‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 112 sur 153 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

VI l ÎJ IIANSÉ \ TIQUES.

Ce que les cités italiennes faisaient dans les mers méridionales, 1rs villes hanséatiques l'accomplissaient dans le Nord. Les cités

VILLES HANSEÀTIQUES

allemandes , au Midi et sur le Rhin , avaient formé plusieurs ligues pour se défendre contre de petits tyrans ; mais rien de semblable n'apparaît dans la basse Germanie jusqu'au commencement du treizième siècle, où l'on en trouve quelques-unes réunies en confédération , on ne sait comment ni à quelle époque (1 ). Situées sur les côtes de la mer ou dans le voisinage des grands fleuves, ces villes étaient dans de meilleures conditions que celles du mid pour se préparer à jouer un rôle important ; aussi s'accrurent-elles rapidement, surtout lorsque les croisades eurent fondé en Prusse et en Livonie des villes qui jouissaient de nombreux privilèges municipaux.

Les villes hanséatiques se donnèrent alors une organisation régulière, et en 1361 les délibérations des diètes de leurs députés commencèrent à être enregistrées ; puis , lorsqu'elles se réunirent à Cologne , au sujet de la guerre contre Waldemar IV, elles ré- imdigèrent par écrit les clauses de la confédération , restées verbales jusque-là.

Les premières cités qui s'associèrent pour faire partie de la hanse établirent entre elles une égalité réciproque; mais, pour celles qui vinrent plus tard, les conditions de l'alliance varièrent selon le caractère et la position de chacune. Nous avons quelques-

(1) C'est à tort qu'on donne pour origine a cette confédération l'alliance de Hambourg et de Lubeck, en 1241. Le nom de hanse teutonique apparaît pour la première fois en 1315. Hans signilie société de commerce, ou taxe d'une marchandise. Les Tilles qui en faisaient partie en 1360 sont : Lubeck , Hambourg, Stade, Brème, Wismar , Rostock, Stralsund, Greiffswaid , Anklani Demmin, Stettin, Colberg, Kiel, Neustatgard , Culm, Tliorn , Elbing, Dantzick, Kœnigsberg, Braunsberg, Landsberg, Liga, Dôrpt, Reval, Peruau, Cologne, Dortmund, Post, Munster, Cosfeld, Osnahruck, Brunswick, Magdebourg, Hildesheim, Hanovre, Lunebourg, Utrecht, Zwoll , Hesselt, Deventer, Zutpben, Ziriksée, Brille, Middelbourg, Dordrecht, Amsterdam, Campen, Grôningeu, Arnemnyden, Hardewyk, Stavern , Wisby, dans l'Ile de Gotbland. Les villes de Stolpe, Halle, Paderborn, Leingo, Hoxter, Hameln étaient alliées de la Hanse. A son époque la plus brillante, elle comptait de soixante-douze à quatrevingts députés avec vote, en y ajoutant ceux d'Arnbeim, Aschersleben, Berlin, Bolswar, Breslau, Cracovie, Duisbourg, Eimbeck , Emden, Emmericli, Francfort sur-l'Oder, Gôttingue, Goslar, Halbcrstadt, Helmsta.lt, Hervorden, Minden, Nimègue, Nordheim, Quedlimbourg, Rùgenwald, Rôreraond, Satzwedel, Stendal, Uelzen et Wesel.

Voir Werdenuage*, de Rébus publicis hanseaticis.

Sartorics, Gesch. des Hanseat. bundes ttnd Handels ; Gôltingue, 1802-3, L VI1L

Hageneyer, de Fœdere hanseatico.

Mallet, Hisl. delà ligue hanséalique; GciuHe, 1805, t. H.

Lappekrerg, Urkundlich der deutchen Hans; Hambourg, l830,t. II.

uns de ces actes de confédération , d'où il résulte que l'aspirante devait présenter sa demande; que cette demande était discutée, et que , dans le cas d'acceptation , on avisait les pays où la hanse jouissait de privilèges. Les confédérés cherchaient à ne dépendre d'aucun prince , l'empereur excepté. Les villes maritimes avaient la prédominance sur celles de l'intérieur, qu'elles soumettaient à leurs décisions; les cités vénèdes formaient une association différente. Toute la ligue se divisait en trois {tiers) , puis en quatre sections, à la tête desquelles était Lubeck, Cologne, Brunswick et Dantzick. Chaque section tenait , une fois l'année , son assemblée particulière au chef-lieu. Tous les trois ans, les députés de la confédération entière se réunissaient le plus souvent à Lubeck, outre les sessions extraordinaires. Chaque ville fournissait son contingent militaire en hommes et en vaisseaux, et une taxe légère, imposée sur toute espèce de denrées à l'entrée de la ville, subvenait aux dépenses générales.

Le grand maître de l'ordre Teutonique siégeait dans les diètes, oii il avait voix délibératiye. Presque toutes les villes de Prusse en étaient membres, et Ton n'omettait jamais, dans les traités, de mentionner les pays de Prusse et de Livonie. Les députés des quatre comptoirs principaux de Londres , de Bruges , de Bergen et de Novogorod étaient admis dans le congrès , mais sans droit de vote ; ils fournissaient des renseignements sur l'état des affaires et sur les moyens propres à les faire prospérer.

Des princes y intervenaient aussi quelquefois, par eux-mêmes ou des ambassadeurs, pour soutenir leurs intérêts particuliers ; mais ils n'assistaient pas aux délibérations. Les villes qui n'envoyaient pas leurs députés à la diète étaient passibles d'une amende, et restaient exclues de la confédération jusqu'à ce qu'elle fût payée ; celles dont les députés se faisaient attendre subissaient aussi une amende proportionnée aux jours de retard , et leurs citoyens pouvaient être arrêtés pour garantie du payement.

Les matières à traiter étaient le plus souvent préparées par les députés des cités vandales, c'est-à-dire des villes situées au midi de la Baltique. Les routes étant infestées de bandits, les députés étaient sous la sauvegarde de la ligue , et la ville près de laquelle ils se trouvaient arrêtés devait leur faire rendre la liberté.

Les confédérés ne songèrent que plus tard à combiner un droit maritime uniforme. Préparé déjà par des statuts particuliers, notamment par les statuts presque identiques de Hambourg ( 1276) et de Lubeck (1-209) , ce travail éprouva néanmoins des difficultés

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