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l'accueillit magnifiquement, lui accorda plusieurs privilèges, confirma un ordre qu'il avait institué pour la défense de la religion, qui fut appelé ensuite ordre de l'Éléphant, et l'autorisa à ériger l'université de Copenhague.
Une autre université avait été fondée à Upsal par Sténon Sture, administrateur de la Suède , neveu de Charles VIII, qui, pour arrêter l'essor de l'aristocratie , appela dans les états les représentants des villes et de la campagne , et diminua le nombre des sénateurs avec leur puissance ; en outre , il fonda des villes , ouvrit des mines, répara les abus de l'administration, protégea le commerce, maintint la paix publique, et, par des lois somptuaires ou son exemple, chercha à refréner le luxe.
Il unissait à la simplicité septentrionale la courtoisie du Midi, à la finesse politique le courage militaire ; il avait tout le pouvoir d'un roi, sauf le nom. Lorsque cessèrent, à la mort de Christian , les motifs pour lesquels les Suédois ne voulaient pas se réunir au Danemark, il temporisa pour se ménager les moyens de discréditer le fils de Jean; mais ce prince , sage à la fois et juste , se con- m. cilia les Danois et les Norvégiens , et fut proclamé roi de l'Union ; il accorda de nouveaux privilèges à l'oligarchie suédoise.
Sténon Sture eut de la peine à se résigner; mais enfin, sommé nr. par le sénat de rendre compte de son administration, il fut déposé régulièrement. La douceur et la condescendance de Jean furent impuissantes à lui conserver la paix avec les siens et les étrangers. Les Ditmarses (petit peuple qui acquit de la célébrité lorsqu'un de ses concitoyens employa sa constitution pour expliquer celle de Rome ) ne pouvaient se plier à l'obéissance envers le Danemark; ils aidaient même contre lui les villes hanséatiques. Toutes leurs forces consistaient en six mille hommes et un nombre égal de femmes exercées au maniement des armes; mais il ne leur en fallait pas davantage pour se défendre intrépidement au milieu de leurs marais natifs. Lorsque Jean eut envahi avec trente-quatre mille guerriers la Ditmarsie, qui ne comptait pas tnoo. autant d'habitants, ils rompirent une digue et noyèrent leurs ennemis; le roi, qui s'était à peine sauvé lui-môme, fut obligé de leur accorder la paix. Cette défaite releva Sténon Sture, qui ja- mm. mais n'avait cessé de machiner dans l'ombre ; il lâcha contre le roi les hanséatiques, parvint à le chasser, et redevint administrateur du royaume.
A sa mort, il eut pour successeur Swante Sture ; mais Eming tw. Gadds, évtquc de Linkôping, ennemi mortel des Danois, acquit une puissance supérieure à la sienne. On prolongea la guerre,
malgré tous les efforts pacifiques de Jean; il est vrai que les villes hanséatiques, asservies à de petits intérêts mercantiles, favorisaient la Suède; mais enfin elles reconnurent leur véritable avantage, et conclurent la paix ; elles allaient même faire un autre arrangement avec la Suède , lorsque Jean mourut. Ce roi s'était fait aimer, quoiqu'il eût été exposé à des guerres continuelles et aux conséquences qu'elles entraînent.