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c de Corse et de l'île d'Elbe, où ils avaient de très-riches revenus " en propre et pour le corapte de la commune ; ils dominaient « presque sur mer par leurs vaisseaux et leur commerce 'l). » Pise avait des possessions dans la Toscane, de même que Gênes sur les deux Rivières du levant et du ponent (2), et Venise sur les côtes de Dalmatie. Henri VI lui céda tous les droits royaux dans ses murs et sur un territoire où l'on comptait soixante-quatre villages ett)ourgs fortifiés ; en lutte avec Gènes et Lucques pour la possession de la Lunigiane , elle s'empara des liefs des évêques comtes de Luni, et rouvrit les carrières de marbre pour la construction de sa cathédrale et de celle de Carrare (3).
Les Pisans couraient les mers, et acquéraient des richesses et de la puissance dans le Levant; non-seulement l'empereur d'Orient leur avait accordé des privilèges dans ses ports , mais il s'était obligé envers la ville à payer cinq cents besaiits par an, plus deux tapis de soie, puis quarante besants et un tapis de soie pour l'évêque. Pise opposa soixante-quatre galères au soixante-dix armées par Gênes, sa rivale; durant la guerre, elles suivirent quelque temps l'usage d'entretenir chacune près de son ennemie un notaire assisté de quatre explorateurs, afin d'informer la patrie des desseins et des préparatifs dirigés contre elle, ces républiques voulant l'emporter non par la ruse, mais à force ouverte (4).
Mais la bataille navale gagnée par les Génois près de la Méloria porta un coup funeste à Pise; onze mille de ces citoyens furent emmenés prisonniers à Gênes, qui les garda plus de seize ans sans vouloir les mettre à mort, afin que leurs femmes ne pussent se remarier, et donner à la patrie des enfants en remplacement de ceux qu'elle avait perdus ; aussi disait-on que pour voir l^ise il fallait aller à Gènes. Les captifs dictaient de la à leurs concitoyens la conduite qu'ils avaient à tenir : nouveaux
(1) VlLLA.NI.
(2) Ce sont les linnx iiaities du golfe de Gi^nes.
(3) Dès liss, le jieiiple de Canarc avait obtenu de l'évêque de Luni, son ancien seigneur, le terrain nécessaire pour construire le bourg d'Avenza, dans la vallee de la flagra, pour la commodité des cbarretierset des mariniers qui transportaient les marbres. 11 existe un compromis de 1202 entre l'évAque de Luni et le marquis de Malespina, auquel intervinrent comme garants les consuls et chevaliers ( milites) de la commune de Carrare.
(4) Voc.Lii.TA, I. V. — An». Genuens., lib. X.