LES ALMORAVIDES
rnbites ou Almoravides (t), mot qui signifie dévoué au service de Dieu.
Jl consolida son apostolat par les conquêtes , dépouilla les Zéiiris de tout le Maghreb, et laissa le pouvoir à Abou-Bekr-ben- Omar, qui bâtit Maroc; puis, s'en retournant dans le désert, il abandonna ce territoire ( faute de pouvoir le reprendre ) à Yousouf-ben-Tasfin. Ce chef , aussi capable qu'ambitieux , affermit la conquête de l'Afrique par la prise de Fez et de Ceuta; afin de ne pas blesser les Fatimites d'Egypte , qui prenaient le titre d'émir Al-iJoumenin, il adopta celui d'Al-Mosléinyn, c'est-àdire capitaine des musulmans.
Ce fut à lui que treize émirs d'Espagne s'adressèrent pour obtenir des secours, au lieu de chercher leur force dans l'union. Joyeux de l'occasion, il se hâta d'accueillir leur demande, à la condition que la mer lui serait assurée par la cession de la province d'Algéziras. Au moment de son départ , il s'écria : Allah, si mon expédition doit tourner à l'avantage des croyants, commande aux flots de favoriser mon passage ; sinon , donne-m'en un signe en me les rendant contraires. Ayant abordé heureusement sur les côtes d'Espagne, il défit entièrement les chrétiens a Zalaca, près de Badajoz , où il leur tua \ingt-quatre mille hommes ; Alphonse VI eut la plus grande peine à se sauver avec un petit nombre de cavaliers.
Il semblait que les jours de Tarik et de Mousa étaient revenus, et que le fruit de quatre siècles de rési^itance allait se perdre; mais Alphonse, sans perdre courage, s'occupa de remédier au mal, tandis que les troupes de Yousouf, qui combattaient pour un pays étranger, regrettaient la brûlante Afrique , malgré tout ce qu'avait d'attrayant le sourire de l'Hespérie. Yousouf, qui méditait de subjuguer ceux qui l'avait appelé comme allié, revint avec des forces plus considérables. Les émirs d'Espagne, à qui n'avaient point échappé ses projets ambitieux, ne le secondèrent pas, et leur inaction lui fournit le prétexte de les traiter en ennemis; il assiégea donc Grenade, s'en rendit maître et y installa sou gouvernement; puis, s'étant rembarqué, il fit attaquer par ses généraux Séville, Cordone, Ronda, Alraéria, qui toutes furent prises.
Abad m, après avoir appelé les Almoravides, avait eu l'imprudence de réclamer l'appui d'Alphonse, en lui faisant épouser une
(1) El-morabcthijn, religieux, ermites.
(le ses filles, et sous la promesse de partager avec lui les conquêtes qu'il espérait faire au milieu de ce bouleversement. Mais, assiégé par les Maures dans Séville, il se vit contraint de la rendre; quoiqu'il eût stipulé pour lui la vie sauve, il fut, avec ses
i"^*- fils et cent de ses femmes, transporté en Afrique , où ils durent filer pour vivre. Ce renversement de fortune et l'adieu de ces malheureux aux tours dorées de Séville devinrent le sujet des élégies arabes.
1103. Après soixante ans d'une existence turbulente, les royaumes de
l'Andalousie avaient fini , et Yousouf, resté seul maitre de l'Espagne, se fit reconnaître par le Kalife fatimite d'Egypte ; étant venu visiter les conquêtes de ses généraux, il désigna pour son successeur Ali, le second de ses fils, eu lui recommandant, comme le nooyen le plus sûr de lenir ses ennemis dans la sujétion, de confier le gouvernement à des Almoravides, d'en avoir dix-sept mille pour sa garde, et d'employer les Arabes d'Espagne à la guerre sacrée.
noe. Yousouf mourut à Maroc , de la première maladie dont il
eût été atteint en cent années d'existence , laissant trente mille arrobes d'argent et cinq mille quarante d'or ( 75,000 et l,2fjO quintaux); aussi les louanges que prodigue l'adulation aux héros fortunés ne manquèrent-elles pas à sa mémoire. Le bel et généreux Ali confia la guerre sainte à son frère aîné
1108 Témin, qui assaillit les chrétiens et vainquit Alphonse à Uclès,
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en lui tuant son fils Sancho , héros de dix ans, avec I elite de la noblesse. Cette victoire avait coûté cher aux Arabes, et, par son habileté autant que par sa vaillance, Alphonse les empêcha d'en tirer un grand avantage ; mais, de nouvelles forces étant arrivées !'>»• d'Afrique, les Maures envahirent les Algarves, Lisbonne et la plus grande partie du Portugal ; c'en était peut-être fait des chrétiens si d'autres événements n'avaient rappelé les Almoravides en Afrique.
Le Maghreb se trouvait divisé, à cette époque, entre les Zérides ou Zégris, qui occupaient la partie orientale dite Afrique, où sont aujourd'hui les régences de Tunis et de Tripoli ; les Amadides, maîtres du Mased-Ausath, qui serait la régence d'Alger moins la partie à l'ouest d'Oran , et les Almoravides qui au Maghreb-Aksai , c'est-à-dire d'Oran à INouu, joignaient tout le Sahara occidental jusqu'aux pays nègres, sans parler de l'Espagne; mais tous furent absorbés dans la nouvelle puis- Aimohades. ^^^ç.ç ^jpg Almohadcs.