‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 70 sur 153 · LU · texte numérisé non relu

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30fi TREIZIÈME ÉPOQUE.

lin. nirent aux nations française, italienne, allemande, anglaise, qui composaient le concile, il fut aussi déposé.

Sigismond voulait qu'avant d'élire le nouveau pontife, il fût procédé à la réforme de l'Église. Les Italiens insistaient pour la prompte nomination du pape, et accusaient Sigismond d'hérésie. h novembre. Il dut donc céder, et l'on élut Olton Colonna, qui prit le nom de Martin V. Sigismond ne s'était pas trompé dans ses prévisions. En effet, Martin V, trouva moyen de remettre de jour en jour les réformes demandées, consumant le temps en projets ou en concessions insignifiantes; il protesta même contre les appels au con-

n'avriL et cormrma Pmsi(>lirs ftfo"s, jusqu'au moment où il déclara

le concile clos, et s'en alla à Rome.

Les Pères, voyant que le peuple les prenait en défiance comme étant séparés du pape, voulurent témoigner de leur zélé pour la foi en sév issant contre l'hérésie. Sigismond avait dénoncé au concile les doctrines des hussites, et cité Jean Huss à comparaître. Pour le mettre à l'abri de toute offense pendant la route, il lui avait donné un sauf-conduit et une escorte de seigneurs. Du reste, Jean Huss se vantait, une fois arrivé, de persuader les Pères; si, an contraire, ils parvenaient à le convaincre d'une seule erreur de foi, il consentait à subir les peines destinées aux hérétiques.

Le concile voulait une transaction, une réforme, et Jean Huss une révolution; ses croyances, dont le venin fut alors découvert, il continuait à les prêcher avec une telle persistance que Jean XXIII le fit arrêter. L'empereur le réclama, mais faiblement; il reconnut même au concile le droit de juger les hérétiques. Le procès commença, et trente neuf articles furent présentés à Jean Huss pour qu'il les abjurât, en se soumettant à la décision des Pères. Mais il répondit que la plupart de ces articles n'avaient jamais été enseignés par lui ; qu'il croyait les autres vrais, et que, s'il n'avait pas d'autres arguments pour le convaincre, il était prêt à mourir plutôt que de renier sa conscience (i). Condamné en efiet, et livré au i4«. bras séculier, il monta avec intrépidité sur le bûcher qui devait allumer un si terrible incendie (2). Jérôme de Prague, qui était venu

(1) B/.ov,ann. 14U ; Cociil , liv. Il, ép. 6.

(2) Quelques-uns ont voulu disculper Sigismond du meurtre de Jean Ho«; mais les faits sont contre lui. L'interrogatoire subi dans le concile par l'l*erésiarque existe ou existaildans la bibliothèque du sénat de Hambourg; il se terminait ain<i : Eo verO (Jean Huss ) recedente, rex ccepif loqui : Jamaudutis quodex centum novem ex Mis qu<r probata sunt in eum, et qiue confesws esty et fum sunt in libro eju\ su/Hcerent sibi pro damnatione. Et i«" *• nollct remettre, ttt dixistis, comburatur, vvl vos faciatis stewn stcul settis, ucundum jura vestra. Et sciatis quod quicumiue promittenl vobis

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