‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 33 sur 153 · IIS · texte numérisé non relu

IIS

Il commença par se soustraire h la domination du roi de Naples, qui voulait, pour avoir les pontifes sous sa dépendance, les retenir dans ses États; il révoqua les concessions imprévoyantes de son prédécesseur, et , pour éviter un schisme , le renferma dans un château fort , où les mauvais traitements abrégèrent ses jours. En général , il se montra sévère , opiniâtre et disposé à conduire les choses de l'Église avec des procédés mondains; ne pouvant amener les Siciliens à reconnaître la maison d'Anjou , il les excommunie , sans égard pour les raisons qui peuvent déterminer un peuple à s'insurger. Son arrivée soudaine à Kome déconcerte les factions; il abaisse les Colonna, gibelins etpatarins, qui s'étaient alliés avec les rois de Sicile et d'Aragon. Après une longue lutte, u»9. il les oblige de lui céder Palestrine, qu'il détruit, pour faire élever de l'autre côté Cività Papale. Quand il apprit qu'Albert d'Autriche s'était déclaré empereur sans son aveu , il mit la couronne sur sa téte, prit en mainl'épée, et s'écria : Je suis César, je suis empereur; je défendrai les droits de l'Empire.

lobOé. De même que les anciens célébraient la centième année de la fondation de Rome , les chrétiens avaient adopté l'usage de s'y rendre tout les cent ans, dans la pensée que de grandes indulgences étaient attachées à ce pèlerinage , bien qu'il n'en soit rien dit

1300. dans les livres ecclésiastiques. A la vue de cet immense concours, Boniface résolut de le sanctifier; à cet effet, il accorda un pardon général à quiconque , à la fin de chaque siècle , visiterait les Églises de Rome ; il désigna cette fête du nom historique de jubilé , par analogie avec celui des Hébreux , qui remettait les dettes. L'ancien engouement des croisades se reporta alors sur ce pèlerinage. Jean Villani , témoin oculaire , dit que l'on comptait chaque jour dans la ville deux cent mille étrangers de tout sexe, de tout âge et de toute nation ; de là, un grand renchérissement dans le prix des comestibles et des fourrages. Les Romains s'enrichirent par la vente de leurs denrées et par le loyer des appartements, la chambre apostolique par les offrandes , dont l'abondance était était telle que deux clercs , avec deux râteaux , se tenaient jour et nuit devant l'autel pour les ramasser. Les solennités s'accrurent en proportion , et Boniface s'y montra à tout le monde avec les ornements impériaux (1), précédé de l'épée, du globe, du sceptre

Review, t. XI, année 1842, surtout contre les accusations de Dante et de Ferreto, suivi par Sismondl.

(l) On attribue à Boniface VIII l'introduction de la double couronne sur la tiare papale; cependant on connaît six statues élevées de son vivant, ou peu après sa mort, qui le représentent avec la couronne simple. Il en est de même

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