ECOSSE
Donald, les Grégor et les Cainpell. Les bordera , qui rcsldaient au midi , sur les coufins de l'Angleterre, vivaient du butin qu'ils faisaient sur les deux pays. Les Hébrides obéissaient au comte de Ross, lord des îles.
Quand la race des anciens rois d'Ecosse se fut éteinte avec Alexandre Ii[ , après avoir régné de 838 à 1286 , treize prétendants se trouvèrent en présence; afin d'éviter la guerre civile, ils s'en remirent à la décision du roi Edouard, qui, non comme arbitre, mais à titre de suzerain, se prononça en faveur de Balliol. Afin de lui faire sentir le poids du vasselage , il le cita jusqu'à six fois dans une année à son parlement, pour répondre sur les appels qu'on y avait portés. Balliol, offensé, prit les armes et s'entendit avec le roi de France Philippe IV ; mais, vaincu par Edouard, il se constitua prisonnier ; lorsqu'il eut recouvré sa liberté , il alla mourir en France (1314).
Rien alors n'erapècha Edouard de soumettre l'Ecosse ; il fit détruire les monuments, les chartes des archives, les anciens sceaux, et transporter à Londres la pierre sur laquelle s'asseyaient les rois lors de leur couronnement. Ces actes et la dure administration de ses agents provoquèrent une si grande exaspération dans le peuple, qu'un grand nombre d'habitants s'enfuirent dans les bois. Guillaume Wallace, géant de corps et d'âme, qui résistait indomptable aux travaux , aux fatigues, aux revers , se mit à la tête des révoltés, et, favorisé par la connaissance des lieux , commença la terrible guerre de bandes. Lorsque le nombre de ses partisans se fut accru, il affronta et défit quarante mille Anglais. Les Ecossais trouvèrent parmi les morts le trésorier Cressingham, leur oppresseur; après l'avoir écorché, ils firent de sa peau des sangles et des selles. Bientôt on ne trouva plus en Ecosse un seul Anglais, et les révoltés, pour enlever des dépouilles, firent des incursions dans la partie septentrionale de l'Angleterre.
S'ils fussent restés unis, ils auraient encore triomphé des cent mille soldats qu'Edouard mena contre eux ; mais les lords dédaignèrent d'obéir à un simple gentilhomme. Wallace, qui, dévoué tout entier au pur amour de la patrie , n'avait accepté la régence que comme le poste le plus périlleux , la déposa donc, et ne garda que le commandement des premiers compagnons de ses exploits. Ainsi fat perdue l'opportunité d'une défense offerte par la nature même des lieux. La frontière de l'Ecosse était dépeuplée à tel point qu'on pouvait y voyager plusieurs heures sans rencontrer une maison ou même un arbre; les habitants vivaient de
ce qu'ils trouvaient dans le voisinage ; quand le butin de la dernière expédition était consommé, la femme offrait à son mari une paire d'éperons sur un plat, et il partait joyeux en quête d'une nouvelle proie; ils s'en allaient avec peu de chevaux, sans bagages, chacun emportant derrière lui un sac de grain et une marmite pour le faire cuire; ils se jetaient sur l'Angleterre, pillaient, disparaissaient, et, pour les atteindre, il fallait courir au loin.
Après avoir cheminé plusieurs jours au milieu de la pluie et du brouillard, sans rencontrer d'autres êtres vivants que des cerfs et des daims, Edouard fut obligé de promettre une grosse récompense à qui lui indiquerait de quel côté se trouvait l'ennemi. Il
1Ï9'- atteignit les Ecossais à Falkirk, et, grâce à leurs divisions, il leur 82 Juillet, gj éprouver une défaite sanglante , qui replaça l'Ecosse méridionale sous le joug de l'Angleterre. Lord Cumyn, qui, avec le lord gaTdien (Steward)^ dirigeait les affaires du pays, implora l'aide de la France, mais sans résultat ; il eut recours au pape Boniface, qui écrivit à Edouard pour lui représenter que, denuis un temps très-ancien, ce royaume appartenait ausaint-siége ; mais Edouard retourna les arguments du pontife en alléguant que les droits de suzeraineté des rois d'Angleterre sur l'Ecosse remontaient jusqu'aux temps du Troyen Brut, contemporain d'Élie et de Samuel.
