la trêve, et s'avancèrent de Joppé vers Ascalon; mais ils furent surpris dans le trajet, et mis en déroute.
Les chrétiens avaient pris parti dans la guerre civile survenue is novembre. entre le Soudan du Caire et celui de Damas, les templiers pour le premier, les hospitaliers pour l'autre, opposant la croix à la croix dans les querelles des païens, jusqu'au moment où le souverain de Damas eut recouvré Jérusalem. De nouveaux croisés étaient venus d'Angleterre et d'ailleurs, assez nombreux pour troubler la paix, mais non pour obtenir la victoire. Et comment l'auraient-ils pu quand l'Europe était en feu par ses dissensions intérieures, alors que la croisade était proclamée en même temps contre les hérétiques du Languedoc, contre l'empereur excommunié, contre les idolâtres de la Prusse et les maliométans do l'Orient ?
Rodolphe, seigneur de Cœuvres, se présenta un moment
comme prétendant au royaume de Jérusalem, dont il obtint le
ilo DOUZIEME EPOQUE.
gouvernement ; mais il renonça bientôt à eette dignité vaine etpérilleusc. Richard, comte de Cornouailles, neveu de ce Cœur de lion dont le nom inspirait encore l'épouvante aux musulmans, vint en Palestine avec de l'argent et des troupes; mais, ne pouvant réussir à étouffer la guerre mortelle que se faisaient les deux ordres rivaux, il se borna à conclure avec les Ayoubites un traité par lequel Jérusalem, Ascalon et Tibériade furent restitués aux chrétiens.
Le royaume de Constantinople ne se trouvait pas dans des conditions moins déplorables. Pierre de Courtenay, prince de la maison royale de France, appelé pour succéder à Henri de Filandre, fut surpris et massacré par ordre de Théodore Commène, prince d'Épire. Robert, son fils, vaincu dans une bataille par Yatace , empereur de Nicée, perdit toutes les provinces situées au delà du Rosphore et de l'Hellespont, tandis que la Thessalie et une partie de la Thrace lui étaient enlevées par le prince d'Épire. L'ennemi campait donc sous les murs de Constantinople. Les sujets de Robert avaient même cessé de le respecter; comme il avait épousé une jeune personne déjà promise à un chevalier bourguignon, ce dernier assaillit le palais impérial pendant la nuit, enleva la femme du prince et sa mère, noya celle-ci, et coupa à l'autre le nez et les lèvres : attentat dont l'empereur fut tellement saisi qu'il en mouiut de douleur.
Raudouin II, encore enfant, succéda à son frère, puis Jean de Rrienne son tuteur, ancien roi de Jérusalem. Les Grecs et les Ruigares avaient déjà pénétré dans le port de Constantinople et s'apprêtaient à escalader les murailles, quand il tomba sur eux et les mit en fuite ; il sut les décourager par des victoires étonnantes, mais qui n'auraient pas suffi pour remédier à un aussi grand épuisement, si les Ruigares ne se fussent fait un ennemi de l'empereur de Nicée. Quoi qu'il en soit, Jean de Rrienne atteignit l'âge de quatre-vingt-neuf ans , en soutenant par son courage héroïque un État en ruine ; mais, en mourant sous l'humble habit de franciscain, il put prévoir qu'il n'en resterait rien à ses successeurs. Raudouin, son gendre, destiné à le remplacer, perdit la couronne , et s'enfuit en Europe, qu'il parcourut en mendiant des secours, et souvent manquant de pain.
Tel était i'éUit déplorable où se trouvaient réduites les affaires des chrétiens en Orient, lorsque des ennemis nouveaux et plus terribles, les Mongols, vinrent imprimer une secousse violente au monde civilisé. Nous aurons bientôt à parler longuement de
HÉRÉSIES. Ili
ces envahisseurs. Nous nous bornerons à dire ici que, soit hasard, soit pour un motif inconnu, ils ne se jetèrentpas sur l'empire latin ni sur les possessions des chrétiens de Syrie, mais qu'ils contrii)uèrent indirectement aux événements nouveaux dont ce pays fut le théâtre.