‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 4 sur 153 · INVENTIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

INVENTIONS DIVERSES

niaient une grande partie de l'armée de Liège; mais on était bien loin alors de se douter qu'il deviendrait un des plus puissants agents de l'industrie humaine. A cette époque, commence aussi l'usage des chandelles et des cartes à jouer (1). Roger Bacon, pour grossir les lettres à la vue (ce que les anciens obtenaient au moyen d'un globe de verre rempli d'eau), eut l'idée d'armer ses yeux d'un segment de sphère. On lisait sur un tombeau , dans Sainte-Marie Majeure de Florence : Ci-gît Salvino d'Armato, des Armait de Florence, inventeur des lunettes. Dieu lui pardonne ses péchés! An. D. 4317. Mais d'autres attribuent cette invention au moine Alexandre de Spina , qui peut-être ne fit que divulguer un art tenu secret jusqu'alors. On lit au surplus, dans le traité du Gouvernement de la famille, de Sandro Pipozzo de Florence, en 1299 : « Je me" trouve si chargé d'années que je serais dans l'im- « puissance de lire et d'écrire sans les verres appelés lunettes (oc- « chiali), trouvés, nouvellement pour la commodité des pauvres « vieillards, quand leur vue s'affaiblit. »

Le fameux moine Giordans de Rivalte disait en chaire , à Florence, le 23 février i 305 : Il n'y a pas encore vingt ans que l'on a trouvé l'art de faire des lunettes; j'ai vu moi-môme l'auteur, et je lui ai parlé.

Léon-Baptiste Alberti , dont nous aurons plus d'une fois à parler avec éloge, fit une caisse de laquelle , en regardant par une ouverture, on apercevait des monts et des plaines, et qui servait aussi pendant la nuit à voir les constellations ; cette découverte aurait dès lors devancé la chambre optique, attribuée à Jean-Baptiste Porta.

Nous croyons pouvoir lui attribuer l'invention des écluses ou bassins. Les uns en font honneur à Léonard de Vinci, les autres à Denys et à Pierre Dominique de Viterbe, en 1481 ; mais, dans le traité De Re œdificatoria, de ce môme Alberti, dédié à Nicolas V, m 1452, ce procédé se trouve décrit tel qu'on le pratique au* jourd'hui, et il n'est pas même donné comme une chose nouvelle, mais comme déjà en usage (2). Les Hollandais réclament la prio*

(i) Voyex t. X, p. \99.

(?) Livre X, c. 12 : Claudetur aqiue dejluvium cataractis, claudetur et vatvis. In vtrisque , latera lapidea pilarum ope firmissima debentur. Cataracte pondus tollemus sine hominum periculo , adhibitis ad tractorium ftuum rôtis dentatis,quas, veluti in horologio, moveamus dentibus alterius fttsi ad id opus ad mot uni adactis ; sed omnium commodissima erit valva, qux medio sut habeat fusum statu fum ad perpendiculum, vertibilem. Fuso appingetur valva quadrangulat ut pansa adsit , relut in oneraria navi

rite sur les Italiens, car ils reportent cette invention à Tan 1220 ; mais, si on lit avec attention le traité De la Fortification des écluses, de Simon Stevin, ingénieur du prince Maurice de Nassau, imprimé en 1608, on reconnaîtra clairement, par les figures, que les écluses à deux battants qu'il décrit servaient seulement à re- ' monter avec le llux dans les canaux qui débouchent à la mer, et non à y descendre après le reflux, comme on le pourrait avec ceux de Léon-Baptiste Albert i .

Cette invention dut être portée en France par Léonard de Vinci dans les premières années du seizième siècle , et c'est aux Lombards que les Français recouraient alors pour les travaux hydrauliques les plus difficiles; c'est ainsi que frère Joconde, dominicain de Vérone, fut appelé à Paris, en 4507, par Louis XII, pour y construire le pont Notre-Dame et le Petit-Pont, portes. L'établissement des postes procura de nouveaux avantages. On rapporte queCyrus les introduisit en Perse; elles remontent, en Chine et au Japon, à des temps beaucoup plus anciens, et les Espagnols, à leur arrivée en Amérique , trouvèrent des relais de coureurs parfaitement échelonnés de Cuzco à Lima. Auguste, dans l'opinion commune, est le premier qui les organisa dans l'Europe; mais elles ne servaient qu'à transmettre régulièrement et avec célérité les ordres du gouvernement aux divers points de l'empire, alors très-étendu; c'était encore un moyen facile de procurer des chevaux soit aux employés, soit à ceux qui en avaient obtenu le privilège. Nous avons vu la même chose chez les Mongols.

On veut que les chevaliers teutoniques aient organisé, dès l'an 1276, la poste aux lettres à Marienbourg, et qu'ils l'aient répandue dans toute la Prusse occidentale (1). Peut-être, sous le règne de Charlemagne, l'Université de Paris avait le droit d'expédier pour son compte la correspondance des particuliers. Par une ordonnance de 1464, Louis XI l'étendit à toute la France , attendu, y est-il dit, q u il est très-nécessaire ànos affaires et à celtes de l'État

quadratum explicatur vélum, quod hoc suo brachio possit ad proram puppimque circumagi. Sed valvx istius brachïa erunt non coxqualia, altéra enim paulo erit rctractior ad digitos usque très ; nom fiet tune quidem ut uno a puero reserelur, et rursum sponte claudatur, vincente ponderibus latere prolixiore. Duplices facito clausuras, secto duobus lotis flumine , spatio intermedio quod navis longitudinem captât, ut, si erit navis conscensura, cum eo appUcuerit, in/erior clausura occludatur, aperialur, superior ; sin autem erit descensura, contra claudatur superior, aperiutur in/erior : navis eo pacto cum ista parte fluenti evehetur fluvio secundo. (1) M. M vnuAs, ueber Posten und Post-regale, 18*5.

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