1300. Abandonnés à leurs propres forces, les Écossais, guidés par
Wallace, tinrent tète à leurs ennemis , et surent vaincre encore; mais à la fin ils durent courber la tête. Alors Edouard abolit l'ancien costume national, et modifia dans son intérêt le statut du 1305. roi David. Wallace, qui seul avait refusé de subir la clémence du vainqueur, fut livré et envoyé a Londres, où il subit la mort comme rebelle, bien qu'il n'eût jamais prêté serment de fidélité au roi. Il a survécu dans la mémoire et les chants des Écossais. Robert Bruce relève la bannière de son pays, egorge lord Cumyn, qui avait révélé au roi les projets dont il l'avait rendu confident , chasse du royaume les juges nommés par Edouard , extermine les troupes anglaises, et se fait couronner. Mais les
i3')K. Cumyn se levèrent contre lui; de son côté, Edouard ceignit l'épée a deux cent soixante-dix chevaliers, qui jurèient sur deux cygnes d'obtenir vengeance, et lui-même déclara sous serment que, s'il mourait dans l'expédition, il ne voulait pas être inhumé en terre sainte jusqu'à ce que son fils eût fait expier aux révoltés le sang répandu. Bruce fut vaincu et réduit à souffrir la faim dans des lieux déserts, d'où il s'élançait de temps à autre pour
soutenir l'espérance des siens. Edouard s'apprêtait à étouffer l'indépendance écossaise quand il mourut à Carlisie, après avoir noT. ordonné de continuer la yuerre et de faire porter son cercueil à ' ^"'"^'' la tête de l'armée.
Edouard II, son fils, à la tête de cent mille soldats, est défait i3ii.
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a Bannoc'kburn par trente mille patriotes; cette victoire consolide Robert Bruce sur le trône. Edouard III efface la honte de "^t. son père avec une armée de soixante mille Anglais et Brabançons ; mais les Écossais , tous à cheval , sans basayes, sans pain ni vin, et ne se nourrissant que des animaux qu'ils trouvent, fatiguaient l'ennemi par de lonj^ues marches. Edouard, battu, conclut la paix avec Bruce, renonce à toutes ses prétentions sur l'É- om. cosse, restitue la pierre de Scone, et fiance une de ses sœurs à David, l'héritier présomptif.
Robert ne tarda pointa mourir; comme il n'avait pu accomplir le vœu d'aller en terre sainte, il ordonna que son corps y fut porté. Guillaume Douglas fut charge de cette mission ; mais, en tisi'. traversant l'Espagne, il combattit contre les infidèles, et fut tué.
Il eut pour successeur David II, âgé de six ans. Beaucoup "'•*• d'Anglais, mécontents de ne pas recouvrer les terres qu'on leur avait confisquées dans la dernière guerre, proclamèrent Edouard, fils du roi Jean Balliol , qui soumit presque toute l'Ecosse , et se fit couronner à Scoiie. Après sa défaite, David fit hommage du royaume au roi d'Angleterre, qui, charmé de cette occasion , le rétablit dans ses droits. Les Écossais, indignés de le voir céder à son protecteur une grande partie de leur territoire, le chassèrent. "*•>. La France attisait le feu de leurs discordes. David tombe au pouvoir des Anglais ; mais Balllo! , qui rougit de n'être que l'instru- «si'ment des Anglais, abdique en sa faveur. Le roi d'Angleterre, retenu sur le continent par la guerre, rend la liberté à David »w. moyennant cent raille livres sterling, et conclut une trêve de dix ans. Après la mort de David, le trône passa à son neveu Robert II, i3jo. Stuart.