‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 52 sur 153 · UM · texte numérisé non relu

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Edouard V.

nichant 111.

• Juillet.

ce qu'il entravait sa justice , c'est-à-dire les supplices atroces et les procès absurdes dont il poursuivait le cours , le fît arrêter tout à coup, et condamner à la peine capitale pour trahison ; mais , avant que Ton pût exécuter la sentence , on le trouva noyé dans un tonneau de malvoisie, genre de mort dont il avait, dit-on, fait choix.

Au lieu de procurer le repos à un pays inondé de sang, Ëdouard prêta l'oreille aux sollicitations du duc de Bourgogne son beaufrère, et conçut le projet de conquérir la France pour la partager avec lui ; mais , malgré son ambition et l'enthousiasme de ses chevaliers, qui déjà se partageaient les fiefs du beau royaume de France, la politique de Louis XI fit conclure à Picquigny une trêve , qui reçut le nom de Marchande, parce qu'elle avait été vendue. L'argent était l'idole d'Édouard , qui s'en procurait par des dons forcés, des impôts et des spéculations sur l'étain, la toile et le lin; il aimait les plaisirs, surtout ceux de la table, et laissait à d'autres, mais de préférence au duc de Glocester, le soin des affaires. Beau de sa personne, plein d'affabilité, il avait l'art de se concilier ceux qui rapprochaient, et de se faire aimer des femmes, avantage dont il abusa. Soupçonneux et cruel, il s'entourait d'espions et de supplices, sous prétexte de sorcellerie et de trahison ; puis, lorsque Louis XI eut fait épouser au Dauphin une Autrichienne, au lieu de sa fille, qui lui était promise , il en fut si irrité qu'il en mourut.

Le duc de Glocester s'empara violemment de l'autorité sur le jeune Édouard V, se fit décerner le titre de protecteur, et livra soit au bourreau , soit au fer des assassins le frère de la reine et d'autres personnes affectionnées à cette famille. Se proclamant alors le vengeur de la morale publique, il fit intenter un procès pour sorcellerie et adultère à Jane Shore, belle et vertueuse jeune femme, qui n'avait pas su résister aux flatteries d'Édouard IV. Ce fut le prélude d'un autre procès , par lequel il fit déclarer illégitime, et par suite incapable de succéder, le jeune roi et un autre fils d'Édouard. En conséquence, Richard III fut élu roi d'Angleterre et de France, par conquête, élection et couronnement ; il cherche alors à se faire pardonner son usurpation par l'éclat de sa cour, par les grâces et les faveurs qu'il répand à profusion. Le duc de Buckingham, principal auteur de son élévation, ne se trouvant pas suffisamment récompensé, ourdit une trame contre lui ; mais il fut trahi et décapité. Les deux fils d'Édouard IV avaient été renfermés darus !a Tour de Londres, sous la garde du chevalier Robert de Rlankenbury; on dit que le roi, sur son refus de les

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