‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 41 sur 102 · PISE · texte numérisé non relu

PISE

Ugoccione, qu'il avait fait prévenir, arriverait à son secours; mais, appesanti par la goutte, il lui était difficile de se défendre; arrêté dans sa fuite, il se précipita en bas de sou cheval, et se tua. « C'était un chevalier de grand courage et renom, noble de « race et de manières, très-beau de sa personne jusque dans sa « vieillesse, aimable, instruit, beau parleur, et visant toujours à « de grandes choses ; fréquentant familièrement les grands sei- " gneurs et la noblesse, il était célèbre par toute l'Italie, en- « nemi du peuple et des bourgeois, aimé des gens de guerre, << plein de desseins malicieux, pervers et rusé(l). »

Sienne, Lucques et Pistole éprouvaient les mêmes tiraillements, les mêmes agitations intérieures , qu'il serait trop long de raconter en détail.

Cortone s'était donné un gouvernement composé de consuls , de la noblesse [majores milites]^ des chefs d'arts et métiers, d'un camerlingue et d'un chancelier; le conseil de créance [credenz-a) était formé de vingt nobles, le conseil général de cent citoyens et artisans. Elle soumit les familles de la campagne, comme les marquis de Pierle, les comtes de Cegliolo, les seigneurs de Pergo, de Pogoni , et les camaldules du prieuré de Saint-Égide, qu'elle lit entrer dans l'enceinte de la ville; dès lors elle fut obligée d'étendre ses murailles, en 1219, de manière à comprendre dans son enceinte le faubourg de Saint-Vincent. Tour à tour alliée et ennemie des Arétins, elle fut surprise par eux en 12.S9, saccagée, démantelée et contrainte de prendre pour podestat un citoyen d'Arezzo. Plus tard les Casali s'y emparèrent de l'autorité et devinrent vicaires de l'Empire ; enfin la république de Florence soumit Cortone à sa domination.

De même que Florence était à la tête des Guelfes, Pise tenait le premier rang parmi les villes du parti gibelin. Elle était « en " grand et noble état de riches et puissants citoyens les plus « renommés d'Italie ; il y avait entre eux accord et unité , et ils « tenaient grand état, car parmi les citoyens se trouvaient le « juge de Gallura, le comte Ugolin, le comte Fazio, le comte « INieri, le comte Anselme et le juge d'Arborea; chacun d'eux « avait nombreuse cour, et de temps à autre ils chevauchaient " par la ville avec beaucoup de citoyens et de chevaliers. Pour n leur grandeur et nol)lesse, ils étaient seigneurs de Sardaigne,

(1) Dino Comp.\gxi.

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