‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 78 sur 102 · PRUSSE, LIVONIE, CHEVALIERS TKUTONIQLES · texte numérisé non relu

PRUSSE, LIVONIE, CHEVALIERS TKUTONIQLES

L'histoire de la Prusse est la suite ou plutôt un épisode de l'histoire des croisades (l). Peu connue des anciens, qui en tiraient l'ambre jaune, elle fut probablement visitée par Pythéas; mais il en fit une description confuse et fabuleuse. Des tribus gothiques se transplantèrent, selon Jornandès, de la Scandinavie sur la Vistule, et, mêlées avec les peuplades slaves qui habitaient cette contrée, formèrent la nation des Prussiens. Les Vénèdes

(1) Voyez ScHOELL.

Voir.T, Hist. de. la Pnisse depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'abolition (le l'ordre Teutonique; Konigsberg, 1857-1840.

Kanngiesser, Bekehrungsgeidùchle der Fomern zum Chris lent hume, Gieifswald, 1824.

et les Estyrns continuèrent d'occuper ces rivages, malgré les conquêtes d'Attila; ils y restèrent même lorsque les Leckles ou Polonais, les Mazoviens, les Poméraniens et les Lutizes vinrent du Danube dans les pays qui maintenant portent leur nom.

On rapporte que les Prussiens choisirent un chef commun et un grand prêtre, et que deux frères, Widewud et Bruteu, organisèrent un gouvernement et pourvurent au culte national ; ils creusèrentdans un chêne immense trois niches pour leurs trois dieux, Jumala, créateur; Perkun, tonnant ; Semiiiik, dispensa- t teur des fruits de la terre. ]Nul autre que le waïddot, ou prêtre, ' ne devait, sous peine de la vie, approcher de ce sanctuaire, appelé Romov ou Rikaït. Les deux frères se brûlèrent solennellement, après avoir partagé le royaume entre leurs douze fils, qui se firent une guerre terrible, jusqu'à ce qu'ils se fussent rendus | indépendants les uns des autres. %

Jl est très-difficile de reconnaître la vérité au milieu de ces ténèbres. L'histoire certaine ne commence qu'avec le christianisme; à cette époque on ne trouve aucune trace de la constitution, des usages et même de langue ancienne. On sait seulement que le pays était divisé en onze ou douze États, gouvernés par des princes [reiks], division qui jamais ne put être détruite, malgré toutes les vicissitudes politiques.

On prétend qu'en 900 une colonie d'Italiens fugitifs, Palémcn Libo, Julien Dorsprungo, Prosper et César Colonne, Hector et Orsiûo Piosa, y porta la civilisation et les nombreuses expressions latines qu'on remarque dans cette langue. Cette colonie aurait été la souche des diverses dynasties de la Lithuanie et de la Samogitie.

Vers Pan 1000, on rencontre le nom de Borusses ou Porusses, dont on ne connaît pas l'origine, et qui probablement leur fut donné par des étrangers; leur histoire ne cesse d'être obscure que lorsque nous les trouvons en guerre avec la Pologne. Bien que les ^'ormands et les Danois eussent touché le golfe de Finlande, et qu'il nefùt pas ignoré des Russes, le reste de l'Europi' n'eut connaissance de ces pays qu'au moment où des marchands de Brème, se rendant à Wisby, furent jetés par la tempête à l'embouchure de la Duna. Ils y trouvèrent une population sauvage parlant une langue inconnue, qui, les prenant pour des Danois, s'opposa a leur débarquement; mais, quand elle eut compris que leur intention était seulement de troquer leurs marchan-

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